Traitement du terrorisme dans la presse

Traitement du terrorisme dans la presse:

Dérives macabres

Par Abed Charef

Une vidéo montrant l’assassinat d’un gardien de prison par un groupe armé a créé un véritable malaise au sein de la presse depuis le début de la semaine, sans pour autant susciter de réaction publique.

La vidéo a été mise en ligne vendredi après-midi sur le site du quotidien en arabe Echourouk. Elle accompagnait un article du directeur de la rédaction Anis Rahmani, relatant l’assassinat de Mohamed Saïd Morsli, un gardien de la prison de Tizi Ouzou, enlevé depuis bientôt une année. La vidéo est restée en ligne de vendredi après-midi à samedi en fin de matinée, avant d’être retirée du site.

Les images contenues dans cette vidéo sont particulièrement atroces. Après un interrogatoire durant lequel la victime décrit son travail et les dérives enregistrées dans les prisons, l’otage est montré en compagnie de quatre personnes, les mains attachées derrière le dos et le visage couvert d’un bandeau. Un des quatre terroristes le met au sol, face contre terre, lui saisit la tête et l’égorge froidement. Ensuite, pendant que le sans continue de couler, il lui coupe la tête, la met sur le corps, met le poignard avec lequel il l’a égorgé sur la tête, pendant que ses compagnons crient « Allah Akbar ».

Le directeur de la rédaction du journal, Anis Rahmani, affirme que la vidéo lui a été remise par un repenti, qui n’aurait pas participé à l’assassinat du gardien de prison. Il a refusé de révéler l’identité du repenti, pour des raisons évidentes. La vidéo a été mise en ligne il y a bientôt un an par le GSPC, mais elle était amputée de la partie la plus macabre, celle concernant la séquence de l’assassinat.

Anis Rahmani déclare qu’il a lui-même pris la responsabilité de diffuser la vidéo, après une brève discussion avec le directeur de la publication et propriétaire du journal, Ali Fodhil. Il estime qu’il a fait son « travail ». Son argumentation tien t en deux points. D’une part, la vidéo mise sur le site impose à celui qui veut la voir d’y aller volontairement. Elle ne lui est pas imposée. D’autre part, il estime que par cette vidéo, il prouve que « Al-Qaïda du Maghreb Islamique », l’ex-GSPC, est une organisation aussi criminelle que le GIA, alors que dans ses communiqués, elle a toujours pris soin de nier le fait qu’elle s’attaquait aux civils.

Pour lui, il y a un mythe Al-Qaïda, sur lequel surfe l’ex-GSPC, qui a affirmé il y a un an son allégeance à l’organisation de Ben Laden. « Al-Qaïda du Maghreb Islamique » affirme qu’elle ne s’attaque qu’aux éléments du pouvoir, et recrute sous le prétexte de mobiliser les jeunes pour la guerre en Irak, dit-il. C’est ainsi qu’elle réussit à recruter ces adolescents qui se transforment en kamikaze. Cette vidéo prouve que s’est une organisation criminelle, qui ne fait pas de distinction.

Par ailleurs, le responsable du journal Echorouk affirme qu’il n’y avait pas eu de contact avec la famille de la victime avant que la vidéo ne soit mise en ligne. Les parents du défunt avaient été contactés par des éléments du GSPC qui leur avaient croire que la victime était toujours en vie. La vidéo permet aux proches d’entamer le deuil et de mettre fin à une situation très difficile, déclare Anis Rahmani, qui devait recevoir la famille du défunt hier (lundi) après-midi.

La mise en ligne de la vidéo n’a suscité aucune réaction particulière au sein de la rédaction, dit-il. En privé, toutefois, quelques journalistes expriment leur gêne ou leur désapprobation. Par contre, de nombreuses réactions de désapprobation ont été enregistrées dans le forum u journal.

Le site du journal a connu une fréquentation inhabituelle, avec près de 20.000 visites en quelques heures. Cela a d’ailleurs provoqué le blocage du site du journal. Le provider a expliqué ce blocage par une décision de l’hébergeur, qui redoutait un acte de piratage ou une attaque de virus à a suite d’une fréquentation inhabituelle du site. Un informaticien interrogé met en doute cette version, estimant que les services de sécurité américains ont du intervenir pour différentes raisons, l’hébergeur se trouvant sur leur territoire. « C’est un volet qui échappe totalement à la partie algérienne », dit-il.

Sur un autre plan, la vidéo de Echorouk pose l’éternelle question qui taraude tous les journalistes : faut-il tout publier ? Anis Rahmani est tranché sur ce sujet : oui, dit-il, pour moi, il faut tout publier. «Je refuse qu’un massacre soir réduit à deux ou trois lignes d’un communiqué officiel », affirme-t-il, en rappel des années de plomb, quand les autorités tentaient de maintenir le black-out que l’information sécuritaire.

L’argument est cependant fragile, car il ne s’agit pas de la même responsabilité. Celle, vis-à-vis des faibles, des pauvres, de ceux qui n’ont pas voix au chapitre est autrement plus pesante que celle envers le pouvoir en place. Particulièrement dans un pays qui a perdu ses repères. El-Kadhi Ihsane insiste précisément sur ce point. Sur des thèmes aussi graves, « on ne peut pas s’aventurer quand il n’y a pas de règles très strictes. Et en Algérie, les règles ‘existent pas », dit-il, « ce qui ouvre la voie à toutes les outrances ». A contrario, il faudrait se demander « si le même journal serait prêt à publier un document aussi atroce si les coupables étaient du côté du pouvoir », dit-il.

Kamel Daoud est, de son côté, plus tranché. « On n’a pas le droit de tout publier », dit-il. « Il y a des limites morales ». Il déclare également que « c’est indécent vis-à-vis de la famille, ça ne sert a rien sur le plan journalistique, et c’est politiquement douteux ».

Enfin, la vidéo de Echourouk confirme un mouvement de fond qui s’est accentuée au sein de la presse algérienne, celui du non débat et de l’absence de normes, lesquelles favorisent à leur tour l’absence totale du sens de l’éthique. Déjà, lors de l’attentat de Batna, au début du mois, les journaux avaient publié des photos indécentes de personnes blessées ou mortes, sans aucun respect pour les victimes ni pour leurs proches. Nombre de personnes ont été choquées par ces photos, mais aucune réaction n’a été enregistrée, donnant l’impression que ces photos étaient « normales » et répondaient à un véritable besoin journalistique. Le premier pas était franchi, le reste devait suivre inévitablement.

  

Divorce et conséquences

Une ère a pris fin en Algérie.
Celle où le pouvoir était encore omniprésent. Désormais, l’Algérie devra sans
construire sans lui.

Par Abed Charef

L’Algérie a basculé. En ce début
septembre 2007, marqué par les douloureux attentats de Batna et Dellys, des
mythes sont tombés et des illusions ont été définitivement balayées. Une ère a
pris fin, celle où il était encore attendu du pouvoir qu’il prenne des
initiatives ou qu’il contribue à sortir le pays de la crise. Une autre ère a
commencé, celle où il appartient désormais à la société, dans ses différentes
composantes, de construire ses propres alternatives, avec le pouvoir ou, peut-être,
sans lui.

En fait, cette nouvelle réalité
ne s’est pas imposée du jour au lendemain. Elle est le résultat d’une longue
accumulation d’échecs et de mauvais choix. La récente flambée de violence, avec
les attentats de Batna et Dellys, n’ont constitué que le déclic révélateur
d’une situation nouvelle, porteuse d’espoirs certes, mais de nombreux dangers
aussi.

D’une certaine manière, c’est le
pouvoir lui-même qui a imposé cette réalité, par ses propres échecs. Et ils
sont nombreux. Il y a d’abord eu l’échec de sa politique sécuritaire. Celle-ci
a été érigée en dogme. Nécessaires, sinon vitales, pour garantir la stabilité
du pays, les mesures sécuritaires ne constituent cependant qu’un volet d’une
démarche incluant l’ensemble du champ politique et social. Mais en Algérie,
elle a été érigée en démarche politique centrale, excluant tout le reste. Elle
a mené droit à l’échec, car ses promoteurs ont refusé de comprendre que si
l’entreprise ne crée pas d’emplois, si l’école ne forme pas de citoyens, si la
société n’offre pas de structures de solidarité, et si les acteurs politiques
ne prennent pas en charge les aspirations des gens, le policier peut bien
traquer le terroriste, il y aura toujours plus de terroristes prêts à prendre
les armes que de terroristes arrêtés ou éliminés. En un mot, ils ont refusé de
comprendre qu’il ne sert à rien de combattre des terroristes si on n’arrête pas
la machine qui les fabrique.

Cette vision sécuritaire a, en
quelque sorte, provoqué à son tour un échec de la réconciliation. Ceux qui
considéraient que le terrorisme était une simple question d’armes pensaient
qu’un compromis avec les groupes armés mettrait fin à la violence. Mais si la
violence a nettement baissé, les conditions d’une résurgence de la violence
sont toujours réunies, car les éléments de l’épanouissement politique,
économique et social ne sont pas encore réunis. Ceci alimente le désespoir, qui
se manifeste de plusieurs manières : terrorisme, mais aussi suicide,
drogue, délinquance, enlèvements, ainsi que ce terrible phénomène des
« harraga », qui voient des milliers de jeunes Algériens se lancer
dans une aventurière suicidaire plutôt que de rester dans leur propre pays.

La réconciliation a finalement
concerné une partie de ceux qui avaient pris les armes et ceux qui les avaient
combattus. Elle n’a pas inclus la société. Plus grave encore, eux qui ont
toujours refusé la violence, et qui ont toujours milité pour des choix
politiques pacifiques, se trouvent de fait exclus du champ de la
réconciliation. Ce simple élément suffirait en fait pour affirmer que
l’entreprise de réconciliation n’a pas abouti.

A côté de ces grands échecs, il
y en a d’autres, plus évidents encore. Sur le plan économique, c’est la déroute
la plus totale. Un gouvernement, dirigeant un pays doté d’immenses réserves
financières, n‘arrive pas à trancher sur des questions aussi rudimentaires que
l’approvisionnement en lait et en pomme de terre. Cette manière de gérer le
pays a transformé l’actualité nationale en une succession de drames, de faits
divers sanglants, d’actes terroristes, de comportements ridicules et de
scandales. Jusqu’au chef de l’état qui fait adopter une ordonnance dans un faux
conseil de ministres, pour la faire avaliser ensuite par un Parlement dont
aucun membre ne relève la forfaiture.

Mais ce mois de septembre a
donné lieu à une dérive grave, car les plus récents attentats ont été révélateurs
d’une évolution encore plus dangereuse : les symboles même de l‘état et de
sa sécurité, comme le président de la république, le palais du gouvernement et
les casernes de l’armée, sont devenus des cibles insuffisamment protégées. Cela
amène naturellement à se poser des questions, au sein même du pouvoir et chez
ses partenaires, nationaux et étrangers, sur les conséquences de cette
évolution: jusqu’où ira l’incapacité du pouvoir à répondre aux vrais
défis ? Ne risque-t-il pas de s’enfermer encore plus dans son autisme, ce
qui peut générer de nouvelles dérives ?

Enfin, à tout cela, se greffe
une atmosphère de fin de règne, qui se prolonge indéfiniment. Plus que l’état
de santé du chef de l’état, qui donne lieu à des rumeurs cycliques, c’est
l’état de santé du système qui pose problème. Il a longtemps été question de
lui permettre d’évoluer, de le réformer, sous une forme ou une autre, pour lui
permettre de s’adapter. Au départ, sa participation paraissait nécessaire dans
le processus du changement parce qu’il renfermait encore l’essentiel des
capacités du pays. L’amener à changer signifiait alors qu’il mettrait ses
ressources au service de l’évolution du pays. Plus tard, la participation de ce
système au changement aurait signifié qu’il pourrait survivre en s’adaptant aux
nouvelles règles du jeu, et que le pays n’aurait pas à subir son immense
capacité de nuisance.

Mais aujourd’hui, tout laisse
penser que l’Algérie devra se résoudre à chercher ailleurs. Le système n’a plus
rien à donner, ni rien à proposer. La nouvelle Algérie se fera probablement
sans lui. Le risque est qu’elle doive se faire contre lui, ce qui porte le
risque de nouvelles épreuves douloureuses. Mais comme dans un couple qui se
sépare, le plus important est d’admettre le divorce et d’en assumer les
retombées. Ensuite, les solutions s’imposeront d’elles-mêmes.

نهاية التعامل مع النظام

عابد شارف

 

دخلت الجزائر عهدا
جديدا مع بداية هذا الشهر. فالجزائر أنهت فترة كانت تنتظر من السلطة أن تأخذ
مبادرات جديدة للخروج من الأزمة، أو تتراجع تلك السلطة عن تصرفاتها لتبحث عن طريق
جديد لتسيير شؤون البلاد. إن هذه الفترة انتهت، وبدأت فترة جديدة تفرض على المجتمع
الجزائري أن يبحث عن حلول جديدة بعد أن تبخرت كل الآمال والأوهام التي كانت السلطة
تربيها في أوساط جزء من المجتمع الجزائري.

وفرض هذا الواقع الجديد
نفسه بعد العمليات الإرهابية التي عاشتها مدينتا باتنة ودلس. وقد أثارت هذه
التفجيرات هزة بسيكولوجية لم تعرف البلاد مثيلا لها منذ مدة طويلة، حيث سقطت معها
الأكاذيب والسيناريوهات التي والأوهام التي تدعي أن السلطة قد تكون تتحكم في أوضاع
البلاد أو أنها تمتلك مخططات سرية أو مشاريع كبرى ستقوم بإنجازها في السنوات
القادمة. غير أن الواقع أثبت أن السلطة تصرفت بطريقة أدت إلى تراكم الفشل، و يمكن
أن نذكر ما يلي:

1.    فشل الخيار
الأمني: في المجال الأمني، ورغم كل ما قدمته السلطة من تنازلات للمجموعات المسلحة،
إلا أن ما حدث في باتنة ودلس أكد أن العنف الإرهابي مازال متواصلا. وإذا كانت
الإجراءات الأمنية ضرورية للحفاظ على الاستقرار، وهو العامل الأساسي لبناء البلاد،
فإن التدابير الأمنية لا تشكل إلا جانبا من مشروع متكامل بجوانبه السياسية
والاقتصادية والاجتماعية و غيرها. لكن النظام الجزائري جعل من الخطة الأمنية
العمود الفقري لسياسيته، وتناسى كل الجوانب الأخرى، مما أدى إلى الفشل.

2.    فشل
المصالحة الوطنية: أما المصالحة الوطنية، فرغم تراجع العنف إلا أنها لم تؤد إلى
مصالحة في أوساط المجتمع. والأغرب من ذلك أنها أدت إلى شبه مصالحة بيم جزء من الذين
رفعوا السلاح ضد الدولة ومن كان مكلفا بمحاربتهم، لكن الذين رفض العنف من اليوم
الأول سواء كانوا تنظيمات سياسية أو شخصيات أو مواطنين وجدوا أنفسهم خارج مجال
المصالحة.

3.    الفشل في
تسيير البلاد: في هذا الجانب، لا مجال للتحاليل الطويلة، لأن الفشل واضح. ولم
تتمكن السلطة، رغم ما اكتنزت من أموال، أن تعالج مشاكل بدائية مثل التموين بالحليب
والبطاطا. وأكثر من ذلك، فإن الحياة الوطنية تحولت إلى مزيج من العنف والمآسي
والفضائح.

4.    فشل
المؤسسات: رغم تركيز الكثير على التهديد الذي يحيط المؤسسات، فإن السلطة تعاملت مع
الوضع وكأنها لا تبالي بهذه القضية، إلى أن قضت على مصداقية كل المؤسسات. فبعد
القضاء على البرلمان والحكومة والقضاء، مازال الزحف متواصلا، وراحت ضحيتها رئاسة
الجمهورية نفسها بعد أن نشرت مشروع أمر رئاسي يكون قد اتخذ خلال اجتماع وهمي لمجلس
الوزراء. ونشرت الجريدة الرسمية نفسها قرارا كاذبا، وأصبحت الدولة تكذب على نفسها
وعلى المواطنين.

5.    ولعل أخطر
ما توصلت إليه السلطة هو القضاء على الأمل. وقد يستحيل العثور على جزائريين يؤمنون
أن هناك أمل لإعادة بناء البلاد مع السلطة الحالية. ويتجسد هذا اليأس بصفة يومية
في ظاهرة "الحراقة" مثلا، وانتشار العنف والإجرام، وعدم الثقة في العمل
السياسي والجماعي.

وفي مثل هذا الوضع، جاءت عمليات باتة ودلس لتؤكد أن سياسة السلطة الحالية
ليست قادرة حتى أن تحمي أول رمز للدولة، وهو رئيسها، ولا أن تحمي أعز المدافعين عن
الدولة وعن السيادة الوطنية، وهم أعضاء الجيش. ومن فشل في هذا الميدان لا يمكن أن
ينجح في ميادين أخرى.

هذا التراكم في الفشل يؤدي في نهاية المطاف إلى قبول فكرة بسيطة، وهي أن
النظام أدى بالبلاد إلى مأزق، وأنه عاجز نهائيا أن يخرجها من الطريق المسدود. ومن
هنا يتضح أن المخرج الذي يبقى للجزائريين هو أن يبحثوا عن سبل جديدة خارج النظام
وخارج السلطة، مع الأخذ بعين الاعتبار أن النظام مازال يمتلك قدرة على الإساءة
للمبادرات التي يمكن اتخاذها هنا وهناك، لكن قدرته هذه تراجعت كثيرا لأنه لن
يستطيع أن يسير إلى الأبد ضد مجرى التاريخ.

 

La déchéance de la pensée économique

Pendant que le Maroc enregistre de beaux succès économiques, l’Algérie recule à grands pas. Résultat logique de la déchéance de la pensée économique qui règne dans le pays.

Par Abed Charef

Une ligne de transport maritime sera bientôt lancée entre Oran et Tanger. Il était temps. Non pour débloquer les relations algéro-marocaines, ni pour ouvrir de nouvelles perspectives de construction maghrébine, mais pour permettre aux Algériens d’aller acheter des voitures à Tanger, lorsque le méga-projet lancé par Renault-Nissan entrera en production.

Renault a en effet décidé d’investir 600 millions d’euros dans un gigantesque projet de montage de véhicules à bas coût qui sera installé à Tanger, aux portes de l’Europe. L’usine produira 200.000 véhicules à partir de 2010. L’investissement  augmentera progressivement ensuite jusqu’à atteindre un milliards d’euros en 2015, pour arriver à une production de 400.000 véhicules par an. Ce choix a été encouragé par le succès d’une première usine de montage, où sont fabriquées les Logan. C’est aussi une excellente nouvelle pour l’économique marocaine.

La production du futur projet est essentiellement destinée à l’exportation, car le marché marocain reste limité. Pourquoi alors le choix du Maroc, qui n’a pourtant  ni marché, ni argent ? Pour plusieurs raisons. Même si des raisons politiques peuvent expliquer ce choix, le Maroc est un pays attractif. Il a un système économique qui marche. Pour preuve, les autorités marocaines ont mis une superficie de 300 hectares à la disposition du projet, et s’engagent à construire une route et une voie ferrée reliant l’usine au port. En Algérie, les autorités continuent de parler depuis une décennie des solutions pour le foncier industriel, mais n’ont pas libéré un hectare. Cela montre clairement qu’un pays qui n’a pas d’argent, mais qui dispose d’un système économique qui fonctionne, est préférable à un autre qui détient cent milliards de dollars de réserves de change, mais vit avec un système économique obsolète.

Ensuite, le Maroc parle peu, mais utilise au mieux ses capacités et ses ressources. En Algérie, on parle beaucoup, mais on n’agit pas. Et quand on le fait, le résultat est désastreux. Au moment où Renault-Nissan annonçait son immense projet au Maroc, en Algérie, on annonçait fièrement que Renault inaugurait un immense magasin de stockage de pièces détachées, en vue d’assurer la maintenance des voitures que nous importerons du Maroc ! On sait désormais quel pays va produire, et quel pays va se contenter de consommer.

On sait aussi quel est le pays le plus compétent pour produire des déclarations à l’emporte-pièces. Ainsi, le chef du gouvernement Abdelaziz Belkhadem a déclaré que l’Algérie a enregistré 20 milliards de dollars d’investissements étrangers en 2006, et que ce chiffre va être dépassé en 2007. Un chiffre sans aucun rapport avec la réalité, évidemment. Comment peut-on avancer de telles contre-vérités quand on est à ce niveau de responsabilité ? Mystère.

Par contre, beaucoup de commentateurs ont chanté Kassaman en lisant les déclarations d’un responsable de la banque française Paribas affirmant que l’Algérie était devenue une « puissance financière régionale ». Comme s’il fallait attendre un expert étranger pour être rassuré sur son poids financier, alors que le pays dort sur un matelas de 100 milliards de dollars de réserves de change. Il suffisait simplement de visiter Alger et les grandes villes du pays pour s’en convaincre : les grandes banques étrangères sont en train de s’implanter à un rythme effréné pour tenter de gérer cet argent, de le contrôler et d’en assurer le transfert vers l’étranger par le biais des opérations d’importations.

Que fait l’Algérie pour gérer cet argent ? Elle se devait au moins de se doter d’un système financier d’envergure pour en tirer le meilleur profit. Mais le choix opéré va dans une direction totalement opposée. Après avoir démantelé les banques privées, elle a décidé de privatiser la plus grande banque du pays, le CPA, et d’encourager les banques étrangères à s’installer, comme si elle voulait leur livrer définitivement cette manne financière. Autre absurdité : en vendant le CPA, l’état algérien va engranger des recettes financières supplémentaires. Mais que va-t-il en faire ? Les confier à des banques étrangères pour les gérer. C’est le cercle vicieux.

Autre différence entre un pays qui gère les discours creux et un autre qui gère les affaires : le secteur du tourisme. Le Maroc a enregistré six millions de touristes en 2006, et vise un objectif de dix millions en 2010. Pendant ce temps, deux millions d’Algériens se sont rendus à l’étranger, alors que le nombre de touristes qui ont visité le pays fait honte à être cité.

Le Maroc a aussi réussi à attirer des investissements gigantesques dans le secteur. En lisant la liste des investisseurs qui s’installent au Maroc, on retrouve beaucoup de noms familiers. Il s’agit de grands groupes des pays du Golfe, qui sont venus en Algérie, et en sont repartis après avoir attendu des mois et des années qu’un bureaucrate daigne les recevoir et leur propose un terrain convenable.

Faut-il encore évoquer les accords signés par l’Algérie et le Maroc avec l’Union européenne ? Le Maroc a signé des accords qui lui permettent d’attirer les investissements d’un côté, et de s’intégrer à l’économie mondiale, de l’autre. L’Algérie a signé des accords qui tuent les entreprises algériennes, sans contrepartie. L’élimination des obstacles tarifaires, d’ici 2010, condamne définitivement des pans entiers de ce qui reste de la production algérienne. Et comme si cela n’était pas suffisant, les autorités ont voulu accélérer les choses, en détaxant la pomme de terre destinée à la consommation dès cette année. La mesure est certes temporaire, mais rien n’indique qu’elle ne sera pas reconduite. Ainsi, dans une surenchère absurde, le chef du groupe parlementaire du RND, Miloud Chorfi, semble déjà envisager une suppression généralisée des taxes, en demandant que la mesure soit étendue à l’ensemble des intrants agricoles. Ce n’est pas une simple proposition populiste liée à l’approche des élections. Elle est dans la logique de la pensée économique nihiliste qui s’est imposée dans le pays.

L’Algérie est d’ores et déjà un pays d’où ont disparu les règles économiques les plus élémentaires. Mais à ce rythme, elle va devenir un pays sans douane, sans taxes et sans économie. Tant que coulera le pétrole. Ensuite, c’est une autre histoire, vers laquelle mène tout droit la déchéance de la pensée économique qui règne dans le pays.

 

الاقتصاد الجزائري يستقر في الجاهلية

 عابد شارف

قال رئيس الحكومة عبد العزيز بلخادم أن الاستثمارات الأجنبية في الجزائر بلغت 20 مليار دولار خلال السنة الماضية، وأنها ستفوق هذا الرقم خلال السنة الجارية. ولا نعرف من أين جاء رئيس الحكومة بهذه الأرقام الخيالية، ولكن من المؤكد أن كل الخبراء اعتبروا أنها لا ترتكز على أية مصداقية، اللهم إلا إذا كان عبد العزيز بلحادم يتكلم عن مجمل الاستثمارات التي تم تسجيلها منذ سنة 2000. وحتى في هذه الحالة، فإن الرقم يفقد جزء كبيرا من مصداقيته إذا عرفنا أن معظم الاستثمارات الأجنبية مازالت منحصرة على ميدان المحروقات، ولا تؤثر على النشاط الاقتصادي.

ويؤكد تصريح رئيس الحكومة هذا أنه ليس فقبها في الاقتصاد، وأن الجزائر مازالت تعيش في جاهلية اقتصادية. فهي تكتفي بالكلام الذي لا أساس له، وبمشاريع وهمية لا نجاعة لها، وبعجز شامل في استعمال أموالها، وجهل تام في طريقة استعمال أموال الآخرين. وتكفي الإشارة إلى سلسلة من الأحداث السياسية التي سجلناها خلال الأسبوع للتأكيد أن البلاد فقدت كل مرجعية في تعاملها مع الحدث الاقتصادي.

فإلى جانب ما جاء به رئيس الحكومة، وبعد مسلسل البطاطا، افتخرت الصحافة الجزائرية بتصريحات ممثل للبنك الفرنسي "باريبا" Paribas الذي قال أن الجزائر أصبحت تمثل "قوة مالية جهوية"، وكأن الجزائر كانت بحاجة إلى تصريح خبير أجنبي لتكتشف ذلك وهي تكسب ما يقارب 100 مليار دولار من العملة الصعبة، كما أنها مازالت تصدر كميات هائلة من المحروقات بسعر يعرف استقرارا نسبيا في مستوى عالي مما يوحي أن هذا الرقم سيرتفع مع ممر الأيام… وكان يكفي الجزائر لتدرك أنها أصبحت قوة مالية أن تنظر إلى كل الوكالات البنكية التي تقوم بفتحها بنوك أجنبية في كل أحياء العاصمة والمدن الكبرى…

وكان من المفروض أن تعمل الجزائر للتحكم في هذه الأموال بواسطة إنشاء بنوك قادرة إلى تحويل الدولارات إلى إنتاج وثروة، لكن ما وقع يذهب في الاتجاه المعاكس، حيث أعلنت السلطات المالية أنها دخلت آخر مرحلة لبيع أكبر بنك جزائري وهو القرض الشعبي الجزائري. وستحصل الجزائر على أموال جديدة على إثر عملية بيع القرض الشعبي، لكنها لا تعرف كيف تتصرف مع هذه الأموال الجديدة، وستكلف بنوكا أجنبية بتسيير هذه الأموال… وهذا الوضع هو ما يبرر سعادة مسئولي البنوك الأجنبية ويفسر لنا التصريحات المتفائلة لمسئول بنك "باريبا" Paribas.

ومن جهة أخرى، افتخرت الصحافة الجزائرية بتدشين أكبر مخزن للقطاع الغيار من طرف شركة رونو Renault. وقالت أنه يحتل مساحة هكتار ونصف، وأنه سيسمح بصيانة هائلة لسياراتنا. لكن في نفس الوقت، أعلنت نفس الشركة أنها ستستثمر 600 مليون أورو في ضواحي طانجة بالغرب لإقامة مصنع ضخم للسيارات سينتج 200.000 سيارة سنة 2010، ثم سيبلغ الاستثمار مليار أورو سنة 2015 ليرتفع إنتاج السيارات إلى وحدة 400.000 سنة 2015. وموازاة مع ذلك أعلنت شركة جزائرية للنقل البحري أنها ستقوم عن قريب بتدشين خط جديد يربط مدينة وهران بطانجة، وكأنها تستعد لاستيراد السيارات التي سيتم إنتاجها في المدينة المغربية. ونشير إلى أن السلطات المغربية وفرت 300 هكتار لإنجاز المشروع، مع العلم أن السلطات الجزائرية عجزت لحد الآن عن توفير هكتار واحد لتشجيع الاستثمارات التي مازالت تواجه حاجز الأراضي الصناعية. وبث التلفزيون الجزائري قبل شهرين مشاداة كلامية بين الرئيس عبد العزيز بوتفليقة ووزير الداخلية يزيد زرهوني حول هذا الموضوع بالذات، خلال الزيارة التي قام بها رئيس الجمهورية إلى وهران، حيث رفض عبد العزيز بوتفليقة أن تصبح هذه الأراضي ملكا للمستثمر سواء كان جزائريا أو أجنبيا، مما يؤكد أن الجزائر لم تفصل بعد في القضية…

ومن جهة أخرى، بينما يبقى المسئولون الجزائريون يتكلمون عن السياحة بطريقة يستحي من يسمع كلامهم، فإن الجزائريين يسافرون بالملايين إلى الخارج، بينما لا نسجل إلا عددا لا يمكن ذكره أمام الناس للسواح الأجانب الذين يزورون الجزائر. وتبقى الجزائر توهم نفسها أنها بلد سياحة في الوقت الذي أصبحت السياحة تشكل أول منبع للعملة الصعبة لبلدان مثل تونس والمغرب ومصر وغيرها. ولم تعرف الجزائر كيف تحول أموالها إلى منشآت سياحية ولم تعرف كيف تخلق تقاليد ومعاملات في هذا الميدان، في الوقت الذي تشير فيه الصحافة الدولية إلى تدفق أموال طائلة في المغرب في الميدان السياحي. ومن المنتظر أن يبلغ عدد السواح الذين يزورون المغرب عشرة ملايين سائح سنة 2010، بعد أن بلغ ستة ملايين السنة الماضية. ومن المعروف أن الكثير من أثرياء وقادة أوربا اشتروا إقامات في المغرب، مثل الرئيس الفرنسي الأسبق جاك شيراك. كما تجدر الإشارة إلى أن الكثير من الشركات الخليجية التي جاءت إلى الجزائر للاستثمار في الميدان رحلت إلى المغرب لأنها لم تجد أراضي لبناء منشآت عندنا…

هذا الوضع يدفع إلى نتيجتين، أولهما أن نبارك للمغرب نجاحه في جلب الأموال والاستثمارات من جهة، ومن جهة أخرى أن نقتنع أن الجزائر التي لم تستطع أن تستثمر أموالها لا يمكن أن تقنع الآخرين للاستثمار في ديارها، اللهم إلا إذا تعلق الأمر بشركات ومؤسسات تأتي لتستغل تلك الأموال وتبيعنا منتوجاتها وتضمن لنا صيانتها، مما يعني أنها تقيم شبكات واسعة للاستيلاء على أموال النفط.

وهل يمكن أن ننتظر نتيجة أخرى للجاهلية الاقتصادية التي تحكم الجزائر؟

ع.ش

L’ultime sacrifice

Un pays peut-il avoir de l’ambition quand la pomme de terre devient le principal thème du débat politique ?

Par Abed Charef

 La rentrée politique a été dominée par deux thèmes : l’état de santé du président Abdelaziz Bouteflika et le prix de la pomme de terre. Avec un tel niveau du débat politique, il est pour le moins difficile de donner au pays des ambitions, de parler de projets d’avenir ou de faire rêver les nouvelles générations. Plus crûment, la paralysie du pays pendant cet été, les rumeurs qui ont dominé l’actualité, et l’incapacité du pouvoir en général, et du gouvernement en particulier, à influer sur des thèmes aussi primaires que le prix de la pomme de terre consacre un évènement majeur : le système politique algérien est mort.

Désormais, tant que le pays continue de tourner en rond dans le labyrinthe du système actuel, plus aucun responsable n’a la possibilité d’influer sur le cours des choses de manière sensible. Aucun ministre n’a la capacité de résoudre un problème majeur relevant de son secteur. Ce n’est pas la décision de détaxer la pomme de terre quoi va en faire baisser les prix. C’est totalement exclu, et certains membres du gouvernement le savent. Personne n’est en mesure d’enrayer l’extension de la typhoïde, ni de réduire l’ampleur de l’hécatombe enregistrée sur les routes algériennes. Aucune structure, ni aucun homme, n’est en mesure de mettre fin au phénomène des « harraga », ni à celui du suicide, tant que le pays continue de gérer les conséquences de la crise, ni ses causes.

Ce n’est pas une affaire de compétence individuelle, ni de qualification du personnel politique. Il y a probablement des ministres algériens brillants dans leur domaine, avec une formation de haut niveau. Il s’agit, en fait, du fonctionnement du système, dont les structures sont obsolètes. Un médecin algérien n’est ni mieux formé ni plus mal formé qu’un médecin indien ou slovaque. Pourtant, il est moins efficace, car le système dans lequel il évolue est totalement déstructuré. Ailleurs, le médecin est un maillon d’une chaîne qui constitue le système de santé. En Algérie, le médecin est un atome isolé, contraint de travailler seul, au sein d’une chaîne qui ne fonctionne plus depuis longtemps. Il en est de même du juriste, de l’ingénieur ou du wali. Tous sont prisonniers d’une machine infernale dans laquelle ils essaient de survivre, certains plus honnêtement que d’autres, certes, mais aucun d’entre eux ne réussit à faire son travail correctement. Comment un wali peut-il faire fonctionner correctement la machine administrative quand le chef du gouvernement lui demande d’inspecter les chambres froides pour trouver la pomme de terre stockée, vérifier si elle entre dans un réseau de spéculation ou pas, et la saisir éventuellement ? Comment un ingénieur peut-il construire des routes quand le même wali fait délivrer des permis de construire qui occupent une partie de la route ? Comment le médecin peut-il sauver des blessés touchés dans des accidents survenus sur ces routes mal conçues, mal réalisées, alors qu’il n’a pas d’ambulance à sa disposition ni de matériel d’urgence ?

Vouloir résoudre les problèmes du pays à l’intérieur de ce système est aussi absurde que de vouloir convaincre les Algériens que le chef de l’état est en bonne santé. C’est simplement mission impossible. Reprocher à Abdelaziz Belkhadem de ne pas pouvoir baisser le prix de la pomme de terre n’a pas de sens non plus : ce n’est pas dans son pouvoir. Il veut certainement le faire, mais il ne peut pas, car il agit à l’intérieur d’une machine qui ne lui permet pas.

La solution la plus simple serait alors de procéder à des changements. Remaniement gouvernemental, mouvement dans le corps des walis, limogeages et promotions apportent avec eux leurs leur lots de formules nouvelles, comme celle de prétendre insuffler du sang neuf dans les institutions. On peut même procéder à des élections. Mais cela reviendrait à tenter une transfusion sur un cadavre. Cela fera illusion pendant quelques jours, quelques semaines, mais pas plus.

La formue peut choquer, mais demander de l’efficacité économique et sociale au système actuel équivaut à demander au système colonial d’établir une égalité entre les citoyens, ou demander à un système de parti unique de respecter les libertés démocratiques. C’est, par définition, impossible, antinomique.

Et c’est là que se situe la vraie responsabilité, immense,  des dirigeants du pays. Ils n’arrivent pas à se rendre compte que le système politique actuel est arrivé à ses limites extrêmes. Que ce système, qui a fait du prix de la pomme de terre un thème de débat majeur, ne peut pas permettre au pays de prendre conscience des défis qui l’attendent. Quand on est réduit à polémiquer sur le thème de la pomme de terre, on est définitivement inapte à engager les grands débats sur l’université, la conquête du savoir, l’organisation de la société, la place du pays dans la mondialisation. Quand la principale préoccupation des dirigeants est de gérer les apparitions du chef de l’état pour prouver qu’il est en bonne santé, on ne peut comprendre ce qui a permis à la Corée de devenir un dragon, à la Chine de devenir un géant et au Brésil de devenir un grand pays émergent.

Prendre conscience de tout cela serait déjà un grand pas pour le pays. Se convaincre qu’une ère est terminée, et qu’une autre doit s’ouvrir, avec ses idées, ses institutions, ses hommes, ses penseurs, ses entreprises, ses ministres et ses partis, serait un autre pas important. Cela ferait sauter un verrou qui empêche toute évolution. Mais ce ne sera qu’une étape. Car lorsque l’idée du changement sera admise, il faudra s’atteler au plus dur : construire la nouvelle Algérie, avec ses institutions, ses mécanismes de prise de décision et de gestion, son école, son université, son système de communication, sa police et son armée.

Le plus dur est là. D’une part, l’Algérie n’a pas d’autre solution que d’aller vers ces nouveaux horizons. Mais de l’autre côté, cela demanderait au système actuel de se suicider. Peut-il faire ce sacrifice, lui dont les hommes sont si prompts à rappeler les sacrifices consentis par le pays tout au long de son histoire ? 

دخول سياسي بالقلوب

 عابد شارف

إنه موسم الدخول السياسي والاجتماعي. وقد جرت العادة في كل بلدان العالم أن أهل السياسة يختارون هذه المناسبة لتحديد التوجهات الكبرى لسياستهم خلال الأشهر القادمة بل إلى غاية الصيف القادم، حيث يضعون الأولويات لعملهم السياسي، ويحددون المحاور التي ستكون في أولوية نشاطهم. وأصبح الدخول السياسي تقليدا لا يمكن تجنبه إطلاقا، لأنه يحدد ملامح العمل في المستقبل، ويعطي المشاريع السياسية مضمونا، ويصنع التحديات الكبرى التي يختار أهل السياسة أن يواجهوها.

أما في الجزائر، فإن ما ميز الدخول السياسي يتعلق بنقطتين أساسيتين: سعر البطاطا والحالة الصحية للرئيس عبد العزيز بوتفليقة. وقد اختار الرئيس نفسه أن يظهر مرتين في التلفزيون في نفس اليوم ليضع حدا للإشاعات المتعلقة بصحته، بينما اختار رئيس الحكومة عبد العزيز بلخادم أن ينشط ندوة صحفية ليحاول تكذيب نفس الإشاعات، كما حاول أن يطمئن الجزائريين حول أسعار البطاطا…

لكن هذه الجهود المتتالية لم تؤد إلا إلى ثلاث نتائج. أولها التأكيد أن الحكومة عاجزة إطلاقا ونهائيا على التأثير على سعر البطاطا. وثاني نتيجة أن الشك دخل أذهان الجزائريين، وبصفة نهائية، حول الحالة الصحية لرئيس الجمهورية. وسيبقى هذا الموضوع يشكل النقطة الأساسية في الساحة السياسية للبلاد في الأشهر القادمة، إلى غاية مغادرة الرئيس عبد العزيز بوتفليقة رئاسة الجمهورية. ومن الواضح أن أصحاب القرار سينظمون كل نشاط البلاد في الأشهر القادمة بطريقة تسمح بتكذيب الإشاعات حول صحة رئيس الجمهورية، لكن الجزائريين سينظرون لكل مبادرة من السلطة من نفس الزاوية، فإذا ظهر رئيس الجمهورية سيقول المواطن أنه ظهر ليؤكد أنه لصحة جيدة، وإذا غاب عن العيون فإن المواطن سيقول أنه غاب لأنه مريض…

أما النتيجة الثالثة لما حصل في صيف 2007، وهي الأهم، فإنها تتعلق بموت النظام السياسي الحالي. إن هذا النظام قد مات وانتهى، وهي الحقيقة التي لا تريد الجزائر الرسمية الاعتراف بها. ففي نفس الوقت الذي كان رئيس الحكومة يؤكد أن عبد العزيز بوتفليقة حي معافى، كان في الحقيقة يؤكد أن النظام السياسي مات وانتهى، لأن المنتظر من أهل السلطة والسياسة هو أن يسطروا البرامج، ويفتحوا الآفاق، ويخططوا للمستقبل، ويعطوا مواعيد بالدخول في معارك كبرى والانتصار على الزمن، وليس المنتظر منهم أن يخوضوا معارك ضد الطاحونات ليؤكدوا أن دون كيشوت مازال حيا…

لكن بمناسبة الدخول السياسي، لم نسمع من رئيس الجمهورية ولا من رئيس الحكومة كلاما حول انتشار العلم في البلاد عشية الدخول المدرسي والجامعي، ولا عن التحكم في التكنولوجيا لمواجهة تحديات القرن، ولا عن إبداعات ثقافية وفنية وسياسية لخلق مجتمع جديد، ولا عن انتشار صناعي يعطي للاقتصاد الوطني طموحات جديدة. إن كلام أكبر مسئولي البلاد اقتصر على نقطتين، للتأكيد أن ما جاء حول صحة رئيس الجمهورية ليس إلا مجرد إشاعات، وأن الحكومة ستعمل على محاربة ارتفاع سعر البطاطا. ولا نعرف أن سياسة أو حضارة فرضت نفسها واستطاعت أن تنتشر وتغزو العالم إثر معركة طاحنة حول سعر البطاطا…

لذلك، فإن الخطاب السياسي الذي يسود اليوم يظهر على حقيقته. إنه بهتان وعبث، أو كما يقول العامة، "بول في الرمل". وتركيز كل جهود الحكومة لإقناع المواطن أن رئيس الجمهورية بصحة جيدة لا يتجاوز أن يكون عبثا، وتخصيص كل هذا الوقت لإقناع المواطن أن الحكومة تعمل جاهدة في حربها ضد ارتفاع سعر البطاطا عبث. وكلام زعيم النقابة حول ارتفاع الأجور عبث، لأن كل هذا الكلام يدور في حلقة مفرغة، تغلق كل الأبواب أمام البلاد، وتمنعها من الدخول في عالم جديد لائق بطموحاتها وبمكانتها بين شعوب العالم.

والمطلوب اليوم هو الاعتراف أن النظام السياسي مات وانتهى، وأنه لا يمكن معالجة مشاكل البلاد داخل هذا النظام إطلاقا. فالأولوية ليست للمناورات من أجل الحفاظ على منصب، ولا للخطب الفارغة حول مجهودات الحكومة وتوجيهات رئيس الجمهورية، إنما الأولوية اليوم هي أن نفهم ما المرحلة التاريخية التي تمر بها البلاد، والاعتراف أن الجزائر أنهت مرحلة من تاريخها، ومن المطلوب أن تدخل مرحلة أخرى، بأفكارها وطموحاتها وتحدياتها وأهلها. فهل وصل الوعي لأهل السلطة من أجل فتح هذا الباب الجديد؟

ع.ش