L’euro sur le point de franchir la barre des 200 dinars

L’euro sur le point de franchir la barre des 200 dinars

L’euro à 200 dinars au marché informel, c’est imminent. C’est le résultat logique d’une forte pression exercée sur le dinar. Avec les restrictions sur les importations. Tout un pan de l’activité a été transféré vers le marché parallèle de la devise.

Abed Charef (sur le site de maghrebemergent.info: http://bit.ly/2tcKHas)

Un chiffre montre, à lui seul, la pression exercée sur le dinar par les différentes mesures de restrictions à l’importation imposées par le gouvernement : les Algériens ont importé pour 530 millions de dollars de véhicules durant le premier semestre 2017. A ce rythme, la barre du milliard de dollars devrait être largement dépassée durant l’année 2017, alors que l’implantation des réseaux de concessionnaires et l’offre abondante de véhicules depuis une décennie avait progressivement ramené ce chiffre à un niveau proche de zéro.

Dans le même temps, et faute de licences d’importation, non encore délivrées, les concessionnaires n’ont pas encore importé de véhicules sur leurs quotas 2017. Concrètement, cela signifie que l’ensemble des importations de véhicules durant le premier semestre 2017 a basculé, passant de l’argent bancarisé vers l’argent informel.

Résultat immédiat : l’offre de devises subit une forte pression. La barre symbolique de 200 dinars pour un euro devrait être franchir de manière imminente. Sur le marché parallèle, l’offre de devises destinées aux voyages, au pèlerinage et à différents usages, va fortement diminuer, avec cette demande nouvelle destinée aux véhicules.

Pénurie et demande

Les nouvelles restrictions imposées pour de nouveaux produits vont accélérer le mouvement. Toute une gamme de produits ont été suspendus d’importation depuis dix jours, après une première vague de produits soumis au régime de licences.

Dans l’intervalle, le dinar a peu varié au taux officiel. Selon l’économiste Nour Meddahi, la valeur du dinar n’a pas bougé depuis janvier 2016. Le mouvement à la baisse, très prudent, engagé par l’ancien gouverneur de la Banque d’Algérie Mohamed Laksaci, a été abandonné depuis l’avènement de son successeur, Mohamed Loukal. Du fait de la faiblesse du dollar, le dinar s’est même légèrement raffermi face à la monnaie américaine, passant sous la barre des 110 dinars pour un dollar (109.17). Selon les cotations affichées par la Banque d’Algérie au 17 juillet 2017, l’euro frôlait la barre des 125 dinars (124.97 dinars pour un euro).

Selon le ministère des finances, le taux de change moyen sur l’année 2016 était de 121 dinars pour un euro et 109 dinars pour un dollar.

Effet pervers

Un autre effet, probablement le plus pervers, est l’augmentation de l’écart entre la valeur officielle du dinar et celle affichée sur le marché informel. Il y a dix huit mois, l’écart était d’environ 50%. Ce qui signifie qu’il suffisait d’acquérir un euro auprès d’une banque pour le vendre sur le marché et faire ainsi un bénéficie équivalent à la moitié de son investissement initial.

Cet écart est aujourd’hui de près de 60%. Et à moins d’une nouvelle politique des changes visant à laisser glisser le dinar, l’écart va se creuser, creusant un abysse entre taux réel et informel ; une situation qui va provoquer des dégâts considérables.

Cet écart est la source de multiples trafics, parmi lesquels l’exportation illicite de devises par le biais de surfacturations. Les importateurs y ont trouvé un filon exceptionnel, avec une combine très simple : importer un produit, un véhicule par exemple, à 10.000 dollars auprès de sa propre entreprise ou celle de son fils installé à l’étranger, facturer le même véhicule à 11.000 dollars, et empocher 1.000 dollars à l’étranger, en plus des gains réalisés en Algérie. Des fortunes ont été constituées par ce biais à l’étranger. L’ancien ministre du commerce Bakhti Belaïb avait estimé ces sorties illicites de devises à 30% des importations durant les années fastes, soit 18 milliards de dollars durant l’année 2014.

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Comme le dinar, le PIB de l’Algérie serait nettement surévalué (Nour Meddahi)

Comme le dinar, le PIB de l’Algérie serait nettement surévalué (Nour Meddahi)

 

Fausses bonnes idées, nouvelles pistes à explorer. Nour Meddahi, professeur à la Toulouse Schools of Economics, place le dinar, monnaie surévaluée, au cœur du dispositif à mettre en place pour faire face à la crise.

Abed Charef  (Sur le site de maghrebemergent:)

Explorer des chemins nouveaux, oser, exploiter au mieux ce qui est disponible. Nour Meddahi, professeur à la Toulouse Schools of Economics, invite à une démarche innovante pour faire face à la crise économique que subit l’Algérie. La valeur du dinar est au cœur de ses plaidoyers. Surévaluée, la monnaie nationale serait entre autres à l’origine des déséquilibres de l’économie algérienne.

Pour Nourd Meddahi, « le dinar devrait continuer à baisser ». Il rappelle que la monnaie algérienne « n’a pas bougé depuis janvier 2016 ». Pire : si on tient compte du fait que le dollar a baissé depuis, cela signifie que le dinar a été surévalué par rapport au dollar.

Cette valeur nominale du dinar fausse toutes les projections. Selon les calculs de Nour Meddahi, le déficit de la balance des paiements aurait atteint 25 milliards en 2016, ce qui représente 16-17% du PIB. En termes de ratio dette/PIB, cela équivaut à 29%. Pour lui, « historiquement, ce n’est pas très élevé ». Mais si le dollar passe de 110 à 120 dinars, le déficit passe de 29 à 33%, ce qui est « »problématique ».

Or, les évaluations du PIB sont erronées, et « le problème, c’est le dinar ». Nour Meddahi est formel : « le PIB est surévalué. Il n’est pas de 170 milliards de dollars », dit-il. En reprenant des hypothèses du FMI sur la valeur du dinar, il constate que la surévaluation du PIB serait de 20 à 40%, selon le modèle utilisé.

Baisse de l’IRG, suppression des taxes négatives

La dépréciation du dinar est donc une option centrale. Mais le gouvernement dispose d’autres leviers, selon M. Meddahi, qui préconise une action concomitante : une baisse de l’IRG d’un côté, et une action pour éliminer les « taxes négatives », comme le faible prix du carburant. Selon lui, l’IRG ne touche que le formel, alors qu’une révision du prix du carburant toucherait également l’informel. Ce serait une action, parmi des dizaines d’autres, de s’attaquer à l’informel.

M. Meddahi note aussi que non seulement l’Algérie a des taux d’imposition plus élevés que les pays voisins, mais elle connait une hausse des taxes plus rapide.

Il rappelle également que le secteur de l’agriculture est soumis à « zéro impôt. Ce n’est pas normal » qu’un secteur aussi vaste demeure en dehors de la fiscalité, dit-il

Les licences, une formule temporaire

Nour Meddahi rappelle qu’il a été, avec Raouf Boussekine, l’un des premiers à évoquer la mise en place de licences d’importations. « Mais instituer des licences pour les bananes, ça, je ne comprends pas », dit-il aujourd’hui, affirmant sa préférence pour le système des taxations et une action sur la valeur du dinar. « Il faut se projeter dans l’avenir », dit-il, précisant qu’il est favorable à « des licences pour aider une production naissante, ou pour gérer une conjoncture délicate, mais pas pour dix ou vingt ans »

Pour lui, avec un déficit budgétaire de 15% du PIB en 2015 et 13.8% en 2016, le gouvernement se devait d’explorer d’autres pistes. Nour Meddahi affirme qu’il faut maintenir le niveau des dépenses, mais ça n’interdit pas ajustements », le tout étant de savoir « où va cet argent ? Il faut donc dépenser mieux ».

Fausses solutions

Il cite une série d’options à éviter. « Ne pas donner un dinar à Sonelgaz », par exemple. Selon lui, l’entreprise publique est en surcapacité. Il trouve injustifié de dépenser deux milliards de dollars juste pour satisfaire un pic de deux jours en été. « On n’a pas les moyens de gérer le pic d’une ou deux journées du mois d’août », dit-il, préconisant de recourir au délestage et d’augmenter les prix. Il demande de poser la question algériens : faut-il mettre deux milliards de dollars pour répondre à un  pic de production, ou utiliser cet argent construite quatre grands hôpitaux ?

Il se dit également hostile à l’idée de créer une banque de l’habitat. Il faut plutôt « vitaliser le marché financier », en rappelant que « le plus gros, ce n’est pas la bourse, c’est le marché des capitaux, les obligations ».

Selon lui, il faut mettre des mécanismes pour « utiliser l’argent des citoyens et des entreprises pour financer l’économie ». A l’évidence, il estime la rémunération actuelle « trop faible ». Il faut donc « rendre les obligations liquides, attractives », et innover, en transformant l’argent du logement en obligations.

Derrières les mots d’Ouyahia, la recomposition de l’espace Maghreb-Sahel

Mauvais signe : Ouyahia a été chargé de formuler la nouvelle vision algérienne de l’espace Maghreb-Sahel-Méditerranée. Il s’y est pris de la pire des manières.

Abed Charef (Le Quotidien d’Oran, jeudi 13 juillet 2017)

 

Il y a des formules qui vous collent jusqu’à la fin de vous jour. Ainsi, en évoquant les évènements d’Octobre 1988, Ali Ammar avait parlé de « chahut de gamins ». Abdelaziz Bouteflika a lancé les formules « trois quarts de président » et « tab djenanou ». A son tour, Ahmed Ouyahia a sa propre formule. Parlant des ressortissants de pays subsahariens séjournant illégalement en Algérie, le directeur de cabinet du président de la république a affirmé que cette immigration est « source de crime, de drogue et de plusieurs autres fléaux ». Une déclaration aussi surprenante que tranchée, de la part d’un homme supposé vivre au cœur du pouvoir depuis un quart de siècle, et donc rôdé à l’utilisation des mots et des concepts.

De quelque manière qu’on retourne ces propos, il est impossible de leur enlever leur aspect foncièrement « raciste », comme l’a souligné la Ligue Algérienne de Défense des Droits de l’Homme (LADDH). Les mots de M. Ouyahia font partie du vocabulaire d’extrême-droite, xénophobe, en usage chez des partis d’extrême droite; des partis dont la particularité est d’imputer les problèmes du pays aux autres, aux étrangers, pour prôner un discours basé sur la pureté interne, l’ordre et la discipline.

En fait, ces mots complètent le portrait que le chef du RND s’est construit au fil des ans. M. Ouyahia est d’abord un homme autoritaire, un doux euphémisme pour dire que la pratique démocratique ne figure pas parmi ses premières préoccupations. Ils complètent cette série d’attitudes, de comportements et de décisions qui ont façonné le personnage. Ainsi, en matière électorale, M. Ouyahia a fait ses preuves dès les premiers mois de la création de son parti, le RND, qui a remporté les élections législatives de 1997 après une fraude massive.

Le nationalisme étroit qu’il affiche relève du chauvinisme. Il ne s’encombre pas de libertés, ni de respect du droit. « Quand on me parle de droits de l’Homme, je dis : nous sommes souverains chez nous », a-t-il déclaré, comme si le fait d’être souverain chez soi abolit le respect du droit envers les étrangers.

Une politique, pas un dérapage

Ceci pour le personnage Ouyahia. Mais ce qui s’est passé cette semaine avec le dossier des migrants dépasse largement la personne du chef du RND. Car tout laisse à croire que le gouvernement a opté pour une nouvelle ligne de conduite qui tranche radicalement avec l’attitude, apparemment laxiste, qui prédominait jusque-là.

A l’exception de la formule sur le crime, la drogue et les fléaux, M. Ouyahia est en effet repris fidèlement par le ministre des affaires étrangères, M. Abdelkader Messahel. Celuiç-ci a repris l’argumentaire de M. Ouyahia, en essayant de lui donner une dose de consistance politique et sécuritaire. M. Messahal a parlé de « réseaux organisés » et de « mafias », qui seraient derrière un « afflux massif » de ressortissants de pays du Sahel. Il a annoncé des « mesures urgentes » que l’Algérie a décidé de prendre pour faire face à cette « menace contre la sécurité nationale ». Il a également fait état de 5.000 ressortissants de pays subsahariens -un « chiffre énorme »-, impliqués dans les groupes terroristes de par le monde.

L’argument de la sécurité nationale, ici comme ailleurs, ne souffre pas de contestation. M. Messahel n’hésite pas : « il est de notre devoir, en tant que gouvernement et en tant qu’Algériens, de défendre la souveraineté nationale et notre sécurité, c’est notre droit », a-t-il déclaré.

Et, pour bien signifier que les propos de M. Ouyahia relèvent d’un choix politique assumé, l’inénarrable Farouk Ksentini est intervenu pour apporter une « caution droits de l’homme » aux propos du chef du RND.

Ouyahia-Macron, un attelage improbable

Reste à savoir ce que tout ceci va signifier. A priori, cette vision conforte l’attitude algérienne traditionnelle en période de crise, la plus facile à mettre en œuvre: se recroqueviller sur soi-même, verrouiller ses frontières, développer cette culture de citadelle assiégée, et rejeter tout ce qui vient de l’extérieur. C’est dans la droite ligne du discours qui veut que l’Algérie s’est défendue seule contre le terrorisme, que tout le monde s’est ligué contre elle, et qu’elle ne doit compter que sur elle-même. C’est ce que développent les visites répétées du chef d’état-major de l’armée, le général Gaïd Salah, le long des frontières, et ses appels à la vigilance.

Ce discours a le mérite de susciter le nationalisme et d’exacerber la fierté nationale. Mais c’est surtout un discours inadapté au monde moderne. Il ne peut pas tenir face à un Sahara devenu un immense lieu de circulation, et une Méditerranée qui constitue une gigantesque autoroute.

Une première explication de texte de propos de M. Ouyahia est venue d’un site électronique, qui attribue au chef du RND une volonté de se positionner comme un partenaire crédible face aux grands décideurs externes. Difficile à admettre toutefois que M. Ouyahia exprime ainsi, seul, ses prétentions, avec les risques que cela comporte.

Ce qui donne une autre signification aux propos de M. Ouyahia et à la nouvelle politique qu’il annonce. Il s’agira très probablement d’accompagner, au niveau local, une vision plus globale qui se développe ailleurs, sur l’Afrique et sur la question des migrations. Elle s’est déjà traduite en Libye par un hommage appuyé au maréchal Haftar.

Quelle vision? Celle d’Emmanuel Macron ? C’est la seule qui a émergé récemment dans la région. Il n’est toutefois pas inintéressant de noter que le chef de l’Etat français a commis sa première bévue lorsqu’il a imputé le retard de l’Afrique au nombre élevé d’enfants par femme. Un discours proche de celui de M. Ouyahia. Suffisant pour parler d’un attelage Macron-Ouyahia? Avec Sissi, Haftar et Ouyahia, le nord de l’Afrique aura une autre saveur, que les migrants risquent de ne guère apprécier.

Le faux contre-pied de Nour Meddahi sur l’endettement

Le faux contrepied de Nour Meddahi sur l’endettement

 

L’économiste Nour Meddahi considère l’endettement extérieur inopportun dans la conjoncture actuelle, mais cela n’a pas de rapport avec les dogmes sur la souveraineté nationale.

Abed Charef  (Sur maghrebemergent.info: http://bit.ly/2uMdSCB)

 

En évoquant un éventuel recours, ou non, à l’endettement extérieur, Nour Meddahi invite d’abord à éviter les dogmes. Ce professeur d’économétrie et de finances à la Toulouse Schools of Economics réfute totalement l’idée selon laquelle la préservation de la souveraineté nationale passerait par l’absence de dette extérieure. Sur ce terrain comme pour la règle du 51/49, il utilise une formule lapidaire : « il faut arrêter », dit-il, rappelant que les Etats-Unis ont la dette la plus élevée au monde, dont la moitié est détenue par des étrangers, sans que cela n’altère leur capacité de décision.

L’économiste prend le contrepied des recommandations du président de la République qui a considéré, lors du conseil des ministres de la mi-juin, qu’il faut éviter le recours à l’endettement extérieur pour « préserver la souveraineté économique du pays ». Commentant cette déclaration, l’agence APS a souligné que « le Chef de l’Etat a été catégorique: il faut éviter le recours à l’endettement extérieur », a-t-il fermement instruit le gouvernement, en relevant que cela relève de la souveraineté économique nationale qu’il faut absolument préserver ».

Nour Meddahi n’est pas pour autant un fanatique de l’endettement. Il s’agit plutôt d’opportunité et d’utilité de l’endettement. Prenant son monde à contrepied, il affirme ainsi que dans la conjoncture actuelle, il est hostile au recours à l’endettement extérieur, mais pour de toutes autres raisons que la souveraineté, le nif ou l’orgueil évoqué dans les cercles de décision.

Moment inopportun

Selon lui, s’endetter aujourd’hui en externe, alors que le pays dispose de près de 100 milliards de réserves de changes est d’autant plus inopportun que les taux d’intérêt seront « très élevés à cause du déficit budgétaire ». Emprunter en externe 1.7 milliards de dollars représenterait aujourd’hui un pour cent du PIB, qui s’élève 170 milliards de dollars. Mais si le dinar est dévalué, ce qui est inévitable, ce taux va mécaniquement augmenter. A l’inverse, un endettement en interne auprès de la Banque d’Algérie ferait baisser ce taux en cas de dépréciation du dinar, dit-il.

En tout état de cause, du moment que l’endettement parait inévitable, il préconise le recours à l’endettement interne, et n’hésite pas à parler de recours à « la planche à billets », selon des formules qu’il détaille. L’Etat pourrait ainsi émettre des obligations, qui seraient rachetées par la Banque d’Algérie. Selon Nour Meddahi, le financement monétaire par la Banque d’Algérie est une piste nécessaire. « La Banque centrale doit mettre de l’argent sur la table », dit-il. Il reconnait qu’elle « le fait, mais elle doit aller plus loin ».

Innover

Les banques devraient bénéficier de nouvelles mesures, selon Nour Meddahi, qui a été une des chevilles ouvrières de la réunion de la société d’économétrie qui s’est tenue fin juin à Alger. Il évalue positivement la décision de faire passer « le taux de réserve obligatoire passé de 12 à 8% », mais il estime qu’il faut aller plus loin ». Il préconise un taux de six pour cent, ce qui permettrait de consacrer les deux pour cent supplémentaires au financement de l’économie.

De manière plus globale, Nour Meddahi plaide pour une cohérence de la politique du gouvernement, qui « envoie des messages contradictoires ». L’exécutif « ne veut pas d’endettement externe, pas de baisse des réserves de change sous les 100 milliards de dollars, pas de révision de la règle du 59/41. Mais dans le même temps, on veut de la croissance », note-t-il. « Il faut arrêter » avec la règle du 51/49 », et « mettre des priorités », dit-il.

Raciste, et j’ai un peu honte

Je suis un peu raciste. Je l’avoue et j’avoue que j’ai un peu honte.

Mais comment ne pas être raciste?

Les migrants subsahariens ont imposé leur présence dans l’espace public algérien, même si, dans leur majorité, ils restent confinés dans les endroits les plus sordides. Ils sont pauvres, ils mendient, et vivent dans des conditions d’hygiène déplorables. Ils squattent les dessous des ponts et érigent des bidonvilles dans un pays qui est sur le point d’éliminer les bidonvilles.

Ils ont quitté leurs pays, pauvres, parfois ravagés par la guerre et la sécheresse, pour venir vivre dans des conditions misérables en Algérie. Ils ont laissé des pays en guerre ou menacés de guerre pour trouver refuge dans un pays qui vient de sortir d’une terrible épreuve.

Peu d’entre eux travaillent, ce qui ne les empêche pas de faire des enfants, de les balader par plus de 40 degrés, dans d’interminables allers-retours sans objet et sans but précis.

Tout cela me pousse évidemment à devenir raciste.

Raciste anti-cons.

Raciste contre tous ces cons incapables de voir la détresse de leurs semblables, de sentir la tragédie que vivent des gens plus faibles qu’eux, plus vulnérables, désespérés; des gens qui ont vraiment besoin d’une main affectueuse, d’un geste de tendresse, d’un sourire, d’un coup de pouce, d’un geste de solidarité.

Et là, j’ai un peu honte pour ces Algériens qui ont tenu un discours méprisant, humiliant, envers les migrants.

La crise du Qatar réveille les monstres autoritaires

La crise du Qatar réveille les monstres autoritaires

 

Le petit Qatar face aux mastodontes du Proche-Orient, c’est aussi un autocrate chic contre des autocrates de la vieille école.

Abed Charef (Le Quotidien d’Oran, jeudi 29 juin 2017)

 

Fermer Al-Jazeera ? Il faut oser le réclamer. Un  groupe d’autocrates orientaux l’a pourtant fait. Inutile de dire qu’il ne s’agit pas de champions de la démocratie. Le Roi Selmane et le maréchal Sissi représentent même, jusqu’à la caricature, la négation de la démocratie. A l’exception du nord-coréen Kim Jong-Un, il est difficile de trouver de figure aussi hostile aux libertés que ces deux dirigeants.

Le Roi Selmane d’Arabie Saoudite, qui se préparerait à passer la main au profit de son fils MBS (Mohamed Ben Selmane), maintient son pays dans une ligne figée depuis près d’un siècle. Alors que l’humanité a marché sur la lune, a inventé l’internet et envoyé la sonde Rosetta, le Roi Selmane se enferme son pays dans une non-pensée immuable, élaborée il y a plus de deux siècles, et sacralisée par le fondateur du royaume.

La doctrine officielle du pays, le wahabisme, établit un pouvoir totalement fermé, ne tolérant pas la moindre interstice. Le salafisme, une sorte de dérivé du wahabisme, exclut toute activité politique ou syndicale, au nom de l’unité de la Oumma. Vivant dans le mythe d’un passé glorieux qu’il voudrait restaurer, le royaume refuse de voir où va le monde. Il est enfermé dans un engrenage qui ne laisse entrevoir de conflit qu’entre les religions, puis au sein de la même religion, entre sunnites et chiites, puis au sein d’un même courant, entre salafistes et frères musulmans, par exemple. Jusqu’à l’infini. « Toute innovation est bidaa (fausse interprétation), toute bidaa est égarement, et tout égarement mène en enfer ».

Passé mythique

Quant au maréchal Sissi, il est difficile de dire s’il fait mieux, ou pire. L’Egypte semblait pourtant plus avancée, mieux armée. Elle a expérimenté l’impasse du régime du parti unique, subi le faux multipartisme, et elle a même tenté l’expérience démocratique, allant jusqu’à propulser des islamistes au pouvoir. Autant d’échecs qui auraient du mener à plus de maturité, à développer des réflexions innovantes sur la politique et la gouvernance. Ou, au moins, à éviter les fausses solutions.

Mais comme le Roi Selmane et ses prédécesseurs, le maréchal Sissi a préféré revenir vers ce qu’il considère comme l’âge d’or de son pays. Celui des pharaons ou celui de Nasser, on ne sait pas trop. Mais il s’agit en tous les cas d’un pouvoir qui ne souffre aucune contestation, et n’admet aucune opposition. Une sorte de salafisme non religieux.

Car sur le fond, les deux pays se rejoignent. Une fois la question religieuse ou idéologique mise de côté, il ne reste que le pouvoir autoritaire, avec ses dogmes et ses fondements économiques : une tribu faite de princes et de notables qui contrôlent l’essentiel de la richesse en Arabie Saoudite, une oligarchie militaire, appuyée sur une caste d’hommes d’affaires de type Sawiris, alliés pour conserver richesse et pouvoir en Egypte.

« Dictateur moderne»

Face à eux, l’autocratique régime du Qatar apparait d’une exceptionnelle modernité. Il en affiche du moins quelques apparats : un luxe tapageur, un bouillonnement remarqué à l’international, et une vitrine médiatique unique, Al-Jazeera. Le Qatar, c’est un émir, une chaine de télévision, une base américaine, appuyés sur le plus grand gisement de gaz du monde.

Mais pas de séparation de séparation de pouvoirs au Qatar, dont la population équivaut à celle d’un petit quartier du Caire. C’est l’Emir qui décide de tout, dans les marges qui lui sont permises à l’international. En interne, il serait ce qu’un courant politique algérien appelait un « dictateur juste ». C’est une absurdité politique, mais elle a eu son heure de gloire en Algérie et dans de nombreux pays arabes, pour justifier des régimes autoritaires comme de Houari Boumediène ou Nasser.

Mais sur le fond, tous ces régimes, y compris celui du Qatar, se rejoignent sur un point : le système de décision. Celui-ci repose sur une personne, au mieux sur un groupe, une famille, un clan. La décision n’obéit pas à des règles institutionnelles codifiées et reconnues. Et quand ces institutions existent, sous forme de parlement, armée, parti unique, elles servent à cautionner et exécuter la décision du chef ; elles ne contribuent pas à l’élaboration de la décision.

Conflits et chamailleries

Cela donne aux crises qui surgissent de manière récurrente entre ces pays un air de chamailleries entre enfants gâtés, que personne ne prend au sérieux. Jusqu’à ce que des guerres éclatent : guerre entre Libye et Egypte ; entre Arabie Saoudite, appuyée par sa coalition, et le Yémen ; invasion du Koweït par l’Irak ; et même cette guerre absurde entre Ethiopie et Erythrée. Quand les choses dérapent, avec leurs drames et leurs destructions, des médiateurs proposent leurs bons offices. Mais le plus souvent, c’est Washington qui fixe les conditions du retour à la paix.

C’est alors qu’apparait le problème de fond qui ronge tous ces pays : le pouvoir n’y est pas institutionnalisé. Par ricochet, la décision n’est pas non plus institutionnalisée. Il n’y a pas de délibération sérieuse et raisonnée qui permette de trouver la meilleure solution, particulièrement en période de crise. Ce qui donne au dirigeant du moment la possibilité de décider, parfois selon l’humeur du moment. Cela va de la décision stratégique, comme une déclaration de guerre, à la petite décision, qui consiste à organiser une deuxième session du bac pour les élèves retardataires.

Cela amène à une conclusion, une seule : aucun de ces pays ne peut avancer s‘il ne commence pas par le commencement : institutionnaliser le pouvoir, et aménager des espaces de délibération pour la prise de décision.

Aïd Moubarak

Aïd Moubarak

Mes meilleurs vœux : santé, amour, zénitude

Une pensée particulière :

  • Aux migrants, tous ces hommes, femmes et enfants déracinés qui se trouvent loin de leurs proches ;
  • Aux ressortissants de pays d’Afrique qui séjournent en Algérie, en espérant que la législation et les cœurs s’ouvrent pour leur donner du réconfort ; et mes excuses si on vous a blessées;
  • A tous les habitants de pays en guerre, Syrie, Irak, Yémen, Somalie et autres. Avec vous de tout coeur;
  • Aux Palestiniens, mes frères de toujours
  • Aux sahraouis dans les camps de réfugiés et au Sahara Occidental;
  • Une pensée enfin à celle qui, pendant un mois, supportait mes humeurs, vos humeurs, ma mauvaise fois, votre mauvaise fois, celle qui tentait chaque jour d’inventer un nouveau plat pour nous faire plaisir
  • Aux Algériens, de manière générale. Oubliez Sellal, Bouteflika, les législatives et la session du bac consacrée aux retardataires. Oubliez tout ça, pensez à vos proches, à ceux qui vous aiment et à ceux que vous aimez. Donnez leur du bonheur, et recevez  ce qu’ils vous offrent.

Tebboune est serein; il n’a pas de comptes à rendre

Tebboune est aussi serein; il n’a pas de comptes à rendre

 

Le premier ministre Abdelmadid Tebboune s’est engagé dans le rituel institutionnel imposé par la formation d’un nouveau gouvernement.

Abed Charef (Le Quotidien d’Oran, jeudi 22 juin 2017)

 

L’Algérie recevra un joli cadeau de l’Aïd cette année. Ce sera le « plan d’action » du gouvernement de M. Abdelmadid Tebboune, dont l’adoption devrait coïncider avec les fêtes. Dans la foulée, quand il célèbrera le 5 juillet, fête de l’indépendance et de la jeunesse, le pays sera déjà sur un air de vacances.

En fait, le pays est en mode économie d’énergie depuis plusieurs semaines. Depuis deux mois plus exactement, avec le début de la campagne des législatives, lorsque des ministères ont été confiés à des intérimaires. C’était, d’une certaine manière, l’aveu que le pays pouvait se passer de ministres.

Depuis, la situation n’a guère changé, si ce n’est pour apporter plus de dilettantisme. A l’effet Ramadhan, s’est ajoutée cette atmosphère de léthargie propre à la période de pré-vacances, léthargie favorisée par l’absence d’un gouvernement en fonction, ce qui donne une impression que le pays fonctionne en roue libre.

Dans de telles conditions, les citoyens n’ont guère à se préoccuper de politique ou d’argent. Ramadhan et Aïd ont un effet rouleau compresseur sur le budget familial. La préparation du hadj, des vacances, puis la rentée scolaire, font le reste. Pour les Algériens, il n’y a guère d’arbitrage en matière de budget familial. C’est le calendrier qui fixe le rythme et l’ampleur des dépenses.

Rituels

Pour le gouvernement aussi, une sorte de mécanique formelle s’est mise en place, l’obligeant à faire semblant, alors que tout était tracé d’avance. Le rituel allant des législatives à la formation du nouveau gouvernement, jusqu’au débat au parlement, est incontournable. Il prend près de deux mois.

Dans ce climat, M. Tebboune a tout le temps de former son gouvernement, de rédiger un « plan d’action », de le faire adopter par l’APN et par le Sénat. Personne ne s’y opposera. Qu’il prévoit plus ou moins d’austérité, qu’il envisage d’introduire plus de licences d’importation ou d’assouplir cette formule, qu’il s’accroche à des méthodes désuètes ou que la fameuse « task force » lui rappelle l’absurdité de sa démarche, personne, absolument personne, ne doute que son programme sera validé par le parlement.

Les discours que prononce M. Tebboune devant les deux chambres du parlement, les réponses qu’il va apporter aux députés et aux sénateurs constituent, aux yeux d’une opinion disjonctée, de simples rituels par lesquels il faut passer.

Anecdotes et boutades

Seule curiosité, les Algériens se demanderont si M. Tebboune va nommer un nouveau ministre du tourisme, quand il le fera, et qui sera le nouvel élu. Ils se demanderont si tous les ministres vont remercier les amis, vrais ou supposés, de leurs prédécesseurs, comme le fait le nouveau ministre de l’industrie, et si les révélations continueront à pleuvoir concernant les faveurs accordées par MM. Sellal et Bouchouareb à leurs amis. Dans les moments d’oisiveté, les Algériens évoqueront l’indigence de la gestion Sellal et tenteront de savoir si le cafouillage qui entaché la formation du nouveau Tebboune n’annonce pas les mêmes désagréments.

Autant dire qu’on reste au plan de l’anecdote et de la boutade. Du Sellal sans Abdelmalek Sellal. Quant au débat politique de fond, il n’aura pas lieu. La question n’intéresse pas le gouvernement. Pour lui, un débat est une menace, car les vraies questions risquent d’être posées. Et tout est fait précisément pour les éviter.

M. Tebboune tient donc un discours rassurant. Le pays connait des difficultés, mais la situation est maitrisée, dit-il. Les ressources financières ont chuté, mais on maintient l’essentiel de l’effort d’investissement et on préserve le volet social. Ce que disait Sellal. Seule la forme change, avec un premier ministre qui se veut plus martial, plus résolu, et qui veut tout contrôler.

Impunité

Comment expliquer cette attitude du premier ministre, qui affiche une sérénité à toute épreuve, alors que tous les clignotants sont au rouge? En fait, la réponse est simple. M. Tebboune n’a pas été nommé pour trouver une solution à la crise, mais pour gérer un moment. Il n’est pas tenu d’obtenir des résultats bons pour l’Algérie, pour les Algériens, pour l’économie et les institutions algériennes.

M. Tebboune obéit à un autre agenda. Il n’a pas de comptes à rendre aux Algériens, ni à leurs élus. Les députés ne peuvent pas le destituer, et les citoyens ne disposent pas de moyens institutionnels pour le contester.

L’expérience de M. Sellal est toute fraîche. L’ancien premier ministre est rentré tranquillement chez lui, sans rendre compte de sa gestion. Il était aux affaires quand l’argent coulait à flots, et il a ouvert les vannes, dans une attitude qui frise l’irresponsabilité. Il était là au moment où la conjoncture s’est retournée, mais il a continué à tenir un discours inqualifiable. Il a fait rater au pays des opportunités rares. Mais il est dans l’impunité.

M. Tebboune est dans la même trajectoire. Il peut parler ou s’habiller différemment que M. Sellal, se montrer plus solennel, moins loufoque, il peut même montrer un vrai souci de lutter contre la gabegie. Mais sur le fond, il est dans le même engrenage que M. Sellal.

Pour oublier Sellal, les Algériens adopteront M. Tebboune. C’est comme après le jeûne, et tout ce qu’on endure pendant le Ramadhan. On se contente de peu.

Alors, Aïdekoum mabrouk.

Les fellahs font les frais de la baisse des prix pendant le Ramadhan

Les fellahs font les frais de la baisse des prix pendant le Ramadhan

 

Gouvernement et consommateurs algériens sont satisfaits du niveau de prix pendant le Ramadhan. Mais les fellahs sont au bord de la rupture.

Abed Charef (un article sur le site de maghrebemergent.info)

Le consommateur algérien a passé un bon Ramadhan 2017. Les prix des fruits et légumes sont restés très bas depuis le depuis le début du mois de jeûne, il y a trois semaines, alors que traditionnellement, le Ramadhan entraine une flambée des prix. Mais si le consommateur trouve son compte dans cette évolution des prix vers le bas, le producteur en subit brutalement les effets, avec une réduction considérable de ses marges bénéficiaires, quand il ne s’agit pas de pertes sèches.

Sur les marchés de gros du centre et du centre-ouest, de Boufarik à Chlef, en passant par  Attatba et Bougara, les prix n’ont probablement jamais été aussi bas, à prix constants. La tomate est à peine au-dessus de dix dinars le kilogramme, les haricots verts à moins de cinquante dinars, tout comme les poivrons. Les aubergines et la courgette trouvent difficilement preneur, autour de dinars le kilo. La pomme de terre, produit phare, reste au-dessous de25 dinars.

Les fruits de saison, pastèques et cantaloup, frisent les dix dinars, alors que le melon jaune reste un cran au-dessus, autour de trente dinars. Salade verte, betteraves, et autres produits communs sont également au plus bas.

Légère variation attendue

Des changements mineurs pourraient intervenir durant les dix prochains jours, en raison de la déstabilisation du marché que risque de créer les fêtes de l’Aïd, avec une longue pause de quatre jours. Mais la situation devrait revenir rapidement à ces mêmes niveaux, l’été étant traditionnellement une saison d’abondance.

Ces niveaux de prix trouvent confirmation auprès des marchands ambulants, qui pratiquent des pris proches de ceux des marchés de gros. Quant au prix chez les détaillants,  ils varient selon les villes et les quartiers, et ils sont parfois totalement déconnectés des prix de gros. Comme les commerçants maintiennent leur marge, quel que soit le prix, c’est le revenu de l’agriculteur qui se trouve mis sous pression.

La pomme de terre dicte toujours les prix

Un fellah s’étonne de cette situation. « Cela fait vint ans que je vends la tomate de saison au même prix de gros », alors que prix de tous les autres produits ont explosé, dit-il.

Comment expliquer ne bas niveau de prix ? Abondance de la production, baisse des revenus des ménages, qui achètent moins, premiers résultats de la politique agricole du gouvernement, et même « baraka du Ramadhan », tout a été dit.

Mais un opérateur, régulièrement consulté, maintient ses propos, avec une constante : selon lui, c’est la chute du prix de la pomme de terre qui entraine tout le reste. Selon lui, la pomme de terre « opère comme un régulateur du marché ». Quand son prix a explosé en mars-avril, tout le reste a suivi. A l’inverse, depuis le reflux enregistré début mai, quand le prix de la pomme de terre est passé 60 à 22 dinars sur les marchés de gros, tout le reste s’est dégonflé.

Les fellahs se ruinent

Ces prix font le bonheur des consommateurs. Le gouvernement est lui aussi satisfait d’une évolution qui conforte la préservation de la paix sociale. Par contre, les fellahs se sont à la peine. Leur marge est réduite à l’extrême, et beaucoup perdent de l’argent. Il suffit de comparer le prix de vente de certains produits, en gros, et le coût de production pour s’en rendre compte.

Les coûts de production, pour une récolte correcte, tourne autour de 25 dinars le kilo pour la pomme de terre, 20 dinars pour la tomate. Le coût de la semence constitue près de la moitié du coût pour ces produits.

Deux facteurs permettent aux fellahs de tenir le coût. Une hausse de la productivité est régulièrement enregistrée, avec l’introduction de semences, de plus en plus chères, certes, mais de plus en plus performantes ; et la non comptabilisation des frais liés à la terre et aux équipements déjà amortis.

La Tunisie et le Maroc entrent dans l’ère post-islamiste

 

Un article sur la contestation à El-Hoceima et Tataouine

http://bit.ly/2sgZJhy