Du PPA, Zeddine, l’OS, FLN-ALN au FFS: le testament de Hocine Aït-Ahmed, vu par Mouloud Hamrouche

Lors de la cérémonie du 40ème Jour du décès de Aït Ahmed, organisée samedi 6 février 2016 au Palais de la culture Moufdi-Zakaria, à Alger,  Mouloud Hamrouche a rendu hommage au militant, au chef de l’OS, au diplomate et à l’universaliste Hocine Aït-Ahmed.

 

Voici le texte de sa déclaration:

 

Du PPA, Zeddine, l’OS, FLN/ALN au FFS

Mesdames, Messieurs,

 

Restituer le parcours d’un militant, penseur, organisateur, diplomate et fin stratège en cette circonstance est un exercice hardi. Résumer tant d’événements et tant de tournants historiques qu’Ait Ahmed a impactés et traversés l’est plus.

Hocine Aït-Ahmed a eu un parcours de combat exceptionnel, et a joué un rôle multidimensionnel. Toujours pour un et même but, toujours pour un et même idéal. L’indépendance et la liberté pour ses concitoyens et son pays.

Il a été maintes fois affligé par la mort de tant de compagnons tombés au champ d’honneur et par d’autres qui avaient renié leur serment, déserté le combat, dévié de la trajectoire ou simplement changé de camp.

Il a connu des moments de gloire, d’exaltation, de tristesse et de chagrin. Mais l’homme a gardé sa foi en ses concitoyens et en leur cause.

Théoricien de la guerre populaire révolutionnaire, combattant et chef de l’Organisation Secrète (l’OS), représentant et porte-parole du mouvement nationaliste à l’extérieur FLN/ALN, il se révèlera à cette occasion un fin diplomate, un expert hors pair des rapports mondiaux, des relations internationales et des enjeux de la guerre froide Est/Ouest. Il recommandera à ses compagnons d’exploiter toutes ses failles et toutes ses opportunités.

La patrie lui doit deux œuvres monumentales qui ont marqué le cours de l’histoire de la renaissance de l’Algérie.

La première, c’est son rapport au comité central à l’occasion du congrès de Zeddine en 1948 qui débouchera sur la création de l’Organisation Secrète (l’OS)

La seconde, c’est son étude envoyée de prison au Comité de Coordination et d’Exécution (C.C.E), né du congrès de la Soummam, pour la formation d’un Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (GPRA).

À la suite de l’effondrement de l’ordre légal algérien un certain 05 juillet 1830, le nouvel ordre colonial de peuplement va tenter une double substitution. Substituer la souveraineté algérienne par la souveraineté française, et remplacer la population algérienne, promise au statut de l’indigénat, par une autre population de colons.

Les Algériens qui avaient perdu leurs structures légales et leur liberté ont refusé de renoncer ou d’abdiquer leur souveraineté. Les résistances de l’Émir Abdelkader, d’Ahmed Bey et de nombreuses autres résistances populaires sporadiques locales de 1830 à 1880 en témoignent. Des révoltes éclataient en permanence jusqu’à celle du 08 mai 1945 qui a fait des dizaines de milliers de victimes.

Sans gouvernement et sans structures centrales, ces résistances et ces révoltes ont été l’œuvre d’humbles algériens qui l’ont payé de leurs vies, de la vie de leurs familles et de leurs tribus.

Ces farouches résistances et ces ténacités ont inspiré le rapport de Zeddine.

En effet, la création de l’OS est venue combler ce déficit. Cette création avait pour but de déceler les volontés à travers les régions du pays, de les réunir et de les préparer au combat final. L’OS, à ce titre, a été la première expression d’une volonté nationale hors cadre de l’ordre colonial; et le début d’une représentation nationale réelle. Cette volonté et cette représentation ont connu leur aboutissement et leur apogée avec le déclenchement de la guerre de libération nationale en 1954. Tous les responsables et la majorité des moudjahiddine de la première heure étaient d’anciens membres de l’OS. L’OS, à ce titre, est l’ancêtre de l’ALN. L’ALN est l’ancêtre de l’Armée Nationale Populaire (ANP).

Inspirateur du GPRA 

C’est également à Ait Ahmed que l’on doit l’idée de la création d’un Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (GPRA), pour affirmer l’existence de la personnalité internationale de l’Algérie.

Imprégné de la même idée et guidé par la même conviction qu’avec l’OS, Ait Ahmed conseilla de transcender tout clivage tribal ou régionaliste, en donnant un caractère national et institutionnel aux volontés et aux discours que les nationalistes développent. Le GPRA sera une institution qui représente le peuple et exprime sa volonté. Un peuple qui combat pour restaurer son État, retrouver sa liberté et son indépendance. Le GPRA sera aussi l’idée-force pour la mobilisation des masses algériennes.

Constituer un gouvernement provisoire de la république algérienne, c’était donner une autorité officielle à l’Algérie combattante et un interlocuteur au gouvernement français. C’était, surtout, confirmer et annoncer au monde la renaissance de l’État algérien. Il prévint ses compagnons tout en les pressant de former un tel gouvernement, car le FLN risque d’être considéré comme un parti politique qui se bat avec des armes à l’intérieur d’un ordre colonial.

Il a écrit un peu plus loin dans sa lettre: « dans cette phase, la notion de l’État au niveau international est plus pertinente que les notions de liberté et d’indépendance ». C’est ce qui a permis d’afficher que la souveraineté nationale réside en dernier ressort dans le peuple et pas uniquement dans des structures légales reconnues.

Faut-il rappeler que l’État a été reconnu a partir de septembre 1958 avec la formation du GPRA par le Conseil National de la Révolution Algérienne (CNRA)?

Faut-il, ici, maintenant et à cette occasion convoquer l’histoire d’un combat? Pas toute l’histoire, mais quelques moments forts. Une histoire non encore écrite dans les manuels scolaires. Une histoire qui s’est abritée dans nos cœurs et dans nos mémoires, comme elle s’était abritée dans les cœurs et mémoires des militants du PPA, de l’OS et du FLN/ALN qui nous l’ont transmise. D’autant qu’il y a aujourd’hui une sorte de révisionnisme qui ne dit pas son nom.

L’héritage des pères fondateurs

Conscients, les pères fondateurs ont opté pour un État national central, indépendamment de la forme de l’organisation du territoire national et du mode de son administration, imprégnés qu’ils étaient de ce que des historiens et des essayistes ont toujours affirmé, que notre pays a tout le temps souffert de l’absence d’un pouvoir central qui aurait pu déboucher sur l’édification d’un État national. En conséquence le pays a subi des échecs à répétition face à des invasions étrangères, malgré les résistances farouches et couteuses des Algériens. Les envahisseurs et conquérants ont toujours réussi à réduire cette résistance, poche par poche et village par village.

Le but des pères fondateurs était l’indépendance et l’édification d’un État souverain. Ils ne pouvaient concevoir un État national souverain sans un peuple souverain. Sans cette souveraineté, il ne peut y avoir de liberté ni de citoyens libres.

Il faut que cet État soit d’essence démocratique dans ses institutions et dans son fonctionnement, pour que les Algériens demeurent libres et souverains.

Bien plus, il faut que l’État national soit aussi social. Le terme social prend ici une autre connotation que celle née de la lutte de classes ailleurs. Conscients de l’état de dénuement et de misère de leurs concitoyens, les pères fondateurs ont inscrit le caractère social de l’État au même titre que la souveraineté nationale et la démocratie.

Cela signifie que le développement futur devra se faire au profit de tous les Algériens et au bénéfice de tous les constituants nationaux.

L’édification de l’État, son fonctionnement démocratique et social doivent se faire dans le cadre des valeurs de l’Islam. L’Islam est religion du peuple, l’État ne doit ni heurter ses valeurs ni les instrumentaliser.

Faut-il rappeler que l’ordre colonial a, durant cent trente ans, tout fait pour contrôler, administrer et instrumentaliser l’Islam? En guise de refus et de défense, la population a pris sous son contrôle la pratique religieuse. C’est pourquoi l’Islam était un facteur de préservation et de résistance. L’Islam comme la souveraineté se sont abrités dans le cœur des Algériens et non dans des structures.

Faut-il rappeler aussi que durant toute la période de la guerre de libération nationale, aucun traître ou autre déviationniste n’a été jugé et condamné au nom de la religion?

Le mouvement national, du PPA, de l’OS et du FLN/ALN, a réfuté les postulats/dictats coloniaux sur lesquels a été inventé la fiction « l’Algérie terre française habitée par des citoyens Français et des indigènes, sujets français musulmans.»

C’est pourquoi l’Identité algérienne et la nationalité algérienne sont fortement enracinés et fortement précieuses. Les pères fondateurs, en clamant haut et fort l’identité algérienne, n’ont jamais contesté les identités locales ou régionales. Mieux, ils ont fait d’elles des constituants de notre identité, de notre nationalité et de l’unité de notre pays.

Seul un État démocratique

C’est pourquoi, seul un État démocratique et social est à même de préserver et protéger les droits et libertés de tout constituant et de chacun des algériens.

Comme vous pouvez le relever, la demande démocratique a été formulée et revendiquée au même moment et au même titre que l’indépendance. La démocratie est un impératif hautement plus important qu’un mode de gouvernance. Les pères fondateurs l’ont porté au même titre que la liberté et l’État national. Cessez de croire, cessez de dire et de faire croire qu’elle est née avec le projet américain pour le moyen Orient et l’Afrique du Nord. Cessez de répéter que la démocratisation est une conspiration occidentale ou une contagion d’un certain printemps arabe.

L’État algérien sera un État démocratique ou il ne survivra pas.

C’est le verdict des initiateurs de la renaissance du pays. Observez bien la justesse et la pertinence de leur projet. Il a été la réponse adéquate à la question de la colonisation de peuplement et à la négation identitaire. Il est aussi un gage précieux pour que le pays ne retombe plus dans les affres, les faiblesses et les antagonismes du passé qui ont fait qu’il était devenu colonisable et colonisé.

Ce projet était et est toujours le meilleur rempart pour le pays, son unité, sa liberté, la liberté de tous ses citoyens et la meilleure protection pour chacun des constituants nationaux.

Cet acte fondateur qui a débuté avec le rapport d’Ait Ahmed au congrès de Zeddine, conforté par la création de l’OS et concrétisé ensuite par la création du FLN/ALN, a été plus qu’une guerre pour le recouvrement de notre indépendance et notre liberté. Il a été aussi pour notre identité, pour la souveraineté du peuple et de la libre pratique religieuse.

Ce projet ambitionnait que les Algériens gouvernent librement leur pays.

Combien parmi nous savent ou se souviennent que nous n’avions pas d’identité nationale ni de nationalité? Nous n’avions pas le droit d’accéder au statut de citoyen car notre territoire a été spolié. Nous étions candidats à l’extinction.

Le passé éclaire l’avenir

C’est grâce à la vigilance des pères fondateurs, à leur intelligence et à leur capacité de mobilisation et d’organisation que notre peuple a pu renaitre et recouvrer son identité et sa nationalité. De ce fait, des algériens accèdent aujourd’hui à d’autres nationalités.

En cultivant l’oubli et en instrumentalisant l’histoire afin de justifier et légitimer l’exercice du pouvoir, on a voulu tribaliser et lyncher les héros de la grande épopée du renouveau de la nation algérienne. L’épanouissement de notre identité est malmené. L’édification de notre État national protecteur de tous les droits et de toutes les libertés est retardée. La défense de chacun de nos constituants et des valeurs de notre religion n’est pas totalement assurée.

Notre système de gouvernance, fondé sur un fonctionnement clanique, reproduit d’anciens clivages et rivalités menant à des fragilités et faiblesses. Ce sont ces facteurs que l’ordre colonial avait utilisés et exploités pour effacer la personnalité internationale de l’Algérie, détruire sa souveraineté nationale et diluer son identité.

Demain sera-t-il comme hier, ou bien réussirons-nous à instaurer la primauté du national sur le tribal et du collectif sur l’individuel, pour un État démocratique et social, protecteur de toutes les libertés, contre toute omnipotence sauf autre que celle de la loi ?

Un peuple souverain, ce sont des hommes et des femmes libres et des citoyens égaux.

Certes, la proclamation de Novembre n’a pas tranché la question de la gouvernance à juste titre. Car les pères fondateurs avaient foi et confiance en leurs concitoyens pour élire leurs gouvernants et les congédier.

Ce sont des citoyens souverains et libres qui accomplissent la dimension démocratique de l’État national en se donnant des institutions et des règles qui les gouvernent. C’est à eux aussi de concrétiser sa dimension sociale, en instaurant des règles de contrôle, de la responsabilité/comptabilité et la censure de la gouvernance.

L’État démocratique et social, à même de garantir et de protéger nos droits et nos libertés, est toujours en suspens, alors qu’il est le seul à pouvoir garantir les droits de tous les constituants, petits et grands.

L’État national a été rétabli par le peuple, par les enfants de ce peuple. L’État algérien n’a pas été rétabli par une quelconque autorité interne ou externe, ou par une faction ou un clan, mais par l’ensemble des constituants de la nation.

Le retour de Si El Hocine au pays en 1989 a été à la fois un espoir retrouvé et une contribution à l’ouverture politique. Il avait estimé que la constitution du 23 février 1989 allait réenclencher le processus de refondation de l’État algérien démocratique et social.

Sa candidature aux présidentielles de 1999 a été pour lui l’occasion de rencontrer, de nouveau, l’Algérie de ses rêves, de retrouver l’esprit qui était le sien et celui de ses anciens compagnons du PPA, de l’OS et du FLN/ALN. Ainsi que les militants FFS, son parti post indépendance.

Fortement enraciné dans le village de ses ancêtres. Fortement ancré et attaché à cette terre, son pays, l’Algérie. Cet enracinement et cet ancrage ont fait de lui un Nationaliste sans concession. Plus encore, ils ont fait de lui un Maghrébin sans faille et un militant engagé pour les causes arabes notamment celle de la Palestine. Il a aussi été un humaniste et un universaliste.

Est-ce que ce sont toutes ces dimensions qui ont fait que le tribaliste s’en revendique, que le régionaliste s’en revendique, que le nationaliste s’en revendique, que le maghrébin s’en revendique et que l’internationaliste s’en revendique ?

Est-ce pour toutes ces raisons que dès l’annonce du décès de Si El-Hocine, des éloges, des hommages et des glorifications ont fusé de partout et de tous, même de ceux qui n’ont jamais apprécié sa fidélité au serment fondateur de la renaissance de l’Algérie et sa ténacité pour la liberté et la démocratie ?

Auraient-ils souhaité aussi prononcer la petite phrase « mission accomplie» ? Ce qui aurait permis de tourner la page, d’oublier le serment fondateur de l’Algérie, d’innocenter toutes les désertions et de justifier tous les reniements? Mais les Algériens et surtout les jeunes, conscients et lucides ont clamé haut et fort leur attachement à la liberté et à la démocratie.

Du PPA, Zeddine, l’OS, FLN/ALN au FFS: le testament de Hocine Aït-Ahmed

Mouloud Hamrouche à Batna: l’Algérie est dans l’impasse

Mouloud Hamrouche a donné une conférence à Batna, samedi 6 décembre. Voici les comptes-rendus de presse.

1- Article paru dans El-Watan, 6 décembre 2015: l’Algérie est dans l’impasse

http://bit.ly/1LWc5KP

2- Dans Libertéhttp://bit.ly/1Rxe7rT

3- الخبر:

حمروش يؤيد « صون وحماية » حقوق اللواء حسان

« ضباط الجيش ليسوا مناضلين سياسيين »

 http://bit.ly/1OHumlm

4-  Sur le Huffington Post: A Batna, Mouloud Hamrouche évoque les « pères fondateurs » et appelle au réveil de la « volonté nationale »

5- Tout sur l’Algérie: La situation est plus grave qu’on le pense, http://bit.ly/1QoeF2C

6- Sur le blog de Abed Charef: http://bit.ly/1lkexpr

Mouloud Hamrouche à Batna: l’Algérie est dans l’impasse

Déclaration de Mouloud Hamrouche au forum du journal El-Hiwar, samedi 10 octobre 2015

Mouloud Hamrouche ancien Chef de Gouvernement

Au Forum du journal El-Hiwar

Déclaration Liminaire

Mes propos qui vont suivre n’ont pas pour but de mystifier, de déranger ou de plaire, mais de décrire une situation qui ne peut plus s’accommoder ni de renvoi ni de dissimulation ni de tromperie. Mes propos n’ont pas pour but d’accuser ou de récuser des personnes en particulier.

Vous vous souvenez que j’avais lancé, en mars 2014, à l’occasion du forum du quotidien Liberté, un appel à trois éminents responsables les plus hauts placés leur demandant de profiter de l’opportunité qui s’offrait à eux afin de trouver une issue constructive à la crise qui dure depuis plus d’un quart de siècle. Manifestement, ils n’ont pas pu ou n’ont pas voulu saisir cette occasion.

En avril dernier j’avais averti l’opinion dans une déclaration à un journal électronique TSA, que l’occasion était passée et que ces responsables n’avaient plus la possibilité d’opérer la souhaitable mutation.

Notre système politique ne sait pas comment finir cette crise, sa crise, qui a trop durée et mettre un terme aux échecs successifs.

Tous les choix et toutes les options opérés depuis l’indépendance n’ont pas abouti ou peu. Les projets qui visaient à développer et conforter la société, à immuniser la souveraineté, à renforcer l’indépendance, à développer l’économie, à rétablir l’État national et à édifier une société libre et solidaire n’ont pas abouti.

La situation se caractérise par des précarités permanentes des hommes, des programmes et des projets. Elle est marquée par des instabilités, des dénigrements et des remises en cause à la fois des hommes, des projets, des programmes et des choix.

Tous les hommes qui étaient en charge par le passé ont été incriminé mais jamais les règles et les modes de gouvernance. N’est-il pas trop facile et réducteur ? Bien sûr les hommes ont leur part de responsabilité dans ces échecs. Ils n’ont pas pu déceler les dysfonctionnements ni anticiper les conséquences et leurs incapacités d’y remédier ne sont pas les moindres.

Cette gouvernance à laquelle a été soumis le pays n’a engendré que des échecs et des impasses. Des pays de même catégorie que le notre avec un potentiel modeste et moins d’atouts ont mieux réussi et nous devancent sur tous les plans.

Les faux débats et les faux-fuyants qui nourrissent le maintien du statu quo n’ont de raison que la préservation d’une sacro-sainte règle de cooptation qui permet d’alterner des hommes et des équipes.

Cette règle, demeurée stable et inamovible, a empêché des hommes de réussir et des choix politiques, économiques d’aboutir.

Cette sacro-sainte règle sert à nourrir des rivalités et des luttes de clans. Elle a besoin de gardiens de temple pour fonctionner et les broyer pour survivre.

Cette règle empêche les citoyens et la société de s’épanouir, de se projeter et de se donner un destin. Pire, elle déstructure l’idée nationale, recrée des situations et des comportements qui poussent la société à reproduire son passé. Comme elle détruit la volonté nationale au profit des penchants régionalistes. Plus grave, elle livre notre religion et notre identité à des agressions et des régressions incommensurables.

Ce statu quo, qui n’est jamais une solution, a été conservé aux prix de la destruction des quelques avancées et progrès réalisés sur le plan politique, économique et sociale. Il est maintenu malgré le danger qu’il fait peser sur le pays, sur son devenir et sur son unité.

Comme si ces épreuves n’étaient pas suffisantes. Voilà un autre désastre socio-économique qui risque d’arriver d’ici trois ans suite à la chute drastique des recettes des hydrocarbures.

En résumé, le pays est face à deux menaces inéluctables pour les quels le statu quo est complètement inopérant :

  • Les frictions et luttes entre les tenants du statu quo qui considèrent que la survie du système commande le remplacement d’hommes par d’autres.
  • Absence de solution immédiate au problème de double chute de la production et des recettes pétrolières.

Nos conseillers, comme Le FMI, sont de bons conseils et de piètres remèdes. Toutes les suggestions, propositions qui ont été avancées sont techniquement recevables pour une économie en crise. Elles sont inopérantes à cause de la spécificité structurelle de notre économie. Les réalités économiques algériennes ne sont pas totalement saisies et maitrisées et les recommandations qui en résultent ne sont pas toujours fiables.

Les problèmes auxquels fait face l’économie ne sont pas uniquement de natures économiques classiques. Aucune solution de type économique et financière n’aura d’effet. Il n’y a pas de solutions rapides pour le court terme.

Les mesures prises ou qu’on peut prendre ou celles sévères écartées, pour le moment, ne sont et ne seront d’aucune efficacité tangible avec les formes actuelles des gouvernances économiques.

Tout ajustement classique risque d’aggraver la situation des entreprises et des ménages. La dépréciation du Dinar a déjà amputée de 30% le pouvoir d’achat, la valeur des actifs nets des entreprises et annihilé par avance les ajustements des prix de certains produits notamment énergétiques que le gouvernement envisageait d’opérer.

Notre pays n’est pas dépourvu d’atouts et de potentialités. Ces atouts et ces potentialités ne sont pas des solutions mais des moyens. Ils nécessitent une réponse politique et des réponses économiques. Car, dans une situation qui incite à la mystification et à la perversion, tout acte non étudié, non expliqué, non explicité, non assumé et contrôlé réveillera toutes les instabilités. Le pouvoir politique et le pouvoir d’achat est un couple en harmonie ou en divorce.

Seul un vrai projet, porté par des élites et soutenu par les citoyens, a des chances de sortir le pays de l’impasse économique et financière.

Deux atouts peuvent servir d’appui à un tel projet.

  • L’important pouvoir d’achat des ménages.
  • Le fonds de réserve et de régulation.

Cela est réalisable à travers un projet validé par un consensus national où tous les constituants sociaux seront partie prenante. Pour cela, les dirigeants, les élites et les citoyens, doivent s’armer de lucidité, ensuite, uniquement ensuite de courage et détermination s’ils veulent enclencher une nouvelle dynamique économique et sociale de progrès et de solidarité. Pour cela aussi, il faut une gouvernance économique stratégique qui ne remet pas en cause l’économie de marché et qui soumet les capitaux marchants de l’État aux forces du marché et aux contrôles économique et financier y afférents.

Cette démarche permettra de faire adhérer toutes les potentialités nationales à l’intérieur et celles qui sont à l’extérieur. Elle permettra de faire face à la menace terroriste externe et aux menaces d’instabilités politique et sociale internes.

Le pays doit prendre résolument le chemin de la réussite. Un chemin fait d’apports de réflexions, de lucidités, de compréhensions et d’engagements. Il est fait aussi d’adhésion, de mobilisation et de discipline.

Quand il y a une volonté nationale il y a un chemin national. Quand il ya un chemin national il ya places pour tous et des solutions pour tout.

Le choix est de vivre une crise pour toutes les solutions ou vivre toutes les crises dans une impasse.

Alger le 10/10/2015

Déclaration de Mouloud Hamrouche au forum du journal El-Hiwar, samedi 10 octobre 2015

التوافق الوطني والحكم الرشيد

محاضرة للسيد مولود حمروش، رئيس الحكومة سابقا

سيدي بلعباس 20 ديسمبر 2014

يحضرني وأنا في هذه المدينة الجميلة عهد البطولات والتضحيات التي عرفتها هذه الناحية الغربية من جزائرنا. تحضرني تضحيات وبطولات الأمير عبد القادر ورجالاته. وأحمد باي وبومعزة ولالة فاطمة نسومر, ومقاومة أولاد سيد الشيخ والمقراني وبومزراق والشيخ الحداد والبراكنة وابن ناصر بن شهرة وبوعمامة والشيخ آمور في جبال الطاسيلي والزعاطشة.

تضحيات هؤلاء ودماؤهم وبطولاتُهم كانت عربونا عن حبنا، نحن الجزائريين، للحرية ودفاعنا عنها ودليلا على تمسكنا بهويتنا وتعلقنا بديننا وارتباطنا بأرضنا. كما كانت برهانا على طبيعة الهجمة الاستعمارية الاستيطانية وعلى شراسة جحافل جيشه وقوة سلاحه وبطش ضباطه.

غير أن حبنا للحرية وتمسكنا بالهوية وتعلقنا بديننا وارتباطنا بأرضنا لم تكن كافية لوحدها لمنع حريتنا أن تسلب وأرضنا أن تحتل وحقوقنا أن تهضم وهويتنا أن تلغى. لقد انتهت المقاومات البطولية، في كامل جهات الوطن، وعلى الرغم من الكلفة والتضحيات الجسام، قلت خلصت إلى بنتائج مأساوية ترتب عنها فقداننا للحرية والاستيلاء على أرضنا وطمس هويتنا وتعرض ديننا لمحاولة التشويه.

لكنني لست هنا من أجل أن أحاضر عن البطولات والتضحيات التي قدمها الآباء والأجداد بل لبيت دعوة الإخوة المنظمين من أجل الحديث عن توافق وطني جديد وعن الحكم الرشيد.

إن استحضار ظروف إخفاق المقاومة الوطنية بقيادة الأمير وإخفاق المقاومات الشعبية في المناطق الأخرى من البلاد له دلالته المفيدة. فاستسلام الداي التركي يوم 05 جويلية 1830 قد أدى إلى انهيار « الدولة » ومع هذا الانهيار تشتتت الإرادة الوطنية وتبعثرت الجهود. ولم تقو إرادات محلية على التصدى لعدو قوي بعدده وقوي بسلاحه وقوي بتكوينه وبانضباطه.

وباضمحلال ملامح الدولة ظهر قصر الإرادة الوطنية وزالت كل سلطة مركزية وغابت كل قدرة على التنظيم والتعبئة الأمر الذي قلص من قدرة الجزائريين على المقاومة، على  الرغم من شجاعتهم وتضحياتهم السخية، وأدى إلى عجزهم عن الاحتفاظ بحريتهم والاحتفاظ بوطنهم وبهويتهم. ساهم هذا الاختلال بقسط كبير في عدم تحقيق كل المقاومات الشعبية المتعددة لغايتها.

بالرغم من ذلك فإن هذه التضحيات والبطولات هي التي رسمت لنا، فيما بعد، الطريق المؤدي إل النصر وشكلت رافدا لوعي وطني جديد ونسجت روابط اجتماعية أقوى بين مختلف مكونات المجتمع وبلورت بقوة هوية الأرض وهوية الشعب. وكان ذلك بداية لتوافق وطني لم تعرفه الجزائر طيلة قرون سابقة.

وقد استخلص الوطنيون الدرس ووظفوا هذا التوافق لبلورة إرادة وطنية بإضفاء التنظيم والانضباط. وسهروا على أن تساهم كل مناطق البلاد في بناء هذه الإرادة وأن يشعر كل مكون اجتماعي أنه جُزء لا يتجزأ  منها.

ويمكن القول إن المقاومات الشعبية والانتفاضات المتقطعة والمتكررة مرورا بانتفاضة 08 ماي 1945 كانت مخاضا لتوافق وطني بفضله كان نوفمبر 54 الذي كلل بنصر مبين.

ويعود الفضل في هذا إلى رجال الحركة الوطنية وعلى رأسهم رجال المنظمة السرية الذين نسجوا علاقات عبر مختلف مناطق البلاد ليؤسسوا لإرادة وطنية مجددا على مستوى وطني بتوطينها في قلب كل مكون اجتماعي وروح كل جزائري. وسميت هذه المجوعة بالوطنيين لأنهم تجاوزوا قبيلتهم ومنطقتهم الجغرافية والمكون الاجتماعي الذي ينتمون إليه.

 Beaucoup d’auteurs ont privilégié uniquement le sens patriotique de ce terme.

بفضل جهدهم تم توحيد كل مكونات الشعب الجزائري وتجنيدها في حرب التحرير. بفضل هذا التوافق تم إعلان الثورة وبفضله تم تكوين جبهة وجيش التحرير ألوطني وبفضله تم إنهاء النظام الاستعماري الاستيطاني وبفضله تمت استعادة هويتنا الجزائرية واستعادة حريتنا واستعادة وطننا كاملا.

غير أنه بات واضحا اليوم وبعد نصف قرن من الاستقلال بأننا لم نحصن بما فيه الكفاية حريتنا وحرية كل جزائري مهما كانت منطقته أو المكون الاجتماعي الذي ينتمي إليه. ولم نُقِم دولتنا الوطنية بشكل متين. كما لم نحصن أمن بلادنا بشكل قاطع ومأمون.

إن إقامة دولة وطنية لا تزول بزوال الرجال والحكومات ولا تتأثر بالحروب والأزمات في حاجة إلى توافق وطني جديد تغذيه إرادة وطنية. على أن تتحول هذه الإرادة الوطنية إلى مؤسسة دائمة اسمها الدولة الوطنية. فالدولة الوطنية ليست شيئا مبهما وليست أشخاصا وليست حكومات أو مجموعات تتداول على السلطة.

الدولة الوطنية أولا وأخيرا إرادة وطنية والإرادة الوطنية تتكون من إرادة كل جزائري ومن إرادة كل مكون اجتماعي ومجموع المكونات الجزائرية. دولة جزائرية بهذه الأبعاد وبهذا الانخراط العام ستكون البنت البكر لحريتنا التي افتقدناها 130 سنة والبنت البكر لإرادة جزائرية وطنية تشكلت خلال المقاومات والثورات عبر هذه الحقبة المريرة. دولة الوطنية ترمز لحريتنا وترمز لإرادتنا. إن ديمومة الدولة ستغذي حريتنا وتحمي إرادتنا باستمرار.

ولهذا قلت أن على الدولة الجزائرية أن تحمي الحرية وتحمي كل الحريات والحقوق. لأنها من حرية الجزائريين نشأت ومن حرية الجزائريين تتغذى وبحرية الجزائريين تعيش وتستمر.

 الجزائر في حاجة لدولة وطنية حامية لهوية الجزائر والجزائريين حامية لحرية كل جزائري حامية لكل الحقوق وحامية للإرادة الجزائرية وحامية لكل أمن البلاد والعباد وحقوقهم وأموالهم وممتلكاتهم مهما كان لون أو طيف الحكومات التي تتعاقب على السلطة. دولة تحمي الحريات ولا تصادرها. دولة تضمن الحقوق ولا تنشئ حقوقا. إن دولة جزائرية بهذه الأبعاد ستعتبر أن أي هدر للحرية أو تقييد لها يعد تهديدا لها وزعزعة للإرادة الوطنية وإخلالا بتناغم مكونات المجتمع وعرقلة لعمل النظام المؤسساتي.

 

الفرق واضح بين البحث عن توافق وطني من أجل إعادة الاعتبار لدولتنا الوطنية ولوظائفها بل لوظيفتها وبين السعي لتشكيل حكومة أو حكومة ائتلاف أو تشكيل طاقم حكم جديد.

توحي طبيعة الانسداد القائم بغياب إرادة وطنية وبتغييب كل سلطة رقابية. كما توحي بعجز الجميع عن الانطلاق جديا في البحث عن توافق وطني وصياغة مضمونه. انه لأمر خطير ولا يمكن أية حكومة مهما كانت تركيبتها أن تواجهه حتى ولو نعتت بحكومة حكم رشيد.

الحكم الرشيد والديمقراطية

 الحكم الرشيد والديمقراطية مفهومان مختلفان وقد يلتقيان.

الديمقراطية أسلوب حكم يلائم بين مقتضيات الطاعة والانصياع للسلطة واحترام القانون بعدم عرقلة السير العادي للمصالح العامة والخاصة ويلائم بين مقتضى حفظ الحريات فردية كانت أم جماعية وحماية الحقوق مهما كانت طبيعتها. يتعلق الأمر هنا بكيفية ممارسة السلطة أو الحكومة لوظائفها بشكل يبعد الأنانية والمحاباة. ويتأتى ذلك بفرض فصل السلطات ووجود مؤسسات دستورية نشطة وساهرة على وظائفها ودورها. كما يتأتى بوجود سلطات رقابة مستقلة ووجود سلطات مضادة، des contre-pouvoirs، أدوات قادرة قانونيا على مواجهة أفعال السلطة وأقوالها. ومن هنا جاءت أهمية حرية القول أو حرية التعبير وحرية الصحافة وصحة المعلومة المقدمة وهي أدوات سلطة مضادة بامتياز.

 إن آليات الديمقراطية ترتبط أساسا بمعضلة الوصول إلى السلطة وممارستها وبمسألة القيود الرقابية القبلية والبعدية المفروضة على أفعال من يمارسون السلطة.

أما الحكم الرشيد فهو مصطلح مستعار من الحقل الاٌقتصادي. وهو يعني فيما يعنيه التوظيف العقلاني للإمكانيات البشرية والاستغلال الرشيد للوسائل والاقتصاد في استعمالهما. ويقوم الحكم الرشيد على ثلاثة مبادئ أساسية:

المساءلة:

المساءلة على كل الأفعال والإمكانيات الموضوعة تحت التصرف. والمحاسبة على كل تجاوز أو خطأ مدنيا كان أو جنائيا.

الشفافية:

الشفافية سواء في المجال السياسي أو الاقتصادي تعني حق الاطلاع على كل القرارات وعلى أسبابها وأثارها أو الدافع إليها وعن نتائجها وعن كلفة المشاريع وعن إجراءات تأمينها وحرية الوصول إلى المعلومة المتصلة بها.

وضعية قانونية أو حالة قانونية:

أي أن يكون المسؤول أو المتصرف مؤهلا لممارسة هذه الوظيفة أو المنصب بحكم القانون ويملك حق إصدار القرار.

في أي نظام ديمقراطي الحكم الرشيد يكون مضمونا بآلية الديمقراطية ومحمي بأدوات وإجراءات اختيار الحكومات والمسؤولين المنتخبين ومساءلتهم. ويبقى المجتمع حينها سيدا عبر مؤسسات دستورية وأجهزة الدولة وإداراتها الدائمة ومؤسسات الرقابة والقوانين.

أؤكد من جديد بأننا في أمس الحاجة إلى توافق وطني يحفظ هويتنا الجزائرية ويحفظ وحدة أرضنا ويضمن أمن بلادنا وأمن كل جزائري من جهة ويعيد الاعتبار لهيبة الدولة الوطنية ولوظائفها والوقار لوظائف الحكومة وإدارتها من جهة أخرى. وأن هذا التوافق سيحمي الانسجام ويعزز الانضباط ويضمن مشاركة كل المكونات الاجتماعية في الحياة الوطنية باطمئنان وأمان. لإن مكونات مجتمعنا لم تعد تتناغم اليوم مع ممارسة سلطات مطلقة بدون سلطات مضادة. كما لم تعد تستسيغ وجود سلطة عمومية أو مهام غير عادية بدون تفويض قانوني وبدون رقابة. إن البحث عن هذا التناغم وهذا التلاؤم هو من صميم مصلحة الجزائر وأمنها ومن مصلحة كل الجزائريين وأمنهم ومن مصلحة كل مناطق البلاد وأمنها ومن مصلحة كل مكون اجتماعي.

وبمقتضي هذه الأمور أصبح تجديد العهد مع توافق وطني جديد أمرا حتميا. ويجب أن يشكل هذا المسعى رغبة السلطة والأحزاب والنخب ولاسيما نخبة الأجيال الجديدة ورغبة المجتمع المدني والنقابات.

ومن أجل هذا الهدف على النخب الوطنية خاصة نخب الأجيال الجديدة أن تعبر عن إرادتها وعن إصرارها على الوقوف في وجه أي انحراف وأن تتجند لتفادي أي انهيار وضمان استمرار المشروع الوطني.

إن استقلالنا كان أكبر من مسألة استعادة السيادة لقد كان نهضة لهويتنا وكان اعتمادا لمشروع وطني.

شكرا على إصغائكم وأنا في انتظار أسئلتكم

التوافق الوطني والحكم الرشيد

Consensus National et Bonne Gouvernance

Conférence débat animée par M Mouloud Hamrouche,
ancien Chef de Gouvernement
à Sidi Bel-Abbes, le 20 décembre 2014
(Résumé)

Le but du consensus national recherché est de réaliser un saut qualitatif et de mettre l’État à l’abri des contingences et menaces nées des dernières remises en cause des normes juridiques édictées par les Nations-Unies.
Le consensus est indispensable pour sécuriser la volonté nationale, renforcer la cohésion de la nation et préserver la stabilité sociale. Le consensus est la conséquence d’une adhésion libre des citoyens. Cette adhésion libre légitime l’État et sa force de contrainte.
Pour que l’État national fonctionne et assume ses pouvoirs régaliens, le consensus national va confirmer les deux exigences indispensables à la suprématie de l’État national.
1- L’État dispose légitimement de forces de défense et de sécurité pour protéger le peuple, le pays, ses frontières et ses intérêts.
2- L’État incarne la volonté nationale, protège tous les droits et toutes les libertés et dispose des administrations pérennes.
A ce titre le consensus national est indispensable pour le renforcement de l’État national, et il nécessaire pour la mise en place de l’État de droit et pour que la loi prime en tout lieu et en toute circonstance.
Le consensus national nouveau est une exigence pour réhabiliter l’État national et non pour légitimer un gouvernement ou un pouvoir.
L’État national protège notre identité nationalité et notre territoire. Il assure notre sécurité et la sécurité de nos intérêts. Il défend nos droits et les droits de chacun d’entre-nous. Il ne crée pas de droits.
L’État de droit est caractérisé par :
• Des normes hiérarchisées, constitution, lois et règlements, où chaque règle tire sa légitimité de sa conformité aux énoncés supérieurs,
• une séparation des pouvoirs qu’une constitution organise par identifications et attributions de compétences.
• L’égalité de tous, personnes physiques ou morales devant la règle de droit.
• la responsabilité des gouvernants, face à leurs actes ou décisions ou absence de décisions. Là nous sommes déjà dans le domaine de la gouvernance.
La Bonne Gouvernance
La bonne gouvernance, relève quant à elle d’un consensus politique et/ou électoral. Il arrive parfois, qu’un pays recours à un gouvernement d’union nationale à la suite d’une crise politique (ne pas confondre avec une crise nationale). Un gouvernement ne peut être totalement l’État. Il ne peut être un substitut à l’État. Il dispose de moyens légaux de l’État, sous conditions.
Issu de la théorie micro-économique et de la science administrative anglo-saxonne, la notion de « bonne gouvernance » a été diffusée dans les années 1990 par la Banque mondiale, comme la condition nécessaire des politiques de développement en mettant l’accent sur la gestion des ressources économiques et sociales.
La bonne gouvernance est l’exercice de l’autorité, politique, économique ou administrative pour gérer les affaires d’un pays, d’une entreprise ou d’un projet.
La gouvernance repose sur trois principes fondamentaux :
– la responsabilité,
– la transparence,
– l’état de droit ou une situation de droit
La responsabilité est l’obligation de répondre de certains de ses actes de gouvernance. Être comptable de ses décisions et de ses non décisions.
La transparence en matière politique ou économique, porte sur la communication des décisions et leurs motivations, sur la façon dont elles sont prises, sur les coûts réels des projets, sur les questions de sûreté du fait d’une activité ou d’un projet, sur l’accès à l’information. La difficulté est de savoir si l’information que le citoyen reçoit est sincère et correspond à la réalité.
Notre gouvernance à nous s’est épuisée dans des crises coriaces en tout genre malgré les efforts et les sacrifices consentis. Les déficits et les impasses touchent tous les secteurs, économique, social, éducatif, administratif et politique.
Nos constituants sociaux ressentent amèrement l’absence d’équité et le manque de solidarité. Ils ne veulent plus s’accommoder d’un pouvoir souverain sans contre-pouvoir ni d’un pouvoir d’autorité ou de mission sans habilitation par la loi et sans un contrôle.
C’est pour toutes ces raisons que nous avons besoin, à nouveau, d’un consensus national. Il y va de notre intérêt, de notre sécurité et la sécurité de toutes les régions du pays et de tous les constituants sociaux.
La finalité de ce consensus est de chercher à renforcer la cohésion nationale, maintenir une plus grande harmonie entre tous nos constituants sociaux, réhabiliter et renforcer l’État. Il ne s’agira nullement de pouvoir ou de partage de pouvoir, de gouvernement ou poste.
Notre État est né de la volonté de chacun des Algériens, de chacun des constituants sociaux de notre pays. Il est né aussi des sacrifices de ceux qui sont morts sur l’autel de notre liberté en résistant à la colonisation durant plus d’un demi-siècle, dans toutes les régions du pays et de toutes les régions du pays.
C’est pourquoi notre État doit défendre les libertés, toutes les libertés et tous les droits, car il est né de la liberté des Algériens et la liberté de l’Algérie.
Un tel État avec de telles dimensions et de telles adhésions survivra aux hommes, aux gouvernements et aux crises.

Consensus National et Bonne Gouvernance

Réhabiliter l’Etat, primauté de la loi, prépondérance de l’action politique

Mouloud Hamrouche a animé une conférence à El-Oued, samedi 15 novembre, sur l’Etat national et les libertés

Voici l’introduction de sa conférence:

Sommes-nous un peuple unique ? Nous avons un pays magnifique, mais nous avons des difficultés à être libres.

Nous n’arrivons pas à construire et à maîtriser notre avenir. Nous sommes incapables de gouverner le pays tout en respectant les droits et les libertés des citoyens et la souveraineté de la société. Le non-respect des droits conduit à des révoltes et à des instabilités. Notre gouvernance s’épuise dans une crise coriace, malgré les efforts et les sacrifices consentis. L’impasse touche aujourd’hui tous les espaces : économique, social, administratif et politique, y compris les partis.

Les dernières évolutions en matière de prises de position, de concertation et de prix énergétique démontrent l’extrême fragilité qui caractérise notre pays, le gouvernement, les partis et l’économie nationale. Le régime ne peut plus rebondir et donner un nouvel élan à l’Algérie. Les partis ne peuvent, quelles que soient leurs attitudes et leurs positions, à eux seuls, construire un consensus national, garantir sa mise en œuvre et lui assurer une stabilité.

La voie du consensus signifie que toute proposition, d’où qu’elle vienne, d’un parti, du pouvoir ou de l’opposition dans sa diversité, n’est qu’une contribution parmi tant d’autres. Elle ne doit pas s’inscrire dans une logique de compétition ou être liée à des échéances politiques, mais converger pour sortir le pays de ses impasses. L’objectif, in fine, est de savoir comment mettre un terme au cycle de violence et éviter de rentrer, à nouveau, dans une instabilité politique et sécuritaire. La société peut se laisser tenter par toute déroute ou toute dérive.

L’urgence n’est pas à l’affaiblissement du pouvoir ou des partis ni à l’implosion des oppositions. Elle n’est pas non plus au maintien du statu quo ni à ramener un passé révolu. Car la désaffection et le discrédit sont réels. L’urgence est à la réhabilitation de l’Etat et de ses fonctions pérennes, à la primauté de la loi et à la prépondérance de l’action politique.
C’est avec ces conditions que nous pourrons construire un consensus national et assurer, dans la paix et la sécurité, un avenir pour les enfants de l’Algérie.

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