Crise en Paletine: petite guerre et grands enjeux

 La crise palestinienne est en passe d’occulter le problème palestinien, un problème politique que les Occidentaux veulent transformer en problème humanitaire.

 Par Abed Charef

 Conflit grave, destructeur, suicidaire. Le contentieux entre le Fatah et le Hamas, en Palestine, semble justifier les qualificatifs les plus alarmants, tant il semble remettre en cause des fondamentaux de la question nationale palestinienne. Ce n’est pas que la crise menace une autorité palestinienne qui n’existe plus, ou remet en cause la naissance éventuelle d’un état palestinien illusoire. Mais ce conflit révèle que les Palestiniens sont dans une régression grave au niveau symbolique et politique, à l’inverse d’Israël, qui a montré une grande capacité d’édaptation.

Au moment où débutaient les combats entre les organisations de Mahmoud Abbas et celles de Ismaïl Hanieh, les israéliens offraient au monde une autre image, avec une double élection, qui propulsait Shimon Pérès à la présidence et Yehud Barak à la tête du parti travailliste. Car les Israéliens savent mettre la forme. Pas les Palestiniens. Les trois candidats qui aspiraient à prendre le contrôle du parti travailliste israélien étaient Yehud Barak, Dani Yatom et Ami Ayalon. L’un a été chef d’état major de l’armée, le second chef du Mossad, le troisième chef du Shin Beth. Avec de tels profils, il est difficile de trouver système plus militaro-policier que le système israélien. Pourtant, le respect strict des formes, et l’organisation d’élections crédibles permet au système non seulement de survivre, mais d’apparaître comme le seul système démocratique du Moyen-Orient.

A l’inverse, côté palestinien, tout le patrimoine de débats et les traditions de négociations, parfois des palabres interminables, sur lesquels a été bâtie l’Organisation de Libération de la Palestine, semblent avoir été balayées d’un revers de la main. Il est vrai que le Hamas ne fait pas partie de cette longue tradition de la démocratie palestinienne, forgée autour de Yasser Arafat et des dirigeants historiques palestiniens.

Mais la crise entre le Fatah et le Hamas doit être ramenée à sa juste valeur. Les Palestiniens ont connu pire, et ont survécu à des périodes encore plus dramatiques et des expériences plus douloureuses. De septembre noir aux combats inter palestiniens qui ont émaillé les années 1980 au Liban, les épreuves ont été aussi nombreuses que terribles. Ils survivront donc à cette nouvelle péripétie. Mais à quel prix ?

En fait, tout est là. Car ce prix risque d’être élevé, même s’il est envisagé en mettant de côté le volet émotionnel. Il ne sert à rien de pleurer ces frères qui s’entretuent ni de se lamenter sur le manque de soutien des pays arabes, ni de la dislocation du monde musulman, incapable de défendre son troisième lieu saint.

Le conflit en Palestine est d’abord politique, avec deux grands courants qui s’affrontent. L’un estime que le temps n’a pas joué en faveur des palestiniens, que les Américains et Israël détiennent toutes les cartes, et que la seule manière d’obtenir quoi que ce soit est d’accepter cette logique américaine, en essayant de faire pour le mieux. Pour eux, le peuple palestinien a trop souffert. Il a le droit de faire une pause, de se rassembler, avant de passer le relais à d’autres générations. Yasser Arafat lui-même était dans ces dispositions. Il espérait laisser aux siens un bout de territoire où ils planteraient un drapeau, en attendant que d’autres générations fassent à leur tour ce qu’elles doivent faire.

Ce raisonnement est qualifié de réaliste. Il évalue le rapport de forces sur le terrain, et tente d’estimer ce qu’il est possible d’obtenir. Il pêche cependant par deux grandes faiblesses. D’un côté, il ne fait pas le bilan de la décennie écoulée, pour constater, par exemple, que depuis les accords d’Oslo, en 1993, il n’a rien obtenu, malgré la promesse formulée en 2002 par le président américain George Bush d’aboutir à un état palestinien en 2005. D’un autre côté, il travaille à démobiliser la société palestinienne, sans aucune garantie.

Le second grand courant qui anime la scène palestinienne ne veut pas se soumettre au rapport de forces actuel. Les Palestiniens n’ont que la souffrance et le sacrifice comme armes. Il accepte de payer le prix, et refuse d’abdiquer. Qu’il compte sur la religion comme élément mobilisateur, ou sur l’action politique, il considère que les Palestiniens ont des ressources, et que personne n’a le droit de les désarmer.

Symbolisé par le Hamas et par les organisations dites « radicales », ce courant estime qu’à défaut d’imposer ses choix dans la conjoncture actuelle, il peut empêcher les plans défaitistes de se concrétiser. Hamas compte-t-il mettre en place une organisation de type hezbollah pour imposer ses choix ? Peut-être.

Mais à son tour, ce courant présente de graves lacunes. En premier lieu, l’absence d’un projet politique, d’une démarche et de moyens adéquats pour le réaliser. Il est difficile de savoir ce que veut exactement le Hamas, et sur quelles forces il compte pour y arriver. Ce ne sont pas les sacrifices qui font le plus peur. C’est l’éventualité de voir ces sacrifices consentis pour rien.

La confrontation entre ces deux grands courants se cristallise autour du Hamas et du Fatah. Si l’histoire et l’engagement des uns et des autres ne peuvent être mis en doute, il n’est pas inutile de se demander si l’un ou l’autre ne joue pas, même inconsciemment, le jeu de l’ennemi commun.

Le Fatah a-t-il le droit de jouer à fond la carte américaine et occidentale, avec tous les risques qu’elle comporte ? Des historiques du Fatah contestent ce choix, à l’image de Farouk Kaddoumi, l’ancien « ministre des affaires étrangères » de l’OLP pendant deux décennies.

Mais plus grave encore, des éléments du Fatah sont-ils prêts à s’accrocher à cette démarche, même si cela doit les amener à combattre le Hamas, en espérant qu’au bout du compte, ils auront la reconnaissance des Américains ? De sérieux soupçons en ce sens pèsent sur certains dirigeants du Fatah, et notamment sur Mohamed Dahlane, considéré comme le plus ardent défenseur de l’option du désarmement palestinien. Le Hamas l’accuse d’être engagé dans un marché de dupes : éliminer le Hamas, en contrepartie de concessions ouvrant la porte à la création d’un état palestinien.

A l’inverse, le Hamas ne joue-t-il pas, consciemment ou non, le jeu de la destruction ? Pendant trois décennies, les Israéliens ont favorisé les islamistes palestiniens, pour contrebalancer l’influence de l’OLP. Aujourd’hui, les islamistes palestiniens semblent avoir acquis leur autonomie. Mais rien ne prouve qu’ils ne jouent pas, « à l’insu de leur plein gré », un rôle précis, celui de détruire la résistance palestinienne de l’intérieur, en transposant le conflit dans les rangs palestiniens.

En réalité, ce résultat semble d’ores et déjà acquis. Comme la plupart des pays arabes, les palestiniens sont entrés dans un engrenage de lutte interne entre islamistes et nationalistes. Les bases d’un long conflit sont déjà en place. Et tout semble indiquer que ce conflit risque de provoquer plus de drames que la lutte contre l’occupant.

Pour les deux parties, il ne suffit donc plus de brandir la bonne foi, l’engagement et l’esprit de sacrifice. Ces éléments de base, qui donnent une certaine légitimité, doivent aussi s’appuyer sur un autre facteur, fondamental : s’assurer que l’action de l’un et de l’autre n’est pas intégrée, voire souhaitée, dans le cadre d’une démarche du véritable ennemi. Et là, force est de constater qu’Israël et leur protecteur américain intègrent les deux acteurs palestiniens. Les contacts avec le Fatah servent aux Israéliens de couverture pour affirmer qu’ils sont prêts à négocier sérieusement avec un ennemi « présentable ». Le Hamas leur sert pour empêcher les Palestiniens d’avancer.

Dès lors, Etats-Unis et Israël détiennent entre leurs mains suffisamment de cartes pour affirmer que les Palestiniens sont incapables de faire la paix, alors que c’est Israël qui ne veut pas la paix. Et là, ce n’est pas un slogan. C’est une réalité du terrain : Israël a mis en place des conditions telles que la paix est devenue une impossibilité pratique. Israël voudrait la paix qu’il ne le pourrait la faire. L’extension des colonies, le mur de séparation, la question d’El-Qods, et les impératifs de politique interne à l’Etat d’Israël, qui poussent à toujours plus de surenchère, détruisent de fait toute possibilité d’accord de paix.

Cela, Américains et Européens le savent parfaitement. Et c’est pour cela qu’ils font preuve d’autant de compassion pour les Palestiniens. Ils fournissent argent et aide aux Palestiniens, pour transformer le problème en question humanitaire. Ils veulent imposer à l’opinion européenne l’idée que les Palestiniens ont besoin de confort, d’écoles, de travail, pour occulter la question nationale palestinienne. La nomination de Bernard Kouchner à la tête de la diplomatie française est un signe qui ne trompe pas.

Que reste-t-il aux Palestiniens ? Pris dans l’engrenage de la survie au quotidien, ceux de l’intérieur n’ont pas le recul nécessaire pour bien mesurer les enjeux. Ils n’ont pas la maîtrise du terrain, ni du calendrier. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les positions les plus lucides viennent des détenus ou des exilés, qui ont une vision bien meilleure. En outre, les pays arabes ne leur sont d’aucun secours.

Les Européens se comportent eux aussi en parfaits complices du crime israélien. Ils sous-traitent un volet de la politique américaine, et veulent transformer un problème politique en une simple question humanitaire. La récente crise du camp de Nahr El-Bared, au nord du Liban, en a offert une illustration. Un consensus s’est dégagé, dit-on, pour porter secours aux réfugiés qui quittaient le camp. Cela coûtera quelques millions de dollars, le bénéfice quotidien d’une compagnie pétrolière. Mais personne ne s’est posé des questions pourtant simples : que font ces Palestiniens dans ce camp ? Pourquoi ne rentrent-ils pas chez eux ? Et chez eux, c’est où ? El-Qods, Ramallah, ou Nazareth ?

Là, ce sont des questions interdites. Il appartient pourtant aux Palestiniens de les rappeler, constamment. Même si cela leur révèle qu’ils ont encore longtemps, très longtemps, à envoyer leurs enfants à la mort.

Al-Qaïda a rendu bien des services

 Par Abed Charef

 

Les membres d’Al-Qaïda sont des « lâches ». La sentence a été prononcée par le commandement des troupes de la coalition qui occupe l’Afghanistan, pour expliquer la mort de sept enfants tués dans des bombardements, dimanche, dans le sud du pays. Selon un communiqué de la coalition, des membres d’Al-Qaïda ont trouvé refuge dans une école coranique, les fameuses « madrassa », et auraient utilisé les enfants comme bouclier humain. L’école a été bombardée par voie aérienne, tuant pêle-mêle combattants, civils, enfants et enseignants.

Pour les forces occidentales, il n’est pas nécessaire de risquer la vie de soldats dans des accrochages classiques. Il est préférable d’utiliser les grands moyens, et raser tout ce qui bouge. Déjà, en Irak, un officier américain a justifié l’utilisation de moyens « disproportionnés » pour protéger la vie des soldats américains. Interrogé s’il était nécessaire « d’assommer une mouche avec un marteau », allusion à l’utilisation abusive des bombardements aériens et du pilonnage aveugle de positions considérées comme suspectes, il a répondu froidement : « oui, on peut assommer une mouche avec un marteau, et même avec un marteau piqueur ». En cas de « bavure », il suffit de prononcer le mot « magique, « Al-Qaïda », pour justifier tous les excès.

La recette a fait ses preuves depuis longtemps. Elle marche toujours. En Irak, la plupart des communiqués publiés par les forces d’occupation américaines faisant état de victimes irakiennes, indiquent que l’attaque visait des combattants d’Al-Qaïda, une cache d’Al-Qaïda, ou des groupes liés à Al-Qaïda.

La répétition est délibérée : plus on prononce le mot « Al-Qaïda », moins on a d’obligation de s’expliquer. Il suffit d’évoquer ces mots magiques pour justifier toutes les excès, toutes les outrances. Y compris quand cela frise l’absurde. Samedi dernier encore, l’armée américaine a annoncé avoir lancé une nouvelle offensive contre « plusieurs bastions d’Al-Qaïda » dans la région de Baghdad. L’offensive avait pour cible "un certain nombre de zones autour de Bagdad, en particulier des zones qui par le passé servaient de refuge à Al-Qaïda", a précisé le général David Petraeus, commandant des forces américaines en Irak.

Les pertes américaines en Irak sont, elles aussi, imputées à Al-Qaïda. Ainsi, en est-il de deux soldats disparus le 23 mai, et dont les papiers d’identité ont été retrouvés à Samarra, dans « une cache d’Al-Qaïda », selon un porte-parole américain. Et tant que des hommes d’Al-Qaïda existent encore, tant qu’ils se terrent dans des casemate en Irak ou dans montagnes afghanes, il faudra aller le chercher. C’est, en soi, une justification suffisante pour maintenir des troupes en Irak.

Quant ces arguments ne suffisent pas, « l’Iran des ayatollahs » et la Syrie viennent à la rescousse. C’est de Damas que viennent les « terroristes », disent tous les spécialistes chargés d’appuyer la politique américaine. Sinon, ils viennent d’Iran, cet épouvantail qui serait prêt à brandir l’armée atomique contre Israël.

Ainsi, pour expliquer la mort d’une quarantaine d’Irakiens, en début de semaine, un porte-parole britannique a mis en cause l’Iran. « Les soldats alliés ont riposté après avoir été pris à partie dans la ville d’Amara et la localité voisine de Madjjar al Kabir, dans la province chiite de Maysan, par des insurgés qui faisaient entrer en contrebande en territoire irakien des armes en provenance d’Iran, a affirmé un communiqué du commandement militaire britannique.

Pour l’opinion américaine et européenne, la formule peut être efficace pour justifier une guerre à outrance. Mais elle ne peut changer la réalité du terrain, comme l’a implicitement reconnu le commandant des forces américaines en Irak. L’armée américaine fait face à une résistance populaire, structurée, obéissant à des motivations très variées. Même si certains groupes se réclament d’Al-Qaïda, tout laisse supposer que les véritables motivations de cette résistance sont d’un autre ordre, plus solides, plus ancrées dans la société. Des motivations nationalistes, tout simplement, profondément ancrées dans la société irakienne, comme dans toute société, et qui laissent entrevoir une résistance de très longue haleine, aussi longtemps que l’Irak sera occupé. En cela, l’Irak n’invente rien. Aucune société au monde ne tolère l’occupation.

Le commandement des forces américaines a implicitement confirmé cette force de la résistance irakienne. "Je pense qu’historiquement, les opérations de contre-insurrection durent au moins neuf ou dix ans", a déclaré le général David Petraeus. En réalité, il ne fait que rendre compte d’une situation évoquée par la plupart des analystes américains, qui constatent avec effroi le peu de maîtrise du terrain par l’armée américaine et ses supplétifs irakiens. Le New York Times a ainsi révélé lundi dernier que, selon une évaluation du commandement militaire, l’armée américaine et les forces irakiennes ne contrôlent que 146 des 457 quartiers de Bagdad, ce qui représente un tiers de la ville. Pourtant, près de 85.000 hommes sont mobilisés dans le cadre du fameux « plan de sécurisation de Bagdad », lancé avec l’arrivée de nouveaux renforts américains, évalués à 30.000 hommes.

Curieusement, les Américains publient d’un côté des chiffres précis, alarmants pour eux, mais refusent de les interpréter de manière rationnelle. La commission Baker-Hamilton avait établi un constat d’échec. Tous les rapports les plus sérieux sont allés dans le même sens. Mais aucune structure dé décision américaine n’est allée au bout de cette logique, pour en tirer les vraies conclusions. A l’inverse, plus on se rapproche des centres de décision, plus on trouve que les Etats-Unis préfèrent marteler les mots « Al-Qaïda » et « terrorisme » comme une démarche politique.

En réalité, seule une résistance nationale, incluant de larges pas de la société, peut mener une action armée de l’envergure de celle que connaît l’Irak. Dans une telle confusion, il est impossible d’éviter l’émergence de certaines organisations nihilistes, qui font beaucoup de tort à la résistance, comme les disciples de Oussama Ben Laden, et d’autres qui font carrément le jeu de l’occupant. C’est un engrenage connu, qui peut même déboucher sur l’émergence de milices sectaires, ou même de véritables gangs qui se déploient sous la bannière de combattants à l’ombre de la guerre civile.

Ces dérives offrent un terrain favorable à la guerre médiatique, qui veut transformer le fidaï en terroriste, le moudjahid en fellagha, le résistant en agitateur, et les supplétifs américains en Irak en bâtisseurs de la démocratie. Mais la guerre médiatique n’est pas toute la guerre. Elle peut occulter une partie de la réalité, mais pas toute la réalité. Les Américains eux-mêmes commencent à le reconnaître. Le mot « résistance » est encore banni de leur langage américain. Au mieux, les officiels américains utilisent le mot « insurgés » pour désigner la résistance. C’est déjà un pas. Le reste est une simple question de temps. Un temps qui, malheureusement, coûtera trop cher aux Irakiens.

فلسطين، من القضية إلى الأزمة

عابد شارف

أثارت الأزمة الفلسطينية بين حركتي فتح وحماس جرحا عميقا في الشارع الفلسطيني أولا، والعربي ثانيا، كما أفرزت جوا يتقاسمه السخط والدهشة أمام هذا الاقتتال بين الإخوة. وتعددت الأسئلة حول أسباب هذا الانزلاق الذي يكاد يشكل انتحارا للقضية الفلسطينية، خاصة وأن طرفي النزاع يكتفيان بالدعاية لتبرير تصرفهما في إطار حملة إعلامية شاملة، بينما يبقى العدو الحقيقي يتفرج، في انتظار من سيخسر المعركة، مع العلم أن القضية الفلسطينية هي أول من سيخسر نتيجة لهذا النزاع في الصف الفلسطيني.

لكن هذا التعامل العاطفي مع القضية الفلسطينية ليس كافيا، لأنه يشجع تراكم التهم بالخيانة والولاء للعدو، ويتجاهل الأسباب السياسية التي أفرزت هذا الخلاف. رغم ذلك، فإن معظم صناع الرأي العام، خاصة في شبكات التلفزيون الكبرى، اكتفوا بالجانب السطحي والدرامي للنزاع، وفضلوا التباكي على أطلال القدس وتوديع فلسطين وآلام أطفال المخيمات على حساب التحليل السياسي الذي يحدد معطيات القضية ويسمح باتخاذ الموقف الصحيح.

ولا يمكن حصر كل التحاليل التي صدرت منذ اندلاع الأزمة، ولا الادعاء أن هذه أفضل من تلك، خاصة وأن المواقف غالبا ما تكون مبنية على أفكار مسبقة إيديولوجية لا علاقة لها مع الواقع. فالمناضل في تنظيم إسلامي مثلا يعتبر مسبقا أن منظمة "حماس" على صواب، والوطني سيقسم أن حركة "فتح" هي صاحبة الموقف الحقيقي الذي يخدم القضية الفلسطينية، وذلك دون التعرف على مبررات الطرف الآخر. وسنكتفي بالإشارة إلى القضية من زاوية طرحها مفكر لبناني، لعلها تعطي مفتاحا لنفهم مبررات هذا الطرف أو ذاك.

وحسب هذا المفكر اللبناني، فإن المقاومة الفلسطينية تنقسم إلى تيارين كبيرين، أحدهما يعتبر أن الشعب الفلسطيني ضيع وقتا طويلا، وأن الوقت لا يخدمه لأنه ليس في موقع قوة. إضافة إلى ذلك، فإن الساحة الفلسطينية انهارت، والشعب الفلسطيني أصيب باليأس، خاصة وأنه لن يجد أية مساندة ميدانية من "الإخوة العرب"، وأن كل الأوراق أصبحت في أيدي أمريكا وإسرائيل. ومن هذا المنطلق، يرى هذا التيار أنه من الأفضل أن يقبل الفلسطينيون بالحل الأمريكي، حتى تنتهي المآسي، وأن يحاولوا الحصول على ما يمكن من التنازلات التي يسمح بها ميزان القوى الحالي ضمن مفاوضات يجب دخولها بطريقة منتظمة وموحدة. ويقول أنصار هذا التيار أن ياسر عرفات نفسه كان يدافع عن هذا الاتجاه، حيث قرر أن يقبل بتنازلات كبرى ليحصل على القليل.

لكن هذا المنطق يحتمل أخطاء كبيرة، حيث أن ياسر عرفات كان يعيش آلام شعبه، وكان يعتبر أن على جيله أن يعطي الفلسطينيين قطعة أرض وعلما، في انتظار أن تأخذ الأجيال الأخرى مسئوليتها لتناضل بطريقتها لتحقق أهداف القضية الوطنية الفلسطينية. إلى جانب ذلك، فإن هذا المسعى يهدف إلى تطبيع الوضع في فلسطين، والتخلي عن المقاومة، وإدماج الفلسطينيين في مسار يهدد وجودهم الوطني. كما أن هذا المسار يمكن لأن يدفع الرمز الذي تشكله حركة فتح إلى منع التيارات الفلسطينية الأخرى من مواصلة النضال والمقاومة إذا تطلب الوضع ذلك.

أما التيار الثاني، فإنه يرفض الاستسلام أمام ميزان القوى الحالي، ويعتبر الضعف الفلسطيني مرحليا وقابلا للتغيير. وسواء يتبنى أنصار هذا التيار فكرا راديكاليا علمانيا أو دينيا، فإنهم يعتبرون أن المقاومة والتضحية تشكلان السلاح الوحيد للفلسطينيين، ولا يمكن التخلي عنهما مهما كان الثمن. ومن وجهة النظر هذه فإن التفاوض استسلام، وقبول لما هو غير مقبول لأن التفاوض من موقع الضعف خطأ كبير.

غير أن هذا الرأي يحتمل بدوره نقاط ضعف كثيرة وكبيرة، خاصة وأن حماس التي تتزعمه اليوم لا تحمل مشروعا سياسيا واضحا، ولا تحدد أهدافا يمكن الوصول إليها، ولا وسائل مقنعة لتحقيق تلك الأهداف. ولا يتعلق الأمر هنا بالتضحيات ولا بحجمها، فالفلسطينيون مستعدون للمقاومة عشرات السنين إذا تطلب الوضع ذلك، لكن ليس مقبولا أن تكون تلك التضحيات من أجل التضحية فقط، بل يجب أن تكون مبنية على تحقيق مشروع يخدم المصلحة الوطنية الفلسطينية لا مشروع بناء دولة دينية وهمية.

ومن يريد أن يقارن بين المشروعين يجد أن نقاط الضعف كثيرة في كل منهما، مما يزيد القضية تعقيدا. كما أن المشروعين يحملان تضحيات دون أن يكون هناك مقابل مضمون، تضحيات بالأرواح أو بالمطالب، وهو الأمر الذي يضع الفلسطينيين أمام خيار بين منهجين كل منهما أصعب من الثاني.

لكن هذه العقبات كلها تبدو سهلة إذا قورنت بالتحدي الحقيقي الذي يواجهه الفلسطينيون اليوم. ويتمثل هذا التحدي في طريقة التمسك بخيار سياسي دون أن يكون ذلك خدمة للعدو. وبكلام آخر، كيف يمكن لحركة فتح أن تواصل مشوارها دون أن تكون قراراتها تخدم أهداف إسرائيل التي تريد إقامة كيان فلسطيني مسالم يظهر للوجود على إثر مفاوضات مع سلطة فلسطينية ترفض المقاومة؟ وما العمل بالنسبة لحركة فتح حتى لا تقوم بقمع التيارات الفلسطينية الأخرى التي ترفض مفاوضات دون مقابل، خاصة وأن التنازلات الفلسطينية منذ اتفاقيات أوصلو لم تحقق الكثير رغم الوعود التي أعطاها الرئيس جورج بوش سنة 2002 حول إقامة دولة فلسطينية قبل نهاية 2005؟

وبالقابل كيف يمكن لحركة حماس أن تبقى على فكر المقاومة دون أن تهدم المنجزات الفلسطينية الضئيلة؟ كيف تبقى على فكر المواجهة دون أمن تدفع المجتمع الفلسطيني إلى حرب أهلية لا متناهية، خاصة وأن بروز الحركات الإسلامية في البلدان العربية أدت إلى تهميشها بسبب الخلافات الداخلية والحروب الأهلية؟

والحق الحق… إن الوضع الفلسطيني لا يدفع إلى التفاؤل، لا بسبب الأزمة الحالية، لأن ياسر عرفات عاش أيول الأسود وحصار لبنان وغيرها من المآسي، إنما الوضع يدفع إلى التشاؤم لأن القيادات الفلسطينية تبدو غير قادرة على تدارك الوضع، مما يفتح الباب لتحويلها إلى لعبة بين وعود أمريكا وإسرائيل وإيران وغيرها… وعندها سنعرف أن المأساة لا تكمن في وفاة شاب فلسطيني، إنما المأساة هي أن يموت ذلك الشاب من أجل قضية لا يصونها الآخرون.

ع.ش

C’est en israël, donc, c’est démocratique

Elections israéliennes pour prendre la tête du parti de "gauche", le parti travailliste.
La liste des candidarts est assez curieuse. On y trouve:
– Ehud Barak, ancien chef d’état-major de l’armée
– Dani Yatom, ancien chef du Mossad
– Ami Ayalon, ancien chef du Shin Beth, les services de la sécurité intérieure
 
Imaginons maintenant qu’en Algérie, se présenent au priohain congrès du FLN:
– Toufik Mediène,
– Mohamed Betchine,
– Khaled Nezzar
– Sidi Saïd, celui de l’UGTA.
 
Ce serait une bien curieuse élection!

Par nécessité ou par conviction, l’impératif du changement

Changer, pour s’adapter au monde moderne, n’est plus une alternative. C’est une obligation.

Par Abed Charef

La boucle est bouclée. L’Algérie a fait le tour des expériences électorales, sans que cela ne débouche nulle part. Elle est passée par les élections législatives et locales de 2002, puis les élections présidentielles de 2004, avant de couronner le tout par un référendum sur la concorde civile. Une fois le cycle terminé, elle est repartie pour un nouveau tour, avec les législatives du 17 mai, et se prépare aux élections locales de l’automne prochain, alors que les expériences de la décennie écoulée ont révélé que ce type de scrutin ne débouche sur aucune perspective de sortie de crise.

Dans ce système institutionnel qui tourne en rond, les élections sont devenues une fin en soi. Elles ne sont pas destinées à conforter des pouvoirs qui ont réussi, ou à sanctionner des dirigeants qui ont échoué. Elles ne servent pas non plus à assurer l’alternance. Elles ne donnent même pas lieu à un minimum de débat politique, dont le pays a tant besoin. Au contraire, elles offrent un spectacle pitoyable de ces candidats qui font de la surenchère pour affirmer leur allégeance et soutenir le programme du président de la république, dans l’espoir d’être entendus et intégrés dans les sphères du pouvoir.

Au bout du compte, l’acte électoral, symbole de la démocratie et de la liberté, a pris un autre sens. Totalement dévoyé, il contribue, aujourd’hui, à discréditer l’action politique, à fausser la compétition, et à entretenir l’illusion d’une vie institutionnelle. Il diffère la solution de la crise que vit le pays, pendant que l’Algérie s’enfonce davantage dans ses problèmes.

Dès lors, il serait vain de chercher des sorties de crise par la voie électorale, qui a prouvé qu’elle ne fait que conforter l’impasse. Il faut chercher ailleurs. Mais cet « ailleurs » n’offre pas non plus de perspectives réjouissantes, tant la situation semble verrouillée.

Pourtant, la vie politique ne connaît pas d’impasse absolue. Et si on regarde bien l’histoire récente des pays qui ont engagé des transitions, on constate que les systèmes qui paraissaient les mieux assis étaient les plus vulnérables. En premier lieu, l’empire soviétique, qui s’est écroulé alors que ce pays semblait à la plénitude de sa puissance.

 

Schémas de transition

 

Dans ces processus de transition, on retrouve toujours les mêmes schémas, avec quatre acteurs principaux : d’un côté, une société qui aspire au changement, de l’autre, un pouvoir divisé, dont une partie est disposée à engager ou à accompagner le processus, alors qu’une autre veut maintenir le statu quo, et, en troisième lieu, des forces extérieures qui tentent soit de bloquer la transition si leurs intérêts sont menacés, soit de l’encourager si elles espèrent tirer avantage d’une nouvelle situation. A ces grands acteurs, peuvent s’ajouter d’autres éléments, notamment symboliques, qui peuvent jouer un rôle décisif dans la réussite ou l’échec du processus.

L’exemple de la transition la plus réussie semble être celui de l’Afrique du Sud. On y trouvait un pouvoir convaincu de la nécessité de la réforme, une société solidement engagée dans la lutte pour le changement, au sein d’une organisation politique d’envergure, et un environnement international totalement engagé à appuyer le processus. De plus, l’Afrique du Sud avait un atout majeur en Nelson Mandela, un symbole capable aussi bien de drainer les foules pour accélérer le mouvement, que de les convaincre de temporiser s’il estime que la situation peut déraper.

La Russie a réuni moins d’atouts, ce qui explique le succès tout relatif de sa transition. Cette fois-ci, le changement est venu de l’intérieur du pouvoir, en premier lieu du Parti unique et des services de sécurité. Mais si Michael Gorbatchev a bénéficié du soutien des Etats-Unis pour démanteler la menace soviétique, il a souffert de l’absence de forces sociales qui soient capables de prendre le relais et de canaliser le changement. Cela a donné lieu à ce cheminement chaotique, avec des avancées spectaculaires, mais des moments de doute, d’hésitations, ce qui a ouvert la voie à toute une faune d’opportunistes qui se sont engouffrés dans la brèche pour s’enrichir de manière spectaculaire sous Boris Eltsine. Il a fallu attendre l’arrivée de Vladimir Poutine pour remettre un peu d’ordre. Mais là encore, il n’a trouvé que la bureaucratie d’état et les services de sécurité pour reprendre en main la situation et détourner à leur profit la transition.

La Pologne a bénéficié d’une conjoncture plus favorable, avec la présence d’un puissant syndicat autonome, qui a joué le jeu sans excès, et un pouvoir qui avait largement admis la nécessité de tourner la page. Des compromis dynamiques étaient alors faciles à trouver, et la situation a évolué sans trop de heurts.

A l’inverse, c’est un véritable putsch qui a débloqué la situation en Roumanie, avec la mise en scène de l’exécution de Nicolae Ceausescu. L’homme semblait tenir solidement son pays, mais son système était miné de l’intérieur. Ce sont finalement ses propres services de sécurité qui lui ont asséné le coup fatal.

L’ancienne Allemagne de l’est semble, à priori, constituer un cas à part. Elle a basculé à l’issue d’un gigantesque mouvement de foule, mis en scène dans le cadre d’un spectacle suivi par le monde entier. Mais en réalité, on y retrouve les mêmes acteurs que dans les cas précédents. Une formidable pression extérieure s’exerçait déjà, depuis longtemps, dans le sens du changement. Le protecteur russe lui-même était favorable à cette évolution. Les dirigeants de l’ex-RDA avaient compris que la situation avait déjà basculé, et qu’ils avaient intérêt à laisser faire. Ils n’ont pas réprimé, et certains ont même favorisé ou accompagné le mouvement de ferveur qui s’emparait du pays.

 

Quand l’Algérie ratait le virage

 

Et l’Algérie dans tout cela ? En réalité, l’Algérie avait anticipé le mouvement dès le milieu des années 1980, pour se trouver contrainte d’accélérer la cadence au lendemain des émeutes d’octobre 1988. Elle se retrouvait dans un schéma classique. Comme atout, elle avait un pouvoir dont une partie importante semblait acquise au changement. Elle avait une société très ouverte sur le monde, avide de changement.

Mais ses handicaps étaient encore plus nombreux. La société n’était pas encadrée, car le FLN n’arrivait pas à faire sa mutation pour capter cette volonté de changement et jouer le rôle de force structurante centrale. Et alors que les autres formations n’arrivaient pas non plus à s’imposer pour encadrer la société, la principale force populaire, le FIS, se révélait une force déstructurante. Non seulement il n’était pas disposé à accompagner le changement, mais il voulait abolir un système contesté pour le remplacer par un autre système totalitaire, à son profit.

De plus, sur le plan économique, la transition était engagée au pire moment, car le pays était virtuellement en situation de cessation de paiement. Les puissances étrangères, sceptiques, refusaient de soutenir le changement, car le processus, mené à partir de choix algériens, leur échappait. Elles ne le contrôlaient donc pas, et ne réussissaient pas à avoir de prise pour l’orienter selon leurs intérêts.

Au bout du compte, une partie du pouvoir, se sentant peut-être menacée, et inquiète de se voir remplacer par les troupes du FIS, s’est mobilisée contre le changement. Ce qui a donné lieu à une curieuse situation : le FIS et une partie du pouvoir se retrouvaient au sein d’une alliance de fait, dans leur opposition à l’ouverture démocratique !

Aujourd’hui, les choses ont évolué. Mais le schéma reste le même. D’un côté, une société qui aspire au changement, de l’autre, un pouvoir dont une partie affirme discrètement sa volonté de changer, alors que l’autre partie tient solidement les rênes pour maintenir le statu quo. Les puissances étrangères, malgré leur discours sur les libertés, se contentent parfaitement de la situation actuelle, qui leur permet de pomper le pétrole à volonté, d’écouler leurs produits sans contrainte, et d’imposer leurs conditions politiques et diplomatiques à un pouvoir sans ancrage social.

 

Retour au point de départ

 

Il n’y a même plus de symbole mobilisateur. Celui de la religion a été détruit par le terrorisme. Quant au FLN, il ne représente plus grand-chose. Et l’Algérie ne dispose pas d’un Mandela, capable de rassembler autour de lui ces forces éparses qui aspirent à établir un autre système.

L’Algérie semble donc revenue au point de départ. Le processus de réforme doit donc être engagé de nouveau, dans des conditions plus complexes : émergence de nouvelles forces sociales, déliquescence des institutions, indifférence ou hostilité de l’extérieur, faiblesse des forces sociales susceptibles de canaliser le processus. Mais tout n’est pas noir, car au moins quatre facteurs devraient pousser à l’optimisme.

 D’abord, l’Algérie est enceinte d’une formidable aspiration au changement, comme l’ont confirmé les législatives du 17 mai. Ensuite, le pouvoir lui-même a mesuré les conséquences de la non réforme. En outre, le pays dispose des ressources financières nécessaires pour amortir le coût économique et social de la transition. Enfin, armée et services de sécurité, principaux centres du pouvoir, restent relativement homogènes, et leur engagement éventuel en faveur d’un processus de changement devrait facilement entraîner de larges pans de la « société politique » à accompagner le mouvement.

Mais plus que tout cela, c’est l’impératif du changement qui doit déterminer tout le reste, car l’Algérie ne peut rester en marge de l’histoire. Elle est confrontée à trois alternatives. Soit elle engage le changement nécessaire, par sa propre volonté, de manière à sauvegarder au mieux les grands équilibres du pays et à préserver les intérêts de différentes catégories sociales. Soit elle maintient le statu quo, ce qui signifie une régression de fait, jusqu’à ce que le pays parte en lambeaux. Soit, ce qui est le plus probable, des puissances étrangères, sentant la menace que constituerait un pays non géré, imposeraient les changements nécessaires pour imposer leurs intérêts.

On se demande dès lors si le pays a vraiment le choix.

بين ضرورة التغيير والقدرة على التغيير

عابد شارف

 

أغلقت الجزائر على نفسها كل الأبواب لتعيش في داخل دائرة انتخابية مفرغة. رغم أنها تعرف من خلال تجربة العشرية الماضية أن الانتخابات من النوع الجزائري لا تفتح أي باب للخروج من الأزمة، إلا أنها تصمم على المواصلة في طريق مسدود. فبعد الانتخابات التشريعية ثم المحلية لسنة 2002، ورئاسيات 2004، اكتمل المشوار باستفتاء حول المصالحة، قبل أن تعود البلاد إلى كارثة 17 مايو. وكل شيء يوحي إلى أن كل الأطراف الفاعلة في السلطة مازالت مصممة على رفض دروس هذه التجربة الأخيرة، حيث انطلقت منذ الآن التحضيرات للانتخابات المحلية في الخريف القادم، وكأن شيء لم يحدث يوم 14 مايو.

وفي النظام الذي يدور حول نفسه، أصبحت الانتخابات تشكل هدفا في حد ذاته. فهي لا تهدف إلى وسيلة لمكافأة حكومة نجحت، ولا لمعاقبة حكومة أخفقت، ولا هي تفتح المجال لنقاش سياسي حقيقي. عكس ذلك، فإن الانتخابات تحولت إلى فرصة لتحطيم العمل السياسي، وللسباق من أجل الحصول على امتيازات، إلى جانب تلك الظاهرة الشنيعة المتمثلة في التجارة بالنشاط السياسي والتنافس في الإعلان عن الولاء للسلطة القائمة. وأدى هذا الانحراف إلى القضاء على العملية الانتخابية، التي من المفروض أن تشكل رمزا للديمقراطية والاختيار الحر، فتحولت إلى وسيلة للقضاء على النشاط السياسي.

وأكدت تجارب العشرية الماضية أن مثل هذه الانتخابات لا تفتح أي نافذة لخروج البلاد من الأزمة. عكس ذلك، إنها تكرس الأزمة وتفرض الطريق المسدود. ومن يريد فعلا أن حلا للأزمة التي تعيشها البلاد فعليه أن يبحث في ميادين أخرى وعن أساليب أخرى.

وحقيقة الأمر أن هذه الطرق معروفة، مثلما تؤكد ذلك التجارب المعاصرة التي عاشتها بلدان نجحت في تنظيم مرحلة انتقالية للخروج من نظام متسلط إلى نظام حر. ونجاح المرحلة الانتقالية يبقى مرهون بتصرف أربعة أطراف أساسية، أولها السلطة، التي تلعب دورا أساسيا لدفع الإصلاح. وغالبا ما تكون تلك السلطة منقسمة بين تيار يريد التغيير (ميخاييل غورباشوف في روسيا وفريديريك لوكلارك في جنوب إفريقيا)،  وآخر يحاول البقاء على الوضع القائم، سواء رفع حجة الوطنية (جبهة التحرير الوطني قبل أكتوبر 1988) أو الدين (إيران) أو العقيدة السياسية (الشيوعية) أو المحافظة على الأمن.

وإذا توفرت الإرادة السياسية للتغيير عند السلطة، فإن النجاح يكون أكبر إذا توفرت في المجتمع تنظيمات سياسية قوية تستطيع أن تساير عملية التحول، لتشجعها أحيانا وتتفاوض أحيانا إذا رأت أن الوضع يمكن أن ينفلت ويؤدي إلى الانهيار، مثلما فعل المؤتمر الوطني الإفريقي في جنوب إفريقيا. ويساعد على لعب هذا الدور وجود رموز سياسية مثل نلسون ماندولا الذي حمل على أكتافه عملية التغيير في جنوب إفريقيا.

وكثيرا لاما يلعب الضغط الخارجي دورا أساسي في عملية التغيير هذه إما ليساندها حسب ما يخدم مصالحه، إما ليواجهها إذا كان يخشى أن الوضع الجديد سيهدد مصالحه. وبالنسبة لتجربة الجزائر في نهاية الثمانيات، فإن كل الدول الكبرى كانت تعارض عملية التغيير لأن العملية كانت تنبع من إرادة جزائرية، ولم تجد الدول الكبرى سبيلا لاحتوائها أو استغلالها.

وفي كل البلدان التي تدخل عملية التغيير، يلعب الجيش وقوات الأمن دورا أساسيا في إنجاح العملية أو فشلها. فالسلطة الحقيقية في الأنظمة المتسلطة توجد بين أيدي الجيش وقوات الأمن التي تستطيع أن تؤثر على مجريات الأمور. وهذا الوضع نفسه هو الذي مازال قائما في الجزائر حيث تركزت السلطة في هاتين المؤسستين، اللتين تملكان مفتاح مصير البلاد طالما أن المنظمات السياسية مازالت عاجزة عن فرض تغيير شامل.

ومن هذا المنظور، تظهر المسئولية الكبرى التي تتحملها هذه المؤسسات، لسببين أساسيين. والسبب الأول هو أن هذه المؤسسات تبقى الوحيدة القادرة على دفع البلاد إلى تغيير حقيقي. ولما قرر الأفافاس منذ سنوات أن يخاطب قادة هذه المؤسسات، فإنه اقتنع أنها هي صاحبة الحل والربط، وهي صاحبة القرار، وهي الوحيدة التي تستطيع أن تفتح آفاقا سياسية جديدة للبلاد.

أما السبب الثاني، فإن الجزائر ليست اليوم أمام خيار بين التغيير أو عدم التغيير، إنما هي أمام وضع يفرض عليها التغيير، وليس لها إلا أن تحاول تحقيق التغيير في أحسن الظروف. ومسئولية هذه المؤسسات تبدو واضحة إذا عرفنا أنها تمتلك مفتاح مستقبل البلاد، وأن البلاد توجد أمام ثلاث خيارات: إما أن تتغير لتدخل العالم المعاصر، أو أن تبقى على النظام الحالي، مما يعني مواصلة الانهيار السياسي والأخلاقي والقانوني إلى أن تفلت الأمور من كل الأطراف، إما أن تنتظر تغييرا تفرضه قوات أجنبية ستتدخل يوما ما لفرض تغيير يخدم مصالحها إذا خافت أن تصبح الجزائر بلدا دون سلطة.

ويبقى أن نعرف هل أن هذه المؤسسات واعية بمسئولياتها، وهل أنها مستعدة لتحملها، وهل أنها تملك القدرة الكافية في التسيير لتقوم بما يجب القيام به.

ع.ش

Bush et le Pape: Scandale

Goerge Bush a été reçu par le Pape.
Scandale : George Bush s’est conté d’appeler le Pape "Sir", ce qui a scandalisé l’Italie.
Benoit XVI a aussi demandé à George Bush de protéger les chrétiens d’Irak. Bush a promis de faire son possible.
Quant aux musulmans d’Irak, il n’est pas nécesssaire de les protéger…
Ce n’est pas un scandale. Les musulmans n’ont pas besoin d’être protégés. Peut-être ne le méritent-ils même pas.

Soulagements

Ils sont là. Tous, ou presque. Nos ministres ont fait un petit crochet par l’APN avant de revenir, plus motivés que jamais.

Par Abed Charef

 

L’Algérie est soulagée. Après un terrible week-end de doute et de suspense, le pays a retrouvé sa sérénité : Bouguerra Soltani et Abou Bakr Benbouzid sont maintenus. On a, un instant, pensé qu’ils pouvaient partir, qu’ils étaient susceptibles d’être appelés à d’autres fonctions, d’être renvoyés ou, pire, qu’ils étaient capables de démissionner. Mais ils sont là. Aux mêmes ministères.

Les deux hommes font désormais partie du décor de la maison Algérie. On ne peut plus s’en passer, et la vie n’a pas plus de sens sans eux. Comme le meuble hérité du grand-père, ou la vieille photo prise au lendemain de l’indépendance, accrochée près de la porte d’entrée, on sent vaguement qu’ils ne servent pas à grand-chose, qu’ils occupent inutilement de l’espace, mais on ne peut s’en séparer.

Certes, Bouguerra Soltani est ministre sans portefeuille, c’est-à-dire qu’il n’a aucune attribution précise, ce qui lui permet d’avoir un bureau au Palais du Gouvernement, sans mission particulière ni bilan à présenter. Il vaque tranquillement à ses occupations, au gré des évènements, disant une chose et son contraire. Certes, Abou Bakr Benbouzid va probablement réformer encore une fois une école qu’il a déjà réformée à plusieurs reprises, sans que cela n’aboutisse nulle part. Il peut même continuer à réformer la réforme, car plus personne ne fait attention à ses projets, par désespoir, par lassitude ou par résignation. Il y a d’ailleurs des enfants qui ont effectué, ou raté, toute leur scolarité sous Benbouzid.

Mais malgré tout cela tout cela, le départ de Bouguerra Soltani et Abou Bakr Benbouzid est devenu impossible. Non que leur présence au sein du gouvernement ouvre des perspectives grandioses au pays, ou permette de se donner de grandes ambitions. Leur départ ne peut être envisagé parce qu’ils sont devenus des symboles de  la formidable force d’inertie qui a condamné le système politique algérien à un ’immobilisme total. Un système dont la raison d’être est d’assurer sa propre survie, et rien d’autre. D’ailleurs, ce système ne se préoccupe même plus de sauver les apparences, ni de respecter un quelconque formalisme. Tenir, coûte que coûte, est sa finalité, son objectif et son ambition.

L’après 17 mai en a donné une formidable illustration. L’abstention enregistrée lors des législatives a donné lieu à un consensus : tout le monde a admis qu’elle traduisait la désaffection des Algériens envers une opération de vote qu’ils considèrent inutile. Il aurait été logique que les dirigeants du pays fassent la même lecture, et tentent de combler ce fossé qui a été érigé entre les Algériens d’un côté, leurs institutions et leurs dirigeants, de l’autre côté.

Comment ? C’est là que la question devient délicate. Car combler ce fossé signifie que le pouvoir tente d’apporter de vraies réponses aux véritables aspirations des Algériens. Un tel choix implique que le pouvoir soit capable de se remettre en cause, d’une part, et d’autre part, qu’il dispose du savoir-faire nécessaire pour s’engager dans des voies aussi périlleuses.

Le président Abdelaziz Bouteflika a-t-il réalisé l’ampleur de ce que signifiait le 17 mai ? Et dans ce cas, a-t-il été tenté de franchir le pas pendant ces quelques jours de suspense, entre le moment où le chef du gouvernement Abdelaziz Belkhadem lui a remis sa démission et celui où il a été reconduit ? On ne le sait pas vraiment, même si  Jean Daniel, une des rares personnes à avoir rencontré le chef de l’état, a émis l’hypothèse selon laquelle Abdelaziz Bouteflika allait procéder à des  changements d’envergure.

Si tel était le cas, le chef de l’état s’est vite rendu à l’évidence. Engager de profonds changements l’amènerait à remettre en cause sa propre démarche, et à s’engager dans des projets qui menaceraient les équilibres internes du pouvoir, une tâche périlleuse pour tout le monde. Elle est d’autant plus délicate qu’elle suppose l’existence d’un projet alternatif, et que le chef de l’état ait l’énergie et la volonté de se lancer dans l’aventure.

Pour l’heure, rien ne montre que de telles conditions sont réunies. Dès lors, il ne restait au chef de l’Etat qu’à tenter des ravalements de façade, sous la forme de changements de personnes, pour donner l’impression que le pays bouge. Mais changer des ministres nécessite d’engager des tractations fastidieuses pour préserver les mêmes équilibres du pouvoir. Et puis, pourquoi, en fin de compte, changer dans des ministres, puisque dans tous les cas de figure, cela ne servira à rien ? Autant maintenir la même équipe, et ne pas se dépenser pour rien.

C’est peut-être une vision sommaire de l’après 17 mai. Mais elle montre cette nouvelle réalité de l’Algérie, celle d’un pays prisonnier d’une formidable force d’inertie qui interdit tout mouvement, empêche toute action et détruit tout projet. Mais sur ce dernier point, on peut se rassurer : il n’y a pas de risque qu’un projet soit détruit, parce qu’il n’y a pas de projet.

On est alors doublement soulagé.

abc

رهائن الجمود السياسي

رهائن الجمود السياسي

عابد شارف

 

أخذت حكومة عبد العزيز بلخادم عطلة قصيرة جدا، عطلة نهاية أسبوع، ثم عادت. ومعها عادت المياه إلى مجاريها، كما عاد أبو بكر بن بوزيد إلى وزارته، ليواصل إصلاح المدرسة التي قام بإصلاحها مرات عديدة من قبل دون جدوى ودون فائدة، وعاد بوجرة سلطاني ليحتل مكتبا في قصر الحكومة دون أن تكون له مهمة واضحة، مما يسمح له بالثرثرة في أروقة السلطة وأثناء التجمعات الشعبية، وعاد جمال ولد عباس إلى توزيع الحافلات على البلديات والفرق الرياضية…

ولم يحدث شيء في البلاد…

وأخطأ من كان يعتبر أن انتخابات 17 مايو ستشكل منعطفا حاسما في تاريخ الجزائر بسبب النسبة الهائلة من الامتناع التي تم تسجيلها. وأخطأ من قال أن تلك العاصفة السياسية تشكل تهديدا للسلطة التي ستجد نفسها مضطرة إلى اتخاذ مبادرات كبرى لتتجاوب مع الشعب، كما أخطأ من اعتبر أن السلطة ستجد نفسها مهددة إن لم تتجاوب مع طموحات الناخبين الذين عبروا لأول مرة عن رفضهم بطريقة سلمية وشاملة…

وأكثر من ذلك، قال البعض أن 17 مايو سيقضي على السلطة لأنها عاجزة عن تفهم طموحات الشعب ورغباته، مما يحكم عليها بالزوال في آجال قريبة. لكن لم تكتف السلطة بمواجهة الوضع فحسب، بل استطاعت أن تقضي على موجة 17 مايو، حيث تجاهلتها واعتبرتها لا حدث. فعادت السلطة بنفس الحكومة ونفس المسئولين ونفس الطرق التي كانت سارية المفعول قبل 17 مايو، وكل شيء يوحي أنها تنوي مواصلة المشوار على نفس الطريقة إلى يوم القيامة…

كيف حصلت هذه المعجزة؟ ولماذا تتعامل السلطة مع مصير الشعب بهذه الطريقة؟ وهل توجد في الكون قوة أو وسيلة يمكن أن تفرض على السلطة أن تغير أسلوبها في تسيير شؤون البلاد وتفتح نافذة للشعب ليطمح إلى الحرية والسعادة؟

لقد اجتهد الكثير لشرح الأسباب التي تدفع السلطة إلى تجاهل الشعب، ولا مجال للتذكير بها كاملة، ولا مجال كذلك للحكم على مختلف الأطروحات التي يتداولها أهل السياسة والفكر. وسنكتفي بطرح نظرية جديدة نقول من خلالها أن الجزائر خلقت وضعا سياسيا أصبحت كل الأطراف عاجزة عن التحكم فيه، بما فيها السلطة التي توحي أنها تتحكم في كل صغيرة وكبيرة في حين أنها أصبحت هي الأخرى في دور المتفرج الذي لا حول ولا قوة له.

وآخر حلقة سياسية عاشتها البلاد نهاية الأسبوع الماضي تؤكد هذه الفكرة. فبعد تنصيب مجلس شعبي وطني لا يكسب سلطة ولا مصداقية، قرر الرئيس عبد العزيز بوتفليقة وضع حد لمهمة الوزراء الذين ترشحوا للانتخابات التشريعية وفازوا بمقاعد في البرلمان. لماذا اتخذ رئيس الجمهورية هذا القرار؟ هل كان ينوي عزل هؤلاء؟ هل كان هدفه التخلي عن وزراء وصفهم بالعجز لأنهم فشلوا في إنجاز المشاريع التي تم تكليفهم بها؟

ومهما يكن، فقد اعتقد الكثير أن رئيس الجمهورية وجد فرصة سانحة ليتخلص بطريقة مقبولة من قوم سئم رفقتهم. وقال البعض أن الفرصة سانحة لا لتغيير الوزراء فقط، بل لتغيير المسار السياسي بصفة شاملة. لكن سرعان ما خاب ذاك الأمل، وأعيدت الحكومة بصفة شبه كاملة، وكأن رئيس الجمهورية استسلم أمام الأمر الواقع، وأمام واقع أصبح عاجزا عن التأثير عليه. فتغيير السياسة يقتضي أن رئيس الجمهورية استقبل رسالة 17 مايو كاملة، وأنه يستعد للتعامل معها، كما يقتضي وجود مشروع بديل، له أنصاره وآلياته وأهدافه، ويقتضي في نهاية المطاف أن رئيس الجمهورية اقتنع أن الطريق مسدود، وأنه مستعد لإعادة النظر في مساره السابق، مما يفرض عليه اتخاذ مبادرات جريئة تهدد العديد من المصالح القائمة.

لكن لا شيء يوحي أن هذه الظروف متوفرة اليوم لا عند رئيس الجمهورية، ولا في مؤسسات البلاد. عكس ذلك، كل المؤشرات تقول أن عبد العزيز بوتفليقة نفسه يكتفي بمسايرة الوضع ويتابع الأحداث دون أن تكون له قدرة للتأثير عليه، حيث ليست له الطاقة ولا الإرادة ولا الوزن السياسي ليفرض مشروعه، إن كان له مشروع. وبذلك يكون رئيس الجمهورية وغيره رهائن الجمود السياسي الذي يملي كل شيء على كل الناس.

ع.ش

ARPT, Orascom et les autres

L’ARPT, agence de régulation des Télécom, est hors la loi. Engagé dans un bras de fer avec Orascom, soupçonné de pratiquer des prix susceptibles de tuer, à terme, la concurrence, l’ARPT a rendu public le 12 mars une décision téméraire. Elle sommait tout simplement Orascom de retirer sans délai sa nouvelle offre promotionnelle.

Orascom a introduit un recours devant le conseil d’état. Mais celui-ci a refusé de se prononcer en référé, ce qui donne à la décision de l’ARPT un caractère obligatoire, jusqu’à ce que le conseil d’état se prononce sur le fond.

Jusqu’où pouvait aller l’ARPT dans sa volonté de sauver l concurrence ? Apparemment pas très loin. Car si Orascom ne respecte pas une décision de l’ARPT, celle-ci peut demander des sanctions contre l’opérateur, sanctions pouvant aller jusqu’à la suspension de la licence d’exploitation.

Orascom a maintenu ses nouveaux prix deux mois après la décision de l’ARPT. Celle-ci garde le silence. Incapable de faire appliquer ses propres décisions.

Encore une institution qui se meurt. Jusqu’à preuve du contraire.

Si l’ARPT n’applique pas la loi, elle ne pourra reprocher aux autres de ne pas la respecter.

A la décharge de l’ARPT, toutefois, il faut signaler qu’aucun journal ne repend ses arguments. Personne ne la défend: l’ARPT ne donne pas de pub