Libye: l’Otan, sarkozy, la démocratie, comment, à quel prix?

Un mois après le début de la crise libyenne, l’Algérie a enfin affiché publiquement une position. Celle-ci arrive cependant trop tard, et ne s’appuie sur aucune démarche pour l’imposer, alors que les combats sont aux frontières du pays et que les réfugiés affluent vers la frontière algérienne.

De manière plus générale, la situation ne semble pas encore mûre pour engager un débat sérieux sur la question. L’information est encore trop soumise aux impératifs de propagande. Cette situation complexe impose le rappel de quelques points qui font consensus, et d’autres, plus difficiles à régler.

  1. Le régime de Maammar Kadhafi est une véritable catastrophe pour son pays. En plus de son côté répressif et anti-démocratique, il est économiquement inefficace et socialement destructeur. La Libye reste d’un pays les plus attardés sur le plan institutionnel. Malgré des ressources financières gigantesques, la Libye n’a pas assuré le confort et le bien être adéquats à sa population.
  2. La contestation contre Kadhafi était devenue non seulement légitime, mais nécessaire, car autrement, le pays risquait de rester en dehors de l’histoire. Le fossé entre la Libye et le reste du monde se creusait. Pour rejoindre le mouvement de la modernisation, la Libye se trouve de fait contrainte de payer un prix encore plus élevé. Et plus le temps passait, plus le prix s’élevait.
  3. Le retard était particulièrement grave sur le plan institutionnel. La Libye n’a pas de constitution, pas de règles d’organisation du pouvoir. Pas de partis, pas d’ONG, rien. Un désert institutionnel habité par un « libre vert », qui instaure en fait un pouvoir autoritaire, dirigé par Kadhafi, ses fils et ses proches, dans la plus grande opacité.
  4. La contestation en Libye a commencé de manière pacifique, avec manifestations populaires et occupation de certaines villes. C’est le schéma classique de ce qui se passer dans les révoltes arabes en Tunisie, en Egypte, au Yémen et, aujourd’hui, en Syrie.
  5. Qui a décidé de transformer une contestation populaire pacifique en une révolte armée ? Première question qui pose problème. C’était le premier pas qui a mené la révolution libyenne à l’impasse. Alors qu’il était évident que la rébellion ne pouvait battre militairement Kadhafi, celle-ci a choisi les armes. Qui l’a incité à faire ce choix ?
  6. La révolution libyenne a posé un vrai problème en raison des risques dérapage qu’elle comportait. Etait-il préférable de mener Kadhafi à la faute, pour faciliter son élimination ? Ou fallait-il solliciter Nicolas Sarkozy pour un soutien militaire, tout en sachant que la rébellion ne pouvait gagner la guerre ? Inutile de dire que Sarkozy, l’Otan et les Etats-Unis ne sont pas populaires en Libye. En outre, et contrairement à ce qu’on dit, le régime de Kadhafi a une vraie base sociale, prête à se battre pour le défendre.
  7. Le passage d’une contestation pacifique à une révolte armée s’est produit à partir du moment où des anciens du régime de Kadhafi ont pris la tête de la contestation. Cette mutation s’est accélérée à partir du moment où les puissances occidentales ont commencé à s’y ingérer. Il suffit de se rappeler les commandos des forces spéciales britanniques et les unités danoises de l’OTAN capturées sur les plages libyennes, avec armes et bagages, ainsi que les canons envoyés par la France à bord d’avions « humanitaires », information révélée par le Canard Enchaîné. Erreur d’appréciation ou complot ourdi, difficile de trancher. Mais ce point ne peut être occulté.
  8.  Etait-il possible de gérer la crise libyenne autrement ? Evidemment, c’était possible. Encore fallait-il définir l’objectif à atteindre. Fallait-il pousser Kadhafi au départ ? De quel droit ? Fallait-il le remplacer et garder son système ? Ce serait un coup pour rien. Fallait-il imposer un autre pouvoir ? Lequel ? Est-ce un pouvoir qui travaillerait au profit de la Libye ou au profit des pays occidentaux ? Il est évident qu’il était primordial de définir l’objectif à atteindre, et que celui-ci devait dicter les moyens à utiliser.
  9. L’intervention occidentale restait la pire des solutions. Non seulement elle ne règlerait pas le problème, mais elle serait entachée de doute, quel que soit le résultat. Il faut bien admette une autre vérité, primaire : les pays occidentaux interviennent pour préserver leurs intérêts, pas ceux du peuple libyen. Leur intervention vise à réaliser leurs objectifs propres.
  10. Avec une révolte pacifique, la situation était parfaitement gérable. Il suffisait de fixer au pouvoir libyen une ligne à ne pas franchir : pas de répression contre des manifestants pacifiques, dialogue pour démocratiser le pays. Faute de quoi,  il ne serait pas question de blocus aérien, mais d’élimination du pouvoir en place et de jugement des principaux dirigeants.
  11. A partir du moment où la révolte s’est transformée en rébellion armée, la situation est devenue plus complexe. Mais dans tous les cas de figure, trois pays devaient avoir un rôle central dans le traitement du dossier : l’Egypte, la Tunisie et l’Algérie. Malheureusement, aucun des trois pays ne se trouve aujourd’hui en situation d’influer sur le cours des évènements. Ceci a été illustré par la déclaration de M. Ouyahia, qui s’est contenté de « prendre acte » de la décision du conseil de sécurité imposent l’embargo aérien au-dessus de la Libye, alors que l’Algérie était directement touchée par cette mesure.
  12. Aujourd’hui, c’est l’impasse. Seules sont avancées des solutions qui relèvent de la fiction, ou de la fantaisie pure (départ de Kadhafi, démocratisation immédiate, démocratie imposée par les occidentaux, etc.). Il reste à voir ce qui est possible. On s’oriente alors vers la formule la moins mauvaise : cessez-le-feu, négociations, calendrier de démocratisation avec des échéances précises et vérifiables, etc. On peut balayer tout ceci d’un revers de la main, et dire qu’il faut pendre Kadhafi et les siens…
  13. Tout ceci mérite cependant un rappel : aucune expérience de démocratisation imposée par les Occidentaux n’a réussi dans le monde arabe. Seules les expériences menées par les peuples concernés, à leur rythme et selon leurs moyens, ont une chance de succès. A condition qu’elles soient soutenues par les occidentaux, dont le poids reste déterminant. Et là encore, un rappel : aucune expérience de démocratisation dans le monde arabe au début des années 1990 (Yémen, Jordanie, Algérie), n’a été soutenue par les Occidentaux, qui ont fait le choix délibéré de les saborder.

Les Occidentaux ne nous apporteront pas la démocratie. C’est notre effort propre qui l’imposera. Il reste à savoir quel est le prix qu’on devra payer, et combien de temps ça prendra

Ceci dit, je suis fatigué, je prends un congé !

La civilisation arrive, mon frère !

Comment rconnait-on un homme civilisé ? c’est simple : il ne dit pas que l’OTAN et la France bombardent la Libye, mais qu’une coalition internationale mène des frappes aériennes humanitaires contre kataeb el-kadhafi.

Par Abed Charef

(à paraître dans le Quotidien d’Oran,  30 mars 2011)

Il était une fois un pays au relief rugueux, au climat rude, et où les hommes vivaient au rythme de la nature. Là haut, sur les montagnes, ils élevaient des troupeaux, et dans les vallées, ils tentaient quelques cultures destinées à compléter leur maigre ration alimentaire. Dabs ce pays austère, la chaleur est étouffante en été, et en hiver, la neige bloque toutes les communications, rendant impossibles la guerre et le commerce.

Certes, quand la nourriture manquait, les hommes avaient pris la fâcheuse habitude de mener des razzias dans les vallées limitrophes, ou d’attaquer le village voisin pour récupérer de quoi tenir jusqu’à la prochaine saison. Certes, dans ces contrées difficiles, on considérait la culture du pavot comme une activité très ordinaire, destinée à couvrir la forte consommation locale et à assurer des rentrées supplémentaires grâce à l’exportation de ce produit rare. Mais la vie était ainsi faite, et les habitants de l’Afghanistan avaient réussi, pendant des siècles, à maintenir une certaine harmonie avec la nature.

Et puis, un beau jour, arriva l’homme du nord. Il ramenait avec lui le progrès, la science, la civilisation. Il promettait l’égalité entre tous, la liberté pour les femmes, et une belle vie aux enfants. Les habitants du pays découvrirent alors les immenses progrès de la technologie : hélicoptères et avions militaires, bombes téléguidées, munitions et sous-munitions, et toute la technologie destinée mettre sous surveillance un pays tout entier. Ce fut l’occupation russe.

Dans la foulée, arrivèrent d’autres hommes, de l’ouest cette fois-ci, porteurs d’une civilisation encore meilleure. Non seulement ils avaient les armes et les dollars pour les acheter, mais ils maitrisaient un art supérieur à celui de la guerre : la propagande. Ils transformèrent des bandits de grand chemin en moudjahidine, et des organisations fondamentalistes en combattants de la liberté. Cerise sur le gâteau, ils envoyèrent un de leurs mythes, Rambo, vivre une histoire d’amour et de bravoure en Afghanistan. Et le résultat fut grandiose : les hommes du nord furent battus par ceux de l’ouest.

L’histoire ne dura pas longtemps. Aussitôt les hommes du nord partis, ceux de l’ouest se retirèrent, laissant le pays à feu et à sang. Les anciens combattants de la liberté mirent le pays à sac, les hommes en prison et les femmes dans une double prison, avant d’inventer une nouvelle arme: Ben Laden.

Pendant que l’Afghanistan sombrait, les hommes de l’ouest allaient porter la civilisation dans un autre pays, l’Irak. Ils y inventèrent les frappes chirurgicales, la guerre en direct, les bombardements qui ressemblent à des jeux vidéo, et le conflit autofinancé. Ils firent aussi de formidables promesses : un état palestinien, la démocratie en Irak, et même la liberté pour les Arabes.

Mais la civilisation ne pouvait en rester là. Elle était contrainte d’intervenir de nouveau en Afghanistan, car la nouvelle arme, Ben Laden, avait frappé. Le monde entier était devenu américain. Et l’Afghanistan avait de nouveau l’immense privilège d’accueillir les bombardiers, les drones, les forces spéciales et un nouveau concept : le Karzaï, un dirigeant d’un nouveau genre, qu’on fabrique dans les laboratoires occidentaux pour l’implanter dans les contrées non civilisées.

L’opération était si réussie que, dix ans après, non seulement l’Afghanistan en redemande encore, mais croule toujours sous les bombes, tout en menaçant d’emporter son voisin, le Pakistan. Et comme le succès était éclatant, on ne pouvait en rester là. Il fallait absolument élargir ce champ de bonheur à d’autres pays. Pourquoi pas l’Irak, où sévissait un vilain dictateur, fourbe et menteur ?

La fourberie de Saddam ne pouvait arrêter la marche triomphante de la civilisation. A menteur, menteur et demi : les grands dirigeants de l’occident ont aussitôt prouvé qu’ils pouvaient dépasser le dictateur fourbe. Ils inventèrent les armes de destruction massive, créant l’un des plus gros mensonges de l’histoire moderne pour confondre le dictateur. Et la civilisation amena de nouveau bombes, drones, guerre par satellite et journalistes embedded, ainsi qu’un Karzaï, installé dans le palais de Haroun Errachid.

Depuis que la civilisation amenée par les hommes du nord et de l’ouest a atteint l’Afghanistan et l’Irak, ces deux pays ont enregistré plus de deux millions de morts. Ils sont aussi entrés dans un engrenage dont ils ne sortiront pas avant un siècle, car ils se sont frottés de près à la civilisation. L’Algérie, elle aussi, avait connu cette expérience. Elle a mis plus d’un siècle pour se relever des « effets positifs » d’une autre civilisation.

Mais cette fois-ci, on n’aura même pas le temps de respirer. La civilisation triomphante avance à un rythme effréné : elle est déjà à l’œuvre en Libye. A nos frontières. Où elle impose déjà ses mots et ses méthodes, en attendant ses hommes.

مشايخ يضيعون في عالم « فايسبوك »

عابد شارف

اختلطت الدنيا على شباب الفايسبوك وتويتر (facebook و twitter)، هذا الجيل الذي اكتشف الثورة دون سلاح، والحرب دون جنود، واخترع النضال من وراء الكمبيوتر. وبينما كان هذا الجيل يعتقد أنه انتصر على الدنيا، وفرض أساليب جديدة في ترتيب التاريخ، جاءه قوم لم يكن منتظرا، قوم يكتفي بتقسيم العالم بين الحلال والحرام، ويحدد الصواب والخطأ وفق قواعد غريبة عن عالم الكمبيوتر.

وحاول أصحاب ساحة التحرير في مصر أن يصنعوا صورا جديدة للعالم الذي ظهر معهم، وأرادوا أن يخلقوا زعماء جدد، مثل ذلك الموظف في شركة « غوغل » google الذي وضع شبكة للاتصال بعد قطع الأنترنات من طرف السلطات المصرية، لكن المجتمع المصري فرض عليهم أناسا لم يكونوا في الحسبان، أناس يبيحون ويمنعون دون أن يتفقوا رغم أنهم يتكلمون عن نفس المراجع الدينية.

وأشهر هؤلاء هو السيد القرضاوي، الذي فرض نفسه كقوة دينية وإعلامية وسياسية، بفضل المنابر التي يحتلها، سواء منصبه كمفتي شبه رسمي لقناة « الجزيرة »، أو من منصبه كرئيس للاتحاد العالمي لعلماء المسلمين. وجاءت فتاوى السيد القرضاوي متطابقة مع السياسة الخارجية لدولة قطر، بينما جاءت فتاوى شيخ الأزهر أحمد الطيب متطابقة مع قرارات ومواقف السلطة المصرية، مما أدى إلى جدال بين الرجلين أكد أن الإمام يستطيع أن يكون مع السلطة أو ضدها باستعمال نفس الحجة…

وساند القرضاوي الثورات الاحتجاجية في مصر وتونس وليبيا، وهاجم الأئمة الذين عارضوها، وقال إن معاداة التظاهر جاء من « السلفية المتعصبة » ومن الصوفية، ورفض تحريم الثورات العربية من طرف الذين يقولون أن التظاهر يشكل فتنة بالخروج على الحكام. وقال القرضاوي أن المظاهرات ليست من الفتنة في شيء لأن الإسلام يأمر بإزالة « الظلم الذي يمارسه الحكام في أبشع صفاته ».

وفي فتاوى يمكن اعتبارها جريئة، قال القرضاوي إن الظلم وانتهاك حقوق الناس أمور تجيز الخروج عن الحاكم، كما أن تحقيق الحرية يشكل أولوية قبل تطبيق الحكم الشرعي في الإسلام. ودافع القرضاوي عن العمل من أجل بناء دولة مدنية بمرجعية إسلامية، واعتبر أن مبدأ دينية الدولة ليس من الإسلام.

وذهب القرضاوي إلى أبعد من ذلك بكثير لما حكم بالإعدام على الزعيم الليبي معمر القذافي. وطلب خلال حصة شهيرة على قناة « الجزيرة » من المقربين من القذافي أن يقوموا باغتياله بكل بساطة، وأحل دمه، بل وجعل من ذلك طريقا إلى التوبة والجنة.

لكن هذه الجرأة التي ظهر بها القرضاوي انطفأت لما تعلق الأمر بالبحرين. وقال القرضاوي أن ما يحدث في المنامة ليس ثورة، إنما ذلك يشكل فتنة، فأعطى الفتوى التي تسمح بدخول القوى الخارجية إلى البحرين. ومعروف أن البحرين يحكمها ملك سني بينما أغلبية السكان شيعيون، مما أثار غضب إيران ودفعها إلى اتخاذ مواقف أدت إلى أزمة جديدة بين إيران ودول مجلس الخليج التي وافقت على بعث قوة عسكرية لوضع حد للاحتجاج الذي تعيشه البلاد.

وأثارت فتاوى القرضاوي معارضة كبيرة من الشيعة ومن السنة ومن أهل السلفية، وكذلك من التيارات التي تعمل عادة للتوافق بين الحاكم والمحكوم. ومن أشهر الشخصيات التي عارضت القرضاوي، نذكر أربعة، أولها أحمد الطيب، شيخ الأزهر، الذي اعترف بالحرية والديمقراطية وحق الاختلاف، لكنه رفض أن يؤدي ذلك إلى تهديد الأمن القومي لمصر والمصالح العليا للأمة. وقال أن الشعب له مطالب عادلة في الحرية والعدالة ومحاربة الفقر، لكن لا يمكن أن تكون تلك المطالب مبرّراً للفوضى والاعتداء على الممتلكات والأرواح.

أما في السعودية، فقد صدرت فتوى رسمية من أعلى هيئة في البلاد لتؤكد أن التظاهر حرام. وقال المفتي العام للسعودية، الشيخ عبد العزيز بن عبد الله آل الشيخ، في خطبة جمعة أن المظاهرات « إثارة للفتن بين الشعوب وحكامها »، قبل أن تصدر فتوى معاكسة تقول أن لا شيء يمنع التظاهر والاحتجاج ضد الحاكم. وتدخل في القضية إمام سلفي جزائري مقيم في السعودية، ليقول أن دعوات التغيير باطلة لأنها تدعو إلى الديمقراطية والديمقراطية مخالفة للإسلام… بينما تدخل محمد سعيد البوطي بثقله في سوريا ليهاجم الأئمة الداعين إلى الفوضى لما وصلت موجة الاحتجاجات إلى بلاد الشام…

ونذكر أخيرا أن فقهاء الشيعة دخلوا الساحة بدورهم ليناشدوا بالمظاهرات التي وقعت في مختلف البلدان، خاصة منها البحرين، حيث كان الاحتجاج أمن فعل الطائفة الشيعية، لكن نفس الفقهاء الإيرانيين الذين ساندوا المظاهرات في البحرين أصدروا فتاوى معاكسة من أجل تحريم ومنع التظاهر في إيران…

ويبقى الشاب المصري والبحريني حائرا: كيف التعامل مع هذه الفتاوى؟ أو لم تقم الثورات في مصر وتونس وليبيا قبل صدور فتاوى القرضاوي ودون فتاوى المشايخ؟ لماذا تجد هذه الأجيال الجديدة نفسها أمام فكر يفرض تضييع طاقات هائلة لحل مشاكل ليس لها حل؟


Quatre scénarios pour une fiction

L’Algérie préparerait des initiatives majeures, dit-on. Avec différents scénarios, très élaborés. Etat des lieux.

Par Abed Charef

L’histoire est en cours. Mais elle a quatre variantes, qu’on peut agencer selon son choix. C’est donc une fiction, et chacun a le droit de choisir le scénario qui lui convient.

Premier scénario : le président Abdelaziz Bouteflika veut engager de profondes réformes politiques. Faisant un constat lucide de la situation du pays, il en est arrivé à la nécessité de mener le changement, devenu inévitable. Comme les autres éléments importants des cercles du pouvoir, il pense qu’il doit mener le changement, sinon, il sera emporté par une déferlante qui menace le pays.

Il en arrive finalement à lancer de premières initiatives pour lancer ces grands chantiers qui vont marquer l’Algérie. Il convoque à cet effet les responsables des principales institutions du pays, dont les présidents des deux chambres, celui du conseil constitutionnel ainsi que le chef du gouvernement. Les rencontres durent de longues heures, et permettent aux différents partenaires d’exposer au chef de l’état des propositions destinées à changer la donne politique dans le pays.

Deuxième scénario : le président Abdelaziz Bouteflika se rend compte de l’impasse à laquelle a mené sa politique. La politique de réconciliation menée avec les anciens éradicateurs se termine en queue de poisson, la démarche économique est un fiasco, et la rue menace d’exploser à chaque instant. Le chef de l’état décide donc de changer de cap, et de s’appuyer sur de nouveaux partenaires politiques.

Il retourne à sa famille politique naturelle, le groupe de San Egidio. La tentation est d’autant plus grande que Abdelhamid Mehri a lancé une initiative proposant une nouvelle démarche de sortie de crise, et Hocine Aït-Ahmed a appuyé le projet de M. Mehri, dans lequel il trouve de larges convergences avec sa propre démarche. Il l’a d’ailleurs fait savoir dans une lettre adressée à M. Mehri et rendue publique par le FFS.

Troisième scénario : dans la suite de cette initiative de M. Bouteflika, les éradicateurs se rebiffent. Ils font bloc, et le font savoir. Il n’est pas question que M. Bouteflika les sacrifie pour s’appuyer sur le groupe de San Egidio. Nous sommes, là, et nous comptons y rester. Et si changement il doit y avoir, il se fera avec nous, selon le calendrier que nous fixons, disent-ils.

Le message est destiné au chef de l’état, mais il sert aussi à discréditer MM. Mehri et Aït-Ahmed, qui sont accusés de vouloir sauver la mise à M. Bouteflika. La preuve est offert par MM. Mehri et Mustapha Bouchachi, président de la Ligue Algérienne de Défense des Droits de l’Homme et proche de Aït-Ahmed. Tous deux ont déclaré que le départ de M. Bouteflika n’est pas une condition indispensable pour organiser le changement. Ils ont même soutenu que le chef de l’état est l’un des interlocuteurs de la transition.

A l’inverse, les anciens éradicateurs veulent, et exigent même, le départ du chef de l’état tout de suite. Ils organisent d’ailleurs chaque samedi des marches populaires pour le faire tomber. Le système tremble…

Quatrième scénario : la rue arabe gronde. Les dictateurs tombent, l’un après l’autre. A cela s’ajoute une forte pression internationale exercée sur l’Algérie, notamment de la part des Etats-Unis. Ceux-ci ont délégué un émissaire de haut rang, William Burns, qui a apporté une « feuille de route » du changement qu’il faut opérer.

En parallèle, des personnes proches du pouvoir indiquent que trois anciens présidents, MM. Ahmed Ben Bella, Chadli Bendjedid et Ali Kafi, ont rendu visite au chef de l’état pour attirer son attention sur la nécessité d’engager rapidement de réformes. Celles-ci sont devenues d’autant plus urgentes que les émeutes de janvier ont révélé le profond malaise qui traverse la société algérienne et confirme les menaces qui pèsent sur la stabilité du pays.

Dans la foulée, la présidence de la république laisse filtrer des informations sur des décisions imminentes, et M. Bouteflika évoque publiquement des réformes dans un message rendu public à l’occasion du 19 mars. C’est donc la conjonction de facteurs internes et externes qui a finalement convaincu le pouvoir d’aller vers des changements, et chacun est désormais appelé à se positionner ou à se placer dans la perspective d’une redistribution de cartes qui ne saurait tarder.

Ceci concerne les scénarios. Ils sont suffisamment séduisants pour étayer l’idée d’initiatives majeures pour engager des réformes imminentes. Il y a cependant une petite réserve : ces scénarios relèvent de la pure fiction, car il n’y a aucun projet de réforme en vue. Aucun document n’a été rendu public. Aucune personnalité citée comme partie prenante n’a confirmé avoir participé à la moindre rencontre. Celles qui se sont exprimées publiquement, comme MM. Mehri et Kafi, ont tout démenti. De plus, rien dans les scénarios évoqués ne colle avec la démarche ni avec le tempérament de M. Bouteflika. Enfin, il suffit de voir comment le pouvoir tente de se sortir de l’impasse actuelle, pour se convaincre qu’il est innocent de toute idée de réforme.

سلاح قديم في حروب جديدة

عابد شارف

اختلطت الدنيا على شباب الفايسبوك وتويتر (facebook  و twitter)، هذا الجيل الذي اكتشف الثورة دون سلاح، والحرب دون جنود، واخترع النضال من وراء الكمبيوتر. وبينما كان هذا الجيل يعتقد أنه انتصر على الدنيا، وفرض أساليب جديدة في ترتيب التاريخ، جاءه قوم لم يكن منتظرا، قوم يكتفي بتقسيم العالم بين الحلال والحرام، ويحدد الصواب والخطأ وفق قواعد غريبة عن عالم الكمبيوتر.

وحاول أصحاب ساحة التحرير في مصر أن يصنعوا صورا جديدة للعالم الذي ظهر معهم، وأرادوا أن يخلقوا زعماء جدد، مثل ذلك الموظف في شركة « غوغل » google الذي وضع شبكة للاتصال بعد قطع الأنترنات من طرف السلطات المصرية، لكن المجتمع المصري فرض عليهم أناسا لم يكونوا في الحسبان، أناس يبيحون ويمنعون دون أن يتفقوا رغم أنهم يتكلمون عن نفس المراجع الدينية.

وأشهر هؤلاء هو السيد القرضاوي، الذي فرض نفسه كقوة دينية وإعلامية وسياسية، بفضل المنابر التي يحتلها، سواء منصبه كمفتي شبه رسمي لقناة « الجزيرة »، أو من منصبه كرئيس للاتحاد العالمي لعلماء المسلمين. وجاءت فتاوى السيد القرضاوي متطابقة مع السياسة الخارجية لدولة قطر، بينما جاءت فتاوى شيخ الأزهر أحمد الطيب متطابقة مع قرارات ومواقف السلطة المصرية، مما أدى إلى جدال بين الرجلين أكد أن الإمام يستطيع أن يكون مع السلطة أو ضدها باستعمال نفس الحجة…

وساند القرضاوي الثورات الاحتجاجية في مصر وتونس وليبيا، وهاجم الأئمة الذين عارضوها، وقال إن معاداة التظاهر جاء من « السلفية المتعصبة » ومن الصوفية، ورفض تحريم الثورات العربية من طرف الذين يقولون أن التظاهر يشكل فتنة بالخروج على الحكام. وقال القرضاوي أن المظاهرات ليست من الفتنة في شيء لأن الإسلام يأمر بإزالة « الظلم الذي يمارسه الحكام في أبشع صفاته ».

وفي فتاوى يمكن اعتبارها جريئة، قال القرضاوي إن الظلم وانتهاك حقوق الناس أمور تجيز الخروج عن الحاكم، كما أن تحقيق الحرية يشكل أولوية قبل تطبيق الحكم الشرعي في الإسلام. ودافع القرضاوي عن العمل من أجل بناء دولة مدنية بمرجعية إسلامية، واعتبر أن مبدأ دينية الدولة ليس من الإسلام.

وذهب القرضاوي إلى أبعد من ذلك بكثير لما حكم بالإعدام على الزعيم الليبي معمر القذافي. وطلب خلال حصة شهيرة على قناة « الجزيرة » من المقربين من القذافي أن يقوموا باغتياله بكل بساطة، وأحل دمه، بل وجعل من ذلك طريقا إلى التوبة والجنة.

لكن هذه الجرأة التي ظهر بها القرضاوي انطفأت لما تعلق الأمر بالبحرين. وقال القرضاوي أن ما يحدث في المنامة ليس ثورة، إنما ذلك يشكل فتنة، فأعطى الفتوى التي تسمح بدخول القوى الخارجية إلى البحرين. ومعروف أن البحرين يحكمها ملك سني بينما أغلبية السكان شيعيون، مما أثار غضب إيران ودفعها إلى اتخاذ مواقف أدت إلى أزمة جديدة بين إيران ودول مجلس الخليج التي وافقت على بعث قوة عسكرية لوضع حد للاحتجاج الذي تعيشه البلاد.

وأثارت فتاوى القرضاوي معارضة كبيرة من الشيعة ومن السنة ومن أهل السلفية، وكذلك من التيارات التي تعمل عادة للتوافق بين الحاكم والمحكوم. ومن أشهر الشخصيات التي عارضت القرضاوي، نذكر أربعة، أولها أحمد الطيب، شيخ الأزهر، الذي اعترف بالحرية والديمقراطية وحق الاختلاف، لكنه رفض أن يؤدي ذلك إلى تهديد الأمن القومي لمصر والمصالح العليا للأمة. وقال أن الشعب له مطالب عادلة في الحرية والعدالة ومحاربة الفقر، لكن لا يمكن أن تكون تلك المطالب مبرّراً للفوضى والاعتداء على الممتلكات والأرواح.

أما في السعودية، فقد صدرت فتوى رسمية من أعلى هيئة في البلاد لتؤكد أن التظاهر حرام. وقال المفتي العام للسعودية، الشيخ عبد العزيز بن عبد الله آل الشيخ، في خطبة جمعة أن المظاهرات « إثارة للفتن بين الشعوب وحكامها »، قبل أن تصدر فتوى معاكسة تقول أن لا شيء يمنع التظاهر والاحتجاج ضد الحاكم. وتدخل في القضية إمام سلفي جزائري مقيم في السعودية، ليقول أن دعوات التغيير باطلة لأنها تدعو إلى الديمقراطية والديمقراطية مخالفة للإسلام…

ونذكر أخيرا أن فقهاء الشيعة دخلوا الساحة بدورهم ليناشدوا بالمظاهرات التي وقعت في مختلف البلدان، خاصة منها البحرين، حيث كان الاحتجاج أمن فعل الطائفة الشيعية، لكن نفس الفقهاء الإيرانيين الذين ساندوا المظاهرات في البحرين أصدروا فتاوى معاكسة من أجل تحريم ومنع التظاهر في إيران…

ويبقى الشاب المصري والبحريني حائرا: كيف التعامل مع هذه الفتاوى؟ أو لم تقم الثورات في مصر وتونس وليبيا قبل صدور فتاوى القرضاوي ودون فتاوى المشايخ؟ لماذا تجد هذه الأجيال الجديدة نفسها أمام فكر يفرض تضييع طاقات هائلة لحل مشاكل ليس لها حل؟

Une nouvelle constitution, pour combattre l’ennui

Que fait-on quand le pays est dans l’impasse? On adopte une nouvelle constitution. Une solution pour ne pas s’ennuyer.

Par Abed Charef

Coïncidence ? Au lendemain de la tournée effectuée fin février par le sous-secrétaire d’état américain William Burns dans le monde arabe, avec des escales remarquées à Alger et Rabat, l’Algérie et le Maroc ont tous deux fait savoir leur intention d’amender la constitution. Mais si le Maroc l’a fait de manière franche, par la voie de la personne la plus officielle qui soit, le Roi Mohamed VI lui-même, l’Algérie a choisi des méthodes si archaïques que personne, en dehors de quelques cercles initiés, ne sait s’il faut vraiment prendre cette initiative au sérieux.

Au Maroc, Mohamed VI a fait un discours clair, affirmant sa volonté d’aller vers un régime parlementaire plus prononcé, pour donner plus de pouvoir au parlement et, à travers lui, au gouvernement. Le fera-t-il réellement, pour aller à un régime parlementaire classique, et glisser progressivement vers une monarchie constitutionnelle ? De sérieux doutes planent encore à ce sujet, et l’opposition marocaine l’a fait savoir.

Mais d’ores et déjà, des changements significatifs sont relevés. Avec la manière dont le Roi du Maroc s’est exprimé : un discours bref, concis, d’une très grande sobriété, traçant un cap politique très clair. « Aucun dirigeant arabe ne fait un discours de six minutes », a relevé un homme politique algérien. « Aucun dirigeant ne s’exprime avec une telle précision et une telle clarté ». Et même si certains courants politiques marocains estiment que le Mohamed VI intervient trop tard, et que la réforme doit aller plus vite et plus loin, le souverain marocain a fait preuve d’une certaine habileté en essayant de reprendre la main, au moins pour garder l’initiative et rester maître du jeu.

En Algérie, par contre, c’est le flou le plus total. Deux personnes se sont exprimées sur la révision de la constitution, les chefs de deux partis de l’alliance présidentielle, Abdelaziz Belkhadem et Bouguerra Soltani. Les deux hommes  sont au gouvernement depuis plus de dix ans. Ils ont déjà participé à deux amendements de la constitution sous Abdelaziz Bouteflika. Et ils veulent en faire un troisième. Parce qu’ils s’ennuient, mais aussi parce qu’ils sont des pros du droit constitutionnel : M. Belkhadem a déjà participé à l’élaboration de deux autres constitutions sous Chadli Bendjedid, et Soltani a participé la préparation de la constitution adoptée sous M Liamine Zeroual !

Mais au fait, changer la constitution, pourquoi faire ? Elargir les libertés ? Mettre en place un système politique plus adapté aux réalités du pays et au monde moderne ? Personne ne soupçonne Bouguerra Soltani d’avoir de telles pensées. Il s’agit, en fait, de régler une situation que subit le pays depuis plusieurs années, depuis que le président Abdelaziz Bouteflika est tombé malade. Celui-ci est physiquement diminué, alors que le pays fait face à une situation difficile, avec une contestation sociale très large, sur fond d’un tsunami démocratique qui déferle sur le monde arabe.

Dans une telle conjoncture, le pays a visiblement besoin d’un pouvoir dynamique, capable d’anticiper, d’aller vite, de prendre l’initiative pour imposer un changement au lieu de le subir. A défaut, le pays a besoin d’un pouvoir capable de réagir rapidement, de répondre sans délai à une situation qui évolue à un rythme accéléré.

C’est dans ce contexte qu’une vieille recette est proposée : introduire le poste de vice-président dans la constitution. Cela permet de régler deux problèmes à la fois : créer un centre de décision capable suppléer les aux difficultés physiques dont souffre le chef de l’Etat, et régler la question de la succession, car le vice-président sera naturellement appelé à devenir président à la fin du mandat de M. Bouteflika.

Quitte à égrener quelques lapalissades, ceci impose des évidences qu’on a tendance à oublier. En premier lieu, que le pouvoir veut régler ses problèmes, pas ceux de l’Algérie. Que MM. Belkhadem et Soltani font partie des cercles du pouvoir, et leurs intérêts sont aujourd’hui étroitement imbriqués dans ceux du pouvoir. Ils sont donc mandatés pour vendre une solution qui permet de régler temporairement des problèmes du pouvoir, qui sont les leurs.

Les Etats-Unis, qui poussent eux aussi à un changement, veulent anticiper une situation qui peut devenir dangereuse pour eux. Washington pense en effet que les régimes arabes en place, même alliés, constituent désormais une menace, car ils cristallisent la contestation et le radicalisme. Il faut donc les remplacer par d’autres, plus efficaces et plus conciliants.

La société algérienne, quant à elle, a d’autres aspirations. Elle veut du pain, mais aussi de la liberté, de l’efficacité économique et du progrès social. Ses aspirations, souvent mal formulées, s’expriment parfois de manière violente. Peuvent-elles être conciliées avec celles du pouvoir ?

Quand M. Abdelhamid Mehri propose un débat pour aller à un changement qui ne laisse personne sur le bord de la route, il prône une solution raisonnable, qui tienne compte des intérêts de chacun, ou du plus grand nombre. Si une telle solution n’est pas mise en place, à l’initiative ou avec l’accord du pouvoir, d’autres arbitrages l’imposeront, tôt ou tard. L’arbitrage de la rue. Ou des Etats-Unis.

ليبيا ومغامرة التدخل الأجنبي

عابد شارف

قطعت الأزمة الليبية هذا الأسبوع مرحلة خطيرة جدا لما فتح الغرب، بتواطؤ من البلدان العربية، بابا أمام التدخل الأجنبي. ورغم الحذر الذي يحيط المغامرة، ورغم محاولة الجامعة العربية أن تغطي مباركتها للتدخل الأجنبي بكلمات لطيفة وتغليفه في قالب قانوني، إلا أن الخطر اقترب بشكل واضح، في انتظار التطورات الأخرى التي ستفتح المجال للبلدان الغربية من أجل الاستيطان في الحدود الجزائرية.

وقد حدث هذا التطور الخطير بسبب تزامن عاملين أساسيين، أحدهما داخلي ليبي، والثاني خارجي. ففي ليبيا، استطاعت القوى الموالية للعقيد معمر القذافي أن تلم شملها وتنظم صفوفها، لتشن حملة مضادة بعد مرحلة صعبة دامت أسبوعين. وتمكن العقيد القذافي من تجنيد القوى التي بقيت وفية له لينطلق في محاولة لاستعادة المناطق التي ثارت ضده، وهو يهدد اليوم باكتساحها، مما سيؤدي إلى مأساة حقيقية إذا تمكنت جيوشه من حسم المعركة عسكريا.

ويذكرنا ما يحدث في ليبيا بتصرف القوات الموالية لصدام حسين بعد حرب العراق الأولى. ونذكر أن البلدان الغربية دفعت آنذاك جزء من الشعب العراقي إلى الثورة ضد نظام صدام حسين، قبل أن ينسحب الجيش الأمريكي ويترك ميليشيات صدام تقتل « الأعداء الداخليين ». وكان تصرف الجيش العراقي تجاه المعارضين إجراميا، مما أعطى مبررا لأمريكا حتى تضع العراق تحت مراقبة دائمة، قبل الضربة القاضية.

وإذا استطاعت القوات الموالية للقذافي أن تستعيد سيطرتها على كل نواحي ليبيا في الأسابيع القادمة، فإن نفس السيناريو سيتكرر. وسيثأر القذافي وجيشه من أعدائه، مما سيؤدي إلى مجازر كبرى. وسيشكل ذلك مبررا للقوات الأجنبية لتتدخل، بحجة حماية الشعب الليبي، وبمباركة العالم كله. وستحط قوات الحلف الأطلسي رحالها في ليبيا، بطلب من الإخوة والأشقاء، وبترحيب من الشعب الليبي، وبطلب عاجل من مجلس الأمن الدولي…

وتبدو الدول الكبرى أنها أدركت الوضع، وأنها تريد أن تتعامل معه بما يحمي مصالحها. وعكس ما يظن دعاة التدخل الأمريكي، فإن مصلحة الدول الغربية ليست اليوم في تدخل يمنع القذافي من ارتكاب جرائم جديدة، إنما مصلحتها في مواصلة زحف قوات القذافي حتى تسيطر على مناطق جديدة وتؤدي بها نشوة الانتصار إلى ارتكاب جرائم ترفع كل الحواجز السياسية وبسيكولوجية أمام أي تدخل أجنبي. وبعد تجارب العراق وأفغانستان، قالت الولايات المتحدة أنها لا تريد حربا برية جديدة. ومن المفروض أن يشجع هذا التصريح القذافي على الزحف نحو بنغازي، وهو الخطأ الذي سيبرر التدخل الأجنبي، إما لاحتلال ليبيا بحجة حماية المعارضة، أو لفرض تقسيم ميداني للبلاد.

وتشير المعطيات الميدانية وأن هذا السيناريو يكاد يشكل حتمية لا كفر منها، اللهم إلا إذا وقع طارئ جديد يمكن أن يغير موازين القوى. ففي الميدان العسكري، تبدو القوى الموالية للقذافي قادرة على استعادة أجزاء كبيرة من المناطق التي يتحكم فيها الثوار، كما اتضح أن القوى التي تواجه القذافي ليست قادرة على الصمود إذا لم تنصرها قوى أجنبية في آجال قريبة جدا. وتتصرف القوى الوفية للنظام الليبي وكأنها في صراع مع الوقت، حيث تريد أن تحسم الموقف عسكريا قبل أن يتخذ مجلس الأمن قرارا يمنعها من التحرك بكل حرية.

ويتضح بذلك أن المجال أصبح مفتوحا أمام تطورات خطيرة يصعب تجنبها في ليبيا، مما يدفع إلى التساؤل حول بعض الأخطاء الكبرى التي ارتكبها « الثوار » في ليبيا. وأكبر خطأ هو لجوءهم إلى استعمال السلاح، عكس ما حدث في مصر وتونس، حيث كانت الثورة سلمية لا يمكن مواجهتها بالدبابات. وكانت الثورة الليبية تبدو قريبة جدا من الانتصار على نظام بصورته الحقيقية، صورة نظام متأخر، متخلف، خارج من التاريخ.

ولما ظهر السلاح، استطاع نظلم لقذافي أن يعيد المواجهة إلى الميدان الذي يتحكم فيه، وهو الميدان الذي تسود فيه القوة. وتثير هذه الظاهرة تساؤلا لا يمكن تجنبه: كيف ولماذا لجأ « الثوار » إلى السلاح؟ من دفعهم إلى ذلك؟ هل كان ذلك خيارا من مجموعات ضعيفة سياسيا، أم جاء بإيحاء من أطراف أخرى دفعتهم إلى هذا المأزق؟ وما كان دور القوات الخاصة البريطانية والأوربية الأخرى التي دخلت تراب ليبيا على متن مروحيات عسكرية؟

يبدو أن الوقت لم يحن بعد لطرح هذه الأسئلة، لأن الأولوية تتمثل اليوم في منع القوى الموالية للعقيد القذافي من ارتكاب جرائم حرب وجرائم ضد الإنسانية، ومنعها كذلك من تحطيم البلاد. لكن لا يجب أن يؤدي التكفل بالأولويات إلى نسيان هذه الأخطاء الأساسية التي من الممكن أن تحول ثورة واعدة إلى كارثة سياسية ومأساة إنسانية.

Agitation

La journée promet d’être très agitée. Il y a d’abord une violente attaque contre Bouchachi par un député RCD. C’est dans le soir d’Algérie:

http://lesoirdalgerie.com/articles/2011/03/10/article.php?sid=114074&cid=2

Ensuite, des députés décident de boycotter l’APN et vont peut être bientôt démissionner. Mais attention: il y a une rumeur sur une prochaine dissolution de l’APN Donc, ces gens découvrent brusquement les vertus du boycott, ce qui leur permettra de faire campagne. Mais si l’APN n’est pas dissoute, ils perdent gros.

Il y a aussi Belkhadem qui demande une révision de la constitution. Tiens! On pensait qu’il l’a révisée il y a deux ans. Ce type pense que c’est un jeu. Il faut lui apprendre que la constitution américaine est amendée une fois tous les cinquante ans.

Mais peut-être y a-t-il urgence à amender pour mieux organiser une succession qui se fait pressante…

La crise libyenne s’installe dans la durée

La crise libyenne a pris une autre dimension. On n’est plus dans l’histoire d’un despote qui cherche à se maintenir au pouvoir à n’importe quel prix.

Par Abed Charef

La crise libyenne semble partie pour s’installer dans la durée, avec des conséquences particulièrement inquiétantes pour l’Algérie et pour l’ensemble de la région. D’ores et déjà, les éléments disponibles indiquent que l’un des pires scénarios est en train de s’imposer en Libye, ce qui risque d’attiser l’instabilité dans une région qui subit de profonds bouleversements.

Sur le terrain, le scénario d’une révolution à l’Egyptienne, connaissant son épilogue au bout de deux semaines, semble écarté. Le colonel Maammar Kadhafi, barricadé dans son bunker de Tripoli, a tenu le premier choc. Il semble même en mesure de lancer des contre-attaques pour tenter de reconquérir le terrain perdu. A moins de retournements spectaculaires dans son camp, il semble disposer de l’argent, des armes et des troupes nécessaires pour tenir longtemps.

Et contrairement à la Tunisie ou à l’Egypte, les contestataires ne sont pas, cette fois-ci, des militants pacifiques. La contestation populaire a rapidement dégénéré, pour se transformer en résistance armée. Visiblement, Kadhafi ne fait pas seulement face à cette nouvelle vague de militants postmodernes, férus de technologie et mobilisés grâce aux réseaux sociaux, mais il doit affronter des groupes solidement armés, dirigés par des militaires qui étaient dans son camp il y a peu. Une partie de l’armée semble avoir fait défection, ce qui constitue la pire des évolutions.

C’est le schéma classique d’une révolte populaire, qui débouche sur une rébellion d’une partie de l’armée, appuyée par une bonne partie de la population. En face, le pouvoir en place, après un moment de flottement, s’est resserré autour de son noyau dur, pour compter ses troupes. Au moment où la négociation semble devoir s’engager, il peut s’appuyer sur une partie de l’armée, les services de sécurité, et sur une clientèle assez nombreuse composée de tribus et de bénéficiaires du système, soucieux de se maintenir. Ce n’est pas suffisant pour reconquérir le pays rapidement, mais c’est largement suffisant pour tenir le coup avant de commencer à manœuvrer. Et à moins de l’entrée en scène d’un nouvel acteur, il ne semble guère envisageable de voir une partie prendre un avantage décisif dans l’immédiat ou écraser l’adversaire pour remporter une victoire rapide.

Le plus probable est donc que la Libye s’installe dans une instabilité chronique, avec un statu quo que les grandes puissances veilleront à maintenir, comme cela se passe pour la Côte d’Ivoire. Embargo sur les armes, commerce extérieur étroitement surveillé, pressions diplomatiques intenses, zone d’exclusion et contrôle strict de l’espace aérien, constituent la panoplie traditionnelle dans ce genre de situation.

Cela équivaut à transformer la Libye en un foyer de tension permanent, avec tout ce que cela comporte pour les pays riverains.  Ce pays deviendra un carrefour pour le trafic d’armes, alors que toute la région est menacée d’instabilité. A l’est, l’Egypte, qui vient de subir un bouleversement politique, ne sait pas encore vers quel destin elle se dirige. A l’est, la Tunisie, où la « révolution du jasmin » a abouti au départ du président Ben Ali, tente tant bien que mal de sauver ce qui peut l’être d’une mutation toujours en cours.

Plus au sud, la situation est encore plus inquiétante. Les Touareg, que Kadhafi avait armés, peuvent êtres tentés par n’importe aventure, alors que la compagnie Al-Qaïda recrute précisément dans cette zone. Et au-delà, c’est désormais toute une zone, qui s’étend de la Somalie à la Libye, en passant par le Soudan, le Tchad et les pays du Sahel, qui se trouvent sous la menace des armes. C’est toute une chaine de ce que les Etats-Unis appellent failed state (états défaillants), incapables d’assurer la sécurité et l’ordre sur leur territoire.

Mourad Medelci, ministre des affaires étrangères, a clairement souligné les dangers d’une telle situation. Les évènements de Libye risquent d’être « exploités par des groupes terroristes dans la région du Sahel », et la Libye « pourrait servir de base arrière du terrorisme », a-t-il dit.

Vue d’Alger, la crise libyenne prend donc l’allure d’une menace directe, évidente, alors qu’ailleurs, elle est traitée autrement, car les enjeux sont différents. Pour l’Europe, la crise libyenne est vécue comme une cause possible de nouvelles vagues d’immigration, au moment où le front national devient, en France, la première force politique du pays. A partir des Etats-Unis, la révolution avortée de Libye est perçue dans ce qu’elle peut influer sur la situation en Egypte et, accessoirement, sur le marché pétrolier international. C’est d’ailleurs l’un des rares espoirs de  voir la crise libyenne aller rapidement à une solution : si le marché mondial de l’énergie, déjà tendu, subit de fortes perturbations, les Occidentaux pourraient pousser à une solution rapide.

Mais si la crise dégénère, et si la violence monte d’un cran, il est évident que cela ouvrira la voie à tous les dérapages. Une intervention étrangère, déjà brandie par les va-t-en guerre occidentaux et libyens, constituerait à ce propos le pire des scénarios. Mais le plus grave réside dans ce constat : le comportement du pouvoir libyen comme celui des opposants armés ne laisse guère de marge pour éviter une telle catastrophe. Comme si tous les deux avaient intérêt au chaos. A moins que le chaos ne soit souhaité ailleurs, par ceux qui, profitant de cette fameuse révolution arabe, veulent redessiner la carte de la région.

دكتوراه في سوء التسيير

دكتوراه في سوء  في 13 ديسمبر 2010، قطع الوزير رشيد حراوبية مرحلة جديدة في إطار ما يسميه إصلاح الجامعة. وجاء ذلك على شكل مرسوم رئاسي لتنظيم الشهادات الجامعية، خاصة منها الشهادات التي يتحصل عليها طلبة المدارس العليا. وقال الوزير أن هذا القرار يعطي كل ذي حق حقه، بينما اعتبر الطلبة أنه خطير ومجحف بالنسبة إليهم… لكن ليس مهما هنا أن نعرف هل أن القرار كان جادا أم أنه ظالم بالنسبة للطلبة. إنما ما يلفت الانتباه هو ما ترتب عن هذا القرار من أحداث وإضرابات وضياع للوقت وانهيار للمؤسسات. فبعد صدور المرسوم مباشرة، حاول الطلبة أن يحتجوا، لكن صوتهم لم يكن مسموعا، فتجاهلتهم الوزارة، وواصلت تطبيق القرار دون أن تلفت تأخذ مطالبهم بعين الاعتبار. وبعد شهر، تغيرت الأوضاع في البلاد. وجاءت أحداث تونس ثم مصر. ووقعت في الجزائر أحداث بداية السنة، لما خرج الآلاف من الشباب في عمليات احتجاج وتخريب عشوائية زعزعت السلطة في قناعاتها. ولما امتدت الاحتجاجات في الخارج إلى ليبيا واليمن والأردن والمغرب، وهددت الظاهرة باجتياح الجزائر، ولما اتضح أنه من الممكن أن يخرج احتجاج الطلبة إلى الشارع، ويشكل نقطة انطلاق لموجة جديدة من أعمال العنف المظاهرات، قررت الحكومة أن تلغي قرار الوزير حراوبية، لا قناعة أن هذا القرار غير ملائم، لكن لأن الظروف السياسية والاجتماعية لا تسمح باتخاذ مثل هذا القرار… ولما جاء قرار مجلس الوزراء الذي يلغي قرار الوزير حراوبية، اكتشف الطلبة أنهم قادرون على تهديد الحكومة، وفرض كل ما يريدون عليها. فاجتمع الطلبة وقرروا مواصلة الإضرابات لأسباب ثانوية. وقال الطلية: ليست لنا ثقة في الحكومة ولا في مجلس الحكومة، إنما نريد قرارا جديدا يلغي القرار الأول، ونريد أن نراه في الجريدة الرسمية قبل أن نعود إلى الدراسة. وفي محاولة أخيرة لوضع حد للإضراب، تم تنظيم « نقاش » في التلفزيون، شارك فيها ممثلون عن الوزارة والجامعة وطلبة لا نعرف كيف تم اختبارهم. وأثناء النقاش في التلفزيون، وجد الطلبة أنفسهم في مواجهة مع مسؤولين كبار، يتحكمون في الأرقام والمفاهيم، ويتكلمون بإسهاب عن منجزاتهم، فتحولت الجلسة إلى « كل شيء على ما يرام والحكومة تتكفل بكل متطلباتكم ومطالبكم »… لكن فورا بعد انتهاء الحصة، تجمع الطلبة في الكليات واعتبروا الحصة التلفزيونية إهانة لهم ومراوغة جديدة، وجعلوا منها حجة جديدة لمواصلة الإضراب… ومن يريد أن يفهم مسلسل الأحداث هذه يستغرب أمام سلسلة الأخطاء المتتالية التي ارتكبتها الحكومة في قضية بسيطة. فقد اختارت الوزارة أن تتخذ قرارها دون استشارة الطلبة، ودون إقناعهم. وهذا لا يعني أن قرار الوزارة سلبي بالضرورة، بل يمكن أن يكون إيجابيا ومفيدا، ويمكن أن يكون الطلبة على خطأ. لكن تصرف الحكومة دفعها إلى قتل قرار أساسي في تنظيم الجامعة. كما أن هذا التصرف يمنع أي وزير في المستقبل أن يطرح هذا القرار مجددا، لأن الطلبة سيعيدون الكرة بعدما اكتشفوا أن الوزارة ستتراجع إذا هددوها باللجوء إلى الشارع. وتكون الحكومة قد كرست بذلك سياسة جديدة تتمثل في اتخاذ القرارات بصفة ملتوية، وفرضها إذا لم يتجند الطلبة ضدها، والتراجع إذا كان الظرف السياسي لا يسمح بذلك… وبهذا التصرف، فإن الوزارة تدفع الطلبة إلى اتخاذ يضر بمصالحهم. وجاء مثلا في لائحة الطلبة تسهيل شروط الحصول على الماستر والدكتوراه، وهو ما يضر بقيمة هذه الشهادات التي تراجعت قيمتها بشكل ملحوظ. وإضافة إلى ذلك، فإن الكل يعرف أن السنة الجامعية في الجزائر ناقصة كما وكيفا، حيث أن مستوى الدراسة ضعيف، وأن السنة تقتصر على أقل من ثلاثين أسبوعا، بينما تمتد السنة إلى ما يقارب الأربعين أسبوعا في الجامعات الكبرى في البلدان الغربية. لكن هذه النقاط تبقى خارج اهتمام الوزارة والطلبة. ويتضح من كل هذا أن القرار في الجامعة لا يأتي بناء على قواعد بيداغوجية وعقلانية، إنما يخضع القرار للظرف السياسي، ولميزان القوى في الشارع. ولعل هذا ما يفسر لنا كيف تم منح شهادة دكتوراه شرفية من جامعة الجزائر للزعيم الليبي معمر القذافي… دكتوراه في العلوم السياسية. نعم سيدي، في العلوم السياسية…