Signaux contradictoires

Les entreprises étrangères ne sont pas logées à la même enseigne. Normal : on ne peut même sur un pied d’égalité ceux qui produisent de l’acier et ceux qui vendent des mots.

Par Abed Charef

Le capital étranger n’est pas le bienvenu en Algérie. C’est le sentiment qui dominait dans les milieux d’affaires depuis un an, avec les fameuses règles définies par le premier ministre Ahmed Ouyahia pour imposer une participation algérienne dans les investissements étrangers. Depuis, le gouvernement a mis en place, pas à pas, une série de procédures dont la cohérence était évidente. Elles ont abouti à un dispositif qui rend l’investissement étranger difficile, voire impossible.

Les rapports des ambassades étrangères foisonnaient d’indications en ce sens. Dans les séminaires et colloques, tous les intervenants y allaient de leur tirade sur le sujet. FMI et Banque Mondiale s’en mêlaient à leur tour, notant que le climat des affaires se dégradait en Algérie à la suite de ces mesures.

 Les déboires de l’Egyptien Orascom semblaient conforter cette tendance. Important redressement fiscal, lourdes pénalités de retard, découverte de nouvelles dettes envers les impôts, tout semblait indiquer que l’entreprise étrangère la plus connue en Algérie était victime du « nationalisme économique » que le gouvernement venait de redécouvrir.

Les spécialistes avançaient même une nouvelle piste : non seulement l’investissement étranger n’était plus le bienvenu, mais l’Algérie était saisie par une nouvelle tentation, celle de « nationaliser » en douceur certaines entreprises étrangères. Après des années de libéralisme outrancier, mené par le duo Abdelhamid Temmar – Chakib Khelil, le pays voulait reprendre la main et faire main basse sur tout ce qu’il serait possible de récupérer.

De nombreuses explications étaient avancées pour justifier cette volte-face. Un noyau dur au sein du pouvoir s’opposait depuis longtemps au libéralisme en vigueur depuis une décennie, et il avait fini par obtenir gain de cause, en raison notamment de la faiblesse des résultats du choix libéral, disait-on. D’autres estimaient que le pouvoir ne s’était jamais converti au libéralisme, et que seules les difficultés financières des années précédentes avaient poussé les autorités à accepter, du bout des lèvres, les recettes libérales du FMI.

Un troisième courant affirmait que l’Algérie redécouvrait l’étatisme parce que ses managers se savent pas faire autre chose : ne sachant pas quoi faire de l’excédent financier réalisé grâce à la flambée des prix des hydrocarbures, les bureaucrates algériens auraient choisi de racheter les entreprises qu’ils n’avaient pas su créer ! C’est dans cette logique qu’ils auraient décidé de mettre la pression sur Orascom Algérie, pour la racheter au meilleur prix possible, tout en dissuadant le géant sud-Africain MTN de se porter acquéreur.

Dans cette logique, la crise vécue la semaine dernière au complexe d’El-Hadjar était suivie avec une extrême attention par tous les partenaires intéressés par le marché algérien. Une grève générale était déclenchée par un syndicat qui avait tout l’air de verser plus dans l’activisme politique que dans le syndicalisme. Le mouvement de protestation semblait avoir une certaine envergure, car largement suivi par les cinq mille travailleurs du complexe. Le dénouement allait-il conforter ce regain d’étatisme, ou bien les autorités algériennes allaient-elles faire preuve de souplesse pour ne pas décourager définitivement les entreprises étrangères ? Le test était important.

Le résultat a été déconcertant. Non seulement le dénouement s’est fait dans un sens favorable au géant Arcelor Mittal, mais tout laisse indiquer que les autorités ont pesé de tout leur poids pour aller rapidement à un dénouement. Le chef du syndicat local, Smaïl Kouadria, a été désavoué par sa hiérarchie, et poussé à la démission, malgré ses cinq mille travailleurs en grève. Abdelmadjid Sidi Saïd, connu pour sa docilité, est lui-même intervenu pour disqualifier la grève. Dans l’intervalle, la justice s’était prononcée avec sa célérité habituelle pour déclarer la grève illégale.

Faut-il voir dans cette issue de la grève d’El-Hadjar un nouveau signal contredisant les orientations antérieures? Un spécialiste du dossier appelle à la prudence. Pour lui, « El-Hadjar est ingérable », et les autorités « préfèrent s’en décharger au profit d’Arcelor Mittal », quitte à lui donner un coup de pouce occasionnel. Par contre, les entreprises considérées comme de machines à sous, comme celle de la téléphonie mobile, et celles disposant d’un marché inépuisable, comme les cimenteries, risquent de rester sous pression, au moins jusqu’à ce que le gouvernement définisse une nouvelle doctrine et de nouveaux choix économiques.

Le dénouement de la crise d’El-Hadjar n’a donc pas de signification particulière pour le long terme. Ce n’est pas un indicateur fiable de l’attitude du gouvernement envers les entreprises étrangères. Celles-ci souhaitaient un peu de visibilité. Ce n’est visiblement pas avec M. Ouyahia qu’ils en auront. Avec cette nuance : M. Ouyahia pense que cette opacité est une stratégie. Il s’agit simplement d’indécision.

الظلام لا يزعج الأعمى

عابد شارف

الاستثمار الأجنبي غير مرغوب فيه في الجزائر: هذا هو الانطباع الذي كان يسود في البلاد منذ سنة، بعد القرارات التي اتخذها الوزير الأول أحمد أويحيى ليفرض مشاركة جزائرية في كل استثمار أجنبي. ومنذ ذلك الوقت، اتخذت الحكومة سلسلة من التدابير التي كانت تهدف كلها إلى إثارة وضع يجعل الاستثمار الأجنبي أمرا صعبا إن لم يكن مستحيلا.

وتكلم في الموضوع كل من يهمهم الأمر، سواء كانوا أصحاب ثروة أو دبلوماسيين أو خبراء. وتدخل صندوق النقد الدولي ليقول أن تلك التدابير زادت في تدهور الجو الاقتصادي في الجزائر، في حين قضت السفارات الأجنبية في الجزائر وقتا طويلا لمحاولة فهم تلك التدابير وأسبابها وأهدافها.

وتزامنت تلك التدابير مع الصعوبات التي واجهتها الشركة المصرية ‘أوراسكوم". فبعد مرحلة كانت "أوراسكوم" مدللة السلطات الجزائرية والفريق الوطني لكرة القدم، اكتشفت الإدارة الجزائرية أن الشركة المصرية لم تدفع ما عليها من الضرائب، و أجبرتها إلى تسديد … إضافة إلى كل الضرائب السابقة، فاضطرت أوراسكوم إلى دفع 580 مليون دولار في ظرف قصير جدا.

وقال الخبراء يومها أن الجزائر فامت بتلك الخطوة في إطار "الوطنية الاقتصادية" التي تبناها الرئيس عبد العزيز بوتفليقة وقام بتطبيقها الوزير الأول أحمد أويحيى. وقال البعض أن الجزائر لن تكتفي بمنع الاستثمار الأجنبي من دخول البلاد، بل أنها ستذهب إلى أبعد من ذلك لتحاول أن تستولي على المؤسسات التي سبق لها وأن استقرت في البلاد.

وجاء سياسيون بعدهم ليشرحوا ما يحدث. فقال البعض أن الجزائر لم تقبل أبدا الانفتاح الاقتصادي، وأن كل ما قامت به في هذا الاتجاه كان نتيجة للصعوبات التي عاشت ها البلاد في التسعينات، مما دفعها إلى تطبيق بعض توجيهات صندوق النقد الدولي. وقال آخرون أن هناك كتلة في السلطة كانت معارضة لليبرالية الاقتصادية، لكنها كانت في موقع ضعف. وتكون هذه الكتلة قد عادت بقوة لتفرض نفيها كما يدل على ذلك تراجع رموز الليبرالية من أمثال شكيب خليل وعبد الحميد تمار. وقالت تيار ثالث أن الجزائر تريد العودة إلى افتصاد الدولة لأن المسيرين الجزائريين لا يعرفون شيء آخر. إنهم يعيشون في عالم بيروقراطي لا يعرف كيف يتعامل مع السوق، كما أن هذه البيروقراطية تخشى أن تضيع منها السلطة إلى اصبح السوق سائدا في البلاد. ولذلك قررت البيروقراطية منع الاستثمار الأجنبي وحاولت الاستيلاء على الشركات الأجنبية الموجودة في البلاد، علما أن المؤسسات الجزائرية لا تعيش إلا بفضل مزايا البيروقراطية. ومن هنا جاءت مثلا محاولة شراء شركة "أوراسكوم الجزائر" ومنع شركة "أم تي أن" MTN من جنوب إفريقيا أن تتفاوض لشرائها.

وفي هذا الوضع جاء إضراب الحجار الأسبوع الماضي. وكان الكل يتابع مجريات الأزمة التي شنها ما يقارب خمسة آلاف عامل احتجاجا على الإدارة التي عينتها شركة "أرسيلور ميطال" Arcelor Mittal. وكان الكل ينتظر كيف تتصرف السلطات الجزائرية تجاه الأزمة: هل يتترك العمال يفرضون موقفهم، مما يوحي أن السلطات الجزائرية لا ترغب في بقاء "أرسيلور ميطال"، أم أنها ستدفع نحو انفراج يرضي الشركة الهندية ويعطي ضمانات للشركاء الأجانب؟ وكان الجميع يعتبر أن الامتحان مهم جدا.

وجاء الجواب على صيغة لم يكن ينتظرها أحد. وقد قال أحد متتبعي الأزمة أن الإدارة لم تكتف بإرضاء "أرسيلور ميطال"، بل جندت كل آلياتها من أجل ذلك. وقد دفعت زعيم نقابة الحجار إلى الاستقالة، وجندت عبد المجيد سيدي سعيد ليضع حدا للإضراب، كما قامت العدالة بإصدار حكم يفتي بعدم شرعية الإضراب… وجاء هذا الانفراج لصالح الاستثمار الأجنبي، وكأن الحكومة تريد تصحيح أخطاء الماضي تجاه الاستثمار الأجنبي.

لكن الأمور أكثر تعقيدا كما يقول أحد متتبعي الملف. ويرى هذا الخبير أن الحكومة تريد التخلص من مركب الحجار لأن تسييره معقد، ولذلك فإن التعامل معه يختلف عن باقي المؤسسات. ويبقى الغموض يسود مصير الاستثمار الأجنبي، ويبدو أن هذا الغموض يشكل العنصر الأساسي في استراتيجية الحكومة الجزائرية… ومعروف أن الغموض لا يزعج الأعمى…

Les grands marquent leurs territoires

Par Abed Charef

Autant la première phase de la coupe du monde a offert de surprises, autant ce début de seconde phase a imposé un respect strict de la hiérarchie traditionnelle du monde du football. Les huitièmes de finales ont donc rétabli la domination des valeurs sûres, avec un retour des gros bras traditionnels de la compétition. Aucun élément de surprise n’a pu se manifester, et le hasard a été banni. Les principaux favoris sont bien présents, montrant leurs muscles et affichant clairement leurs prétentions.

La France et l’Italie ont été les principales victimes du premier tour. La première a payé les erreurs de son entraineur, la faiblesse de son collectif, mais surtout le coup d’état monté en sous-main par les grands clubs professionnels, qui ont parfaitement utilisé le poids médiatique de la génération qui a remporté la coupe du monde 1998 pour prendre le pouvoir au sein du football français.

Curieusement, la France apparaissait comme un pays en retard par rapport aux autres grands pays européens : le football y était encore géré par un amateur, et l’argent n’était pas encore la valeur fondamentale dominant ce sport. Le football amateur restait largement répandu, et bénéficiait de mannes financières importantes. Depuis l’avènement de Nicolas Sarkozy, cette situation était devenue franchement anachronique. Elle ne pouvait plus durer.

L’Italie a, quant à elle, vécu un phénomène classique après une grande victoire. Elle ne s’est pas remise en cause, pensant que les héros d’hier pouvaient constituer une force éternelle. Le résultat a été implacable : le héros de 2006, Canavarro, élu footballeur de l’année après la victoire de l’Italie en coupe du monde, a été le joueur le plus faible de l’équipe en 2010.

Une fois la France et l’Espagne sorties de la compétition, les choses sont revenues à la normale. Aucun des autres favoris n’a flanché. Brésil, Allemagne, Argentine et Espagne ont été au rendez-vous.  Ces quatre équipes se sont montrées impressionnantes, montrant qu’elles étaient un cran au-dessus. Elles ont clairement marqué leur territoire. Elles ont imposé leur rythme, leur jeu et leur force à des adversaires parfois brillants, mais incapables de rivaliser avec elles. Ce fut le cas du Chili par exemple, qui a aligné une équipe flamboyante, mais qui ne pouvait supporter la comparaison avec le Brésil.

Faut-il se plaindre de ce retour en force des grades équipes ? Oui, disent les uns, car cette évolution élimine le facteur surprise, qui constitue l’un des principaux attraits du football. En outre, face à ces géants, toutes les autres équipes jouent pour ne pas perdre, ou pour limiter les dégâts, ce qui enlève au jeu sa fantaisie et son aspect spectaculaire.

Mais d’un autre côté, on peut se réjouir de la présence des gros bras dans cette ultime phase de la coupe du monde. Car cela signifie que les meilleures équipes du ponde sont au rendez-vous, qu’on va retrouver les grands entraineurs, les grands joueurs et les grandes équipes, ce qui constitue la première garantie d’un bon spectacle.

Bien que la supériorité de ces équipes réside en premier dans le réservoir de joueurs dont elles disposent, on ne peut occulter le travail et l’organisation qui font leur force. Contrairement à d’autres, ces pays ont réussi à préserver leur équipe nationale, qui n’ pas été avalée par les ambitions leurs grands clubs. En outre, Messi et David Villa sont, certes, de grands joueurs, mais leur carrière doit autant à leur talent qu’au système qui leur permet de de s’entrainer, de progresser et de briller. A l’inverse de Drgoba, Etoo et Rooney, qui ont raté leur coupe du monde parce qu’ils évoluent dans des systèmes différents. Soient ils vivotent dans des systèmes fragiles, soit leur équipe nationale est reléguée au second plan par le système imposé par les clubs.

Et l’Algérie dans tout ça ? Elle n’a été ni une révélation, ni une déception. Une équipe sans âme. A l’image de son entraineur.

الظلام لا يزعج الأعمى

عابد شارف

الاستثمار الأجنبي غير مرغوب فيه في الجزائر: هذا هو الانطباع الذي كان يسود في البلاد منذ سنة، بعد القرارات التي اتخذها الوزير الأول أحمد أويحيى ليفرض مشاركة جزائرية في كل استثمار أجنبي. ومنذ ذلك الوقت، اتخذت الحكومة سلسلة من التدابير التي كانت تهدف كلها إلى إثارة وضع يجعل الاستثمار الأجنبي أمرا صعبا إن لم يكن مستحيلا.

وتكلم في الموضوع كل من يهمهم الأمر، سواء كانوا أصحاب ثروة أو دبلوماسيين أو خبراء. وتدخل صندوق النقد الدولي ليقول أن تلك التدابير زادت في تدهور الجو الاقتصادي في الجزائر، في حين قضت السفارات الأجنبية في الجزائر وقتا طويلا لمحاولة فهم تلك التدابير وأسبابها وأهدافها.

وتزامنت تلك التدابير مع الصعوبات التي واجهتها الشركة المصرية ‘أوراسكوم". فبعد مرحلة كانت "أوراسكوم" مدللة السلطات الجزائرية والفريق الوطني لكرة القدم، اكتشفت الإدارة الجزائرية أن الشركة المصرية لم تدفع ما عليها من الضرائب، و أجبرتها إلى تسديد … إضافة إلى كل الضرائب السابقة، فاضطرت أوراسكوم إلى دفع 580 مليون دولار في ظرف قصير جدا.

وقال الخبراء يومها أن الجزائر فامت بتلك الخطوة في إطار "الوطنية الاقتصادية" التي تبناها الرئيس عبد العزيز بوتفليقة وقام بتطبيقها الوزير الأول أحمد أويحيى. وقال البعض أن الجزائر لن تكتفي بمنع الاستثمار الأجنبي من دخول البلاد، بل أنها ستذهب إلى أبعد من ذلك لتحاول أن تستولي على المؤسسات التي سبق لها وأن استقرت في البلاد.

وجاء سياسيون بعدهم ليشرحوا ما يحدث. فقال البعض أن الجزائر لم تقبل أبدا الانفتاح الاقتصادي، وأن كل ما قامت به في هذا الاتجاه كان نتيجة للصعوبات التي عاشت ها البلاد في التسعينات، مما دفعها إلى تطبيق بعض توجيهات صندوق النقد الدولي. وقال آخرون أن هناك كتلة في السلطة كانت معارضة لليبرالية الاقتصادية، لكنها كانت في موقع ضعف. وتكون هذه الكتلة قد عادت بقوة لتفرض نفيها كما يدل على ذلك تراجع رموز الليبرالية من أمثال شكيب خليل وعبد الحميد تمار. وقالت تيار ثالث أن الجزائر تريد العودة إلى افتصاد الدولة لأن المسيرين الجزائريين لا يعرفون شيء آخر. إنهم يعيشون في عالم بيروقراطي لا يعرف كيف يتعامل مع السوق، كما أن هذه البيروقراطية تخشى أن تضيع منها السلطة إلى اصبح السوق سائدا في البلاد. ولذلك قررت البيروقراطية منع الاستثمار الأجنبي وحاولت الاستيلاء على الشركات الأجنبية الموجودة في البلاد، علما أن المؤسسات الجزائرية لا تعيش إلا بفضل مزايا البيروقراطية. ومن هنا جاءت مثلا محاولة شراء شركة "أوراسكوم الجزائر" ومنع شركة "أم تي أن" MTN من جنوب إفريقيا أن تتفاوض لشرائها.

وفي هذا الوضع جاء إضراب الحجار الأسبوع الماضي. وكان الكل يتابع مجريات الأزمة التي شنها ما يقارب خمسة آلاف عامل احتجاجا على الإدارة التي عينتها شركة "أرسيلور ميطال" Arcelor Mittal. وكان الكل ينتظر كيف تتصرف السلطات الجزائرية تجاه الأزمة: هل يتترك العمال يفرضون موقفهم، مما يوحي أن السلطات الجزائرية لا ترغب في بقاء "أرسيلور ميطال"، أم أنها ستدفع نحو انفراج يرضي الشركة الهندية ويعطي ضمانات للشركاء الأجانب؟ وكان الجميع يعتبر أن الامتحان مهم جدا.

وجاء الجواب على صيغة لم يكن ينتظرها أحد. وقد قال أحد متتبعي الأزمة أن الإدارة لم تكتف بإرضاء "أرسيلور ميطال"، بل جندت كل آلياتها من أجل ذلك. وقد دفعت زعيم نقابة الحجار إلى الاستقالة، وجندت عبد المجيد سيدي سعيد ليضع حدا للإضراب، كما قامت العدالة بإصدار حكم يفتي بعدم شرعية الإضراب… وجاء هذا الانفراج لصالح الاستثمار الأجنبي، وكأن الحكومة تريد تصحيح أخطاء الماضي تجاه الاستثمار الأجنبي.

لكن الأمور أكثر تعقيدا كما يقول أحد متتبعي الملف. ويرى هذا الخبير أن الحكومة تريد التخلص من مركب الحجار لأن تسييره معقد، ولذلك فإن التعامل معه يختلف عن باقي المؤسسات. ويبقى الغموض يسود مصير الاستثمار الأجنبي، ويبدو أن هذا الغموض يشكل العنصر الأساسي في استراتيجية الحكومة الجزائرية… ومعروف أن الغموض لا يزعج الأعمى…

Une prière pour Saadane

Par Abed Charef

 S’il fallait juger Rabah Saadane sur le contrat qu’il a passé avec la FAF au moment de prendre en charge l’équipe nationale, il y a deux ans, il aurait droit à tous les éloges. Il serait même raisonnable de lui ériger une statue, et de le consacrer définitivement comme le « cheikh » qui a réussi l’exploit de bâtir une équipe compétitive en très peu de temps.

Mais s’il faut le juger par rapport aux formidables attentes que l’équipe nationale a suscitées au sein de l’opinion, Saadane serait certainement très critiqué. Il lui serait reproché d’avoir bridé une équipe, d’avoir commis des erreurs de débutant qui ont coûté à l’équipe nationale des résultats très mitigés.

Quelques rappels d’abord. Lors de sa nomination pour diriger l’équipe nationale, Saadane avait déclaré que « la coupe du monde n’est pas un objectif ». Ses mots ne laissent place à aucune ambiguïté. La FAF l’avait désigné pour assurer la qualification en coupe d’Afrique des Nations, non pour disputer une coupe du monde. C’est dire que l’équipe nationale était au fond du trou il y a deux ans : aller à la phase finale de la coupe d’Afrique des Nations apparaissait alors comme un objectif très important !

Il est vrai que Saadane partait de zéro. L’équipe nationale avait vécu plusieurs naufrages, en vivotant dans un système de compétition et d’organisation primaires. Mais le potentiel était là. Il suffisait seulement de le mettre en ordre de bataille pour atteindre un certain niveau. Saadane l’a très bien compris.

Dès le départ, il a fait le bon choix : il est sorti des vieilles pistes qui menaient à l’échec. Au lieu de chercher désespérément des joueurs au sein d’un championnat faussé par les combines et le bricolage, il a opté pour des joueurs évoluant dans des championnats compétitifs. Le résultat a été immédiat. Non seulement l’équipe nationale se qualifiait pour la coupe d’Afrique, mais elle offrait un immense cadeau au pays, en se qualifiant pour la coupe du monde. Saadane devenait un héros national.

Malheureusement pour lui, la foule n’a pas de mémoire. Elle se contente du moment présent. Elle se fixe sur des éléments irrationnels. Elle veut que son équipe gagne tout et tout de suite. Elle ne peut comprendre qu’un entraîneur peut être pragmatique, méthodique, et envisager la progression de son équipe sur dix ans.

Le résultat est étrange. Le héros national de Khartoum ne fait plus l’unanimité. Il est même décrié par certains cercles qui veulent imposer leur candidat. Mais dans le même temps, il n’y a pas de vrai consensus pour demander son départ. On ne sait ce que réserve l’inconnu. Et Saadane est si rassurant !

Il est tellement rassurant que lui-même ne sait pas vraiment s’il a envie de rester ou non. Certes, il a laissé entendre qu’il voulait raccrocher, mais il parait évident que l’homme ne demande qu’à se laisser convaincre. Il suffit visiblement d’insister pour qu’il reste. Il a juste besoin de se faire prier. C’est sa nature. Il ne sait pas dire non. Il accepte tout. Il est prêt à faire beaucoup de sacrifices pour l’équipe nationale. Y compris s’accrocher à ce poste qui lui a offert gloire et fortune. Son ami, Hadj Mohamed Raouraoua, le sait.

De plus, Saadane sait qu’il peut manœuvrer. Son équipe a une marge de progression importante. La qualification pour la prochaine coupe d’Afrique ne semble pas poser de problème. Il peut même déclarer que la coupe d’Afrique est une étape test, et non l’objectif final. Celui-ci  est plus élevé. Il faudra se qualifier pour le Brésil, en 2014, et faire en sorte que l’équipe nationale puisse obtenir au moins trois points en phase finale de coupe du monde. En deçà, ce sera un échec. Mais 2014, c’est si loin !

Le match le plus long

Par Abed Charef

Pas de répit pour Rabah Saadane. L’entraîneur de l’équipe nationale vit à un rythme infernal. Il joue sa tête à chaque match. L’implacable loi du sport le contraint à remettre en jeu sa crédibilité au rythme des compétitions, passant, du jour au lendemain, et selon le résultat obtenu, du statut d’idole à celui d’homme incompétent et détesté.

Saadane connaît bien ce mouvement du balancier. Cela fait trente ans qu’il use le banc de touche, tantôt porté aux nues, tantôt trainé dans la boue. Il connaît le retour difficile après la défaite, les voyages longs et épuisants après un nul chanceux, et les frustrations après un match perdu à cause d’une erreur d’arbitrage, d’un moment de déconcentration ou un mauvais rebond.

Ce genre d’épreuve finit, normalement, par blinder le personnage. Il acquiert des réflexes, une manière de se comporter bien particulière. Il s’habitue notamment aux écrits farfelus de la presse, apprend à répondre patiemment cent fois à la même question, comme il apprend à gérer les défaillances de ses joueurs, leur colère ou leur coup de gueule.

Toute cette expérience accumulée  risque cependant d’être insuffisante cette fois-ci. Car Rabah Saadane se prépare, avec le match contre les Etats-Unis, à une sortie qui risque fort d’être définitive. En raison de son âge, de son itinéraire personnel, et de l’environnement dans lequel il travaille.

Car au moment d’aborder cette rencontre, l’entraineur de l’équipe nationale sait qu’une victoire le propulserait au second tour, le consacrant définitivement comme l’Entraineur du siècle. Son aura risque même de dépasser celle de joueurs qui ont une histoire fabuleuse, comme Lakhdar Belloumi, Rabah Madjer ou Rachid Mekhloufi.

Par contre, une défaite ou un match nul signifierait une élimination de l’équipe nationale, et une fin de carrière en queue de poisson pour Rabah Saadane. Celui-ci pourrait bien décrocher un dernier contrat doré dans un pays du Golfe, mais si l’équipe nationale ne se qualifie pas au second tour, il semble hors de question de le trouver au plus haut niveau dans quatre ans.

Cette carrière qui se joue à pile ou face, Saadane l’a trainée toute sa vie. Pourtant, lui-même n’a guère un tempérament de joueur. Il serait même totalement à l’opposé. Il est plutôt pragmatique, pondéré, et il a plutôt tendance à avancer par petits pas, opérant les changements par petites touches, comme s’il avait horreur de heurter les gens.

Cette discrétion se reflète parfaitement dans la méthode utilisée par Saadane pour opérer des changements essentiels au sein de l’équipe nationale depuis un an, et dont on ne s’est rendu compte qu’après coup. Ces changements ont concerné trois joueurs essentiels, jouant dans l’axe, dont deux capitaines d’équipe !

A partir du match de Khartoum, Saadane a poussé vers la sortie son capitaine, Rafik Saïfi. En six mois, celui-ci n’était même plus remplaçant. Celui qui avait hérité du brassard de capitaine, Yazid Mansouri, a lui aussi été progressivement écadrté. Enfin, au poste de gardien de but, Saadane a choisi Mbolhi plutôt que l’idole Fawzi Chaouchi lors du dernier match face à l’Angleterre. En six mois, Chaouchi est passé du statut de remplaçant puis à celui de titulaire indiscutable avant de redevenir remplaçant ! En plus de de tous ces changements, Saadane a choisi d’exclure tout un groupe de joueurs qui avaient fait la coupe d’Afrique des Nations, au début de l’année.

En procédant ainsi, Saadane veut éviter de heurter les joueurs et le public. Il ne fait plus preuve de pragmatisme, mais d’attentisme. Il n’anticipe pas ; il colmate les brèches. Ce qui l’oblige en fin de compte à prendre des risques inconsidérés. Ainsi est-il parti à la recherche de nouveaux joueurs trois mois avant la coupe du monde, alors que toutes les équipes qualifiées étaient en phase finale de préparation. Et quand il a trouvé ces joueurs, il ne les a mêmes pas essayés dans les matches de préparation, pour finalement les titulariser en coupe du monde ! C’est un coup de poker tenté sous la pression des évènements, totalement opposé au tempérament de Rabah Saadane. Et qui l’amène à jouer sa fin de carrière sur un match, celui de ce mercredi, le match le plus long de sa carrière.

L’arbre ghanéen

Par Abed Charef

Samuel Etoo est un  homme de caractère. Le footballeur camerounais, un des meilleurs attaquants au monde, l’a montré l’an dernier, en décidant de quitter l’Espagne, après avoir fait l’objet de comportements racistes de la part des supporters. Alors qu’il venait de remporter la Champion’s League avec Barcelone, et que tout semblait lui sourire, il a décidé de partir en Italie où, là encore, il a remporté le titre européen avec l’Inter de Milan, éliminant, au passage, son ancien club.

Malgré ces succès, Etoo est aujourd’hui amer. Il n’a pas réussi à tirer l’équipe nationale du Cameroun vers le haut. La participation des Camerounais au Mondial sud-africain a même été lamentable, avec trois défaites en trois matches, malgré deux bus de Etoo.

Didier Drogba a, lui aussi, marqué en coupe du monde. Mais là encore, c’était insuffisant pour passer au second tour. La Côte d’Ivoire n’a battu que l’énigmatique Corée du Nord. Malgré un effectif très riche, avec une pléiade de joueurs évoluant dans les plus grands clubs du monde, les Ivoiriens ont échoué. Avec toutefois des circonstances atténuants, car ils étaient  dans le groupe le plus difficile de la coupe du monde.

L’Algérie, elle, était dans le groupe le plus faible. Les Etats-Unis et l’Angleterre, qui se sont qualifiés au second tour, ont été éliminés dès les huitièmes de finale. L’Algérie n’a pourtant récolté qu’un seul point. L’Afrique du Sud a fait un peu mieux, en réussissant à battre la France, mais cela ne fait guère illusion : c’est la première fois dans l’histoire de la coupe du monde que le pays organisateur ne passe par le premier tour.

Quant au Nigéria, il constitue, depuis longtemps, la déception classique à chaque coupe du monde. C’est le pays africain qui dispose des plus grandes potentialités, mais à l’exception de 1994, il n’a jamais réussi à présenter une équipe compétitive en phase finale de coupe du monde.

Ce bilan sommaire de la participation africaine au Mondial confirme une tendance qui ne peut être occultée. La participation africaine est un échec. Elle l’est doublement quand on rappelle que la compétition est organisée en terre africaine, et que le monde entier était en droit d’attendre que 2010 soit l’année du football du continent noir.

L’arbre ghanéen ne peut cacher cette forêt de l’échec continental. Un échec qui sera longuement analysé, mais on peut, d’ores et déjà, l‘imputer à deux facteurs principaux. Le premier concerne l’absence d’institutions sportives viables dans la plupart des pays africains. Les fédérations du Cameroun et du Nigéria en constituent l’exemple le plus édifiant. Ministres, hauts responsables, généraux, anciens joueurs, tout le monde se mêle des affaires de l’équipe nationale, avec cette absurde prétention de la gérer, selon les humeurs des uns et des autres. Le Cameroun a changé d’entraineur à six mois de la coupe du monde. Comment, dans ce cas, aspirer à de bons résultats ?

Le second facteur, lié au premier, concerne le comportement des footballeurs africains eux-mêmes. Ceux-ci acquièrent un comportement rationnel, rigoureux, dans leurs clubs respectifs en Europe, mais une fois de retour en équipe nationale, ils abandonnent cette culture pour agir de manière destructive, souvent poussés par des rivalités internes et un environnement immature.

Samuel Etoo en offre l’exemple le plus édifiant. Lui qui a réussi à s’intégrer au collectif de Gardiola à Barcelone, puis à se plier aux consignes totalement différentes de José Mourinho à l’Inter de Milan, est redevenu un joueur capricieux en équipe nationale. A la veille de la compétition, il a déclenché une guerre des clans au sein de l’équipe, avant de menacer publiquement son entraineur Paul Le Guen entre deux matches de coupe du monde. Le résultat est sans appel : le bilan d’Etoo en coupe du monde est lamentable. De plus, c’était probablement sa dernière participation à cette compétition.

Seul le Ghana a survécu à ce naufrage. Peut-être parce que l’équipe a moins de stars. Que Michael Essien, un des meilleurs footballeurs au monde, était absent de la compétition. Drogba et Etoo, eux, étaient présents. Faut-il trouver dans la présence et l’influence de joueurs célèbres un autre handicap pour les équipes africaines ?

Coup d’état à Clairefontaine

Par Abed Charef

Le putsch fut sanglant. Les cadavres des joueurs de l’équipe de France furent jetés dans une décharge. Celui de Nicolas Anelka a été pendu à l’entrée de la ville, et celui de Raymond Domenech, abandonné aux chiens, n’a trouvé aucune âme charitable pour lui donner une sépulture décente. La foule, hystérique, l’a trainé dans les rues pendant des jours entiers, avant de le jeter dans un fossé. Les gens passaient à côté, lui crachaient dessus, ou lui réservaient, au mieux, un regard indifférent. Jusqu’à ce qu’il soit dévoré par les chiens.

Cette hystérie qui s’est emparée de toute la France a étonné le monde. Comment une défaite sportive s’est-elle transformée en un drame national, puis en une déroute politique et une affaire d’état ? Pourquoi l’échec sportif a-t-il eu autant d’ampleur ?

Les réponses risquent d’ajouter encore au trouble actuel, car un consensus semble dominer en France : ça va saigner. Les révélations risquent de n’épargner personne. Et ce sont les héros de 1998, ceux qui ont permis à leur pays de remporter la seule coupe du monde de son histoire, qui risquent, en premier, d’être jetés en pâture.

Cette génération de 1998 a joué un rôle clé dans la crise. Elle était impatiente de prendre le pouvoir au sein du football français. Elle était à l’affût depuis des années, et voulait à tout prix propulser les siens aux postes de commande. Elle a d’ores et déjà imposé Laurent Blanc comme sélectionneur, et se prépare à investir les autres structures du football français.

Mais elle a agi avec un tel acharnement qu’elle risque de prendre le pouvoir dans un champ de ruines. Craignait-elle que Raymond Domenech réédite le coup de 2006, quand il est allé en finale de coupe du monde alors que personne ne misait sur lui ? Redoutait-elle un tir de barrage qui l’empêcherait d’accéder aux postes de commandes face à quelque imprévu ? Toujours est-il qu’elle a fait preuve d’un incroyable acharnement, à l’image de Christophe Dugarry, le plus faible des joueur de 1998, qui a joué le rôle de porte-parole de ce clan, se montrant méprisant envers les joueurs et arrogant envers les dirigeants. A l’écouter, Nicolas Anelka est devenu un déséquilibré, Frank Ribéry un caïd, Eric Abidal un petit voyou de quartier et William Gallas un fainéant qui a décidé d’aller vivre à l’étranger. Des propos ouvertement diffamatoires, à la limite du racisme.

La génération de 1998, forte de sa coupe du monde et du championnat d’Europe remporté dans la foulée, a réussi à imposer un consensus, auquel la presse s’est pliée. On a alors découvert un fonctionnement étonnant du système médiatique français : tout le monde était unanime pour tirer dans le même sens. Ceux qui n’étaient pas d’accord n’ont pas eu l’occasion de s’exprimer une seule fois. Silence dans les rangs. On ne fait pas pire chez les petits dictateurs africains.

Pourtant, rien ne garantit que cette génération fera mieux lorsqu’elle arrivera au pouvoir. Elle a, devant elle, un exemple édifiant, celui de la génération Platini. Celle-ci a réalisé deux brillantes coupes du monde, en 1982 et 1986, et remporté le championnat d’Europe dans l’intervalle. Pressée elle aussi de prendre le pouvoir, elle a copieusement insulté Henri Michel, le sélectionneur de la fin des années 1980, pour le pousser à la démission et imposer Michel Platini à la tête de la sélection.

Ce fut un énorme fiasco. L’équipe de France a alors raté deux coupes du monde de suite, celles de 1990 et 1994. Au niveau des clubs, c’était l’ère Tapie, celle du bling bling et des combines, avant la lourde chute en enfer.

C’est dire que le putsch de cette semaine permet, certes, de se débarrasser d’un entraineur atypique, le plus controversé de l’histoire du football français, mais rien ne garantit qu’il apportera les solutions au football français.

Une grève pendant la coupe du monde ? Quelle idée !

Soutenir les verts ou les grévistes d’El-Hadjar, il faut choisir. Les Algériens ont choisi.

Par Abed Charef

Le mouvement de grève engagé à Arcelor Mittal El-Hadjar depuis lundi, révèle les formidables décalages que subit l’Algérie, avec la cohabitation d’univers totalement étrangers les uns aux autres. La grève met aussi en évidence des archaïsmes qui survivent, et rappelle les espoirs trahis, ainsi que les frustrations de pans entiers de la société. Elle remet en scène de vieux symboles auxquels plus personne ne porte attention, face à de nouveaux symboles, qui font peur. Elle oppose des partenaires si différents qu’ils n’arrivent même pas à s’accorder sur le terrain de la discussion.

Les symboles, d’abord. Et en premier lieu El-Hadjar. C’est l’icône d’une époque, celle de Houari Boumediène, avec ses industries industrialisantes, ses espoirs démesurés, et ses ambitions qui ressemblent fort à des illusions. Fierté de l’Algérie, cet immense pôle industriel a fini entre les mains de ce que Houari Boumediène a longuement combattu, une multinationale qui pèse deux fois le PIB de la Tunisie.

Depuis son installation à El-Hadjar, Arcelor Mittal a dépecé le vieux complexe sidérurgique, conçu comme un pôle d’industrialisation devant avoir un effet d’entraînement sur toute une région, et transformé en une machine à produire de l’acier et de l’argent pour le géant indien. L’encadrement qu’on y trouve aujourd’hui a le même profil que celui qui dirige Toyota, General Electric ou n’importe quelle multinationale. Il fonctionne selon des règles imposées par les plus puissants, des règles qui tiennent compte d’un seul paramètre, le chiffre des bénéfices de fin d’année et son impact sur la valeur boursière de l’entreprise.

Face à cet encadrement « wall streetien », on trouve des syndicalistes qui ne sont pas encore totalement sortis du SGT. Ils veulent toujours cogérer l’entreprise, imposer un plan d’investissements, gérer les œuvres sociales et demander des subventions. Ils pensent que le wali peut faire pression sur le patron d’Arcelor Mittal, et que la fédération UGTA de Annaba est un interlocuteur suffisamment puissant pour faire plier le géant mondial de l’acier.

Arcelor Mittal, c’est aussi la mondialisation poussé à son paroxysme. C’est Lashki Mittal, un indien au nom prédestiné, qui a bâti sa fortune en rachetant l’industrie sidérurgique des anciens pays de l’est, avant de s’attaquer à celle des pays occidentaux. C’est l’homme venu du sud, d’un pays très pauvre, et qui veut se faire une place, à l’image des nouveaux pays émergents.

Face à lui, la bureaucratie algérienne, qui a décidé la privatisation du complexe d’El-Hadjar n’avait aucun projet, aucun cap. Elle manquait d’argent, elle ne savait pas quoi faire du complexe, elle s’en est débarrassée. Aujourd’hui, cette bureaucratie a de l’argent, elle veut recomposer son pouvoir, elle rêve de reprendre le contrôle d’El-Hadjar. Pourquoi faire ? Elle ne sait pas.

Comme Orascom et d’autres multinationales, Arcelor Mittal s’est installée en Algérie pour gagner de l’argent. C’est de bonne guerre. Elle a bénéficié de privilèges incroyables, à un moment où le pouvoir faisait de la privatisation un dogme, et bradait tout ce qu’il pouvait pour plaire à l’extérieur. Aujourd’hui, cette entreprise, et les autres, celles qui travaillent dans le domaine du transport, des travaux publics, de la téléphonie, du pétrole et du gaz, ont commencé à transférer des bénéfices gigantesques, alors que le pays n’est pas en mesure de suivre et de contrôler ces transferts.

Arcelor Mittal transfère des produits, de l’argent, du savoir, dans un sens ou dans l’autre, sans qu’existent en Algérie les institutions en mesure d’accompagner ces mouvements. Quel employé du fisc ira contester une déclaration portant sur  100 millions de dollars s’il ne reçoit pas une injonction d’une structure précise ? L’affaire Sonatrach a révélé l’ampleur de la déchéance des mécanismes de contrôle : les structures financières et comptables de Sonatrach, les structures d’audit, toutes celles dédiées au contrôle, toute la bureaucratie du ministère de l’énergie sont restées silencieuses, jusqu’à ce qu’intervienne la seule structure disposant de vrais pouvoirs dans le pays : les services de sécurité.

C’est cela, l’archaïsme. C’est le contre-espionnage s’occupant de la gestion des entités économiques, alors que toutes les structures créées à cet effet se sont révélées défaillantes ; c’est le wali distribuant les marchés aux entreprises ; c’est un ministère payant des billets d’avions de complaisance par le biais d’associations qu’il subventionne ; ce sont des associations et des partis créés par l’administration, et qui font semblant de se rebeller contre elle pour élargir leur rente ; ce sont les dirigeants de partis qui veulent interdire la création de nouveaux partis ; c’est la justice chargée de disqualifier ou légitimer une grève.

Avec de tels archaïsmes, personne ne semble savoir ce qu’il faut faire de ce conflit. D’où le désarroi des grévistes, pris entre une direction qui rejette leurs revendications, un juge qui les condamne, et une bureaucratie qui attend de voir comment la grève va évoluer. Pouvaient-ils s’attendre à autre chose, eux qui entament une grève en pleine coupe du monde ?

نساند الخضر أو عمال الحجار؟

الإضراب في مركب الحجار شيء عادي… أما الإضراب خلال منافسات كأس العالم فذاك غير مقبول، لأنه لا يمكننا أن نساند الخضر وعمال الحجار في نفس الوقت…

عابد شارف

دخل عمال مصنع الحجار في إضراب جديد منذ الاثنين الماضي. ومن المفروض ألا تثير العملية الاحتجاجية صدى كبيرا، لأن المؤسسات الجزائرية تعاني من هذه الظاهرة يوميا. لكن الإضراب يختلف هذه المرة. إنه يتجاوز طابع العمل الاحتجاجي، ليعطي صورة عن التناقضات التي يعاني منها المجتمع الجزائري. ومع هذا الإضراب، تظهر هشاشة المؤسسات الجزائرية المكلفة بتسيير ملفات كبرى. ويمس الإضراب رمزا من الرموز التي كانت تحمل آمال الجزائر في السبعينات، قبل أن تظهر رموز جديدة لتقضي عليها.

وأول الرموز التي تتعلق بالإضراب هو الحجار نفسه. لقد كان مصنع الحجار رمزا لطموحات الجزائر في عهد هواري بومدين، وأحد أكبر المشاريع التي كان يراد منها أن تسمح للبلاد أن تدخل عالم الصناعة. وكان الحجار مفخرة للجزائر خلال مدة طويلة، قبل أن تستولي عليه قوة قضى هواري بومدين جزء من حياته في محاربتها، وهي الشركات الكبرى. ويتعلق الأمر بشركة "أرصيلور ميطال" Arcelor Mittal لصاحبها الهندي لاشكي ميطال، وهي الشركة التي يبلغ رقم أعمالها المنتوج الوطني الخام لبلد مثل تونس.

ومنذ استلائهم على الحجار، قام إطارات المؤسسة الهندية بتغيير جذري في طبيعة وأهداف المصنع. وقد كان أصحاب المشروع الأصليون يريدون من الحجار أن يتحول إلى قاطرة تدفع كل المنطقة إلى الصناعة، وتضمن التشغيل لآلاف العمال، لتصبح قوة اقتصادية وسياسية. أما إطارات "أرصيلور ميطال"، فإنهم حولوا المصنع إلى مصدر للإنتاج والأرباح، بعد عملية إعادة تنظيم كبرى دفعتهم إلى التخلي عن نصف العمال الأصليين. ويتكون طاقم الشركة حاليا من إطارات جاؤوا من مدارس "وال ستيريت" Wall Street، هدفهم الأساسي تحسين أرباح الشركة ورفع قيمتها في البورصة.

وتواجههم نقابة لم تتخلص بعد من التسيير الاشتراكي لمؤسسات، حيث مازالت تطالب بالمشاركة في التسيير وتحديد الأهداف وفرض حجم الاستثمارات. ومازالت تلك النقابة تعتقد أن ممثل شركة "أرصيلور ميطال" يخضع للوالي، وأن فيدرالية الحديد التابعة للاتحاد العام للعمال الجزائريين تشكل قوى ضاربة يمكن لها أن تواجه صاحب الشركة الهندية.

ومن جهة أخرى، فإن الشركة الهندية دخلت العولمة من بابها الواسع، حيث أن صاحبها جاء من الهند ليستقر في لندن ويشتري المصانع القديمة في البلدان الشرقية ليبني إمبراطورية صناعية. وفي المقابل، مازالت نقابة الحجار تتعامل مع الوضع مثلما كانت تفعل مع المؤسسات العمومية التي تتلقى تعليماتها من الوالي.

وكانت شركة "أرصيلور ميطال" قد تحصلت على مصنع الحجار في مرحلة كانت الحكومة الجزائرية تبيع كل ما يمكن بيعه، وكانت النقابة التي ينتمي إليها المضربون تساند الحكومة التي قامت بالخوصصة، وهي نفس الحكومة التي تقوم اليوم بتسيير شؤون البلاد. ولا تعرف النقابة اليوم هل أن الحكومة حليفة لها في مواجهة الشريك الخارجي أم أنها متواطئة معه؟

وعلى صعيد أوسع، تمكنت "أرصيلور ميطال" أن تجعل من مصنع الحجار مؤسسة رابحة بعد التغييرات الجذرية التي قامت بها. ومثلما يحدث مع الشركات الأخرى العاملة في ميدان الأشغال العمومية والهاتف النقال والنقل وغيره، فإن ألشركة الهندية بدأت تحصل على أرباح ضخمة تقوم بتحويلها إلى الخارج، وذاك طبيعي بالنسبة لها، لكنه يثير غضب العمال الذين يعتبرونه ظلما في حقهم لأن نفس الشركة ترفض أن تقتسم معهم الأرباح…

ولا نعرف من المذنب في هذه القضية. هل هي الحكومة التي تنازلت عن المصنع، وتركت نقابة مسكينة في مواجهة إحدى أكبر الشركات العالمية؟ أم هل أن شركة "أرصيلور ميطال" هي المذنبة لأنها لا تراعي المصالح الوطنية ؟ أم هل أن النقابة هي المذنبة، لأنها قامت بإضراب خلال منافسات كأس العالم لكرة القدم؟