Et si l’Algérie décidait d’aller vers une vraie solution?

Et s’i l’Algérie décidait d’éviter le pire ? Et si elle décidait d’aller à « une transition pacifique, inclusive », avec « un processus évolutif » ?

 Abed Charef

 Cette fois-ci, la leçon a été bien apprise. A l’exception de M. Ahmed Benbitour, qui n’a ni appareil de parti à sa disposition, ni divisions blindées pour le porter au pouvoir, aucun candidat qualifié de sérieux ne s’est manifesté pour l’élection présidentielle de 2014. Malgré les pressions exercées sur lui pour l’inciter à se déclarer, Ali Benflis reste très prudent. Il a éludé toutes les questions et décliné toutes les sollicitations, en attendant que les choses deviennent plus claires.

Quant à Ahmed Ouyahia et Abdelaziz Belkhadem, c’est le silence radio. Les deux hommes sont soigneusement calfeutrés, se gardant soigneusement d’émettre le moindre commentaire ou d’engager la moindre initiative. Ils savent parfaitement que les règles du système politique algérien sont d’une logique implacable : au moindre mouvement non autorisé, c’est la mort politique ; à la moindre initiative non agréée, la sanction tombe, implacable. C’est le carton rouge.

Seuls les soutiens au quatrième mandat essaient de se manifester, sans véritable conviction. Amar Ghoul et Amara Benyounès se déclarent favorables à un nouveau mandat du président Bouteflika, et font campagne en ce sens. Mais eux-mêmes ne semblent pas sûrs de leur choix. Ils ne paraissent pas totalement convaincus que l’état de santé de M. Bouteflika lui permettre de tenir le coup.

Cette situation a fini par figer toute l’activité politique dans le pays. Il ne se passe plus rien en Algérie. Ni débat politique, ni activité institutionnelle digne de ce nom. Et ce ne sont pas les gesticulations de quelques ministres ou l’activité brouillonne du premier ministre Abdelmalek Sellal qui vont remplir le vide. La machine semble brisée. Elle ne répond plus.

Il y a évidemment ceux qui déplorent cette situation, la critiquent, voire la dénoncent avec une rare virulence. Ils sont nombreux. Mais leur voix ne porte guère. Seuls les milieux initiés et les appareils politiques s’intéressent à eux, et aux gesticulations sans lendemain de quelques personnalités en vue du microcosme algérois. La crise du FLN, qui a défrayé la chronique pendant quelques semaines, a été à son tour oubliée. Et au final, on se retrouve avec un pays qui va, en théorie, vivre une élection présidentielle dans six mois, mais qui n’est animé par aucune fièvre politique, un pays où on ne décèle aucune fièvre électorale, aucun signe de l’approche d’un quelconque scrutin. Rien ne montre que l’Algérie s’apprête à vivre un moment politique supposé majeur.

Pourquoi cette paralysie? Pour une raison simple. Personne n’est aujourd’hui en mesure de répondre à une question dont dépend tout le reste : le président Abdelaziz Bouteflika est-il candidat à sa propre succession ?

Si le chef de l’Etat veut rester au pouvoir, il est clair que rien ni personne ne l’empêchera. Tous les aspirants au pouvoir le savent. Non parce que M. Bouteflika dispose d’un pouvoir absolu, ou parce qu’il aurait pris le dessus sur les autres groupes ; mais parce qu’il gouverne au nom d’un consensus au sein du pouvoir, et s’il décide de rester, il sera maintenu au nom de ce même consensus.

Pour l’heure, partis, personnalités et candidats potentiels ne savent pas si le chef de l’Etat va briguer un nouveau mandat ou non. Alors, ils attendent. Ils prennent leur mal en patience, mais ils ne peuvent rien faire tant qu’ils ne « distinguent pas le fil blanc du fil noir ». Le président Bouteflika a tout à gagner à maintenir ce suspense. S’il veut rester, il va gagner par défaut, ses adversaires ne s’étant même pas manifestés. S’il décide de se retirer, il pourra aller tranquillement au bout de son mandat, sans trop d’épreuves. Il a donc intérêt à retarder l’échéance au maximum.

Toutefois, dès qu’un premier signe apparaitra, la situation risque de basculer. En cas de candidature de M. Bouteflika, des lièvres se lanceront, nombreux et disponibles. Ils joueront le jeu, feront campagne, effectueront de longs périples et feront de très nombreux discours. Puis le rideau retombera, et on aura de nouveau un pays totalement figé.

Dans le cas contraire, la vie politique du pays risque de changer totalement. Une autre lutte sera engagée, même si on ne sait pas si ce sera une vraie bataille, entre des candidats aux projets différents, ou bien une bataille entre candidats dont le principal souci sera de rassurer le pouvoir. Mais le pire n’est pas toujours à venir. Et rien n’interdit de penser que l’Algérie puisse s’orienter vers « une transition pacifique, inclusive », avec « un processus évolutif », selon la formule utilisée par le ministre des affaires étrangères Ramtane Lamara.

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1 commentaire

  1. GHEDIA Aziz, membre fondateur de Jil jadid.

     /  9 octobre 2013

    Et si Abed Charef prenait la peine de jeter un coup d’œil sur l’activité politique de certains petits partis politiques nouvellement agréés ? Il se rendrait compte alors qu’un certain Soufiane Djilali est entrain de damer le pion aux vieux caciques de la scène politique nationale. Dans son papier Abed Charef ne cite que les vieux, les hommes politiques qui ont fait leur temps sans prouver quoi que ce soit. Les hommes politiques qui ont fait leur temps mais pas leur preuve. Pourtant, Abed Charef n’est pas sans savoir qu’on ne peut faire du neuf avec des vieux. Si on voulait vraiment que « ça change », on devrait miser sur la « nouvelle génération » qui, elle, est pleine de ressorts, d’énergie, de fougue et d’ambition. N’est ce pas que c’est le cas de Soufiane Djilali qui, en quelques mois seulement, est devenu le « chouchou » de la presse nationale ? Sollicité par-ci par-là, il défend jusqu’au bout ses idées et les idées de son parti Jil jadid. Malheureusement cela a échappé à l’œil critique de Abed Charef.

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