Est-ce vraiment une surprise? Qui a réellement exercé une influence sur les élections américaines?

Deux textes au contenu incroyable, qu’on ne risque guère de retrouver dans la bonne presse. Ils évoquent les interférences dans les élections américaines, mais pas celles qu’on attend.

Le premier texte confirme la collusion entre la campagne de Donald Trump et les services secrets israéliens.

Donnant donnant : cela se traduira plus tard par le crime que constitue la décision de Trump de reconnaitre El-Qods comme capitale d’Israël. Pendant ce temps, les démocrates américains agitaient l’ingérence russe pour amuser la galerie.

http://bit.ly/3TPvgSJ

Le second texte évoque le rôle de différentes agences des services de sécurité américains pour influer sur le débat politique et les élections, à travers les puissants réseaux sociaux, transformés en relais de la CIA et du FBI. Là encore, on agitait le spectre KGB pour occulter le rôle de la CIA.

http://bit.ly/3JPdI4O

Point commun entre les deux situations : les russes ont servi d’idiots utiles.

Le méchant Poutine était en fait le dindon de la farce.

Un an de guerre en Ukraine

J’ai écrit il y a dix jours que l’armée ukrainienne se fait massacrer dans le Donbass.

http://bit.ly/3Zcjnb2

Le New-York Times confirme cela, en relatant des histoires, des drames au quotidien qui s’y produisent

nyti.ms/3ErNuDn0

Il est impossible que la Russie revienne à la situation du 23 février 2022. Je dirai pourquoi dans un autre texte.

Il faudra donc en sortir par un compromis qui soit favorable à la Russie, comparé à la situation du 23 février 2022.

La question est : quel sera le compromis à trouver ?
Quel sera le prix à payer pour l’Ukraine et les ukrainiens ?

Macron pose la bonne question, mais à l’envers: il ne s’agit pas d’éviter d’humilier ou d’écraser la Russie, mais d’éviter de détruire et d’humilier l’Ukraine.

L’armée ukrainienne se fait massacrer dans le Donbass

Ce qui se passe en Ukraine est un carnage.
L’armée ukrainienne est en train de se faire massacrer.
Le rouleau compresseur russe avance méthodiquement pour prendre et contrôler les régions russophones que la Russie a décidé d’annexer.

Ça n’empêche pas les pieds-nickelés de la géostratégie de parler d’une victoire de l’Ukraine et d’une reprise de la Crimée !
Des imbéciles ou des criminels, je ne sais pas.

La propagande a inventé un président Zelensky héroïque et une armée ukrainienne exceptionnellement résistante.
La vérité est cruelle.
Le premier est un amateur totalement corrompu, la seconde est minée par la corruption et l’indisciplne.

Les pieds-nickelés de la géopolitique ont inventé des défaites russes et des victoires ukrainiennes. Ils ont créé une fiction, et bâti l’avenir sur cette fiction.
Voici quelques unes de leurs inventions les plus saugrenues.

1. L’armée russe n’a pas pu prendre Kiev. Énorme défaite de la Russie, ont-ils dit.
Problème : l’armée russe n’a jamais envisagé d’occuper Kiev.
Dire que l’armée russe voulait occuper Kiev, c’est prendre les russes pour des cons ou des amnésiques. Les russes ont oublié Kaboul ?

2. L’armée ukrainienne a repris Kherson. Les pieds-nickelés ont inventé ça, et ils ont fini par croire à leur propre mensonge.
Pourtant, l’armée russe a évacué la ville, et a mis en scène l’évacuation. Ça s’est passé sous le regard du monde entier.
Cela n’empêche pas l’écrasante majorité des commentateurs occidentaux de parler de la libération de Kherson.

3. L’armée ukrainienne peut reprendre la Crimée.
Ce n’est même pas une blague.
Dire que des commandos ukrainiens peuvent organiser des opérations à Moscou ou ailleurs en territoire russe, qu’ils peuvent faire des coups en Crimée ou en Mer noire, OK. Dire que des résistants ukrainiens peuvent faire beaucoup de mal à l’armée russe en territoire ukrainien est plausible. Beaucoup de choses sont possibles quand on défend son pays contre un occupant.
Mais parler de reprendre la Crimée, c’est soit risible, soit criminel.

4. Avec des chars, l’armée ukrainienne peut reprendre l’initiative.
C’est de la com. De la com pure. Doublée de bêtise.
Cette com permettra peut être aux dirigeants ukrainiens de faire bonne figure plus tard, en disant : on ne nous a pas assez aidés, les chars ne sont pas arrivés, sinon, vous auriez vu ce que vous auriez dû voir.
Mais pas plus.
Les amis des ukrainiens seraient plus crédibles en leur tenant un autre discours.

5. Faut-il revenir sur toutes les affabulations, genre : l’armée russe va s’écrouler, Poutine va être renversé, les russes vont sortir en masse dans la rue ? Faut-il rappeler le diagnostic éclatant selon lequel l’économie russe allait s’effondrer ?

6. En fait, les pieds-nickelés de la géopolitique ont décidé de définir eux-mêmes les objectifs que l’armée russe s’était fixé à travers l’invasion de l’Ukraine : occuper le pays, changer de régime, pendre Zelensky, russifier le pays, utiliser l’Ukraine comme première étape avant d’occuper d’autres pays, etc. Chaque « expert », chaque « spécialiste en prospective », y allait de sa musique.
Et à chaque fois que la Russie ne faisait pas ce qu’ils avaient prévu, experts et stratèges parlaient d’échec de l’armée russe.

6. Il était plus simple de penser, dès le début, que la Russie avait comme objectif d’annexer les régions russophones de l’Ukraine3, après avoir neutralisé l’armée ukrainienne et montré à quels risques s’exposait l’Ukraine si elle refusait le fait accompli.

Ceci dit, la Russie a commis plusieurs erreurs d’appréciation.

A. Elle n’a pas procédé à l’américaine (en Irak), elle a evité les bombardements massifs qui auraient détruit l’Ukraine et brisé toute velléité de résistance. Il n’y a pas eu effondrement de l’Etat ni de l’armée ukrainiens, qui ont pu rebondir.

B. La Russie a sous-estimé la capacité des États-Unis à maintenir à flots le gouvernement ukrainien.

C. La Russie a sous-estimé la vassalisation de l’Europe par les États-Unis. L’Europe a littéralement abdiqué, abandonnant toute velléité de décision.
La France et l’Allemagne, qui avaient parrainé les accords de Minsk, ont fait preuve d’une duplicité incroyable, même si Macron a tenté de garder la face en maintenant le contact avec Poutine.

D. La Russie a sous-estimé la peur que l’invasion de l’Ukraine allait provoquer en Europe. Beaucoup de pays européens, notamment à l’est, pensent que leur tour viendra aussitôt que la Russie en aura fini avec l’Ukraine.

E. La Russie pensait-elle être en mesure de rééditer le coup de la Géorgie de 20082, avec une guerre éclair et des conquêtes territoriales définitives ?
Si c’est le cas, c’est une lourde erreur d’appréciation.
Angela Merkel et François Hollande, parrains des accords de Minsk, ont tous deux avoué que ces accords n’ avaient pas pour objectif de résoudre le conflit du Donbass, mais de permettre à l’Ukraine de s’armer pour se préparer à une guerre inévitable.
Si c’est le cas, cela voudrait dire que Poutine et les dirigeants russes n’ont rien vu venir, qu’ils ont été bernés comme des novices.
Ça explique probablement l’intransigeance russe actuelle.

F. La Russie semble avoir perdu la bataille de l’opinion occidentale. L’élimination des médias russes en occident, l’encadrement serré des médias occidentaux, totalement embedded, ont étouffé l’expression russe.
La Russie a cependant conservé le soutien de l’opinion chinoise, russe, arabe, africaine et latino-américaine, mais le mérite n’en revient pas aux russes. En gros, les chinois suivent leur gouvernement dont l’intérêt est côté russe, les arabes et les africains ont été scandalisés par le deux poids deux mesures dans le traitement de l’Ukraine par rapport aux autres pays, les sud-américains par souci d’indépendance.

G. Une curiosité tout de même. Les médias occidentaux publient peu de sondages sur la guerre en Ukraine.
Pourquoi ?
Après une demi journée de recherches et de lecture, j’en suis arrivé à cette conclusion : dans de nombreux pays européens importants (Allemagne, France, Espagne, Italie), l’opinion publique est favorable à une négociation sur la crise ukrainienne.
Plus grave encore, l’opinion européenne a tendance à s’éloigner de l’Ukraine. Ce qui explique la discrétion sur les sondages, traditionnellement brandis à tous bouts de champs.

Cela nous ramène au point de départ.
L’armée ukrainienne est en train de se faire massacrer dans le Donbass.
Pendant ce temps, dirigeants et faiseurs d’opinion occidentaux continuent d’occulter la réalité, pour assurer la poursuite de la guerre jusqu’au dernier ukrainien.
Le jour où on essaiera de savoir si des gens se sont comportés en criminels dans ce conflit, il ne faudra pas les oublier.

Reste à savoir si ces analystes sont réellement des pieds-nickelés.
A lire leurs CV, on se rend compte qu’ils sont d’anciens officiers supérieurs, d’anciens diplomates de haut rang, d’éminents professeurs d’université. Ou des journalistes « engagés ».
Ce ne sont donc pas des pieds-nickelés, mais un personnel de qualité, embedded pour défendre un point de vue de son propre pays.

والسلام….

Quelques règles pour percer dans la vie politique moderne.

Les médias et les réseaux sociaux ont imposé de nouveaux codes pour réussir sa carrière politique.

Voici quelques conseils pour faire une belle carrière.

D’abord, bien se préparer pour aller à une manif ou à un rendez-vous médiatique. Avoir un moral élevé, et de la prestance.

Bien préparer ses dossiers, pour dire des choses intéressantes

Veiller à ce que ça soit original, pour faire le buzz, et penser aux plus pauvres, aux plus faibles

Soigner son image. Un look guerrier, genre Zelensky, c’est très chic.

A défaut, afficher une volonté de concilier l’inconciliable

Être dans l’air du temps quand il le faut

Mais ne pas hésiter à aller à contre-courant si nécessaire

En cas de besoin, ne pas hésiter à dire n’importe quoi pour attirer l’attention médiatique

Toujours imposer cette impression qu’on fait partie des plus grands

La vulgaire censure russe face au talent (génie) de la censure occidentale

Les occidentaux ont eu bien raison de censurer les médias russes, comme Sputnik ou Russia Today, et de mettre en place un encadrement de haut niveau des principaux médias occidentaux.
Ce dispositif très efficace permet d’éviter certains désagréments, comme de permettre aux européens d’accéder à des informations toxiques.

Exemple.
L’ancienne chancelière Angela Merkel a déclaré il y’a un mois et demi que les fameux accords de Minsk de 2014-2015 avaient pour objectif, non de régler la crise dans le Dombass, mais de permettre à l’Ukraine de s’armer et de se préparer à la guerre. L’interview a été publiée par un journal allemand, Fi Zeit, mais vite oubliée, étouffée, enterrée.
Reprise par les médias russes, elle n’a pas touché le grand public en Europe.

Quelques jours plus, l’ancien président français François Hollande faisait le même aveu, confirmant que les accords de Minsk étaient une manœuvre pour retarder une réaction russe inéluctable. Il faut rappeler que Hollande et Merkel avaient parrainé les accords de Minsk entre l’Ukraine et les représentants de la rébellion du Donbass.

http://bit.ly/3kTDsE8

Le président ukrainien Porochenko a fait le même aveu.

Quand j’ai lu cette info la première fois, à propos de l’interview de Mme Merkel, j’ai réagi comme un lecteur de base inondé par la presse libre occidentale. Je me suis dit que c’était de la vulgaire propagande russe.
J’ai tout de même vérifié, et j’ai trouvé l’interview de Mme Merkel dans un journal allemand.

http://bit.ly/3Y6RSiF

J’ai décidé de publier ce post après une discussion avec des amis, installés aux États-Unis, en France et au Canada, très branchés sur l’actualité, mais qui m’ont dit ne pas être au courant de la déclaration de Mme Merkel.
Preuve qu’on peut être très mal informé dans un système supposé libre, avec une presse bien encadrée; et qu’une gestion très subtile et très élaborée peut se révéler plus efficace que la vulgaire censure russe.

Ukraine : l’incroyable aveu d’Angela Merkel sur les accords de Minsk

C’est dit de manière froide, cynique : les accords de Minsk n’avaient pas pour objectif de mettre fin au conflit du Donbass, mais de donner à l’Ukraine le temps de préparer, dans de meilleures conditions, une guerre, considérée comme inéluctable, contre la Russie.

Abed Charef

Même retirée des affaires, Angela Merkel garde une indéniable capacité à influer sur les affaires du monde. Une capacité de nuisance, diront ses détracteurs, car la sortie de l’ancienne chancelière allemande sur la guerre en Ukraine risque de marquer un tournant dans la compréhension et l’évolution du conflit. 

Les déclarations de Mme Merkel sur la signification à donner aux accords de Minsk, signés en 2014-2015, ont été discrètement évoquées, quand elles n’ont pas été pudiquement passées sous silence par les grands médias occidentaux, tant leur contenu est gênant. Mais dans les milieux spécialisés, ils constituent un véritable coup de tonnerre, avec des effets imprévisibles sur le cours du conflit.

Selon Mme Merkel, les accords de de Minsk n’avaient pas pour finalité de résoudre le conflit alors en cours au Donbass, mais de donner à l’armée ukrainienne le temps de se préparer pour affronter l’armée russe dans de meilleures conditions. C’est dit de manière très claire, sans équivoque possible.

Dans une interview publiée mercredi 7 décembre par le journal allemand Die Zeilt, Mme Merkel a affirmé que  « l’accord de Minsk de 2014 était une tentative de donner du temps à l’Ukraine », qui a « également utilisé ce temps pour se renforcer, comme on peut le voir aujourd’hui ». Selon Mme Merkel, « l’Ukraine de 2014-2015 n’est pas l’Ukraine moderne », et l’armée russe « aurait facilement pu envahir » l’Ukraine à l’époque. L’ancienne dirigeante a également admis que l’OTAN n’aurait pas eu les ressources nécessaires à l’époque pour soutenir l’Ukraine en cas d’attaque russe en 2014, estimant « douteux que les pays de l’OTAN » aient pu faire autant qu’ils le font aujourd’hui.

Aux termes des accords de Minsk, le conflit était « gelé », car il était vital que « l’Ukraine dispose d’un temps précieux ». 

Les accords de Minsk -en fait deux séries d’accords, un protocole signé en septembre 2014, complété le 12 février 2015, dans la capitale biélorussse, par les représentants de l’Ukraine, de la Russie et des Républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk – avaient été parrainés par le président français François Hollande et la chancelière Angela Merkel. Ils étaient supposés offrir un cadre pour politique et juridique en vue de mettre fin au conflit dans l’est ukrainien, en offrant une certaine autonomie à une forte minorité russophone.

En déclarant que ces accords avaient pour objectif réel de retarder simplement un conflit devenu inévitable, Angela Merkel semblait avoir deux motivations essentielles. D’abord, mettre fin aux critiques qui l’accusent d’avoir mis l’Allemagne dans une dépendance insupportable envers la Russie, notamment dans le domaine de l’énergie.

Ces critiques s’appuient sur la dépendance, devenue structurelle, de l’Allemagne envers les hydrocarbures russes. Avant l’invasion de l’Ukraine, l’Allemagne importait 37% de son gaz de Russie. Ce chiffre devait connaitre un bond avec le lancement du gazoduc Nord Stream 2, d’une capacité de 55milliards de m3 par an, reliant les champs gaziers russes à l’Allemagne. Le gazoduc devait entrer en production en 2022, avant d’être gelé avec l’invasion de l’est de l’Ukraine par la Russie, puis saboté en septembre 2022, et visiblement abandonné depuis.

Pourquoi Angela Merkel a-t-elle décidé de justifier un choix qui assurait à l’Allemagne un approvisionnement sûr et pas cher en gaz naturel, un choix dans lequel elle n’a, du reste, fait que suivre d’illustres pionniers qui ont marqué l’histoire de l’Allemagne post 1945?

En effet, depuis le début des années 1970, et malgré la guerre froide, l’ancien chancelier Willy Brandt (1913-1992) avait théorisé l’option de l’Ostpolitik, une politique qui consiste à établir des ponts avec les anciens pays de l’est pour instaurer un climat de confiance. Ses successeurs ont vu dans la densification des relations économiques un moyen d’amener les anciens pays de l’est, dont la Russie, qui accusaient alors un retard économique évident, à se fondre dans le modèle occidental.

Pour les dirigeants allemands, l’Europe se construisait autour de deux nations historiquement rivales, voire ennemies, la France et l’Allemagne. Elle se devait de compléter cette démarche, pour compléter la réconciliation, en intégrant une autre grande nation à laquelle les deux pays avaient fait la guerre à de nombreuses reprises, la Russie.

Gerhard Schröder, prédécesseur d’Angela Merkel, était allé loin dans cette démarche. Celui qui avait jeté les bases de la réforme de l’économie allemande au tournant du siècle, et parrainé le gazoduc Nord Stream 2, n’a pas hésité à siéger au conseil d’administration du géant d’hydrocarbures russe Rosneft, qu’il n’a quitté qu’en mai 2022.

Vue sous cet angle, la politique d’Angela Merkel était parfaitement dans la ligne des grands dirigeants allemands post-1945, qui visaient à sortir leur pays de l’héritage de la seconde guerre mondiale, pour le placer au cœur d’une Europe intégrant aussi bien la Russie que les anciens pays de l’est. C’est une stratégie efficace, qui a permis à l’Allemagne de s’installer au centre du jeu européen, et de devenir le premier acteur économique de l’Europe.

Mme Merkel avait-elle réellement besoin de s’excuser d’un tel succès ?

En fait, derrière ce soutien apparent à l’Ukraine, l’ancienne chancelière offre un cadeau empoisonné à Kiev. Car sa déclaration constitue du pain bénit pour Moscou, même si elle peut présenter Vladimir Poutine sous un angle peu avantageux.

En effet, dire que les accords de Minsk offraient à l’Ukraine un temps inespéré pour se préparer pour une confrontation inévitable face à la Russie, constitue une manière très claire de dire que Vladimir Poutine a été berné comme un novice. Le dirigeant russe qui prétendait endiguer l’OTAN et rétablir le grand empire russe, aurait ainsi été parfaitement « roulé dans la farine » par une chancelière malhonnête, appuyée par un président français sans consistance !

Les dirigeants allemands ne peuvent même pas prétendre qu’Angela Merkel tente simplement de se justifier, en se donnant un beau rôle, et que ses propos sont sans fondement. Car de tels propos ont déjà été formulés, dans des termes presque identiques, par un ancien président ukrainien, Petro Porochenko, alors au pouvoir au moment des accords de Minsk. Les propos du dirigeant ukrainien avaient toutefois été noyés dans les fracas de la guerre d’Ukraine, Porochenko étant accusé de vouloir lui aussi justifier de manière peu crédible sa décision de valider es accords.

Par ailleurs, cette version des accords de Minsk vue par Angela Merkel est suffisante pour inciter les dirigeants russes à bannir le mot confiance de leur vocabulaire politique, du moins dans leurs relations avec les pays de l’OTAN. D’autant plus que cette manœuvre n’est pas la première. Elle fait suite à la promesse, célèbre, faite à Michael Gorbatchev u lendemain de la chute du mur de Berlin, mais jamais respectée, selon laquelle l’OTAN ne serait pas élargie vers l’est.

Avec ce passif, tout ce que peuvent dire les occidentaux n’a, du point de vue russe, aucune valeur. Seuls les actes, concrets, peuvent être pris en considération.

Ceci explique peut-être la nouvelle attitude russe, qui a pris forme depuis le précédent libyen. La Russie avait alors voté la résolution du conseil de sécurité de l’ONU instaurant une zone d’exclusion aérienne offrant à l’OTAN la maitrise du ciel libyen. L’organisation atlantique en a tiré pour profit pour organiser l’élimination de Mouammar Kadhafi, un allié de la Russie, ce qui avait été interprété par Moscou comme une vulgaire trahison et un indigne manquement à la parole.

De telles mésaventures ne pouvaient que provoquer une méfiance systématique de la Russie envers les occidentaux. Et amener le russes à considérer, jusqu’à preuve du contraire, toute initiative ou déclaration occidentale, au mieux comme une manœuvre, au pire comme un mensonge ou un acte hostile. Ce n’est évidemment pas un climat idéal lorsque des négociations seront envisagées.

Ps: ce texte a été écrit à la mi-décembre. Depuis, le président français François Hollande a tenu des propos similaires.

L’Europe fait de la surenchère… et s’enfonce

L’Europe a décidé, lundi 19 décembre, de plafonner le prix du gaz.
Cette décision intervient après celle destinée à plafonner le prix du pétrole russe.

Ce choix est à la fois dangereux et inquiétant pour les pays producteurs.
L’Europe et ses alliés montrent clairement une volonté de contrôler le prix de l’énergie, en ces moments de crise.
Ce que l’OPEP et les pays exportateurs de gaz ne peuvent supporter. Ils sont donc contraints de faire bloc, pour défendre leurs intérêts, et adopter ainsi une position plutôt favorable à la Russie.  D’autant plus que la Russie coopère depuis des années avec L’OPEP, une coopération qui a donné des résultats probants.

La décision européenne sera-t-elle soutenue par les États-Unis ? Peu probable. Les Américains sont traditionnellement rétifs à l’idée de fixer les prix (argument secondaire), mais ils sont surtout exportateurs de gaz. La guerre en Ukraine a constitué un formidable débouché pour le gaz de schiste américain.
Sans le soutien de Washington, la décision européenne risque de ne pas avoir d’impact, voire de se révéler contre-productive.

L’Europe n’en est pas à la première mesure contre-productive. Il suffit de rappeler que l’Europe a décidé des sanctions contre la Russie pour se retrouver dans une bourrasque faite d’inflation, de récession, de pénurie d’énergie, alors que les sanctions avaient un effet limité sur la Russie.

L’Europe est entraînée dans une surenchère qui n’en finit pas. Jusqu’où cette frénésie de radicalisme va-t-elle l’entraîner ?
Les européens savent que les objectifs fixés par Zelensky sont hors de portée. L’Ukraine pourra, au mieux, récupérer une partie des territoires actuellement sous contrôle russe. Cela se fera par le biais de négociations, non par une chimérique victoire militaire ukrainienne que tentent de vendre de brillants analystes occidentaux.

L’Europe reste donc dans la surenchère verbale, mais dans le même temps, elle implore discrètement les États-Unis à amener les polonais à négocier pour mettre fin à la guerre. En espérant qu’un cessez-le-feu intervienne le plus vite possible, pour que les choses reviennent à la normale.

On peut aimer le foot et ne pas regarder des matches de foot

Cette coupe du monde 2022 me met dans un embarras incroyable. Je n’ai pas vu un seul match en entier.
Deux raisons: une, personnelle, et la seconde, c’est que je n’arrive pas à regarder le foot sans tenir compte de son impact politique..

1. Les équipes africaines en lice me laissent indifférent.
Sénégal, Cameroun, Sénégal, sont, dans l’esprit, considérés comme des colonies françaisses.
Je ne parle pas du Maroc et de la présence israélienne.
C’était tout aussi choquant pour la Tunisie qui a eu droit à un mépris incroyable : affronter la France B.

2. Le Qatar a réussi sa coupe du monde. Faire une fixation sur les trois défaites de l’équipe du Qatar est ridicule. Le but, pour le Qatar, ce n’était pas de remporter la coupe du monde, mais de se placer au cœur de l’attention médiatique du monde.
Là, c’est totalement réussi. Les campagnes de boycott et les postures, comme celle de l’équipe d’Allemagne, sont devenues ridicules.
Chapo au Qatar, qui a prouvé qu’on pouvait tout acheter : clubs, compétition, responsables, institutions, notoriété, respectabilité, prestige, notoriété.

3. Japon, Arabie-Saoudite, Costa-Rica ont offert de beaux moments.
J’ai été déçu par l’équipe iranienne. Pourtant, c’était le moment de faire quelque chose de grandiose : se débarrasser de la police des moeurs, du voile obligatoire, et offrir des moments de bonheur au peuple iranien.
Que dire de l’Allemagne, ridicule, à l’image de son chancelier, un atlantiste à soumis, à plat ventre, qui mène son pays à l’impasse ?

4. Je n’ai jamais été fan de Neymar. Faux, tricheur, et pour boucler la boucle, il se révèle un vulgaire opportuniste, capable de monnayer un soutien à Bolsanero pour économiser quelques millions de dollars. Le Brésil ne m’intéresse pas cette fois-ci.

5. Y’a-t-il une chance d’avoir une confrontation Argentine-Portugal, pour assister à une ultime opposition Messi-Ronaldo ? C’est tout ce que peut offrir cette coupe du monde avant d’entrer dans la décennie de la rivalité M’Bappe-Haaland.

6. Je suis étonné que l’onu, la fifa, l’Europe, les États-Unis, le monde bien pensant de manière générale, n’ait pas encore trouvé le moyen de permettre aux équipes qualifiées à cette coupe du monde d’avoir l’honneur d’écouter un discours du président ukrainien Volodymyr Zelensky…

7. Résultat : je vais devenir supporter de l’équipe de France de football. Elle va permettre à un métis, M’Bappe, de bannir le racisme en France pour 48 heures, selon la formule de Jamel Debbouze.
Plus intéressant, elle provoquer un collapsus à Éric Zemmour et à Marine Le Pen, qui verront leur théorie du grand remplacement se confirmer ..

Plafonner le prix du pétrole russe ?

La décision européenne de plafonner le prix du pétrole russe est étonnante.
Comment l’Europe peut-elle croire à son efficacité, après l’épisode du boycott du gaz russe, s’est clairement retourné contre l’Europe ?

J’avais écrit un texte sur l’incroyable bluff occidental sur le pétrole et le gaz russes

Pour le pétrole, on va avoir deux effets. Comme le monde ne peut se passer de pétrole russe (10% de la production mondiale) , on va assister à une perturbation du marché et un pétrole qui va changer de direction. Ça peut provoquer une flambée des prix si, momentanément, une partie de la production russe est retirée du marché.

De plus les américains vont vendre plus de pétrole de schiste à l’Europe.

Que gagne l’Europe ?
Les cheveux…

L’opinion européenne va-t-elle accepter cela ?
Ne pas oublier par exemple que la France, 6ème puissance économique du monde, risque de fermer des écoles et de recourir à des coupures de courant parce qu’elle manque d’électricité !

Si jamais des incidents mortels se produisent, l’opinion européenne acceptera-t-elle de continuer à soutenir l’Ukraine à ce prix ?

Pour le pétrole, on va avoir deux effets. Comme le monde ne peut se passer de pétrole russe, on va assister à une perturbation du marché et un pétrole qui va changer de direction. Ça peut provoquer une flambée des prix.

De plus les américains vont vendre plus de pétrole de schiste à l’Europe.

Que gagne l’Europe ?
Les cheveux…

L’opinion européenne va-t-elle accepter cela ?
Ne pas oublier par exemple que la France, 6ème puissance économique du monde, risque de fermer des écoles et de recourir à des coupures de courant parce qu’elle manque d’électricité !

Si jamais des incidents mortels se produisent, l’opinion européenne acceptera-t-elle de continuer à soutenir l’Ukraine à ce prix ?

Les gagnants et les perdants de la crise ukrainienne

L’Europe, dont l’Allemagne, et bien sûr l’Ukraine seront les grands perdants de l’invasion russe dans le pays. Côté gagnants, un se détache nettement : les États-Unis.

Mon analyse sur le site https://www.middleeasteye.net/fr/opinionfr/ukraine-russie-etats-unis-allemagne-europe-guerre-gagnants-perdants-gaz-energie