Sports : la nouvelle saison est bien lancée

Par Abed Charef

La nouvelle saison sportive est lancée. Et de quelle manière ! Alors que l’Algérie n’est pas encore réveillée d’un long Ramadhan et d’un été particulièrement chaud, elle accumule déjà trois évènements significatifs de l’état de désorganisation du sport en général et du football en particulier.

Aux championnats du monde d’athlétisme, l’Algérie n’a pas remporté de médailles. L’ère de Noureddine Morcelli et Hassiba Boulmerka est bien révolue. Pas de suspens, pas d’ambitions, pas d’athlète qui fasse vibrer les foules. Malgré l’expérience acquise dans la préparation des athlètes et malgré des participations régulières aux grands meetings, les résultats sont médiocres. Les talents se font rares. Les chances de médaille aux Jeux Olympiques de Londres, dans un an, semblent limitées. Plus que le résultat lui-même, c’est la résignation qui pose problème.

En football, c’est encore pire. L’équipe nationale est pratiquement éliminée de la coupe d’Afrique des Nations. Face à des équipes aussi faibles que la Tanzanie et la République Centrafricaine, l’Algérie n’a même pas réussi à faire illusion. Face à la seule équipe de niveau acceptable, le Maroc, elle a reçu une véritable correction, ce qui révèle la régression évidente du niveau de jeu de l’équipe.

Ces résultats sont d’autant plus inacceptables qu’ils interviennent dans la foulée de la folle aventure des éliminatoires du Mondial 2010. Comment cette équipe est-elle tombée si bas alors que l’épopée d’Oum Dourman date de moins de deux ans ? Seul Mohamed Raouraoua, qui a sacrifié Rabah Saadane après une entrée mitigée en coupe d’Afrique, peut donner la réponse.

En ce début de saison, ce sont aussi les clubs qui font l’évènement. Et l’évènement maquant de la semaine vient de Tizi-Ouzou, où l’inénarrable président Moh Cherif Hanachi vient d’accomplir l’acte qui lui semble le plus banal dans la gestion de l’équipe : limoger son entraineur. La victime est, cette fois-ci, Moussa Saïb. Celui-ci est-il un bon entraineur ? Est-il un mauvais entraineur ?

La réponse est secondaire. C’est l’attitude de Hanachi qui est exceptionnelle. Il a limogé Saïb avant même le début du championnat. Au total, en vingt ans de présidence, Hanachi aura limogé une quarantaine d’entraineurs, dont cinq ou six, on ne sait plus, depuis dix huit mois. Avec le président de Sétif Abdelhakim Serrar, il accumule le plus grand nombre d’entraineurs limogés.

Est-ce cette gestion primaire qui a débouché sur l’émergence de dirigeants d’une incroyable indigence, ou est-ce la légèreté de ces dirigeants qui a imposé cette gestion approximative ? Toujours est-il que des clubs prestigieux n’arrivent plus à constituer une équipe acceptable, ni à payer des salaires, ni à assurer la sérénité nécessaire autour de leur équipe. Ce qui ne les empêche pas de recruter à coups de milliards, pour entrer dans un cycle d’endettement dont ils sont incapables de sortir.

Leur échec a un effet immédiat. Les clubs algériens n’apportent rien à l’équipe nationale. Pire : ils réussissent à brider de vrais talents, et à les empêcher de progresser. Comme le montre l’exemple de Abdelmoumène Djabou. Celui-ci a commencé à acquérir une dimension internationale, avant d’être englouti par un système qui l’ fait régresser. Sur la lancée de la saison accomplie il y a deux ans, il pouvait espérer être l’animateur de l’équipe nationale pour la coupe du monde 2014. Mais transféré dans une équipe où la seule règle est de gagner plus d’argent que les autres, il a rapidement sombré, pour redevenir un joueur quelconque.

Il est évidemment légitime, de la part de Djabou, de vouloir gagner plus d’argent. Mais son environnement et son équipe n’ont pas su le préserver, ni lui tracer un véritable plan de carrière. Ce qui l’amène à confirmer de nouveau que la seule issue pour un footballeur algérien est d’être rapidement happé par le système professionnel européen, où il peut encore progresser et s’exprimer, avant de revenir éventuellement par la grande porte en équipe nationale.

Quant aux clubs algériens, ils continueront à vivoter entre combines et magouille. A moins de sombrer dans la violence, comme ce match dit « amical » entre l’USMA et le NAHD, que l’arbitre a été contraint d’interrompre après de graves incidents. En tout état de cause, l’été 2011 a révélé leur véritable niveau international. En compétitions africaines, face à de modestes équipes, le Mouloudia d’Alger et la JSK ont littéralement sombré. Leur naufrage annonçait celui de l’équipe nationale.

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