Protestation des médecins résidents: la routine répressive

La répression contre le mouvement des résidents en médecine est insupportable, choquante. Elle est justement dénoncée par toutes les voix qui se sont exprimées.

Il faut tout de même rappeler que :

  1. Les résidents protestataires ne sont pas les premiers réprimés à Alger. les autorités interdisent toute manifestation à Alger depuis plus de quinze ans ;
  2. La répression s’abat sur tout le monde, de manière indifférente ; elle est l’œuvre d’un pouvoir non démocratique. Elle s’exerce de manière pavlovienne, routinière.
  3. La colère des médecins résidents est juste, indépendamment du contenu de leurs revendications.
  4. Les protestataires n’ont pas pour autant le droit de laisser tomber le service minimum. La lutte pour tous les droits est indivisible. On ne peut pas lutter pour ses droits et oublier ses devoirs, particulièrement envers les plus faibles. Ce n’est pas Bouteflika et ses ministres qui vont se faire soigner chez les résidents.
  5. Insister sur le fait que des policiers supposés peu instruits tabassent des Bac+10 est absurde. Aucun citoyen ne mérite d’être tabassé (sauf Sidi-Saïd et quelques autres, dont je vous donnerai la liste).
  6. C’est la question la plus importante : l’éparpillement des luttes, pour des objectifs ponctuels, conjoncturels, catégoriels, a miné la capacité de mobilisation du pays. Elle a débouché sur un développement contre-productif de corporatismes inefficaces.

En fait, le système contraint chaque catégorie sociale, chaque syndicat, chaque quartier, à se battre de manière isolée. Sans possibilité de faire jonction avec les autres luttes. Résultat : tout le monde déploie d’immenses énergies dans son coin, pour des résultats insignifiants.

Même quand une protestation débouche sur un accord en vue de satisfaire les revendications des protestataires, rien ne dit que le contrat sera honoré. Face à des dirigeants peu crédibles, à une administration inefficace, et à un système qui ne permet pas de situer les responsabilités, l’action se termine souvent en queue de poisson, avec de fausses promesses et de fausses solutions qui ne font qu’aggraver le problème.

Changer le mode de gouvernance du pays, c’est régler la moitié des problèmes actuels, car il s’agit de faux problèmes. Pour le reste, établir un système démocratique, respectueux des libertés et de l’Etat du droit, offrira le cadre adéquat pour permettre au pays d’avancer.

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1 commentaire

  1. Youcef Tahar

     /  4 janvier 2018

    Tristes verites sur une triste realité !

    Réponse

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