Un délire médiatique : Vous rappelez-vous le marché d’esclaves en Libye ?

Il y’a un peu moins de deux ans, en novembre 2017, le monde était révolté par une information venue de Libye : un marché aux esclaves était apparu dans ce pays. On y vendait des migrants clandestins issus de pays subsahariens.
Reprenant une vieille tradition datant de plusieurs siècles, les populations du nord avaient, à la faveur de la crise libyenne, renoué avec une pratique criminelle qui avait longtemps marqué les relations entre les populations du nord et celles subsahariennes.
Les bonnes consciences, les nouveaux colons et les bobos avaient protesté à l’unisson contre le retour à ces pratiques criminelles, spécialité des populations arabo-berbères, paraît-il.
Le temps à toutefois révélé que tout cela relevait du délire. À partir d’images approxatives, un montage odieux a été réalisé, débouchant sur un coup médiatique exceptionnel.
En effet, les libyens, victimes de la situation dans laquelle plongeait leur pays, étaient transformés en criminels. On leur fait non seulement assumer les conséquences criminelles de la guerre livrée à leur pays, mais aussi des actes fictifs qui en font des criminels définitifs contre lesquels on peut utiliser tous les moyens.
Non. Il n’ya pas de marché aux esclaves en Libye. Il y’a des migrants qui traversent un territoire sans État, un pays de non droit, où les plus vulnérables subissent les affres traditionnels de ces situations: trafic d’êtres humains, chantage, rançonnement, proxénétisme, exploitation par des réseaux mafieux ou terroristes, etc.
Plus loin, l’Europe s’est fermée face à ces populations en détresse. Mais l’Europe a trouvé dans cette histoire d’esclavage un moyen de faire baisser la pression humanitaire qu’elle subissait.
Ce que j’en tire comme conclusions personnelles:
Que des européens ou des américains s’indignent après la diffusion de cette information, c’est de bonne guerre. Ils sont dans leur rôle. Les uns sont manipulés, les autres sont complices.
Leur intérêt est, de manière cynique, de rejeter sur les victimes libyennes la responsabilité d’un crime fictif pour faire oublier le vrai crime, celui de L’OTAN qui a détruit l’Etat libyen et provoqué le désastre qu’on sait.
Mais que des africains se laissent aller à cette tendance à tout gobet, à tout dénoncer, à suivre aveuglément une propagande rodée, sans verifier, sans mesurer les faits et leurs conséquences, relève d’une attitude plus problématique.
Complicité ou bêtise ?
Le résultat est le même.

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