Solidarité des uns, faiblesse des autres

Tewfik Ben Brik devait se rendre à Alger. Il en a été empêché par une solidarité algéro-tunisienne un peu particulière. Et même le centre culturel français, qui devait abriter une vente dédicace, a obtempéré.
Pour les Algériens, la prison s’était, depuis moment, agrandie pour s’étendre à la Tunisie et un peu au Maroc. Pour les Tunisiens, la prison s’élargit aujourd’hui pour s’étendre à l’Algérie.
Il y a plus de trente ans, Moudhaffar Ennouab, poète irakien aussi insupportable que Tewfik Ben Brik, déplorait que dans son pays (le monde arabe), des tortionnaires se tiennent la main.
في وطني جلاد يمسك جلاد
La situation ne semble pas avoir beaucoup changé.
Ben Brik ne sera vraiment libre que quand il n’ aura plus de frontière pour aller de Tunis à Rabat. Ce qui est valable pour lui est valable pour nous tous.
 
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Touche pas à ma grève !

La grève est devenue un rituel qui absorbe beaucoup d’énergies. Elle ne mène nulle part, mais on ne peut s’en passer.

Par Abed Charef

Le front social a connu une brusque poussée de fièvre cette semaine. Enseignants, fonctionnaires et travailleurs de différents secteurs, dont celui de la santé, ont repris le chemin de la protestation, après une accalmie imposée par l’agenda terroriste. La grève a-t-elle été un succès, comme l’affirment ses promoteurs, ou au contraire, a-t-elle été un échec, comme le soutiennent l’administration, mais aussi certains syndicats, méfiants envers une grève qu’ils soupçonnent d’être commanditée en sous-main par d’autres acteurs que les syndicats eux-mêmes?

L’effet médiatique de la grève a été très visible. Son impact sur le terrain est plus contestable. Sa contribution à régler les problèmes des travailleurs risque, par contre, d’être nulle, malgré la présence de militants dévoués à leur métier, mais tellement embourbés dans la gestion  de l’urgence qu’ils ne se rendent plus compte d’une autre réalité, celle d’un pays géré par un système politique totalement incapable de leur parler. Il n’est pas seulement incapable de satisfaire leurs revendications, mais il n’est pas en mesure de leur parler.

Un médecin a présenté, au cours de la grève, sa fiche de paie. Un salaire qui dépasse à peine 30.000 dinars, après dix huit ans de travail. Cela se passe de tout commentaire. Dans un pays normal, c’est le ministre de la santé lui-même qui serait amené à protester contre une telle absurdité. Un ministre respectueux de son secteur ne peut en effet admettre que tant de savoir, doublé d’une telle expérience, reçoive un revenu aussi ridicule. Maintenir ce niveau de salaire provoque un résultat inévitable : les Algériens ne seront pas correctement soignés.

Protester contre ce type d’humiliation est un geste aussi naturel que légitime. Encore faut-il que la protestation débouche quelque part. Et c’est là qu’apparaît une autre donnée, extrêmement grave : la grève ne rapporte rien. Elle est même devenue contre-productive. Pour plusieurs raisons.

D’une part, l’accumulation des contentieux, dans tous les domaines, devrait amener tout le pays à protester. Mais avec le temps, la grève s’est tellement banalisée qu’elle a perdu de sa force. Dans un pays qui subit le terrorisme, et vit les émeutes au quotidien, que peut donner une grève de plus ? les professeurs d’université et du secondaire en ont fait l’amère expérience. Ils ont été amenés à se lancer dans des conflits durs, qui ont duré des mois, pour se retrouver au même point.

D’autre part, l’échec des grèves du au comportement des pouvoirs publics, qui traitent les conflits de manière totalement irresponsable. Face à une grève, les autorités n’essaient pas d’étudier les revendications, de voir si elles sont légitimes, de négocier avec les organisations représentatives des travailleurs, mais cherchent à les torpiller, à les saboter, à les contourner, ou à laisser la situation pourrir jusqu’à ce que la grève perde sa légitimité. Ainsi en a-t-il été des plus longues grèves des enseignants et des médecins, qui ont amené les parents d’élèves et les malades à protester contre le « radicalisme » des grévistes.

Saboter une grève amène aussi le recours à une recette désuète mais toujours en vigueur, qui consiste à lancer dans l’action le syndicat maison. La vénérable UGTA est toujours là pour aller négocier après des grèves auxquelles elle n’a pas participé, mais elle ne se prive pas d’annoncer des accords et des négociations qui promettent toujours d’améliorer sensiblement les conditions de vie des travailleurs. Elle a encore été mise en selle cette semaine, avec l’annonce prochaine de la réunion d’une de ses commissions pour aplanir toutes les divergences.

Enfin, troisième cause de l’échec des grèves, les syndicats sont systématiquement piégés, car amenés à se battre à l’intérieur d’un système incapable d’offrir des solutions. Dans un pays « normal », un responsable dont le secteur est concerné par un mouvement de grève réplique en fonction d’un certain nombre de paramètres. Si les revendications sont légitimes, il tente de les satisfaire dans la mesure des possibilités financières. Si elles ne sont pas conformes à ses choix politiques, il peut les rejeter, à charge pour lui de mener campagne et convaincre les citoyens que ses choix sont meilleurs. Dans tous les cas de figure, ce responsable, ministre ou responsable d’entreprise, agit en fonction de ce qu’il estime être les intérêts supérieurs de l’institution qu’il dirige.

En Algérie, le ministre est d’abord motivé par sa volonté de se maintenir en place. Son principal souci, c’est de ne pas faire de vagues. Et s’il est contraint de subir une grève, il tente de trouver en premier lieu la réponse qui ne menace pas son poste, même si cela se fait aux dépens de l’école ou des malades. C’est ce qui amène des situations parfois paradoxales, avec des déclarations de ministres affirmant qu’ils prennent totalement en charge les préoccupations des grévistes, en sachant qu’au bout du compte, il ne fera rien. Soit parce qu’il veut simplement dépasser la crise, soit parce qu’il prépare une solution à sa manière.

C’est ainsi que tous les conflits se terminent dans l’impasse. Car, qu’il y ait des négociations ou non, que la grève soit courte ou de longue dure, l’administration a toujours le dernier mot. Celle-ci est incapable d’imaginer des solutions innovantes et de les appliquer. Elle se contente de faire jouer sa formidable inertie pour décourager toutes les bonnes volontés. Pour cette bureaucratie, mettre l’université au service de l’étudiant et du chercheur, et mettre l’hôpital au service du malade sont des hypothèses jamais envisagées.

Cela ne signifie pas pour autant qu’il faille décourage ces militants syndicaux qui ont tout donné à leur profession, à l’image de feu Redouane Osmane. Bien au contraire. Mais peut-être devraient-ils se rendre compte qu’ils affrontent des épouvantails, dans un labyrinthe où il faut mener des grèves pour exister, puis pour présenter des revendications, ensuite pour les faire accepter, et enfin pour les appliquer. A ce moment là, on se rend compte que l’augmentation obtenue a été largement bouffée par l’inflation, et il faut donc repartir de nouveau sur le front de la contestation.

Peut-être alors faudrait-il mettre toutes ces énergies dans un autre combat, celui qui viserait à revenir à des « normes », à établir un système où il appartiendrait au ministre de veiller à l’intérêt de l’élève, de l’étudiant, du chercheur, du malade et du médecin qui le soigne, et de se dire qu’il est indécent de payer un médecin qui a dix huit d’expérience à 30.000 dinars. Un système où le ministre lui-même proposerait de très fortes augmentations de salaires pour motiver les professeurs d’université disponibles et en attirer de nouveaux, en sachant que le pays connaît une hémorragie intolérable dans ce domaine. Un système enfin où les professeurs d’université eux-mêmes seraient amenés à demander au ministre d’aller progressivement à cette augmentation de salaires, car une injection massive de liquidité risquerait de provoquer une inflation qui tuerait le revenus plus faibles.

C’est un rêve ? Peut-être. Mais pourquoi l’Algérie serait-elle condamnée à un cauchemar révélé par ce simple chiffre : l’Algérie a donné à la France vingt fois plus de médecins et de professeurs d’université formés en Algérie que la France n’en a jamais formés pendant toute la colonisation.

 

Touche pas à ma grève !

La grève est devenue un rituel qui absorbe beaucoup d’énergies. Elle ne mène nulle part, mais on ne peut s’en passer.

Par Abed Charef

Le front social a connu une brusque poussée de fièvre cette semaine. Enseignants, fonctionnaires et travailleurs de différents secteurs, dont celui de la santé, ont repris le chemin de la protestation, après une accalmie imposée par l’agenda terroriste. La grève a-t-elle été un succès, comme l’affirment ses promoteurs, ou au contraire, a-t-elle été un échec, comme le soutiennent l’administration, mais aussi certains syndicats, méfiants envers une grève qu’ils soupçonnent d’être commanditée en sous-main par d’autres acteurs que les syndicats eux-mêmes?

L’effet médiatique de la grève a été très visible. Son impact sur le terrain est plus contestable. Sa contribution à régler les problèmes des travailleurs risque, par contre, d’être nulle, malgré la présence de militants dévoués à leur métier, mais tellement embourbés dans la gestion  de l’urgence qu’ils ne se rendent plus compte d’une autre réalité, celle d’un pays géré par un système politique totalement incapable de leur parler. Il n’est pas seulement incapable de satisfaire leurs revendications, mais il n’est pas en mesure de leur parler.

Un médecin a présenté, au cours de la grève, sa fiche de paie. Un salaire qui dépasse à peine 30.000 dinars, après dix huit ans de travail. Cela se passe de tout commentaire. Dans un pays normal, c’est le ministre de la santé lui-même qui serait amené à protester contre une telle absurdité. Un ministre respectueux de son secteur ne peut en effet admettre que tant de savoir, doublé d’une telle expérience, reçoive un revenu aussi ridicule. Maintenir ce niveau de salaire provoque un résultat inévitable : les Algériens ne seront pas correctement soignés.

Protester contre ce type d’humiliation est un geste aussi naturel que légitime. Encore faut-il que la protestation débouche quelque part. Et c’est là qu’apparaît une autre donnée, extrêmement grave : la grève ne rapporte rien. Elle est même devenue contre-productive. Pour plusieurs raisons.

D’une part, l’accumulation des contentieux, dans tous les domaines, devrait amener tout le pays à protester. Mais avec le temps, la grève s’est tellement banalisée qu’elle a perdu de sa force. Dans un pays qui subit le terrorisme, et vit les émeutes au quotidien, que peut donner une grève de plus ? les professeurs d’université et du secondaire en ont fait l’amère expérience. Ils ont été amenés à se lancer dans des conflits durs, qui ont duré des mois, pour se retrouver au même point.

D’autre part, l’échec des grèves du au comportement des pouvoirs publics, qui traitent les conflits de manière totalement irresponsable. Face à une grève, les autorités n’essaient pas d’étudier les revendications, de voir si elles sont légitimes, de négocier avec les organisations représentatives des travailleurs, mais cherchent à les torpiller, à les saboter, à les contourner, ou à laisser la situation pourrir jusqu’à ce que la grève perde sa légitimité. Ainsi en a-t-il été des plus longues grèves des enseignants et des médecins, qui ont amené les parents d’élèves et les malades à protester contre le « radicalisme » des grévistes.

Saboter une grève amène aussi le recours à une recette désuète mais toujours en vigueur, qui consiste à lancer dans l’action le syndicat maison. La vénérable UGTA est toujours là pour aller négocier après des grèves auxquelles elle n’a pas participé, mais elle ne se prive pas d’annoncer des accords et des négociations qui promettent toujours d’améliorer sensiblement les conditions de vie des travailleurs. Elle a encore été mise en selle cette semaine, avec l’annonce prochaine de la réunion d’une de ses commissions pour aplanir toutes les divergences.

Enfin, troisième cause de l’échec des grèves, les syndicats sont systématiquement piégés, car amenés à se battre à l’intérieur d’un système incapable d’offrir des solutions. Dans un pays « normal », un responsable dont le secteur est concerné par un mouvement de grève réplique en fonction d’un certain nombre de paramètres. Si les revendications sont légitimes, il tente de les satisfaire dans la mesure des possibilités financières. Si elles ne sont pas conformes à ses choix politiques, il peut les rejeter, à charge pour lui de mener campagne et convaincre les citoyens que ses choix sont meilleurs. Dans tous les cas de figure, ce responsable, ministre ou responsable d’entreprise, agit en fonction de ce qu’il estime être les intérêts supérieurs de l’institution qu’il dirige.

En Algérie, le ministre est d’abord motivé par sa volonté de se maintenir en place. Son principal souci, c’est de ne pas faire de vagues. Et s’il est contraint de subir une grève, il tente de trouver en premier lieu la réponse qui ne menace pas son poste, même si cela se fait aux dépens de l’école ou des malades. C’est ce qui amène des situations parfois paradoxales, avec des déclarations de ministres affirmant qu’ils prennent totalement en charge les préoccupations des grévistes, en sachant qu’au bout du compte, il ne fera rien. Soit parce qu’il veut simplement dépasser la crise, soit parce qu’il prépare une solution à sa manière.

C’est ainsi que tous les conflits se terminent dans l’impasse. Car, qu’il y ait des négociations ou non, que la grève soit courte ou de longue dure, l’administration a toujours le dernier mot. Celle-ci est incapable d’imaginer des solutions innovantes et de les appliquer. Elle se contente de faire jouer sa formidable inertie pour décourager toutes les bonnes volontés. Pour cette bureaucratie, mettre l’université au service de l’étudiant et du chercheur, et mettre l’hôpital au service du malade sont des hypothèses jamais envisagées.

Cela ne signifie pas pour autant qu’il faille décourage ces militants syndicaux qui ont tout donné à leur profession, à l’image de feu Redouane Osmane. Bien au contraire. Mais peut-être devraient-ils se rendre compte qu’ils affrontent des épouvantails, dans un labyrinthe où il faut mener des grèves pour exister, puis pour présenter des revendications, ensuite pour les faire accepter, et enfin pour les appliquer. A ce moment là, on se rend compte que l’augmentation obtenue a été largement bouffée par l’inflation, et il faut donc repartir de nouveau sur le front de la contestation.

Peut-être alors faudrait-il mettre toutes ces énergies dans un autre combat, celui qui viserait à revenir à des « normes », à établir un système où il appartiendrait au ministre de veiller à l’intérêt de l’élève, de l’étudiant, du chercheur, du malade et du médecin qui le soigne, et de se dire qu’il est indécent de payer un médecin qui a dix huit d’expérience à 30.000 dinars. Un système où le ministre lui-même proposerait de très fortes augmentations de salaires pour motiver les professeurs d’université disponibles et en attirer de nouveaux, en sachant que le pays connaît une hémorragie intolérable dans ce domaine. Un système enfin où les professeurs d’université eux-mêmes seraient amenés à demander au ministre d’aller progressivement à cette augmentation de salaires, car une injection massive de liquidité risquerait de provoquer une inflation qui tuerait le revenus plus faibles.

C’est un rêve ? Peut-être. Mais pourquoi l’Algérie serait-elle condamnée à un cauchemar révélé par ce simple chiffre : l’Algérie a donné à la France vingt fois plus de médecins et de professeurs d’université formés en Algérie que la France n’en a jamais formés pendant toute la colonisation.

 

Pays émergeants et pays submergés

Brésil et Algérie

Pays émergeants et pays submergés

 En une décennie, le Brésil est devenu un pays qui compte. Dans le même temps, l’Algérie a réussi à devenir un pays qui ne compte pas.

Par Abed Charef

 Une équipe de football, un fleuve, une forêt gigantesque, quelques groupes industriels, des favelas disséminés dans un immense territoire, une pauvreté endémique et des inégalités sociales insupportables: c’est ainsi qu’apparaissait le Brésil il y a dix ans. Dans ce pays continent, la criminalité s’était développée à tel point qu’elle était devenue la principale menace contre la paix et la stabilité.

Comment ce pays aux fabuleuses richesses pouvait-il rester à la traîne ? Pourquoi le Brésil restait-il enfermé dans des solutions hasardeuses, sans réelle perspective, maintenant l’immense majorité de  son peuple dans la misère, alors qu’il possédait des atouts sérieux pour assurer un minimum de bonheur à ses habitants ? C’est la question que se sont posés dès le début des années 1990 les grands acteurs de la vie politique brésilienne, autour de trois grands pôles : le pouvoir militaro-policier, l’argent, et les grandes organisations syndicales.

Pour cette « tripartite », le bilan était simple à établir. Les pouvoirs militaires qui se sont succédés depuis un demi-siècle ont provoqué une aggravation de la crise, car ils répondaient de manière erronée à de mauvaises questions. Les partis traditionnels qui ont pris la relève étaient prisonniers de schémas politiques étroits, et se sont révélés inaptes à mesurer les enjeux. Les organisations sociales elles-mêmes, malgré leur combativité, en étaient réduites à se lancer dans des opérations de protestation et des émeutes, restés sans lendemain. Les fameux paysans sans terre, qui occupaient de grandes propriétés non exploitées, ne parvenaient pas à s’en sortir, car leur situation demeurait précaire. Ils étaient toujours sous la menace d’expulsion ou celle, plus dangereuse encore, de pistoléros et de milices à la solde des grandes fortunes. Même les romans de Jorge Amado ne parvenaient pas à introduire un rayon de lumière dans ce mode sordide des banlieues des grandes métropoles brésiliennes, où certains bidonvilles comptaient autant d’habitants que le Grand Alger.

Le brésil avait visiblement besoin d’une démarche novatrice. L’objectif ne pouvait se limiter seulement à aménager le système en place, mais à établir de nouveaux équilibres. Il avait besoin de faire sauter ce verrou qui empêchait les uns, les plus nombreux, à accéder à une vie décente, et les autres, ceux qui avaient un revenu moyen ou élevé, à en jouir pleinement, et à créer de nouvelles richesses.

C’est dans ce contexte que le président Lula a accédé au pouvoir. C’est un représentant des pauvres et des déclassés, avec un long passé militant. Il eu le temps de mûrir, pour comprendre que sa mission ne serait pas de régler des comptes ou de détruire l’adversaire, mais de réaménager les grands équilibres du pays en faveur des plus pauvres. Les grandes entreprises du pays avaient elles aussi compris qu’elles avaient intérêt à transformer les cent millions de pauvres que comptait le pays en consommateurs, ce qui offrirait un formidable marché à leurs produits.

Ce grand compromis, un véritable New deal, a donné des résultats fabuleux. Lula en est à peine au début de son deuxième mandat, mais il peut d’ores et déjà se targuer d’avoir introduit le Brésil dans la cour des grands. Avec l’Inde et la Chine, son pays est devenu le principal moteur de la croissance mondiale. Dans une quinzaine d’années, il sera l’une des cinq premières puissances économiques du monde. Avec le formidable marché qu’offre l’Amérique latine, il dispose d’une énorme marge de progression, et promet d’entraîner tout le sous-continent vers la prospérité.

Au-delà, le Brésil fait déjà partie de ceux qui pèsent sur l’économie mondiale, et sont, de fait, conviés aux grandes réunions qui comptent. il ne se contente plus d’être un grand pays émergent. Il est aussi admis dans la cour des démocraties établies. Pour couronner ce parcours, le Brésil frappe à la porte du conseil de sécurité de l’ONU. A la première réforme de l’institution internationale, il en sera membre permanent.

La clé de ce succès brésilien, atteint sans règlements de comptes ni chasses aux sorcières, est simple. Le pays est sorti des petits conflits de pouvoir et des querelles sordides, pour s’engager dans une autre voie, celle de la grandeur. Les militaires ont compris que leur pouvoir relève d’une époque révolue, les bureaucrates ont été amenés à accompagner le mouvement du progrès au lieu de constituer un frein au développement, et la classe politique a admis que ses méthodes dépassées n’offraient pas d’alternative.

C’est le Brésil d’il y a dix ans. C’est l’Algérie d’aujourd’hui. L’image est la même : des potentialités immenses, un système non seulement incapable de régler les problèmes, mais qui les génère, et une échéance qui peut permettre de poser, enfin, les bonnes questions. L’Algérie fera-t-elle les bons choix ? Difficile à dire. Pour le moment, elle ne s’est pas posée les bonnes questions. A entendre les slogans sur le troisième mandat, elle se dirige même vers le maintien de l’impasse.

Pour réussir, le Brésil s’est lancé dans un projet ambitieux, en s’appuyant sur les deux forces qui créent la richesse : les travailleurs, à travers le président Lula, et les entreprises. Le résultat se passe de tout commentaire. On parle désormais de miracle brésilien. Quant au miracle algérien, il est différent : il consiste, jusqu’à preuve du contraire, à échouer là où tout indique que le succès est possible, et même facile.

لا توجد منظمات جماهيرية في البرازيل

 عابد شارف

قبل عشر سنوات، كانت البرازيل دولة تتميز بثلاث ظواهر كبرى: كانت دولة متخلفة، سلطة متسلطة، وغابت فيها العدالة الاجتماعية إلى أقصى الحدود. وكان الفقراء يشكلون أول فئة اجتماعية في البلاد، وانتشرت الأحياء القصديرية في حواشي المدن الكبرى حتى كادت تبتلعها، كما انتشرت هجرة الفقراء واستيلائهم على الأراضي بصفة غير قانونية، وانتشرت الجريمة إلى أن أصبحت أول ظاهرة تهدد أمن البلاد.

واستفحلت الأزمة إلى أن أصبح التعايش بين أهل الثروة من جهة، والجريمة من جهة ثانية، والفقر الذي يغذي الجريمة من جهة ثالثة، أصبح هذا التعايش مستحيلا. ولم يكن بقدرة الأحزاب التقليدية، حتى منها تلك الأحزاب التي تتبنى فكرا يساريا معتدلا، لم يكن بقدرتها أن تعيد تنظيم الاقتصاد والعلاقات الاجتماعية بما يسمح للبرازيل أن تتجنب انفجارا جديدا، مما يهدد التجربة الديمقراطية ويعيد البلاد إلى عهد كانت البرازيل تريد أن تنساه.

وجاءت الفرصة مع ترشح أحد أبرز ممثلي العمال لرئاسية الجمهورية، وفاز بالانتخابات لا لأنه كان يتميز بشعبية كبيرة جدا فحسب، بل لأن أصحاب الحل والربط، أولائك الذين يتحكمون في المال والقوات المسلحة، فهموا أنهم لا يستطيعون أن يواصلوا تسيير عملاق مثل البرازيل بطريقة قديمة بالية. واقتنعت تلك النخبة التي تكسب المال والسلاح أنها من الضروري إعادة ترتيب البيت بصفة جذرية، لإقامة توازنات جديدة، تسمح للفئات الضعيفة أن تخرج بشكل جماعي من الفقر، ليصبح ممكنا لهذا البلد أن يكون له ذكر في ميادين أخرى غير كرة القدم.

وأدرك الرئيس "لولا" بدوره أنه لا يستطيع أن يرضي العمال والفقراء الذي وضعوه في السلطة من عشية إلى ضحاها، فشرع في إصلاحات كبرى لم تعط نتائجها إلا بعد سنوات. وكان يعرف جيدا أن الشركات البرازيلية الكبرى كانت هي نفسها بحاجة إلى ظهور طبقة واسعة من المستهلكين حتى تبيع إنتاجها، ولا يمكن أن تبرز هذه الطبقات الجديدة إلا بحصول الفقراء والضعفاء على دخل مقبول. واختارت كل الأطراف أن تحترم اللعبة، وأدرك أهل الثروة أنهم سيربحون أكثر على المدى الطويل إذا ساعدوا الفقراء على الخروج من الفقر، وأنه من الأفضل لهم أن يسمحوا للرئيس الجديد أن ينجح في مشاريعه لتجنب التوتر الاجتماعي وانفجار الشارع.

وخلال عهدة رئاسية، استطاع الرئيس البرازيلي أن يعيد بناء التوازنات الكبرى لبلاده بما يسمح له من دخول عهد جديد، حيث لم يكتف بالخروج من مشاكل الماضي، بل تجاوز ذلك ليجعل من البرازيل أحد البلدان التي سيكون لها وزن في العالم في القرن الجديد. ورغم أنه لم يدخل منتصف عهدته الثانية، فإن البرازيل أصبح من البلدان التي تعرف نموا اقتصاديا يشبه نمو الصين والهند، كما أصبح يفكر في دخول المحافل الكبرى حيث يطمح إلى العضوية بصفة دائمة قي مجلس الأمن. ويعترف كل المحللين أن البرازيل أصبح يؤثر في الاقتصاد العالمي أكثر مما يتأثر به، كما أنه فتح بابا للقضاء على الفقر في آجال معقولة.

هذا التغيير الشامل أصبح ممكنا في البرازيل لأن الفئات الاجتماعية الكبرى اختارت طريقا جديدا للخروج من الأزمة. وقد جرب البرازيل في الماضي طرقا مختلفة مثل الدكتاتورية العسكرية والأنظمة البوليسية ثم الأحزاب التقليدية المنكمشة على نفسها ولو أنها تدعي فكرا ديمقراطيا اجتماعيا. وأدت تلك التجارب كلها إلى نفس الانسداد، قبل أن يتم التفكير في مخرج جديد، بآليات جديدة، وميكانيزمات جديدة، للبحث عن حلول جديدة. وجاءت هذه لأن القوى الاجتماعية الكبرى في البلاد اختارت أن تقدم التنازلات الضرورية للمحافظة على الاستقرار في الأمد القريب، والمحافظة على مصالحها في الأمد البعيد، حيث أن أصحاب الثروة مثلا أدركوا أن أموالهم لن تنفعهم أمام خطر انفجار اجتماعي وانتشار الجريمة التي أصبحت تهدد عائلاتهم وذويهم.

وقبل أن يدخل البرازيل هذه المرحلة الجديدة التي سمحت له أن يصبح دولة عظمى تتحاور في موقع متساوي مع أكبر البلدان الأوربية، حقق إنجازا آخر يشكل شرطا أساسيا لنجاح مشروعه، ويتمثل هذا النجاح في الخروج من تقاليده السياسية الماضية ليفكر في أساليب جديدة في ممارسة السلطة. وبعبارة أخرى، اختار البرازيل أن يتجنب الحلول التي أدت به في الماضي إلى طريق مسدود، ليبحث لنفسه عن طريق جديد لا توجد فيه منظمات جماهيرية تجتهد في فن الولاء، ولا أحزاب تتبنى برنامج فخامته وتنسى برامجها إن كانت لها برامج، ولا رجال أعمال يطالبون بإلغاء الرسوم، ولا حكومة عجزت عن حل أزمة البطاطا وغرقت في كأس من الحليب.

هذا عن البرازيل… أما عن الجزائر، فإنها بلد مختلف ومختلف. إنها بلد ينظر إلى العالم كيف يتحرك لكنه يرفض أن يتحرك… إنها بلد متمسك بثوابته ومواقفه الثابتة… مواقف وخيارات أكدت في الماضي أنها تؤدي إلى الفشل والطريق المسدود، وهي اليوم مستعدة لحملة جماهيرية كبرى من أجل تكريس الأزمة من خلال عهدة ثالثة.

ع.ش

Le forcing de Belkhadem

Abdelaziz Belkhadem a repris sa campagne pour l’amendement de la constitution. Il lui reste à convaincre qu’une constitution peut régler les problèmes des harraga

Par Abed Charef

Après une pause de deux semaines imposée par les attentats du 11 décembre, M. Abdelaziz Belkhadem a repris son forcing en faveur d’un amendement de la constitution, préalable indispensable à un troisième mandat du président Abdelaziz Bouteflika. Après les « organisations de masse », il a obtenu, cette semaine, le ralliement de son parti, le FLN, à cette idée, en adoptant un ton très dur envers ses adversaires, menaçant les récalcitrants de les traduire devant la commission de discipline.

Le chef du gouvernement a fait preuve d’une assurance rare, qui laisse clairement entendre que son projet bénéficie de solides appuis. Il met désormais la pression sur ses partenaires de « l’alliance présidentielle », le RND et le Hamas, sommés de se prononcer rapidement, faute de quoi ils apparaîtraient comme des retardataires au cas où le projet de M. Belkhadem aboutirait. Ils pourraient alors avoir à le payer, d’autant plus que d’autres partis frappent aux portes du pouvoir, dans l’espoir de détrôner l’une des formations de l’alliance.

Le chef du gouvernement apparaît ainsi en position de force. Pourtant, sa position est extrêmement fragile, peut-être la plus fragile au sein de ces cercles qui gravitent autour du pouvoir. En effet, M. Belkhadem donne l’impression de jouer son va-tout dans cette aventure de l’amendement de la constitution. Il semble avoir mis tous ses œufs dans le même panier, pariant sa chemise sur le maintien du président Bouteflika, alors qu’aucune hypothèque n’a encore été levée pour aller vers un troisième mandat du chef de l’état. M. Belkhadem est, dès lors, condamné à réussir pour garder une existence politique, alors que le président Bouteflika lui-même fait preuve de la plus grande discrétion sur la question d’un troisième mandat.

Dans son aventure, M. Abdelaziz Belkhadem laisse implicitement entendre qu’il a git pour le compte du président de la république. Est-ce vraiment le cas ? Difficile à dire, même si, à priori, il paraît difficile de pousser quelqu’un à rester au pouvoir contre son gré. Mais cette hypothèse ne peut pas être rejetée d’un revers de la main.

Deux faits majeurs ont pu pousser le chef de l’état à reconsidérer les attraits du pouvoir, qui semblent encore attirer irrésistiblement M. Abdelaziz Belkhadem. D’une part, le chef de l’état n’a guère montré d’enthousiasme à changer la constitution. Il a évoqué le sujet deux fois en neuf ans, ce qui est bien peu. La première fois, c’était il y a bientôt une décennie lorsque, interrogé sur la constitution actuelle, il avait affirmé qu’elle ne lui plaisait, mais qu’il s’en accommoderait. La seconde fois, c’était en juillet 2006, lorsqu’il en avait évoqué, du bout des lèvres, la révision. C’est bien peu pour un homme qui serait obsédé par le pouvoir, comme le décrivent ses détracteurs. En outre, moins Bouteflika parle, plus les autres parlent à sa place. Il est difficile, dans ce cas, de dire quand ces porte-paroles autoproclamés  parlent réellement au nom du chef de l’état, et quand ils font part de leurs propres ambitions en les attribuant aux autres.

D’autre part, le chef de l’état a traversé, à titre personnel, deux épreuves difficiles. Il a été sérieusement malade, et a mis longtemps à s’en remettre. Ensuite, il été visé par un attentat, à Batna, cette année. De telles épreuves laissent forcément des traces, et poussent une personne de son âge à considérer autrement le pouvoir et les honneurs, souvent factices, qu’il offre.

Ce décalage entre les positions affichées par le chef de l’état et celles du chef du gouvernement montrent clairement qu’au-delà du troisième mandat, M. Belkhadem joue une carte personnelle, encore difficile à cerner, même si un certain nombre des adversaires affirment qu’il vise le poste de vice-président qui serait introduit dans la nouvelle constitution. Mais il est évident que M. Belkhadem  joue gros dans cette aventure. Au risque d’apparaître dans une posture similaire à celle de M. Ali Benflis en 2004.

Mais quelle que soit l’issue de la campagne lancée par M. Belkhadem, elle ne peut occulter une autre réalité dans laquelle le chef du gouvernement a une part de responsabilité évidente : l’Algérie souffre cruellement de l’absence de gouvernance. Car si ailleurs, on parle de bonne ou mauvaise gouvernance, en Algérie, c’est l’absence de gouvernance qui se fait cruellement sentir. Le fonctionnement institutionnel a virtuellement disparu. Le gouvernement se réunit de manière épisodique, les ministres sont des fonctionnaires dont les décisions et les choix n’ont plus d’impact sur la vie économique et sociale, le parlement a abdiqué, la justice est un appendice du pouvoir, et l’administration a abandonné sa mission initiale pour se préoccuper d’autre chose. Les injections massives d’argent n’ont pas permis d’assurer le décollage économique souhaité.

Comment remédier à une telle situation ? La question n’est même pas posée dans les milieux qui ont la charge de la gestion du pays. M. Belkhadem lui-même s’est déchargé de sa mission, gérer les affaires du pays, pour se lancer dans l’aventure de l’amendement de la constitution. C’est l’image de l’Algérie durant cette année qui s’est achevée : un pays incapable d’affronter le réel, et qui se réfugie dans le virtuel.

2008 sera-t-elle l’année du retour au réel ?

مغامرة العزيزين

بعد مهلة دامت أسبوعين، فرضتها الأعمال الإرهابية في 11 ديسمير الماضي، عاد رئيس الحكومة عبد العزيز بلخادم إلى حملته من أجل تعديل الدستور والمطالبة بعهدة ثالثة لصالح الرئيس عبد العزيز بوتفليقة. وتمكن بلخادم أن يجري وراءه حزب جبهة التحرير الوطني ليصادق على لائحة سياسية تساند هذا المسعى، مما يسمح له بالضغط على أصدقائه في "التحالف الرئاسي" ليعلنوا من جديد عن ولائهم.

وحتى يكون موقف رئيس الحكومة أكثر صلابة، ويستطيع أن يقنع الأحزاب الأخرى ويقنع الجزائريين لمساندته، لم يبق عليه إلا أن يجيب عن بعض المسائل البسيطة لتنتقر الجماهير الشعبية في مظاهرات عارمة لمساندة مواقفه:

        ما هي المعطيات التي تغيرت اليوم مقارنة مع العهدة الأولى والثانية ليستطيع الرئيس بوتفليقة أن يحقق غدا ما فشل في تحقيقه في السنوات الماضية؟

        ما هي خطة رئيس الجمهورية لتعود البلاد إلى وضع عادي، يقوم رئيس الجمهورية بدوره في رئاسة البلاد، ويرأس مجلس الوزراء بصفة منتظمة، ويقوم الوزير الأول بدوره ليقدم برنامجه للبرلمان، وتقوم هذه المؤسسة بمناقشة القوانين مثلما يحدث في البرلمانات الحرة؟

        ماذا سيفعل رئيس الجمهورية لتتمكن الأحزاب من التفكير في برنامج سياسي وتدافع عنه بدل أن يسارع كل رئيس حزب، مباشرة بعد تعيينه، للتخلي عما يسميه برنامجا ويعلن مساندته لبرنامج رئيس الجمهورية، مع العلم أنه من المفروض أن رئيس حزب يدافع عن برنامج تم الاتفاق عليه في صفوف حزبه؟

        ماذا سيفعل الرئيس بوتفليقة ليمنع الإدارة وأجهزة الأمن من إعداد القوائم الانتخابية مكان الأحزاب ومناضليها؟

        ماذا سيفعل الرئيس بوتفليقة في عهدته الثالثة لفتح ودفع مجال النقاش حول القضايا الكبرى المتعلقة بمصير البلاد، حتى لا نجد أنفسنا مضطرين لمتابعة هذا النقاش في القنوات الأجنبية؟

        ماذا سيفعل الرئيس بوتفليقة خلال عهدته الثالثة لمنح سكان الأحياء القصديرية مسكنا لائقا، مع العلم أنه وعد بإنجاز مليون مسكن ولن يحقق نصفها؟

        ماذا سيفعل الرئيس بوتفليقة خلال العهدة الثالثة ليتمكن طلبة الجامعة من مزاولة دراساته لمدة تسعة أشهر كاملة في السنة، مع العلم أن السنة الدراسية حاليا لا تتجاوز خمسة أشهر؟

        ماذا سيفعل رئيس الجمهورية للتحكم في واردات البلاد التي بلغت 27 مليار دولار خلال سنة 2007، مع العلم أن هذه القفزة الكبرى في تهريب أموال البلاد لم تؤد لا إلى تحسين مستوى المعيشة ولا إلى ارتفاع يذكر في الاستثمار؟

        ما خطة رئيس الجمهورية للتحكم في الواردات من المواد الغذائية التي بلغت 4.5 مليار دولار، مع تبعية غير مقبولة في هذا الميدان بعد أن أصبحت البلاد عاجزة عن التحكم في الحليب والبطاطا والحبوب وغيرها؟

        ماذا سيفعل رئيس الجمهورية لتستعيد الجزائر التوازن في سوق البطاطا، مع العلم أن البلاد استطاعت أن تلبي طلب السوق الجزائرية من هذه المادة منذ عشرين سنة، قبل أن تنقلب الأوضاع ويصبح الإنتاج الوطني غير كاف؟

        ماذا سيفعل رئيس الجمهورية حتى يستطيع المواطن الجزائري أن يشاهد قنواته التلفزيونية دون أن يحس بالإهانة، ودون أن يتم الاعتداء عليه من طرف أولائك الأشخاص المتخصصين في الولاء والذين يتسابقون ليساندوا برنامج فخامته وكلام فخامته وصمت فخامته وفشل فخامته؟

إذا أجاب عبد العزيز بلخادم عن هذه الأسئلة، يصبح من السهل أن يوافق الجزائريون على فكرة تعديل الدستور وفتح المجال أمام الرئيس بوتفليقة لعدة ثالثة وحتى رابعة وخامسة. أما إذا أراد أن يستبدل دستورا لم يحترمه لا رئيس الجمهورية ولا رئيس الحكومة، بدستور جديد لن يحترمه لا هذا ولا ذاك، فهذه مغامرة أخرى، لها أغراض مختلفة، لعلها تخدم مواقع العزيزين ومصالحهما، وتضمن لهما البقاء في السلطة، لكن ليس لهذه الثرثرة أية علاقة بمصالح الجزائر ومستقبلها.

ع.ش