Coupe d’Afrique des Nations : ce qu’on n’a pas aimé

La coupe d’Afrique des Nations est
terminée. Pour l’équipe nationale algérienne, elle a surtout valu par un match,
celui contre la Côte d’Ivoire, et par son volet extra-sportif. Cette équipe a
en effet réussi à donner aux Algériens de la joie, beaucoup d’émotions, réussissant
même à devenir un symbole auquel une bonne partie du pays s’est identifiée. Ce
volet a été bien résumé par K. Selim dans le Quotidien d’Oran de dimanche 31
janvier.

Dans un pays où l’opinion est
particulièrement versatile, réunir une sorte de consensus national pendant un
mois, malgré les déboires, relève de l’exploit. L’équipe nationale de football
y est arrivé, comme en a témoigné la ferveur qui l’a accompagnée, et la
profonde émotion qui s’est emparée de la rue après l’élimination. Quel que soit
l’avenir de cette équipe, elle aura marqué son équipe, au moins autant que
celle de 1982.

Mais pour cette équipe comme pour coupe
d’Afrique des Nations, de manière générale, il y a eu de nombreux ratés, des
défaillances graves et des erreurs évidentes. Résumé en dix points des points
noirs de cette CAN, avant une coupe du monde qui s’annonce beaucoup plus
relevée, et qui se déroule pour la première fois sur le sol africain.

  1. A part les
    gardiens de but, l’équipe nationale ne compte aucun titulaire produit par
    le championnat national. Ceci montre le décalage entre le football
    algérien et celui de niveau international. Pour preuve de cette
    déconnexion entre championnat national et équipe nationale, trois journées
    de championnat ont été organisées pendant la coupe d’Afrique, sans que
    cela ne soulève de protestation en raison de l’absence de joueurs.
  2. L’équipe
    nationale s’est montrée d’une inconstance exceptionnelle. Inexistante face
    au Malawi, fébrile contre l’Egypte, sereine contre le Mali, très bonne
    contre la Côte d’Ivoire. Son entraineur, Rabah Saadane, a montré la même
    inconsistance : lucide, rationnel par moments, se laissant emporter
    par la vague d’enthousiasme à d’autres.
  3. Le gardien de
    but de l’équipe nationale Faouzi Chaouchi a effectué un seul arrêt de
    grande classe en cinq matches (contre la Cote d’Ivoire). C’est nettement
    insuffisant pour en faire un héros de cette Coupe d’Afrique des Nations,
    d’autant plus qu’il porte une responsabilité sur un ou deux buts contre le
    Malawi.
  4. La presse
    algérienne s’est « égyptianisée ». A part un moment de doute, au
    début de la compétition, elle a soutenu son équipe de manière unanime, à
    l’égyptienne. Y compris quand des défaillances graves ont été relevées.
  5. Cette manière
    de soutenir aveuglement l’équipe nationale lui permet de tenir le coup
    dans les moments difficiles, mais risque d’occulter les faits. Ainsi en
    est-il du bilan de l’équipe, qui a joué six matches, en gagné deux, perdu
    trois, pour un match nul. Avec neuf buts encaissés et quatre marqués.
  6. La CAN a donné
    lieu à une utilisation abusive, parfois illégale, de l’emblème national.
    Des entreprises ont découvert l’amour de l’Algérie, et on utilisé le
    drapeau à des fins publicitaires dans des formes interdites par la loi.
  7. Sur de
    nombreuses chaines de télévision, notamment Al-Jazzera Sports, Nessma et
    les chaines hystériques d’Egypte, on insistait sur le fait qu’une équipe
    « arabe » devait remporter la coupe d’Afrique des Nations. A tel
    point qu’à un moment donné, on avait le sentiment que la compétition
    n’opposait plus des équipes nationales, mais des arabes à des non
    arabes. Le racisme n’était pas loin.
  8. Le racisme
    n’était pas loin du tout, et certains commentaires étaient franchement
    désobligeants à la suite de décisions anachroniques de l’arbitre béninois
    Coffi Kodjia, chargé de diriger le match le plus délicat de la
    compétition, Algérie-Egypte. La compétition avait d’ailleurs démarré sous
    de mauvais auspices, avec  des
    débordements de chauvinisme rarement égalés. Les commentateurs égyptiens
    ont montré un talent exceptionnel dans ce domaine. Visiblement, personne
    ne pourra jamais les battre.
  9. La sanction
    prise contre le Togo était absurde. Interdire à ce pays de participer aux
    deux prochaines éditions de la coupe d’Afrique des Nations pour s’être
    retiré de celle de 2010 est un non sens. Invoquer les interférences
    gouvernementales pour justifier cette décision est valable en situation
    normale. Mais avancer de tels arguments devient stupide quand l’équipe se
    fait mitrailler, et que la délégation togolaise déplore deux morts et des
    blessés.
  10. Les critiques
    contre la CAF, même justifiées, manquent de sincérité. Elles donnent
    l’impression de servir d’alibi pour justifier certains échecs. Car ces
    critiques sont connues, et entendues après chaque compétition. Mais elles
    n’ont jamais donné lieu à un vrai travail de réflexion pour entamer une
    véritable action, concertée avec d’autres pays, pour y remédier.

 

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