La guerre du football

 

Entre Yahia Guidoum et Mohamed Raouraoua, la guerre est déclarée. Une guerre atroce, avec un seul objectif concret : détruite ce qui reste du football.

 

Par Abed Charef

 

Mohamed Raouraou est un homme qui a de l’aplomb. Lors de l’assemblée générale de la fédération Algérienne de Footbal, il a publiquement déclaré qu’il assumait seul la responsabilité de l’échec du football algérien, ramené au niveau de compétitions entre douars après avoir ambitionné de se frotter au gratin mondial.

Il a aussi montré des velléités de légalisme et de légitimité, en s’opposant aux tentatives du ministre des sports, Yahia Guidoum, qui veut imposer sa méthode, sa vision et ses hommes à toutes les fédérations sportives. S’accrochant à ses prérogatives, rejetant les ingérences de l’administration, Mohamed Raouraoua a mis en avant la loi, la nécessité de se conformer à la législation internationale, ainsi que la toute relative autonomie des associations sportives par rapport à l’exécutif, pour refuser les récents arrêtés ministériels modifiant le fonctionnement des fédérations.

Mais le président de la FAF a beau jeu dans sa confronttation avec Yahia Guidoum, tant le ministre des sports a montré une tendance à prendre des dcisions à l’emporte pièces, sur des sautes d’humeur et des impressions, plutôt que sur une analyse et un plan de travail. N’a-t-il pas pris l’initiative de « virer », par le biais de méthodes cavalières, nombre de cadres, même s’ils s’agissait souvent de bureaucrates inefficaces ? Ses tournées à l’intérieur du pays étaient d’ailleurs devenues le cauchemar des responsables locaux, donnant lieu à une véritable loterie. La principale question qu’on se posait lors de ses tournées ne concernait ni les projets, ni les ambitions des uns et des autres, mais se rapportait à un seul point : qui sera viré lors de la visite ?

Les dérives du ministre des sports ont amené nombre d’acteurs du sport à cette conclusion : l’arrêté de Yahia Guidoum n’avait pas pour but de mettre en place une nouvelle politique sportive, mais d’éviter aux présidents de fédérations actuellement en poste de briguer un nouveau mandat. Et le premier d’entre eux est évidemment Mohamed Raouraoua, qui se trouve à la tête de la plus puissante fédération sportive. Autrement dit, pour virer Raouraoua, on change les statuts des fédérations. On limite le nombre de mandats de président de fédération sportive à un seul, alorsd qu’en politique, la tendance est inverse : on veut offrir au président de la république la possibilité d’un troisième mandat…

Dans cette confrontation, l’issue semblait evidente. Raouraoua se disait fatigué, usé, et Guidoum voulait s’installer, par le biais d’une nouvelle équipe. Mais voilà le président de la FAF qui se découvre un nouveau défi : tenir face au ministre. En faisant prévoloir textes et statuts et, au besoin, les dangers qui pèsent sur le sport algérien si le ministère arrive à imposer ses nouveaux textes. Car la FIFA risque de suspendre la fédération algérienne, comme elle l’a fait pour d’autres pays.

Malgré ces menaces, Guidoum ne lâche pas. « Cest moi ou eux », dit-il dans un défi don quichottetsque. Il persiste, et mène campagne. Il veut convaincre, parfois, menace, et sévit quand il le peut. Plus pragmatique, Raouraou agite les réseaux, mobilise ses troupes, et collecte les motions de soutien. Pour l’heure, c’est suffisant pour montrer sa force, et se maintenir, face à l’autre groupe qui n’hésite pas à recourir à des méthodes asurdes, comme de sceller les bureaux d’une ligue de football.

Quel est l’enjeu de cette bataille ? Nul ne le sait. Car Raouraoua a fait ses preuves. Sous son règne, le football algérien a tellement regressé qu’il est difficile d’imaginer un bilan plus sombre. Il a réussi à ne pas qualifier l’équipe nationale de football à la phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations, ce qui ne s’était pas produit depuis un quart de siècle. Ceci sans parler de la violence, du truquage des matches, et la déliquescence des structures du sport. Le footballa algérien est supposé être devenu professinnel, mais sa gestion n’est même au niveau des ligues d’amateurs d’autres pays.

Raouraoua a pris acte de cette régression, dit-on. Il assume la responsabilité. Sous d’autres cieux, assumer ses responsabilités dans de pareilles situations signifie qu’on démissionne, qu’on essaie de préparer une succession pas trop humiliante, et on se fait oublier.

Mais Raouraoua est un homme d’une autre trempe. Il ne s’avoue pas battu. Il affirme qu’il n’exclut pas de se représenter. Il a choisi la résistance. Rien que pour défier Guidoum, ça en vaut la peine. Si le président de la FAF avançait publiquement cette explication, en affirmant qu’il veut simplement défier le ministre, il aurait probablement la sympathie de l’opinion.

Par contre, il est difficile pour lui d’affirmer qu’il a un plan pour relancer le sport, qu’il a des projets ou une quelconque politique. Sur ce terrain, il n’a plus aucun argument à avancer. Yahia Guidoum non plus, d’ailleurs. Ce qui donne à leur confrontation un aspect curieux : ils donnent en effet l’impression d’être dans une compétition dont le vainqueur sera celui qui aura le plus d’aptitude à faire descendre le football encore plus bas. Et, sur ce terrain, il faut peut-être leur reconnaître qu’ils sont de vrais compétiteurs, avec de vraies qualités, et une aptitude à aller loin, très vite, et très fort.

abc@wissal.dz

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1 commentaire

  1. Unknown

     /  10 novembre 2008

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