Coup d’accélérateur à la campagne électorale du président Bouteflika

Le président Abdelaziz Bouteflika n’a pas encore annoncé sa candidature pour un quatrième mandat. Mais ses partisans sont déjà en campagne pour mobiliser les appareils et l’électorat traditionnel du pouvoir.

Abed Charef (Publié sur le site maghrebemergent.info, 23 janvier 2014))

La machine électorale du président Abdelaziz Bouteflika s’est mise en branle. Alors que la candidature du chef de l’Etat pour un quatrième mandat planait depuis de longs mois, sans que rien de concret ne vienne la concrétiser sur le terrain, les choses se sont accélérées ces derniers jours, avec la mobilisation de l’appareil électoral traditionnel du pouvoir.

Le coup de départ a été donné par le premier ministre Abdelmalek Sellal, qui s’est mis à sillonner le pays depuis un mois et demi, exactement comme l’avait fait le chef de l’Etat en 2004 et 2009, quand il distribuait les enveloppes et comptait ses troupes. L’opinion a été déroutée un moment par la démarche de M. Sellal, à cause de bruits selon lesquels le premier ministre serait le candidat du pouvoir. Mais la candidature de M. Sellal est devenue, de fait, caduque, dès le moment où il a pris la présidence de la commission électorale, installée lundi dernier.

Auparavant, les médias publics ont lancé une campagne vantant les réalisations du président Bouteflika. Des citoyens de différentes régions du pays évoquent ainsi, dans des spots diffusés par la radio, ce qu’a accompli le chef de l’Etat sur le plan politique, dans la vie quotidienne ou sur le plan économique. Rétablissement de la paix et réconciliation nationale sont évoqués, en même temps que la réalisation de logements, de routes ou de petits terrains de football de proximité.

Coup d’accélérateur

Le coup d’accélérateur a été donné cette semaine avec l’intervention remarquée de M. Amar Saadani, secrétaire général du FLN, annonçant que le président Bouteflika est candidat pour un quatrième mandat. « Le président Bouteflika est candidat », a lâché Amar Saadani, qui avait, à de multiples occasions, appelé le chef de l’Etat à réviser la constitution et à briguer un quatrième mandat. Les appels du pied de M. Saadani apparaissaient d’ailleurs comme un deal proposé au chef de l’Etat. Celui-ci était assuré d’un quatrième mandat, à la condition qu’il accepte de réviser la constitution, en vue de créer un poste de vice-président.

M. Saadani a été relayé par le secrétaire général de l’UGTA, M. Abdelmadjid Sidi-Saïd, qui a demandé, lui aussi, au président Bouteflika de briguer un quatrième mandat. Selon M. Sidi Saïd, le président Bouteflika « a toujours été aux côtés des travailleurs ». De nombreux petits partis, vivant à la périphérie du pouvoir, ont formulé des appels en ce sens, alors que deux membres du gouvernement, Amara Benyounès, ministre de l’industrie, et Amara Ghoul, ministre des transports, avaient fait preuve d’un zèle remarqué pour soutenir l’idée d’un quatrième mandat. Tous deux sont à la tête de partis proches du pouvoir. Le RND, dirigé par le très conciliant Abdelkader Bensalah, qui a succédé à Ahmed Ouyahia, a montré les mêmes dispositions favorables au chef de l’Etat.

Candidature risquée

Cette montée en puissance de la précampagne de M. Bouteflika balaie les réserves suscitées par son état de santé. Longuement hospitalisé en France à la suite d’un AVC, dont il a été victime le 27 avril 2013, le chef de l’Etat se remet difficilement de cette épreuve. Ses apparitions publiques sont limitées au strict minimum. Il n’a fait aucune déclaration publique depuis un an.

Sa candidature apparaissait dès lors comme risquée, ce qui a pu faire croire que la succession était ouverte. Mais le Président Bouteflika a fait preuve d’une maitrise certaine. En retardant l’annonce de sa candidature, il a préservé un minimum de suspens, ce qui a poussé certaines personnalités, comme M. Ali Benflis, à prendre le risque de se porter candidat. Mais M. Bouteflika reste maitre du calendrier politique. Lui-même ne s’est pas encore prononcé, mais il laisse faire ses partisans, pour qu’au final, sa candidature apparaisse comme un aboutissement naturel d’un processus politique devant aboutir à son élection.

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