Les effets de manche de Ouyahia dans la conjoncture 2010 !

cet article n’est pas le mien. Il devait être publié lundi 15 mars mais un journal l’a refusé. Devinez qui est le journaliste?

 Le premier ministre est un très mauvais chef d’entreprise. Dans un système d’évaluation normale, il serait démissionné par son conseil d’administration et sans doute poursuivi par ses actionnaires. Trois raisons : les dizaines de millions d’heures de travail perdues sans raison ; les centaines de millions de dollars de pots de vins touchés dans les ministères de la république, les milliards de dollars du flux d’affaires gâchés avec les partenaires étrangers.

Tout cela sous son mandat. Aucun actionnaire dans le monde n’accepterait de voir ainsi gérer son patrimoine. Les Algériens non plus. En tant que contribuables, ils sont dans la situation de l’actionnaire. Mais ne peuvent rien. Les journées de travail ? C’est un retard dans l’élaboration du régime indemnitaire de l’éducation nationale qui a conduit à la reprise de la grève des enseignants en février. En octobre, l’accord de reprise des cours prévoyait la mise en application du nouveau régime dès le début de 2010. Le département de Benbouzid n’a pas tenu le délai. Le premier ministre a couvert. Conséquence : deux semaines et demie supplémentaires de grève nationale.

Même scénario dans le corps de la santé, où le ministre ne s’est même pas encore engagé sur un accord et un calendrier pour les nouveaux statuts de métiers. Le gouvernement ne travaille pas. Et les fonctionnaires occupent la rue. Les médecins ont été molestés devant le palais présidentiel mercredi dernier. Dans une autre république, l’employeur qui laisse ainsi « déborder » un conflit social – celui des médecins est vieux de trois mois – est rappelé à l’ordre par la loi. Le premier ministre est un employeur « crisogène ». Il produit de la crise. Ainsi, peut-on apprendre au détour d’un autre mouvement social, que l’ENRS, la radio nationale, emploie 900 journalistes au noir. Et diffuse les mises en garde des ministres sur le respect de la loi.

Comment fini un chef d’entreprise qui ne peut pas protéger les actifs qu’il gère ? La maison Algérie a tout acheté plus cher ces dernières années, parce que les donneurs d’ordre : Amar Ghoul dans l’autoroute est-ouest ; Chakib Khelil dans les transactions de BRC ou dans le contrat Saipem de canalisation, ont accepté l’inacceptable. Contre des pots de vins ? La justice ne le dira pas. Nous savons depuis le procès Khalifa, qu’un ministre en fonction n’est pas justiciable en Algérie.

Le gouvernement que dirige Ahmed Ouyahia est le plus gangrené par la corruption depuis l’indépendance. Ce qui ne donne évidemment que plus de crédit au discours actuel sur la souveraineté économique. Les opportunités de croissance ? L’Algérie est le pays de la zone méditerranée qui a capté le moins de capitaux étrangers par tête d’habitant : 266 dollars. Seule la Palestine a fait pire.

Le premier ministre en est fier. Il a interdi l’investissement direct étranger majoritaire, le crédit à la consommation, le financement des investissements par endettement extérieur, le paiement des importations autrement que par crédit documentaire : et il vend ce chapelet d’interdits comme politique économique. Il a même interdit l’exportation des pâtes alimentaires algériennes – c’est le ministre du commerce qui l’a fait savoir, mais tout le monde sait que c’est le premier ministre qui décide – sous prétexte qu’elles contiennent en partie des blés durs subventionnés par l’Etat. Les professionnels sont cassés. Ils ont mis des années à gagner des parts de marchés en Afrique et voilà que parce que le gouvernement ne sait pas quantifier la part de son soutien à l’exportation – pour la récupérer après coup-, il interdit tout simplement l’exportation.

Le cycle de Doha de l’OMC est bloqué depuis des années parce que des Etats puissants ne veulent pas renoncer à subventionner leurs exportations agricoles. La Maison Algérie s’interdit à elle-même, toute seule, sans même être dans l’OMC. L’Algérie refuse des crédits multilatéraux à taux quasi nul pour le financement de projets d’infrastructures. Pourquoi ? Parce qu’elle est souveraine et qu’elle a choisi de se désendetter par anticipation et ne plus recourir à l’endettement ? Peut être parce que son management veut organiser un huis clos autour des grands projets d’infrastructure. Corruption.

Les effets de manche de Ahmed Ouyahia au détour d’une réunion du RND sont devenus très pesants dans la conjoncture algérienne de mars 2010. La fonction publique est dans la rue, mais l’ennemi est désigné. C’est l’Egyptien Orascom Télécom. Ahmed Ouyahia lui a bravement rappelé le droit de préemption de l’Etat en cas de cession de parts de capital. Une estimation américaine situe à 6 milliards de dollars le prix de marché de Djezzy. Ouyahia veut il en acheter une partie avec l’argent du contribuable ? L’assemblée générale d’actionnaires la plus contrôlée au monde aurait fait un sort depuis longtemps à un tel manager !

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