L’après Bouteflika: une vague de honte emportera le monde de fakhamatouhou

Publicités

A propos du texte de Hamrouche

Les algériens réagissent de manière quasi-pavlovienne en politique.
Dès qu’un politique parle, ils demandent : est-il candidat à la présidentielle ?
Si oui, i’beaucoup le descendent en flammes.
Si c’est non, ils lui disent: pourquoi tu ouvres ta gueule puisque tu ne peux pas nous débarrasser de Bouteflika?
Hamrouche n’échappe pas à ce schéma.
Hamrouche n’est pas candidat à la présidentielle d’avril 2019. Pourquoi?
Il n’est pas candidat parce qu’il n’y a pas d’élection.
Les gens sont donc déçus.
Hamrouche a dit il y a 25 ans: je ne serai pas candidat si l’armée a un candidat.
Comprendre par là : on ne peut pas remporter une présidentielle contre l’armée et les services. Et même si on gagne, on ne fera rien si l’armée et les services sont hostiles.
On ne peut pas reprocher à un homme d’être cohérent, lucide et réaliste.
Plutôt que de vendre de faux espoirs, il a préféré donner une vision des choses tirée de sa propre expérience.
Ça ne plait pas aux partisans du grand soir?
Tant pis.

L’ADN de l’OS, de l’ALN et de l’ANP

Mouloud Hamrouche, dans une contribution publiée par El-Watan, le 13 janvier 2019

http://bit.ly/2QIKpTY
« parachèvement de la mise en place de l’Etat national ».
« Car l’ADN de l’OS, de l’ALN et de l’ANP est le même et doit le demeurer. Cet ADN indique que les promoteurs de l’OS (1947) n’ont pas uniquement fait le pari de requalifier des Algériens aliénés en militants, conscients, lucides et prêts à se battre pour restaurer l’Etat national, changer la situation du pays, mettre un terme à la condition indigène mais également celui d’en faire des hommes et des femmes libres et responsables ».
« instauration d’une gouvernance fondée sur un exercice institutionnalisé des pouvoirs séparés, la garantie de l’existence des contre-pouvoirs, des contrôles et des voies de recours ».
L’occident « s’est inventé un ordre institutionnel démocratique fort, des contre-pouvoirs puissants – outils qui servent à protéger l’Etat et la société – des processus constitutionnels, politiques et sociaux de compromis et de validation en lieu et place d’un droit divin ou d’un diktat de pouvoirs absolus et irresponsables. Chose que nos aïeuls n’ont pas su faire, malheureusement ».
« cette évolution heureuse (dans les pays démocratiques) a mis l’armée nationale hors obligation d’allégeance aux princes et aux monarques ni aux gouvernants. L’armée ne devait plus sa fidélité qu’au pays, à son devoir envers la nation et à sa mission de défense du pays et de ses intérêts, y compris à l’extérieur »
La religion « ne peut relever du jeu politique et de gouvernement, car elle relève de la liberté de la foi, de la liberté de conscience plus précisément. »
« La liberté est un droit inné de l’humain en tout lieu et en tout temps. Cette liberté inclut la liberté de croyance, de conscience, d’expression et de création. C’est pourquoi, la sécurité et l’intégrité physiques, la sécurité des droits, tous les droits, la sécurité des biens ne doivent souffrir d’aucune faille ni exception ».
« il s’agit simplement de savoir quelle autorité politique constitutionnelle aurait le droit d’envoyer un djoundi (soldat) pour tuer et se faire tuer sur un théâtre d’opération. L’armée et son commandement ne peuvent à eux seuls se donner cet ordre souverain. Donc, seul un chef d’Etat légitime peut le faire en passant par le gouvernement et le Parlement selon des modes, des modalités et des procédures prévus par la Constitution ».
« Une gouvernance ou une élite peut être la cause d’une défaite, jamais un peuple ».
« Si le choix de la guerre revient aux élites politiques gouvernantes et institutionnelles, la conduite de la guerre, elle, est l’affaire de militaires et autres experts ».
« Le modèle de l’Etat contemporain avait, pour toutes ces raisons, dégagé l’armée de l’emprise des souverains, des hommes et des conjonctures pour qu’elle forme corps avec l’Etat et le peuple, la nation. L’armée avait cessé d’être un instrument entre les mains de souverains, empereurs et gouvernants ou un outil de répression ».

« Ce modèle d’Etat-nation avait libéré les peuples d’Europe de l’acte d’allégeance à des monarchies divines, «monarques tenant prétendument leurs pouvoirs de Dieu ou gouvernant en son nom». Cette transmutation a permis aux citoyens de faire acte de fidélité à la communauté nationale, à l’Etat national de leur pays, à sa Constitution et non plus à ses dirigeants ou gouvernants.

Cette évolution a autorisé les citoyens à se défaire de leurs gouvernants par la voie des urnes ou de la contestation sans être inquiétés, accusés de trahison, d’intelligence avec l’ennemi ou de perdre leur citoyenneté, leurs droits et surtout leurs droits à la protection et à la sécurité. Mieux encore, cette évolution heureuse a mis l’armée nationale hors obligation d’allégeance aux princes et aux monarques ni aux gouvernants. L’armée ne devait plus sa fidélité qu’au pays, à son devoir envers la nation et à sa mission de défense du pays et de ses intérêts, y compris à l’extérieur ».


http://bit.ly/2QIKpTY

La gauche algérienne ne répond plus

En panne d’idées, la gauche algérienne est devenue inaudible. Elle n’est pas en mesure de proposer, encore moins de mener à bon port une sortie de crise selon une vision de gauche.

Article publié sur le site de TSA:

http://bit.ly/2SwmsRv

Les intellectuels algériens, entre engagement et postures

Article paru sur le site TSA

http://bit.ly/2DRNChP

Main tendue de Mohammed VI et niet algérien : un jeu de dupes sans enjeu

 

Article publié sur le site de middleeasteye.net

http://bit.ly/2Kf7UlV

Il y a trente ans, l’État palestinien naissait à Alger

Article publié sur le site https://www.middleeasteye.net

https://www.middleeasteye.net/fr/opinions/il-y-trente-ans-l-tat-palestinien-naissait-alger-1087098850

Le délit de presse, une absurdité algérienne

Article publié le 13 novembre 2018 sur le site: middleeasteye.net

http://bit.ly/2z46oib

Crime de guerre à Boucherahil, à l’est de Médéa, en mai 1957: 111 civils assassinés

Au moins 111 civils ont été tués en mai 1957 par l’armée coloniale dans la commune de Boucherahil, près de Beni-Slimane, dans la wilaya de Médéa.

Les faits se sont déroulés entre les douars de Bouakria et El-Mchata, dans la commune actuelle de Boucherahil, pas loin du fameux Oued El-Malah, au nord-ouest de Beni-Slimane.

Des civils, désireux d’établir le contact avec le FLN-ALN, s’étaient regroupés à l’orée de la montagne, dans une tentative maladroite de rejoindre la lutte armée. ils ont erré un jour ou deux avant d’être repérés par l’armée coloniale, qui les a méthodiquement éliminés. Ils ont été enterrés par groupes, dans des fosses communes.

L’histoire était connue dans la région. A l’indépendance, des fouilles ont été menées sur la base de témoignages des habitants de la région. 111 corps ont été exhumés.

L’assassinat de 111 civils constitue un crime de guerre. Il reste à retrouver les noms des officiers de la région, du secteur et des sous-secteurs en poste à ce moment-là pour documenter ce crime.boucherahil

https://goo.gl/maps/6VM8cA7pmzE2boucherahil

Affaire Bouhadja : dernier virage avant la succession de Bouteflika

En l’absence d’institutions viables, tous les coups sont permis. Saïd Bouhadja, éjecté de la présidence de l’Assemblée Nationale, en a fait l’amère expérience.

Article publié sur le site du Huffington Post: http://bit.ly/2D8bVI2

 

Par Abed Charef

Le triste feuilleton Bouhadja clôt un pénible quatrième mandat. L’Assemblée Nationale (APN, chambre basse du Parlement) a élu, mercredi 24 octobre, un nouveau président, Mouadh Bouchareb, 47 ans, du FLN, premier parti à l’Assemblée, pour remplacer Saïd Bouhadja, 80 ans, également du FLN, destitué à l’issue d’une fronde inédite de la majorité parlementaire. La crise, qui a duré un mois, a mis en lambeaux le vernis institutionnel qui voulait donner au système politique algérien une façade plus ou moins présentable.

Le parlement algérien, disqualifié de fait dans la constitution de 1996, qui ne lui laisse pas de pouvoir, a été encore davantage écrasé par la pratique du pouvoir du président Abdelaziz Bouteflika. Celui-ci, en quatre mandats, n’a jamais estimé nécessaire de s’adresser aux députés. Le feuilleton de cette rentrée 2018 a accentué l’insignifiance du Parlement. Le président déchu de l’Assemblée, tout comme son successeur, appartient au FLN. Tous deux se réclament du président Bouteflika et de son programme, et affirment agir en son nom. Tous les acteurs de la crise ont d’ailleurs un souci constant : montrer qu’ils sont fidèles à un chef de l’Etat pourtant totalement absent.

Les députés eux-mêmes ont joué un rôle important dans l’opération de disqualification de l’Assemblée. Ils ont opté pour un “retrait de confiance”, une formule inconnue dans la constitution, la loi et le règlement intérieur de l’APN. Ils ont, symboliquement, mis un cadenas pour empêcher le président de l’Assemblée d’accéder à son bureau : les hommes qui font les lois sont ainsi devenus une entrave à la loi.

Dans un système politique normal, le parlement pourrait voter une motion de défiance contre le gouvernement, et même le renverser, selon l’article 98 de la constitution. En Algérie, où la séparation des pouvoirs n’existe pas, c’est le premier ministre Ahmed Ouyahia qui a conseillé au président de l’Assemblée de partir. Lequel, président de l’Assemblée, a déclaré qu’il était prêt à céder si le Chef de l’Etat, véritable maître de l’exécutif, le lui demandait. En un mot comme en cent, le comportement de tous les acteurs de cette crise a convergé vers un seul résultat : conforter l’insignifiance du Parlement algérien.

Enigme

L’épilogue de l’affaire Bouhadja, avec son départ, ne résout pas l’énigme qui a entouré cette crise. Pourquoi un moudjahid de 80 ans, discipliné, sans envergure politique, était-il devenu si important, au point où le pays est entré dans un bras de fer entre groupes politiques agissant dans l’ombre pour l’éliminer ou le soutenir ?

M.Bouhadja n’a aucun rôle dans la succession, dans le cas où le président Bouteflika, considérablement diminué depuis son AVC d’avril 2013, devait disparaître. La constitution de 1996 a soigneusement écarté les élus du scénario de la succession. Celle-ci est assurée par le président du Conseil de la Nation (Sénat), fonction assurée aujourd’hui par M. Abdelkader Bensalah, ou, à défaut, par le président du Conseil Constitutionnel, où trône M. Mourad Medelci. Tous deux sont de Tlemcen, comme le président Bouteflika, qui les a désignés à ces postes.

Dans la vie politique, M. Bouhadja n’a pas de rôle significatif non plus. Son rôle est mineur dans la confection des lois, qui sont faites ailleurs qu’au parlement. Il n’est pas connu pour des choix politiques ou idéologiques marqués. Sa présence à la tête du parlement relevait du simple souci d’un minimum d’équilibre régional dans les hautes fonctions de l’Etat : il est de l’est, quand les principaux autres postes sont détenus par des hommes de l’ouest puis du centre.

Atmosphère de fin de règne

La mise à l’écart de M. Bouhadja, alors que les incertitudes planent sur la capacité du chef de l’Etat à aller vers un cinquième mandat, dessine les contours du véritable enjeu qui agite aujourd’hui le sérail politique : il s’agit d’organiser la succession du président Bouteflika. Cette échéance cristallise toutes les énergies, et structure désormais la vie politique autour de différents pôles agissant dans l’ombre. S’il est difficile d’en cerner les contours, il est toujours possible d’en saisir certains effets collatéraux. L’un d’eux a été particulièrement spectaculaire : des bouleversements jamais connus dans la haute hiérarchie de l’armée, puis la mise en détention de cinq généraux, considérés comme des “barons” de l’ère Bouteflika. Parmi ces dignitaires touchés, deux chefs de région militaires, ainsi que le patron de la gendarmerie et celui de la police.

La multiplication des affaires confirme aussi une crispation autour des enjeux de la succession, sur laquelle tout le monde veut influer, mais qui reste un terrain réservé à un cercle restreint, constitué de la haute hiérarchie de l’appareil militaire et sécuritaire. Dans l’organisation de la succession, le parlement, le gouvernement, les partis et les autres institutions n’ont pas de rôle significatif. Ils se contentent d’offrir un décor à la partie qui se joue ailleurs, et dont le dénouement semble proche. Peut-être avant mai 2019, date prévue de la prochaine présidentielle, ce qui éviterait au pays un humiliant cinquième mandat.