Chrétiens d’Orient et criminels d’Occident

Ghaza a profondément choqué l’opinion occidentale. Les communicateurs ne pouvaient rester sur ce résultat. Ils ont inventé les Chrétiens d’Orient pour détourner la sympathie des Occidentaux envers les Palestiniens.

 

Abed Charef (Le Quotidien d’Oran, 21 aout 2014)

 

Les chrétiens d’Orient vivent en Orient depuis deux mille ans. Les adeptes d’autres rites dans ces zones fortement présentes dans l’histoire des monothéismes, sont là depuis plus longtemps encore. Pourtant, les pays occidentaux les ont littéralement inventés en cet été 2014. En quelques semaines, Paris, Washington, Londres et les autres capitales qui comptent ne parlent que de ces populations menacées d’extermination par un absurde califat islamique créé par des hommes à mi-chemin entre pieds nickelés et talibans.

Du jour au lendemain, le monde a découvert des villes peuplées de chrétiens au cœur même du désert irakien. Des noms, des villes, des peuplades entières ont surgi du néant, pour devenir familières à une opinion européenne fortement secouée par Ghaza. Des spécialistes de l’activisme, du style Laurent Fabius, ont commencé à organiser des ponts aériens pour envoyer de l’aide, humanitaire bien sûr, militaire aussi, en vue de contrer les barbares de l’Etat islamique. En pointe dans l’humanitaire, la France a même eu recours à une procédure exceptionnelle, en accordant à ces chrétiens d’Irak ainsi pourchassés un « visa d’exil », pour leur permettre de retrouver la paix.

Et puis, apothéose de toute cette agitation, le Pape lui-même a fini par s’émouvoir, pour demander la protection de ces hommes qui portent leur croix depuis deux mille ans. Il a proposé de se rendre sur place, dans un vague rappel de ces chevaliers qui n’hésitaient pas à faire des milliers de kilomètres pour défendre l’honneur et la gloire de la chrétienté. « Aujourd’hui, nos frères sont persécutés», a dit le pape. « Ils sont chassés, ils doivent quitter leurs maisons sans la possibilité d’emporter quoi que ce soit avec eux », a-t-il ajouté dans un discours émouvant, en évoquant des hommes subissant des drames atroces dans des villes barbares, au cœur d’un pays barbare, où la température ne descend jamais sous les quarante degrés.

En France, des parlementaires ont adressé à François Hollande une lettre ouverte dans laquelle ils lui demandent de saisir la Cour pénal internationale « sur les exactions dont sont victimes les minorités en Irak, notamment les chrétiens d’Orient ». Aux Etats-Unis, et partout dans le monde dit civilisé, hommes politiques et lobbyistes se mobilisent, sous l’œil attentif des caméras, pour soigner leur carrière et porter secours à ces hommes en détresse.

Résultats terrifiants

Cet activisme produit pourtant l’effet inverse de ce qui est proclamé. Il conforte les partisans du fameux Daesh, cet obscur Etat islamique du Levant et du Cham, qui veut précisément situer tous les conflits modernes dans une optique religieuse. Ces hommes ne sont pas encore sortis des croisades, et ces interventions en faveur des chrétiens d’Orient leur donnent un argument nouveau pour conforter leur point de vue selon lequel tout ce que fait l’Occident n’est qu’une nouvelle croisade destinée à contrer l’avancée de l’Islam. C’est rudimentaire ? C’est primaire ? Peut-être. Mais ce n’est pas plus primaire que la pensée de George Bush, qui a détruit l’Irak au nom du Bien contre le Mal, pour donner naissance, au final, à cette nouvelle génération de talibans qui infestent nos pays, de la Libye à la Syrie, en passant par l’Irak et le Mali.

Et puis, comme l’a écrit un éditorialiste français, ces monstres sont vos monstres. En Afghanistan, pour les besoins de la guerre antisoviétique, le monde libre a créé Ben Laden et les moudjahidine. L’OTAN a bombardé la Libye pour faire chuter Kadhafi. Résultat : elle a créé, au Maghreb, les conditions pour l’apparition d’une nouvelle Somalie ou d’un nouvel Afghanistan. En Syrie, la France était en pointe dans un combat pour soutenir des rebelles, dont les entrailles portaient une nouvelle absurdité politique, ce Daesh devenu califat. Et aujourd’hui, en Irak, le prix Nobel de la paix Barak Obama Unis décide de bombarder, et de fournir des armes, encore des armes. Comme si les armes envoyées auparavant en Irak, lors de la guerre Irak-Iran, puis lors de l’occupation de ce pays et durant la guerre civile qui s’y poursuit toujours, comme si ces armes avaient servi à construire quoi que ce soit.

Les communicateurs à l’œuvre

A l’évidence, cet énorme élan de compassion en faveur des chrétiens d’Orient n’est qu’une simple opération de communication, avec un objectif principal: détruite le formidable élan de sympathie né dans les pays occidentaux en faveur de Ghaza. Car ce qui se passe à Ghaza a bouleversé le monde. L’opinion occidentale a été choquée par des images et une réalité qu’elle ne soupçonnait pas. Ghaza, c’est le ghetto de Varsovie qui se soulève, et qui est écrasé sous les bombes. C’est un bout de territoire soumis à un embargo total depuis 2006. Ces palestiniens de Ghaza sont interdis de se déplacer par terre, par mer et par les airs. Alors, ils creusent des tunnels. Et ils lancent des roquettes. Il faudra les tuer tous pour qu’ils cessent de lancer des appels de détresse, sous forme de roquettes. Les mots, les déclarations, les communiqués de détresse, plus personne au monde ne les entend. Il ne reste que des roquettes. Et ils subissent un déluge de feu.

C’est un martyre terrifiant que la communication occidentale ne pouvait tolérer. Elle a donc décidé de créer, au profit de l’opinion occidentale, un nouveau centre en faveur duquel il faut désormais avoir de la compassion. Puisqu’il n’est plus possible d’avoir un élan pour Israël, il faut s’identifier à ces chrétiens d’orient qui souffrent. L’Etat islamique est l’idiot utile qui permet à cette propagande de fonctionner. Mais il ne serait pas étonnant qu’on découvre, un jour, que tout ceci n’était est un immense montage, réalisé à partir de quelques éléments factuels, avant d’être soigneusement enrobés par une presse embedded ou complice.

Faut-il faire un tri ?

Et puis, le crime ultime est de dire que ces chrétiens appartiennent à un autre monde, à l’Occident, dans une volonté délibérée de les détacher de leur terre, de leur histoire, de leur sol. Ces chrétiens d’Algérie, d’Egypte, de Palestine, d’Irak et de Syrie sont les nôtres. Ils ne font pas seulement partie de nous, de notre histoire, ils sont nous. Ils ont joué un rôle essentiel dans le renouveau de la pensée dans cette partie du monde durant le deux derniers siècles. Et ce n’est pas parce qu’un illuminé qui se prend pour le nouveau calife décide promulgue une fetwa absurde qu’ils deviennent occidentaux. Et ce n’est pas non plus une fetwa du pape qui en fera des Occidentaux.

Dans la tourmente d’aujourd’hui, évoquer de manière sélective les malheurs des Chrétiens d’Orient, c’est occulter tous les autres malheurs : Ghaza, la guerre civile en Syrie et en Irak, en Libye et ailleurs ; c’est déconsidérer les milliers de victimes qui tombent, chaque jour, en Irak, depuis que George Bush a décidé d’introduire la démocratie dans ce pays, il y a onze ans, en organisant un immense mensonge sur la présence d’armes de destruction massive dans ce pays ; c’est occulter les drames que vivent tous les autres peuples, sunnites, chiites, athées et juifs, car il y a aussi des juifs qui subissent une situation morale intenable dans la région ; enfin, maintenir ce discours, c’est entretenir délibérément un climat favorable au choc des civilisations, et en assumer les conséquences morales et politiques.

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Abdelmadjid Bouzidi, un chantre de l’intervention tous azimuts de l’Etat

Partisan du tout Etat dans l’économie, Abdelmadjid Bouzidi, décédé vendredi, a toujours maintenu des positions très rigides sur les questions économiques. Jusqu’au jour où il a été associé à la décision de rééchelonnement de la dette extérieure.

Abed Charef (maghrebemergent.info)

L’économiste Abdelmadjid Bouzidi, décédé vendredi à Paris à l’âge de 69 ans, a été un témoin mais pas un acteur décisif des grands virages de l’économie algérienne durant un demi-siècle. Malgré sa renommée, il n’a pas eu d’influence sur les grandes décisions, comme il n’a jamais accédé aux postes d’exécution des politiques économiques mises en œuvre, y compris quand ses politiques étaient proches de ce qu’il défendait.

M. Bouzidi a notamment dirigé le CENEAP (centre d’études en économie appliquée), dont la revue était très appréciée dans les milieux économiques algériens à la fin de l’ère du parti unique, sous Chadli Bendjedid. La revue affichait alors un point de vue critique contre la timide ouverture initiée par le Président Chadli, lorsqu’il était de bon ton de s’attaquer à l’ancien chef de l’Etat algérien sur sa gauche, pour l’accuser d’avoir abandonné la ligne de Houari Boumediène.

Les réformes économiques initiées par le gouvernement de Mouloud Hamrouche à la fin des années 1980 ont été accueillies de manière très hostile par M. Bouzidi, partisan d’un contrôle de l’Etat sur l’économie. Il est d’ailleurs resté dans une hostilité manifeste et déclarée aux réformes, affirmant sa préférence pour une économie à l’ancienne, dominée par le secteur public, y compris quand la bureaucratie algérienne avait montré ses limites et quand les anciennes bureaucraties des pays de l’est se sont effondrées.

Réalité amère

Nommé conseiller du président Ali Kafi pour les questions économiques, en 1992, M. Bouzidi a enfin pu entrer dans le cercle de la décision économique. Mais confronté à une situation économique chaotique, dans une période de libéralisme triomphant, il a tenté de s’accrocher à une gestion étatique, en prônant une « économie de marché d’Etat », dans laquelle des entreprises publiques animeraient le marché.

Mais pour lui, le plus dur était encore à venir : c’est pendant qu’il était conseiller économique du président Liamine Zeroual que l’Algérie a décidé de rééchelonner sa dette extérieur, en 1994, et se résoudre à appliquer des règles très sévères imposées par le FMI. Directement impliqué dans ce choix, M. Bouzidi l’a avalisé, et soutenu les mesures qui end écoulaient, alors qu’il avait jusque-là rejeté toute mesure de libéralisation de l’économie. Sa proximité politique avec le parti FLN sous le parti unique puis avec l’UGTA, avaient renforcé ses convictions et son hostilité au libéralisme. Il est resté dans ces convictions jusqu’à la fin de sa vie.

Avec la relance des investissements publics, favorisée par l’embellie financière sous le Président Abdelaziz Bouteflika, il a repris ses plaidoyers en faveur de l’interventionnisme de l’Etat. Pour lui, c’est du keynésianisme, et il reprochait à ses détracteurs de rejeter ce qui avait permis la reconstruction de l’Europe au lendemain de la seconde guerre mondiale.

L’économie algérienne « sur la bonne trajectoire »

M. Bouzidi apparaissait rarement à la télévision, en raison d’un handicap physique qui gênait considérablement son expression. Par contre, il était très présent dans les forums et colloques, où il rappelait ses positions et ses analyses. Il avait aussi pris un virage vers la chronique économique, publiant régulièrement ses analyses dans un quotidien algérien.

Son dernier texte, publié il y a moins d’un mois, prenait le contrepied des analyses dominantes. Il affirmait que « l’économie algérienne est sur une bonne trajectoire», alors qy’un lrge consensus se dégageait chez les économistes pour relever les gaspillages, l’inefficacité économique et l’exxtension de al corruption. Mais pour M. Bouzidi, « l’économie algérienne, ce n’est pas seulement l’aisance financière et la cagnotte hydrocarbures. L’économie réelle bouge même s’il ne s’agit pour l’instant que d’un frémissement », a-t-il déclaré.

Selon lui, il y a « un nouveau modèle de croissance en Algérie », élaboré « dans un contexte de rattrapage économique », marqué par deux grandes orientations, un programme de rééquipement du pays en infrastructures de base, et un programme de ré-industrialisation. Il souligne toutefois le « rôle toujours déterminant de l’État ».

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A Sonatrach, on gère la rente comme on peut

Sonatrach s’installe dans la précarité, alors qu’elle assure un tiers du PIB de l’Algérie.

Abed Charef (Le Quotidien d’Oran, 31julllet 2014)

Sonatrach a un nouveau patron. L’entreprise qui génère près du tiers du PIB de l’Algérie est passée des mains de M. Abdelhamid Zerguine à celles de de M. Saïd Sahnoun. Avec une petite différence : le premier était avait le titre de PDG, le second n’est qu’intérimaire. Donc précaire, sans vrai pouvoir de décision.

M. Zerguine était un homme plutôt effacé. Il a grimpé les échelons pour parvenir à ce poste prestigieux à force d’obéissance et de docilité. On ne lui connait pas de choix politiques ou économiques tranchées. Il se contentait de répéter et d’exécuter les directives de sa tutelle, avec ou sans conviction, avec plus ou moins de bonheur. Il fait partie de cette multitude d’Algériens, incolores et inodores, sans aspérité, attendant leur heure au détour d’une opportunité. Il l’a eue, dans une conjoncture difficile, au lendemain du scandale Chakib Khelil et des abus présumés commis par l’ancien patron de Sonatrach Mohamed Meziane.

Saïd Sahnoun arrive. A-t-il des opinions tranchées sur l’exploitation et la gestion des hydrocarbures ? A-t-il une opinion sur le gaz de schiste, sur le déclin de la production algérienne, sur les moyens d’y faire face, sur les énergies renouvelables ? On ne lui connait aucune déclaration marquante, alors que son ancien poste de responsable des activités amont, c’est-à-dire exploration et exploitation, le plaçait en première ligne du débat qui s’est imposé en Algérie.

Au-delà des faits conjoncturels, qui relèvent plus de l’anecdote que de la politique pétrolière, M. Sahnoun remplit une première condition, centrale aux yeux du pouvoir et de celui qui le symbolise aujourd’hui dans le secteur de l’Energie, M. Youcef Yousfi : il est supposé le mieux placé pour relancer l’exploration, pour reconstituer les réserves algériennes d’hydrocarbures, élément central de la démarche de M. Yousfi. De par son métier, M. Sahnoun peut donc conforter les choix du ministre de l’Energie, qui ne voit d’avenir pour l’Algérie que dans l’énergie fossile. Y compris le controversé gaz de schiste.

Un virage important

M. Sahnoun prend ses fonctions à un moment symbolique très fort, avec un virage important pris par l’Algérie. Sonatrach s’apprête en effet à se lancer dans l’exploitation du gaz de schiste, et dans la prospection offshore, avec le lancement de deux premiers forages prévus dès la fin de cette année, au large de Béjaïa et Oran. Des pistes nouvelles, en vue de faire face à un double défi, d’une part, faire de nouvelles découvertes pour reconstituer les réserves algériennes, en vue de satisfaire une demande interne qui explose ; et d’autre part, maintenir un niveau d’exportation élevé, en vue de financer l’effort d’investissement de l’Algérie, particulièrement après l’échec de la diversification économique. L’Algérie a atteint son pic de production en 2008, et la production ne cessé de baisser depuis, une tendance aggravée par l’arrêt des installations de Tiguentourine. Sonatrach espère rétablir, en 2018, le niveau de production de 2008 !

Est-ce le bon choix ? M. Sahnoun a-t-il le bon profil pour y arriver ? En fait, l’avènement de M. Sahnoun constitue une banalité dans la régression continue du modèle de gestion que subit le pays. Symboliquement, M. Sahnoun n’est qu’intérimaire. Donc, il ne peut pas prendre de décision majeure, domaine naturellement réservé à sa hiérarchie. Mais une entreprise comme Sonatrach peut-elle vivre avec un intérimaire, et entretenir ainsi un système d’indécision, ou de non décision, à l’heure où la politique de l’Algérie est suivie à la loupe par les marchés financiers ?

Les spécialistes ne se font pas d’illusion. Pour eux, le changement de PDG de Sonatrach ne peut pas avoir d’impact significatif tant que le secteur de l’énergie fonctionne de manière non institutionnelle. L’ère Chakib Khelil a pourtant montré ce qu’il ne faut pas faire : ne pas mettre le sort du pays entre les mains d’un homme, aussi brillant soit-il, à fortiori quand il s’agit de quelqu’un qui le profil de Chakib Khelil ; mettre en place une politique de l’énergie, avec de vraies institutions qui débattent et délibèrent pour fixer les grands choix, rechercher l’adhésion des consommateurs pour aller éventuellement à un nouveau modèle énergétique, etc.

Aucune structure de délibération

L’Algérie dispose d’un conseil national de l’énergie, qui ne se réunit plus. Il n’y a pas plus de structure de délibération ou de concertation pour évaluer les choix énergétiques. Même le conseil des ministres ne se réunit plus. Et personne ne va accuser M. Abdelmalek Sellal de définir des choix pour l’avenir dans ce secteur sensible. Le plus probable, donc, est que le choix reviendra à M. Yousfi, qui proposera une option au président Abdelaziz Bouteflika. Celui-ci, directement ou par le biais de ses relais, donnera son accord, ce qui permettra au ministre de l’Energie de mener sa politique.

Sera-t-elle bénéfique pour le pays ? Non. Car même si le cap est bon, il lui manquera la légitimité que donne une vraie concertation, et il lui manquera la force que confère une politique appuyée sur un consensus national. Par contre, si erreur il y a, aucune institution n’est en mesure d’y mettre le holà. M. Yousfi agira dans l’impunité. Tout comme Chakib Khelil, il n’aura de comptes à rendre à personne. La douloureuse expérience Khelil a montré le danger de ce type de gestion, mais l’Algérie n’est visiblement pas disposée à tirer les leçons de ses propres errements.

En tout état de cause, des gouvernements appuyés sur une forte légitimité –ce qui n’est pas le cas de l’Algérie-, peuvent faire des choix industriels, technologiques, ou autres, y compris si une partie de l’opinion s’y oppose. Mais tout gouvernement sérieux doit absolument œuvrer à construire un consensus national pour certains secteurs sensibles, comme la défense, la politique étrangère et l’Energie. La nomination d’un intérimaire à la tête de Sonatrach ne contribue visiblement pas à élaborer une politique consensuelle dans ce domaine.

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Palestine, colère et impuissance

Abed Charef (Le Quotidien d’Oran, 24 juillet 2014)

La nouvelle agression israélienne contre Ghaza provoque une double réaction: un sentiment de colère et de révolte face à une immense injustice, et la rage de se sentir impuissant, incapable d’influer sur les évènements. Car Ghaza, c’est d’abord cette incompréhension : comment le monde, et en premier lieu le monde dit libre, peut-il accepter qu’un peuple soit soumis à un embargo total pendant huit ans, et qu’il soit aussi sauvagement bombardé sous le regard impuissant, ou complaisant, du reste de l’humanité, quand il exprime sa volonté de mettre fin à l’embargo?

Dans cinquante ans, dans un siècle, ceux qui, aujourd’hui, appuient l’agression Ghaza, ou ferment les yeux sur les crimes commis contre les Palestiniens, apparaitront sous une autre image : ils ont la même attitude que ceux qui appuyaient le système colonial il y a un siècle, en prétendant qu’il apportait la civilisation à des peuples incultes ; ils apparaitront comme ceux qui fermaient les yeux sur les crimes commis contre les juifs il y a moins d’un siècle, sous prétexte de purifier l’humanité. Et le monde se demandera comment les héritiers des victimes des crimes de la seconde guerre mondiale ont-ils pu en arriver à commettre des crimes de cette ampleur.

Mais le plus douloureux, aujourd’hui, c’est ce sentiment d’être contraint d’assister aux crimes contre Ghaza sans pouvoir rien faire ; à peine peut-être, dénoncer, fournir une aide symbolique, dite « humanitaire », à des hommes et des femmes qu’on écrase sous les bombes, sans pouvoir aider cet enfant fauché par un obus, sans pouvoir donner un coup de main à ce combattant repéré par un drone et tué par la mitraille d’un hélicoptère.

La partie du monde qui se sent la plus solidaire de Ghaza ne peut rien faire de fondamental pour la Palestine. Parce que nous sommes disqualifiés, hors du temps ; parce que nous sommes collectivement incapables de comprendre la nature d’un conflit, ses enjeux et ses acteurs ; parce que nous ne pouvons aspirer à participer à la libération de la Palestine tant que nous n’avons pas bâti des systèmes politiques performants, en mesure de garantir notre sécurité et celle de nos amis et alliés.

Comprendre le conflit

Pessimisme ? Défaitisme ? Pas du tout. La libération d’un peuple se prépare, s’organise. C’est une opération qui demande des dizaines d’années, un siècle peut-être. Elle demande un effort politique et moral dont l’Algérie, aujourd’hui, est incapable. Sans parler du reste des pays qui se considèrent solidaires de la Palestine : ils sont hors de l’Histoire. Leur propre survie est désormais menacée.

Le conflit du Proche-Orient oppose un des Etats les plus performants au monde sur le plan institutionnel, organisationnel et technologique. Cet Etat s’appuie sur la première puissance économique et militaire du monde, et bénéficie de l’appui de l’establishment des principales puissances militaires occidentales qui régentent le monde. C’est également un pays qui possède l’arme nucléaire, ce qui change fondamentalement la donne.

C’est aussi un Etat qui continue d’exploiter à fond le traumatisme occidental de la seconde guerre mondiale, un traumatisme que les pays arabes n’arrivent même pas à comprendre, ni à analyser sereinement, pour tenter de comprendre le pourquoi de cet alignement systématique de l’Occident sur Israël. De plus, celui-ci, quoi qu’on dise, a une maitrise exceptionnelle de la propagande, et développe une capacité inouïe à tirer profit de la victimisation, avec un chantage permanent à l’antisémitisme.

Futile et inutile

De l’autre côté, il y une Palestine divisée, affaiblie, réduite à compter sur une force qu’elle n’a pas. Ceux qui affirment lui apporter leur appui sont en fait des boulets, que les Palestiniens trainent depuis des décennies. Saddam Hussein, Daech, Al-qaïda, Ennosra, pasdarans, jihadistes de tous bords et autres organisations qui menacent de jeter les Juifs à la mer, on a vite fait le tour de tout ce qui est infréquentable. Et le pire est à venir. Car si on croyait qu’on a atteint le fond, on risque d’être démenti. Bientôt, ce sera la Palestine, malgré ses drames, qui risque d’être sollicitée pour apporter du réconfort à des pays en voie de disparaitre, comme l’Irak, la Syrie, la Libye etc.

De plus, les guerres contre la Palestine se suivent, avec le même scénario, mais ceux qui apportent leur soutien aux Palestiniens ne se rendent même plus compte de l’inefficacité de leur soutien. Ils organisent des marches ? Ils collectent des dons ? Ils participent à des émissions de télévision et dénoncent les régimes impuissants ? C’est bien. Et après ? Est-ce que ces actions se transforment ensuite en appui politique efficace ? En armes nouvelles?

A aucun moment, ceux qui organisent ces actions, à la limite du folklore, ne se rendent compte de la futilité de ce qu’ils font ; de l’inefficacité de leur démarche. Tout comme les pays arabes, mus par la même émotion, souvent sincère, ne se sont pas rendus compte pendant des décennies que leur appui à la case palestinienne était d’une efficacité nulle. Ferons-nous mieux à la prochaine agression, pour faire en sorte qu’elle soit moins déséquilibrée, à défaut de pouvoir l’empêcher? Ou bien devra-t-on se contenter d’appels des dirigeants à une intervention de l’ONU, et d’un débat entre intellectuels qui expliqueront que leur solidarité n’est pas communautaire, te tout pendant que les bombes pleuvent sur Ghaza?

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Le chantage à l’antisémitisme a perdu de son efficacité

En Europe, l’opinion bascule. Elle prend ses distances envers Israël, même si les establishments maintiennent une complicité totale avec les agresseurs.

Abed Charef (Le Quotidien d’Oran, jeudi 24 juillet 2014)

L’impact du discours traditionnel israélien a nettement régressé. Certes, l’argumentaire classique développé à chaque agression est encore repris par des cercles totalement acquis à Israël, des cercles qui demeurent très influents, mais l’opinion occidentale et mondiale a pris ses distances envers un Etat de plus en perçu comme particulièrement agressif, exploitant à fond le filon des drames de la seconde guerre mondiale, mais totalement fermé à l’idée de paix.

Au fil des agressions, l’armée israélienne reprend pourtant les mêmes arguments, avec les mêmes mots et les mêmes vecteurs. Israël ne mène pas d’attaque, mais riposte à des agressions. Il est contraint à subir des cycles de violence, alors qu’il s’agit agressions répétées contre Ghaza, soumise, rappelle-t-on, à un blocus total depuis 2006. Par mer, par air, par terre. L’armée israélienne appelle les palestiniens à fuir avant les bombardements. Pour bien confirmer qu’il s’agit en fait d’un peuple disposé à fuir, juste pour survivre. Mais ces palestiniens ne veulent pas fuir. Ils préfèrent mourir chez eux. Et puis, fuir, pour aller où? Ils n’ont nulle part où aller, car tout est bouclé.

Sur un autre registre, le discours israélien affirme que son aviation ne bombarde pas, elle réalise des frappes aériennes. Elle ne vise pas les palestiniens, elle vise juste les méchants combattants du Hamas. Problème : les Palestiniens de Ghaza adhèrent largement à la position du Hamas, qui leur apporte la guerre et la mort, peut-être, mais qui signifie pour eux une aspiration à la liberté, car le Hamas résiste. Il est absurde de vouloir différencier de bons palestiniens, pacifistes, civilisés, résignés à l’occupation, et de méchants jihadistes amateurs de tirs de roquettes sur Israël. Rappel : la résistance à l’occupation est légitime.

Quand des chars israéliens bombardent Ghaza et détruisent tout sur leur passage, ils mènent une incursion, qui ressemble presque à excursion. Et s’ils font des victimes civiles, c’est parce que le Hamas les utilise comme boucliers humains. Même quand il s’agit d’enfants, fauchés par des obus sur une plage déserte, et filmés par des journalistes occidentaux sans sympathie particulière pour les palestiniens?

Evolution de fond

Autre thème favori de la propagande israélienne, démonté sur les réseaux sociaux : les soldats israéliens capturés par les palestiniens. Il s’agit de de personnes enlevées, kidnappées, retenus en otage, non de soldats faits prisonniers. On oublie qu’ils viennent à bord de chars et de véhicules blindés, qu’ils tirent sur tout ce qui bouge. Sur ce terrain, la complicité d’une partie des médias occidentaux a poussé le cynisme à son extrême. Même si elle n’est pas formellement « embedded », cette presse reprend l’argumentaire israélien avec une complaisance inouïe. Sans se rendre compte que l’opinion européenne n’est pas complètement dupe, et que l’arme suprême, le chantage à l’antisémitisme, a perdu de son efficacité.

Qu’est ce qui a changé, pour que tout ce montage apparaisse pour ce qu’il est, de la vulgaire propagande? Plusieurs facteurs y contribué. En premier lieu le poids des images, du à la multiplication des chaines de télévision et de l’internet. Quoi que puisse dire ou faire un communicateur, l’image d’un enfant fauché par un obus sur une plage déserte a choqué des millions de personnes. Une campagne habile peut atténuer le choc, détourner partiellement l’opinion vers autre chose, mais il est impossible d’effacer un tel crime.

Il y a également d’autres facteurs, comme une opinion mieux informée, en mesure d’accéder à ses propres sources, plus variées qu’il y a un quart de siècle. Et il y a aussi le rôle central de l’internet, qui offre une information alternative, dans laquelle les producteurs institutionnels ont une part de plus en plus réduite.

Décalage

Sur tous ces terrains, Israël perd du terrain. Mais il garde des pré-carrés essentiels, qui lui garantissent encore l’impunité. Ses relais gardent une certaine efficacité pour organiser de très classiques manoeuvres de diversion. En France, l’agression contre Ghaza a curieusement débouché sur une campagne contre l’antisémitisme, et sur une polémique contre l’importation du conflit du Proche-Orient en France ! Et il y a même un revenant, Dalil Boubekeur, ancien recteur de la mosquée de Paris, pour cautionner la démarche.

Pourtant, en France, comme d’ailleurs en Europe, l’opinion semble avoir basculé. Israël n’est plus le petit gentil faisant face à de méchants terroristes. Une enquête menée à l’échelle de l’Europe il y a dix ans avait révélé qu’Israël apparaissait, aux yeux des Européens, comme la première menace pour la paix mondiale. Les dirigeants européens avaient été choqués par ce résultat. Ils ont fait en sorte de faire disparaitre cette enquête, et se sont arrangés pour qu’il n’y en ait pas de nouvelle, car elle montre un énorme décalage entre la perception des Européens et celle de leurs dirigeants.

Celle-ci est frappante en France, où presse institutionnelle et establishment sont en déphasage total avec l’opinion. Le président François Hollande a apporté son soutien à Israël le 12 juillet, pour affirmer, ensuite, que  « tout doit être fait pour mettre un terme immédiat à la souffrance des populations civiles à Gaza ». Il n’a pas demandé à mettre fin à la guerre, ni à lever le blocus contre Ghaza. Il veut juste mettre fin à la souffrance des civils palestiniens. A peine s’il n’a pas ajouté qu’ils sont pris en otage par le Hamas.

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Pour Nadji Benhassine, les subventions ne sont ni justes, ni soutenables à long terme

Réviser les subventions, les remplacer par des dispositifs plus ciblés, plus adaptés. Nadji Benhassine, du collectif Nabni, prône une révision de fond de formes d’aide de l’Etat aux plus vulnérables.

Abed Charef

La subvention occupe une place centrale dans la réforme économique. FMI et Banque Mondiale ont été, pendant longtemps, présentés comme des monstres, soucieux de limiter de manière drastique les dépenses de l’Etat dans les pays en crise, pour imposer la rigueur budgétaire et affamer les pauvres. Dans un pays à tradition populiste comme l’Algérie, le sujet est extrêmement sensible. Il demeure porté, sur le plan idéologique, par des partis d’extrême gauche, comme le Parti des Travailleurs de Mme Louisa Hanoune, et le Parti socialiste des Travailleurs (PST). Il est aussi mis en œuvre par la bureaucratie traditionnelle, ainsi que par des partis qui, comme le FLN, ont démissionné sur le pan des idées.

La contestation de la subvention dans sa forme traditionnelle est, quant à elle, désormais portée par de nouveaux courants, plus innovants, qui remettent en cause la méthode, non les objectifs affichés par le soutien des prix. En Algérie, la subvention a connu une véritable dérive. Elle « n’est ni juste, ni efficace », affirme M. Nadji Benhassine, du collectif Nabni. M. Benhassine cite son propre cas. « Ce matin, j’ai mis un plein d’essence à 1.000 dinars. Concrètement, cela veut dire que le gouvernement m’a donné un chèque de 4.000 dinars, qui représente la valeur de la subvention du carburant », dit-il. « Pourtant, ajoute-t-il, je ne fais pas partie des couches qui ont besoin de subvention »

Adapter l’aide, pas la supprimer

Pourtant, il ne s’agit pas de supprimer l’aide de l’Etat aux plus vulnérables. Il faut simplement l’adapter, rétablir le côté ajustement, tout en faisant en sorte qu’elle ne déstructure pas l’économie et n’altère pas l’efficacité économique, souligne M. Benhassine. C’est un coup de pouce aux plus vulnérables, pas à des produits consommés par tout le monde, ou par des gens appartenant à des couches aisées, comme le carburant. C’est donc la méthode qui est contestable, non l’idée de subvention.

La révision doit aussi être menée par petites touches, sans remous, si possible. Elle doit être accompagnée de nouvelles mesures de soutien aux plus vulnérables, par le biais de dispositifs plus complexes, et plus difficiles à élaborer. « On a entre cinq et sept ans pour mettre en place le dispositif nécessaire, car cela demande du temps », dit-il.

De plus, les subventions actuelles ne sont pas soutenables sur le long terme. Elles sont coûteuses, et génèrent des gaspillages énormes. Le trafic de carburant aux frontières en est l’exemple le plus connu. On ne sait même pas à combien s’élèvent les pertes et les gaspillages.

Manque de transparence

M. Benhassine déplore d’ailleurs que l’impact des subventions, comme tout le reste de l’économie, ne soit pas mesuré avec précision, en raison du manque de transparence de l’économie algérienne. « Il y a peu de chiffres, peu de données », dit-il. Il affirme qu’il y a pourtant « nécessité de rendre publiques les données, comme celles du plan quinquennal, pour pouvoir évaluer ce qui a été fait ». Il se demande d’ailleurs « ce qu’il y a dans le plan quinquennal », afin qu’on puisse savoir comment est dépensé l’argent public, sur quels résultats il débouche, et en évaluer le résultat.

C’est l’un des principes phares défendus par Nabni, et développé par M. Benhassine : le principe selon lequel tout responsable doit rendre compte de sa gestion. Par souci de contrôle, mais aussi par souci économique, car savoir où va l’Algérie, ce qu’il a produit, permet de prendre les donnes décisions en matière d’investissement et d’utilisation de l’argent. Inutile de dire que l’Algérie fait l’inverse.

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Nadji Benhassine, ou les recettes d’une réforme économique en douceur

Avec un brin de naïveté, Nadji Benhassine, figure marquante de Nabni, plaide pour une réforme économique. Une réforme efficace et en douceur.

Abed Charef

Nadji Benhassine est peu sensible aux dogmes. Cet homme à l’air timide, au ton modeste, très mesuré dans ses propos, préfère allier bon sens pragmatique et efficacité économique. Figure du think-Tank Nabni, fonctionnaire de la Banque Mondiale, c’est également un partisan résolu de la réforme, non par conviction ultralibérale, mais plutôt par souci d’efficacité économique et sociale. Son discours, très pédagogique, est également teinté de cet humanisme, devenue la marque de nouveaux militants arrivés à la lisière de la politique à travers des itinéraires très complexes.

M. Benhassine est aussi très réaliste. Il admet qu’il « n’y a pas de réforme économique sans contrainte de crise ». Aucun pays ne s’est engagé dans la réforme sans y être contraint, reconnait-il, ce qui lui fait dire que les hommes politiques se ressemblent partout, « ils ont d’abord le souci du court terme ». Il rejette les « petites réformettes, qui n’ont pas d’impact », mais il admet que « dans les vraies réformes, il y a des perdants ».

Ce constat ne le décourage pas pour autant. Il continue de plaider pour une réforme en profondeur en Algérie. Non seulement c’est possible, plaide-t-il, mais l’Algérie bénéficie d’une chance inouïe de pouvoir opérer le changement sans trop de douleur, grâce à l’abondance financière. « On peut engager la réforme sans payer le coût social. Mais si la rareté financière revient, le coût sera très élevé », dit-il.

Un point pour le gouvernement

M. Benhassine n’hésite pas à reconnaitre du positif là où il en trouve. Il est un des rares économistes indépendants à reconnaitre que l’Algérie réalise un taux de croissance hors hydrocarbures non négligeable, autour de six pour cent. Même s’il affirme qu’il est « certainement possible de faire plus », et s’il déplore que cela soit le fait des services et du bâtiment, poussés par un effort d’investissement public non soutenable sur le long terme.

Mais cela ne l’empêche pas de passer la politique économique du gouvernement à la moulinette. Il y a un « manque de volonté de politique », dit-il. Ce qui s’est fait s’est limité en fait à « des effets d’annonce », sans rien de concret. Ce qu’il trouve également « inquiétant, c’est l’échec industriel, et celui de la diversification de l’économie » algérienne, encore écrasée par les hydrocarbures.

Il déplore précisément le retour en force des hydrocarbures dans le débat politique, par le biais du gaz de schiste. « Il faut que la politique économique se fasse en dehors de ce débat sur le gaz de schiste », dit-il, appelant à « agir avec ce qu’on contrôle ; il faut tout faire sans tenir compte du sous-sol ».

Pragmatisme

Quel serait le mode opératoire de cette révolution en douceur pour laquelle plaide M. Benhassine? C’est là qu’apparait tout le pragmatisme de Nabni. Tout doit se faire selon des échéanciers à moyen et long termes. Il faut limiter l’accès des pouvoirs publics à la rente. Autrement dit, le gouvernement lui-même doit renoncer aux recettes d’hydrocarbures, pour tenter de trouver ailleurs le financement de l’économie. Et arriver, d’ici 2030, à limiter à un maximum de 20% le financement du budget de l’Etat par la fiscalité pétrolière, en respectant cette « règle d’or » qui serait le signe d’une bonne gouvernance. La Russie a fait un pas dans cette direction, en décidant en décembre 2012 de créer un fond souverain et de plafonner les recettes d’hydrocarbures à utiliser dans le budget de l’Etat. L’Algérie peut donc le faire.

Cela ne signifie pas pour autant qu’il faudra faire baisser le niveau des investissements, mais le vrai défi est « de trouver d’autres ressources », par le biais d’une réforme fiscale d’envergure. Qui mènera cette réforme ? « Le nœud est politique, mais on peut faire beaucoup », dit-il, dit-il avec un brin de naïveté. Ce qui le mène parfois à l’impasse, comme lorsqu’il reconnait aux membres du gouvernement de la « compétence » et de la « sincérité » dans leur action. Visiblement, M. Benhassine n’a pas croisé Chakib Khelil.

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