Journée mondiale de l’eau, journée de la liberté

Ce 22 mars 2019, c’est la première fois depuis quinze ans que je ne participe pas activement à la célébration de la journée mondiale de l’eau !

Évoquer cela alors que l’Algérie vit son cinquième vendredi de manifestations peut paraître incongru. Je dois donc des explications.

J’ai été banni de la presse depuis deux décennies. J’ai été licencié de l’ENTV ; j’ai été exclu du métier de journaliste ; les journaux où j’ai travaillé ayant été tués par le pouvoir, j’ai été contraint de m’exiler.

J’ai trouvé refuge à l’Algérienne des Eaux, grâce à un ancien Directeur général, Maammar Boumediène, qui a eu le cran de me recruter.

Je continuais à écrire, notamment au Quotidien d’Oran, qui m’a offert l’hospitalité dans ses suppléments du jeudi, mais je n’étais plus journaliste depuis 1996, date à laquelle l’hebdomadaire La Nation avait cessé de paraître.

C’est pour cela que je refusais d’être présenté comme journaliste quand je participais à un débat. Juridiquement, je n’étais plus journaliste.

 

Revenons au 22 mars, journée mondiale de l’eau. Depuis 2014, j’avais la charge de préparer la célébration de Evènement, notamment depuis que j’ai été nommé chargé de la communication à la direction générale en 2015.

Ayant quitté l’ADE le 1er mars 2019, je me retrouve à célébrer le 22 mars dans la rue, pour la première fois depuis quinze ans. A marcher. A contester ce système que j’ai combattu depuis un quart de siècle, et particulièrement depuis 1999, quand j’ai fait partie de l’équipe de campagne de Mouloud Hamrouche.

Pour la petite histoire : j’ai été licencié de l’ENTV en 1991 sous le gouvernement de Sid-Ahmed Ghozali ; le ministre de la com était un très grand démocrate: Abourbakr Belkaïd.

J’ai gagné le procès, un huissier de justice s’est rendu à l’ENTV pour appliquer la décision de justice, il a été renvoyé. Un préposé à la sécurité lui a simplement dit qu’il avait intérêt à ne pas revenir en ces temps où la mort rôdait. C’était dans les années 1990, sous la présidence de Liamine Zeroual.

J’ai laissé tomber. Toutes les portes se sont refermées. A l’exception d’un petit cercle d’amis, aucune solidarité. Pire : le responsable du syndicat de l’ENTV, aujourd’hui en exil, a fait le sale boulot. Tous les DG de l’ENTV qui se sont succédés connaissent cette histoire. Personne n’a eu le cran de lever le petit doigt.

La « gauche », dans les années 1990, s’était alignée sur le pouvoir, au nom de la lutte anti-intégriste. Aucun militant parmi mes anciens amis du PAGS ne s’était déclaré solidaire.

Parlons d’autre chose. Mon passage à l’ADE m’a permis de mesurer l’enjeu de l’eau, de l’environnement, mais aussi la bêtise humaine. J’ai eu Abdelmalek Sellal comme ministre ! Mais j’ai aussi pu mesurer à quel point les blocages dogmatiques pouvaient être destructeurs pour le pays. Je reviendrai sur ces questions, avec les exemples de la subvention, de la tarification de l’eau potable, et le gaz de schiste.

Si, si. Le gaz de schiste.

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