Jusqu’au bout de l’absurde

 L’Algérie a réussi à entretenir le suspense sur une élection sans saveur. Mais dont l’enjeu est considérable.

Par Abed Charef (L’ Quotidien d’Oran, jeudi 17 avril 2014, jour de vote pour le 4ème mandat de Abdelaziz Bouteflika)

Oui, l’Algérie l’a fait.

L’Algérie a présenté aux élections présidentielles du 17 avril 2014 un homme qui ne peut se déplacer, qui s’exprime avec beaucoup de difficultés, qui ne peut voyager, qui ne peut participer aux forums internationaux, et qui ne peut tenir les harassantes réunions de travail qu’imposent la fonction de chef d’Etat. Cet homme, dont l’état de santé est délicat, est même le favori de l’élection, et il a de fortes chances d’être reconduit pour un quatrième mandat de cinq ans.

L’Algérie s’apprête ainsi à reconduire au pouvoir M. Abdelaziz Bouteflika, comme aboutissement d’une incroyable dérive. Un dérapage organisé par petites touches, en de nombreuses étapes, franchies les unes après les autres, pour faire en sorte que l’impossible devienne envisageable, puis possible, puis plausible, certain, avant de devenir inévitable. Même les plus zélés parmi les adeptes du président Bouteflika n’auraient pas imaginé, il y a deux ans, qu’ils seraient amenés à vendre aux Algériens et au monde un tel scénario.

Ce choix a été fait et avalisé par ce qui est supposé constituer l’élite politique du pays. Le chef d’état-major de l’armée, le premier ministre, les présidents des deux chambres du parlement, les dirigeants des principaux partis du pays, ceux des principales organisations patronale et syndicale, tous sont partie prenante. Par calcul, par intérêt, par contrainte, par résignation, ils y ont participé avec zèle, ou ils ont laissé faire, par résignation, par démission. Ce qui montre que ce choix n’est pas un accident, une petite erreur de parcours, due à une erreur d’appréciation d’un dirigeant de second plan ou d’une petite équipe de bureaucrates. Non, c’est un choix pris au sommet de l’Etat par le président de la république lui-même, et défendu ensuite ce qui est supposé être la crème du pays.

Snowden contre Sellal et Saadani

L’Algérie a fait tout cela à l’heure de Snowden et de Wikileaks. A l’heure de Google, Twitter et facebook. A l’heure d’Al-Jazeera. A un moment où on découvre que les nations les plus puissantes se sont organisées pour écouter l’intégralité des communications dans le monde, et où elles accordent plus d’importance aux réseaux sociaux qu’aux chars dans l’organisation de coups d’Etat. A un moment où la finance internationale échange, chaque seconde, l’équivalent du PIB de l’Algérie, à un moment où un Algérien sur deux n’était pas né en octobre 1988. A un moment où la Tunisie est en convalescence, où la Libye est en déliquescence, où tout le Sahel fait l’objet d’un conflit entre anciennes puissances coloniales et jihadistes, où la frontière ouest est fermée et la frontière nord verrouillée.

Pourquoi l’Algérie a-t-elle fait ce choix ? Les réponses varient. La génération de novembre ne veut pas passer la main, disent les uns ; le clan du président Bouteflika veut se maintenir coûte que coûte ; les clans se sont neutralisés, et n’ont pu faire un nouveau choix, ce qui les a contraints à conserver le consensus antérieur; l’absence de fonctionnement institutionnel et de structures de délibération impose la décision informelle comme nouvelle norme ; l’allégeance a remplacé la loi, etc.

Il y a un peu de vrai dans toutes ces explications. Il y en a pourtant une autre, qui a le désavantage de ne pas mettre en accusation un homme ou un groupe: l’Algérie est gérée par un système politique inadapté. Totalement dépassé. Ce n’est pas une question d’âge, ou d’hommes. Ce n’est pas une question de courage non plus. C’est un système politique désuet, devenu inefficace, puis nuisible, et, pour finir, destructeur. Il constitue une menace, probablement la plus sérieuse qui pèse sur l’Algérie.

Comment organiser la nouvelle Algérie

Le décalage entre ce système politique et la société algérienne est effrayant. Au lieu d’un système qui entraine la société vers la modernité, l’Algérie conserve un système qui empêche le pays d’évoluer. Et qui exacerbe tous les archaïsmes. Cet immense décalage est, paradoxalement, entretenu par ceux qui sont supposés constituer l’élite politique du pays, et qui tentent de contraindre la société à s’aligner sur leurs références absurdes. Abdelaziz Bouteflika en est le symbole. Il ne s’agit pas de savoir s’il peut être élu, ni de polémiquer sur sa capacité à diriger le pays, ou de savoir si son cerveau fonctionne. Il s’agit de se rendre compte simplement que certaines méthodes ne sont plus possibles, comme on admettrait qu’un email est plus pratique qu’un télégramme, que le pétrole a certes permis à l’humanité de connaitre une avancée extraordinaire, mais qu’un Samsung S5 ne peut pas être doté d’un moteur Diesel.

Dans le même ordre d’idées, un pays de quarante millions d’habitants, dont un million et demi sont à l’université, et avec un PIB qui dépasse 200 milliards de dollars, ne peut pas être géré comme une tribu. Il a besoin d’institutions modernes, en mesure d’organiser les débats nécessaires pour faire les meilleurs choix, et de mettre en place des mécanismes d’accès, d’exercice et de contrôle du pouvoir qui ne mettent pas en péril la cohérence du pays à chaque échéance politique.

Vue sous cet angle, l’élection du 17 avril2014 a un aspect positif. Elle a montré tout ce qu’il ne faut pas faire. Jusqu’à la caricature. Elle a montré des hommes politiques et des dirigeants dans des postures qui les marqueront à jamais. Elle a aussi mené le système politique algérien à un point proche de la rupture. Elle a, enfin, montré que l’Algérie est mûre pour le changement, et que de larges pans de la société discutent de la manière d’organiser le changement, pour que le prix soit le moins élevé. Ceci montre, en fin de compte, que si le 17 avril sera le jour le plus pénible, le jour le plus important sera le 18, lorsque les Algériens seront face à eux-mêmes, contraints de réfléchir à la manière d’organiser la nouvelle Algérie.

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Pour Amira Bouraoui, le passage en force du président Bouteflika menace la stabilité de l’Algérie

Amira Bouraoui, porte-parole du mouvement Barakat, ne veut pas d’un coup d’Etat ou d’une intervention de l’armée. Elle préfère un changement pacifique. La menace vient du « coup de force » que représente le 4ème mandat.

 Abed Charef (maghrebemergent.info)

L’Algérie est « dans un coup d’Etat ». Amira Bouraoui, porte-parole du mouvement Barakat, a un point de vue tranché sur le quatrième mandat que brigue le président Abdelaziz Bouteflika à l’occasion de l’élection du 17 avril. C’est un passage en force qui déstabilise le pays, dit-elle. Elle refuse toutefois la violence, et souhaite que le pays évite une nouvelle intervention de l’armée. « On aimerait que ce système ne nous mène pas jusqu’au coup d’état, que l’armée n’intervienne pas », dit-elle.

Reçue mardi dans « l’invité du direct » de RadioM, Amira Bouraoui évoque l’expérience, toute récente du mouvement Barakat, un carrefour d’activistes fédérés par le quatrième mandat, à la suite du « haut-le-cœur » que fut l’annonce de la candidature du président Bouteflika. Résolument pacifique, Barakat se place sur le terrain politique, mais il refuse d’évoluer vers une organisation politique traditionnelle, préférant être un mouvement citoyen. Amira Barakat tente de naviguer dans la marge, très étroite, qui offrirait à de nouveaux militants de se frayer un chemin, sans tomber dans des formes d’organisations qui ont prouvé leur inefficacité. Un parti très risqué, car la tentation partisane est permanente.

Amira Bouraoui admet que les membres de Barakat étaient déjà engagés auparavant dans de nombreuses luttes politiques. C’est le quatrième mandat qui a accéléré la naissance du mouvement. « On s’attendait » à cette annonce, dit-elle, mais « le choc fut énorme ». Des militants, qui avaient l’habitude de se rencontrer de manière ponctuelle autour d’actions précises, orientées sur les Droits de l’Homme et syndicales, ont alors senti le besoin de créer un nouveau cadre d’action, dans l’urgence. Barakat est né.

Barakat répondait à un besoin de la société

Le mouvement a rapidement pris cde l’ampleur « parce qu’il répondait à un besoin énorme », dit-elle. Le pouvoir a ensuite commis une « première erreur », avec les arrestations, ce qui a « mis les projecteurs » sur Barakat, et aussi « sur un pouvoir qui a prouvé qu’il n’a rien de démocratique ». Barakat a rapidement trouvé des relais dans différentes régions du pays. Il a contribué à ce qu’il y ait « moins de peur ».

Pourtant, dit-elle, quand le président Bouteflika avait utilisé la fameuse formule « tab jnanou », en 2012, pour dire que sa génération devait passer la main, « j’avais cru sincèrement qu’il ne serait pas candidat, et qu’il ferait basculer l’Algérie dans la démocratie avant de partir ». C’était « naïf et utopiste », reconnait-elle.

Barakat ne croit pas que la présidentielle du 17 avril apporte du nouveau. « Le match est joué d’avance depuis longtemps. Ils veulent maintenir ce Monsieur, parce que ce Monsieur leur permet de continuer le pillage de la nation », dit-elle. Par contre, elle estime qu’une période de transition est nécessaire. « Tout ce monde va s’asseoir autour d’une table », avec, espère-t-elle, une forte présence des « forces démocratiques ». Mais elle se félicite déjà que des mouvements, traditionnellement opposés, se rencontrent. « Tant mieux », dit-elle, précisant que Barakat travaille actuellement sur une plateforme concernant la transition.

On ne veut pas d’une révolution arabe

Amira Bouraoui ne croit pas pour autant que l’Algérie bascule dans le « printemps arabe ». Pour elle, « chaque pays a son histoire ». Celle de l’Algérie souffre d’un système politique devenu un frein à toute évolution, « une menace » pour le pays. Pour elle, « le système prend l’Algérie en otage ». L’Algérie a « son histoire, ses craintes, ses espoirs », dit-elle. « On ne veut pas d’une révolution arabe ». Elle revendique « une révolution citoyenne, pacifique, une révolution de la sagesse ». Pour elle, Barakat « est un sentiment citoyen, un haut le cœur citoyen, un sursaut, un éveil ».

Dans ce cheminement très rapide qui l’a propulsée au rang d’icône de l’opposition au quatrième mandat, Amira Bouraoui doit jongler entre son travail de médecin gynécologue dans un hôpital de la périphérie d’Alger, ses obligations familiales et des sollicitations permanentes. Comme faire 1.600 kilomètres par route pour participer à un sit-in à Labiodh Sid Cheikh, revenir à Alger, pour aussitôt préparer un autre long voyage vers l’est du pays, Batna, samedi prochain et Constantine. Il faut aussi répondre aux coups bas, nombreux, permanents. Mais Amira Bouraoui affiche une grande sérénité.

Coups bas

La main de l’étranger ? Ridicule, dit-elle. C’est le pouvoir qui fait tout pour se justifier aux yeux de l’étranger, tout en ignorant l’opinion des Algériens. Pour elle, ce n’est pas Barakat qui menace la stabilité du pays. « La stabilité du pays est menacée par le passage en force » que constitue le quatrième mandat. Elle note que la campagne électorale du président Bouteflika est basée sur la peur du chaos. « C’est Bouteflika et son système qui représentent le chaos », dit-elle, affirmant que « le seul risque que l’Algérie encourt est le risque de déstabilisation de ce pouvoir ». Elle ajoute, tranchée : « le passage en force est une violence, il risque déstabiliser le pays ».

Amira Bouraoui a aussi été attaquée sur les réseaux sociaux et par une partie de la presse, qui laissaient entendre qu’elle serait la fille d’un général du DRS, et que l’action de Barakat s’inscrirait en toute logique dans le cadre du conflit qui oppose l’état-major de l’armée et le DRS, le premier favorable à un quatrième mandat du président Bouteflika, le second y étant hostile. Amira Bouraoui précise qu’elle est elle-même médecin gynécologue, et que son père est un médecin militaire qui a pris sa retraite il y a vingt ans pour travailler dans le privé. « C’est mon meilleur ami », mais leurs opinions politiques divergent, ce qui permet d’avoir des rencontres familiales « très animées », dit-elle.

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John Kerry cherche un traducteur, l’Algérie cherche un arbitre

Faut-il s’inquiéter que John Kerry soutienne un quatrième mandat, ou faut-il s’inquiéter de voir l’Algérie réduite à envisager un arbitrage externe sur des questions aussi sensibles ?

Abed Charef

Toute l’Algérie s’est mise à l’anglais, jeudi dernier, à la suite de la visite effectuée à Alger par le secrétaire d’Etat américain John Kerry. L’enjeu : comprendre exactement ce qu’a dit M. Kerry, pour savoir si les Etats-Unis soutiennent le quatrième mandat auquel est promis le président Abdelaziz Bouteflika ou non. Linguistes, traducteurs, hommes de lettres et politologues ont été sollicités pour traduire celle formule, look forward, utilisée par le secrétaire d’Etat américain. Voulait-il dire qu’il souhaitait des élections transparentes, qu’il les exigeait, qu’il les préférait, ou qu’il se félicitait de la transparence des élections?

S’il s’en félicitait, cela signifierait qu’il avalisait l’opération électorale. S’il souhaitait ou espérait un scrutin transparent, il faudrait comprendre qu’il avait quelques doutes, mais qu’il n’insisterait pas trop. Par contre, s’il disait, sur un ton grave, qu’il préférait un scrutin transparent, il montrerait clairement que le 17 avril manquerait aux normes de transparence requises. Attendre une élection transparente, et s’attendre à une élection transparente, sont deux choses différentes, rappelait hier encore un éditorialiste.

L’affaire a pris une tournure délicate pour l’agence APS, accusée de déformer les propos du secrétaire d’Etat américain. Le journaliste de l’APS qui a couvert l’évènement a du passer un moment délicat, et personne ne l’a cru quand il a mis en cause le traducteur américain. Comment mettre en doute la machine américaine, réputée infaillible en de telles circonstances ? Difficile, en outre, pour un public algérien, qui a toutes les raisons d’être sceptique, de mettre en balance un journaliste de l’APS et le traducteur de John Kerry himself. Jusqu’à ce que le département d’Etat apporte les précisions nécessaires, en reconnaissant implicitement les approximations de son traducteur.

L’affaire Benouari

L’affaire tombait d’autant plus mal, qu’elle venait après une polémique suscitée par un appel de M. Ali Benouari, candidat à la candidature et ancien ministre, demandant aux Etats-Unis et à l’Europe de sanctionner les dirigeants algériens en cas de fraude. M. Benouari a suggéré de saisir les biens des dirigeants algériens, et de leur interdire, ainsi qu’à leurs proches de voyager, en Europe et aux Etats-Unis si la fraude se confirmait. Une extrémité à laquelle personne ne s’était résolu jusque-là. Ce qui a eu un effet collatéral inattendu : M. Ali Benflis, auquel M. Benaouri avait apporté son soutien, s’est trouvé contraint de se démarquer des propos de ce dernier, et d’affirmer que ces propos n’engageaient que leur auteur.

Ce côté, plus ou moins folklorique de la campagne électorale, est cependant révélateur d’évolutions dangereuses dans la vie politique du pays. A commencer par le poids, accepté, sinon assumé, du point de vue américain dans la vie politique du pays. Certes, les Etats-Unis sont une grande puissance qui a le droit et la force nécessaire pour défendre ses intérêts, mais une partie de l’opinion algérienne admet désormais que les Etats-Unis ont droit de regard sur ce qui se passe en Algérie. Plus grave encore, des parties sollicitent Washington, légitimant de fait ce droit de regard. Sans aller l’hystérie de Louisa Hanoun, cette évolution est dangereuse.

Le précédent libyen

La situation est aggravée par le délitement sans fin de la vie politique. Comme s’il n’y avait plus en Algérie aucune limite, aucune contrainte, aucune obligation. Comme si l’exercice des libertés autorisait toutes les dérives. Comme si aucune institution n’était en mesure de parler à l’ensemble des Algériens pour rappeler les uns et les autres à un minimum commun. L’appel à l’arbitrage américain, aujourd’hui restreint et accueilli avec désapprobation, peut devenir banal et souhaité. Il suffit de se rappeler comment l’opinion libyenne et arabe, fortement manipulées, ont applaudi l’intervention de l’OTAN en Libye. Et cet arbitrage,  américain aujourd’hui, français ou saoudien demain, n’est possible qu’en l’absence d’une institution algérienne en mesure d’arbitrer. Plus les institutions algériennes perdent de leur crédibilité, plus cet arbitrage apparaitra comme inévitable, puis souhaitable, voire nécessaire.

Evidemment, c’est au peuple que devrait revenir ce rôle d’arbitre. Mais dans la conjoncture actuelle, la volonté populaire ne peut s’exercer librement. Les structures de représentation sont faussées, les institutions biaisées, et l’opinion, fortement manipulée, est en plein désarroi. Ce qui devrait inciter à y remédier en deux temps. Dans une première étape, faire avec ce qui est disponible, pour tenter de réunir les conditions nécessaires à un libre exercice de la volonté populaire ; dans un dixième, reconstruire les institutions pour que le recours à un arbitrage étranger soit perçu comme une trahison. Et pour l’heure, où qu’on se tourne, on ne trouve qu’un seul arbitre potentiel, l’armée, qui doit se réapproprier se rôle pour le confier au peuple très rapidement.

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Le dernier baroud

Mouloud Hamrouche suggère aux principaux dirigeants du pays de choisir leur destin, entre Mandela et Mugabe. Un ultime geste pour entrer dans la postérité.

Abed Charef (le Quotidien d’Oran, 3 avril 2014)

Par petites touches, Mouloud Hamrouche a dessiné les grandes lignes d’une possible sortie de crise. L’ancien chef de gouvernement n’est pas allé dans les détails, mais il franchi un pas significatif, en parlant des hommes et de la méthode. Car pour Mouloud Hamrouche, la crise a désormais une adresse. Trois noms. Abdelaziz Bouteflika, Gaïd Salah et Toufik Mediène. Un président de la république, un chef d’état-major de l’armée, et un patron des services spéciaux. Les trois hommes qui détiennent le vrai pouvoir. Ces hommes ont la clef de la solution, selon Mouloud Hamrouche. Ils peuvent faire sauter le verrou qui bloque le pays, comme ils peuvent maintenir le statuquo et assumer les conséquences qui en découleraient, c’est-à-dire un effondrement du système.

A défaut d’un changement initié par le pouvoir, le choc aura lieu, tôt ou tard. Le prix serait alors trop élevé. Inutilement. Hamrouche ne veut pas de cette solution violente. Il souhaite éviter la confrontation. Il préfère que le pouvoir en place organise une transition en douceur, sans trop de dégâts. Il estime que cela demeure possible.

Jusque-là, Mouloud Hamrouche s’était adressé à l’armée. C’est elle qui désigne et légitime le pouvoir, c’est à elle de débloquer la situation et d’accompagner le mouvement, disait-il. Cette fois-ci, il va plus loin. Il désigne les hommes qui ont cette charge. Et il leur fait un cadeau empoisonné : s’ils n’agissent pas, ils seront responsables du chaos qui menace.

Saïd Saadi et Abderezak Mokri ont eux aussi évoqué la transition. Pour Saadi, en appeler à l’armée relève d’une « grave irresponsabilité ». Il s’attaque directement à Mouloud Hamrouche, à qui il reproche de vouloir réintroduire l’armée dans le jeu politique alors que le but est précisément de l’en faire sortir. Mais Saadi ne dit pas comment faire en sorte que l’armée n’intervienne plus en politique. L’opposition peut la forcer à le faire ? C’est un schéma intellectuellement séduisant, mais c’est une pure fiction. L’opposition peut bien se réunir et adopter une feuille de route détaillée, ça restera un bout de papier tant que Gaïd Salah et Toufik Mediène n’en décideront pas autrement.

Efficacité

Créer un nouveau rapport de forces poliique? L’idée est, là aussi, séduisante. Mais entre faire la révolution sur facebook et organiser une grande mobilisation, il y a une différence énorme. La société algérienne est ce qu’elle est. Divisée, émiettée, fatiguée. Et partiellement corrompue. Difficile à mobiliser. Saadi l’avait vérifié en 2011, quand il avait tenté de prendre la tête de l’opposition, à la faveur du « printemps arabe ». Alors que la conjoncture était favorable, avec des émeutes qui avaient touché de nombreuses parties du pays, le peuple ne s’était pas déplacé en masse pour menacer le pouvoir.

Il y a aussi l’autre formule, qui consiste à réunir une sorte de congrès de la transition, pour adopter une feuille de route et décider ensuite ce qu’il faut en faire. L’envoyer par lettre recommandée au pouvoir? Se rassembler et imposer un rapport de forces qui oblige le pouvoir à céder ? Au final, il faudra bien revenir à l’essentiel : comment faire en sorte que le pouvoir accepte de jouer le jeu de la transition ?

Autant entamer la tâche par le bon bout. En abordant la question avec le pouvoir. Pas sans lui, ni contre lui. Et si, à l’évidence, la clef est entre les mains des trois hommes désignés par Hamrouche, ce n’est pas à eux qu’il appartient d’apporter la solution, toute la solution, ni de gérer la transition. Il leur revient juste de faire en sorte que la solution soit possible. De lancer des initiatives qui prouvent la bonne foi du pouvoir, de faire des gestes clairs en ce sens. Ensuite, la solution sera construite par consensus, avec la participation de tout le monde, de ceux qui acceptent de jouer le jeu et d’en accepter les règles.

Un coup d’éclat

La solution ainsi envisagée ne peut évidemment mener que dans une seule direction : établir un système démocratique, réhabiliter les institutions, élargir l’exercice des libertés et mettre en place des contre-pouvoirs, tout en renforçant l’unité et l’identité nationales ainsi que la sécurité du pays. Il ne sera pas difficile d’arriver à un consensus sur ces principes, même si leur codification risque de susciter certaines divergences. Dans ce cas, l’arbitrage de l’armée pourra s’avérer nécessaire.

Quant à la mise en œuvre de différentes séquences de la phase de transition, c’est une autre histoire. Ce sera une tâche très complexe, d’autant plus compliquée que l’administration est faible, que la méfiance domine, que l’efficacité a disparu dans la gestion, que la discipline légale et morale se sont effondrées, et que le personnel politique crédible se fait rare. Mais ce n’est pas insurmontable. D’autant plus que le pays dispose d’un autre atout, essentiel : il a une marge financière conséquente pour amortir le choc social de la transition.

Dans ce parcours parsemé d’embûches, il faudra négocier dur, à chaque étape, pour fixer des objectifs, établir des échéances, définir des modalités de contrôle. Les Tunisiens l’ont fait. Il n’y a aucune raison pour que cela ne se fasse pas en Algérie. Mais une fois les objectifs fixés, personne ne pourra jouer en solo. Tout le monde sera tenu de respecter les engagements pris, et de les défendre. Le succès de la démarche en dépend.

Une touche personnelle pour terminer ce texte : je pense que Mouloud Hamrouche s’adresse ainsi à ces trois hommes parce qu’il souhaite que la génération de Novembre quitte la scène sur un geste de grandeur. Qu’elle sorte par le haut. Par un coup d’éclat.

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L’Algérie à l’heure des convergences

Le pouvoir s’est reconstitué pour passer le cap de la présidentielle. L’opposition s’est retrouvée dans la recherche d’un consensus.

 Abed Charef (Le Quotidien d’Oran, jeudi 27 mars 2014)

Deux grands cercles de convergence sont en train de se dessiner en Algérie. L’un, au sein du pouvoir, fait bloc autour du président Abdelaziz Bouteflika; le second, au sein de l’opposition, tente de dessiner l’ébauche d’une démarche alternative, pour aller vers une transition en douceur, avec des ouvertures plus ou moins affirmées en direction du pouvoir en place.

Au sein du pouvoir, le virage a été pris à la mi-février. Jusque-là, les différents cercles qui composaient le pouvoir étaient à couteaux tirés. En cause, le quatrième mandat du président Abdelaziz Bouteflika. Autour du chef de l’Etat, de quelques proches, de chefs de partis particulièrement dévoués et de quelques grosses fortunes, le départ du chef de l’Etat était considéré comme une hérésie. A côté d’eux, mais dans un autre carré, des groupes et des personnalités, regroupés autour du patron du DRS, Toufik Mediène, avaient exprimé leur scepticisme, dit-on. Non par opposition au chef de l’Etat, mais parce qu’ils se rendaient compte à quel point un quatrième mandat pourrait être difficile à gérer.

Les divergences, aggravées par l’impossibilité de parvenir à un accord sur l’identité du successeur du chef de l’Etat, prenaient de l’ampleur, jusqu’à menacer les équilibres de la maison. Le rappel à l’ordre, à la mi-février, est venu de l’extérieur, lorsque Mouloud Hamrouche a appelé tout ce monde au calme, rappelant aux patrons de l’armée qu’ils avaient la lourde charge d’organiser la succession, eux qui n’avaient pas réussi à mettre sur pied des institutions en mesure de gérer l’accès et l’exercice du pouvoir.

En faisant annoncer sa candidature, le président Bouteflika pris tout le monde de vitesse, et mis ses adversaires devant le fait accompli. Ceux-ci ont été contraints de se plier à sa décision. Mais en contrepartie, leurs troupes ont réintégré la maison, à la fois pour reprendre le terrain perdu, mais aussi pour offrir une image d’un pouvoir soudé. Désormais, Ahmed Ouyahia et Abdelaziz Belkhadem, de nouveau affectés auprès du président Bouteflika, pouvaient réapparaitre. Le pouvoir s’est donc reconstitué, avec une nouvelle répartition des tâches, mais personne ne se fait d’illusion. La grande explication est proche, lorsqu’il faudra désigner le successeur de M. Bouteflika.

Mouloud Hamrouche, qui avait sonné l’alarme, est aussi allé plus loin. Il a rappelé aux différents cercles du pouvoir que la crise sera là, dans toute son ampleur, au lendemain du 17 avril ; et il a insisté sur l’essentiel : l’Algérie doit aller à un nouveau consensus national, bâti sur les fondamentaux du mouvement national – projet national, identité, sécurité du pays-, adaptés au monde moderne. Libertés, Droits de l’Homme, contre-pouvoirs, état de droit sont des notions dont il n’est plus possible de se passer.

Le consensus fait consensus

C’est précisément ce consensus national, à élaborer au cours d’une période de transition, qui fait l’objet de débats sérieux au sein de l’opposition. Des partis qui, pour des raisons idéologiques, ont refusé de se mettre autour d’une table pendant deux décennies, des personnalités assez crédibles, des anciens chefs de gouvernement et un ancien président, Liamine Zeroual, ont appelé à aller dans cette direction. Une partie de l’opposition est en train de préparer une conférence nationale sur la question. Selon Abderrezak Mokri, patron du Hamas,  « une commission a été mise en place pour travailler sur des propositions pour une transition pacifique ». Mohcine Belabbès, président du RCD, a de son côté affirmé que ces rencontres sont « une preuve que des Algériens, avec leurs différences, peuvent se rencontrer, échanger et débattre dans la sérénité, pour faire sortir leur pays de l’impasse ».  L’opposition est arrivée à « la conclusion que si le pays reste otage de la même organisation politique, il ira vers le chaos. Le changement se fera dans l’intelligence ou le chaos », a-t-il dit.

Le FFS est, quant à lui, dans ce schéma depuis longtemps. Il est l’un des rares partis à plaider constamment pour une transition négociée.  « Dans l’étape actuelle, la reconstruction d’un consensus national, autour d’un programme et d’un calendrier de transition, est notre objectif majeur », écrit un député du parti. Tout le monde évoque aussi, sans complexe, la relation avec le pouvoir. Pour Arezki Derguini, député du FFS, le consensus souhaité « ne peut être construit sans le consentement de l’Etat-DRS ». Dans le même ordre d’idées, Mouloud Hamrouche, à qui un journaliste demandait pourquoi il s’adressait à l’armée plutôt que de s’adresser au peuple, a répondu qu’il s’adressait « à ceux qui détiennent le pouvoir et à ceux qui le légitiment », précisant que pour lui, le pouvoir reste un partenaire indispensable à la transition. L’armée ne peut pas se contenter de neutralité, elle doit accompagner le changement, a-t-il dit, alors que Mokri souhaitait que « ceux qui gouvernent aident à cette transition ».

Tout ceci donne de l’Algérie une nouvelle configuration : deux grands cercles, l’un au pouvoir, l’autre dans l’opposition. Et une armée, qui appuyait le premier cercle, mais qui se demande si elle peut rester dans cette posture sans menacer sa cohésion et sans remettre en cause la discipline dans ses rangs. Pour elle, la meilleure option serait de jeter les ponts entre les deux mondes, de les aider à aller vers un nouveau consensus, et d’établir de nouveaux mécanismes de gestion du pays. Si elle ne le fait pas, le passé risque de remonter à la surface : elle a remis le pouvoir à un groupe qui risque de le céder à ces cercles de type mafieux, lesquels vont s’appuyer sur l’armée pour se maintenir leur pouvoir. Une option inimaginable pour une armée qui se veut héritière de l’ALN.

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Le cadeau empoisonné de Hamrouche à Bouteflika, Gaïd Salah et Toufik Mediène

http://bit.ly/1i62LqP

Le cadeau empoisonné de Hamrouche à Bouteflika, Gaïd Salah et Toufik Mediène
Patriotes et nationalistes, ils doivent aussi porter la responsabilité de l’échec s’ils ne font rien.0
Pour voir la vidéo:

http://bit.ly/1i62LqP

Extraits de la déclaration de Mouloud Hamrouche à Liberté, dimanche 30 mars 2014 :

- La crise a besoin de réponses maintenant
- Trois hommes, trois patriotes, trois nationalistes, portent le fardeau pour sortir le pays de la crise. Le président Bouteflika, les généraux de corps d’armée Gaïd Salah et Mohamed Mediène
- C’est la fin d’une époque, c’est le début de quelque chose de plus exaltant encore,
- Les trois hommes ont les moyens de faire passer le pays et de l’engager sur cette nouvelle voie
- Il est clair qu’on a besoin de ces trois hommes, on a besoin de leur dise qu’ils sont responsables demain s’il arrive quelque chose, c’est eux qui porteront le responsabilité devant l’histoire
- Ils ont l’ultime chance, l’ultime bonheur de rendre service au pays en l’engageant dans un renouveau national et en lançant un processus de démocratisation
- ils sont dans la même posture que les trois B, Krim Belkacem, Abdellah ben Tobbal et Abdelhafidh Boussouf
- On attend l’effondrement, aujourd’hui, demain, dans un an, deux ans, personne ne sait
- La dégradation continue, les difficultés vont s’accumuler
- On a besoin de se donner une adresse, des noms, en leur demandent d’agir dans le sens de l’histoire, de demain, pas dans le sens d’hier
- Aller à une solution qui préserve l’essentiel, l’identité algérienne, l’indépendance nationale et la sécurité du pays. Un choix dans lequel les projets peuvent s’exprimer sans remettre en cause l’indépendance nationale, l’identité nationale et la sécurité du pays.
- Si vous avez une autre voie qui permette d’éviter l’effondrement, je suis preneur, je soutiendrai

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رئيس الحكومة الأسبق مولود حمروش في حوار حصري لـ”الخبر” : لا يوجد في الجزائر إلا شرعيـــة الجيــــش

حديث مولود خكروش ليومية الخبر، الاثنين 24 مارس 2014
 
 
 
* الذين يتهمونني بإقحام الجيش في السياسة، أسألهم: على من نعتمد لإحداث التغيير؟
* النظام بمنهجه وبالأشخاص الذين يشكّلونه وصل موضوعيا إلى مراحله النهائية

* النظام لم يتغير إنما آليات عمله تآكلت

 

عاد رئيس الحكومة الأسبق، مولود حمروش، في هذا الحوار الذي خص به “الخبر”، إلى خرجاته الأخيرة، قبل أيام من رئاسيات 2014، للتأكيد أن الجزائر تعيش وضعا مأساويا، والسلطة غير قادرة على معالجته، ما دفعه إلى إثارة مواضيع جوهرية، لاسيما قضية تعديل الدستور، معرجا على قضية ترشحه لمنصب القاضي الأول في البلاد، وملفات أخرى. 

 

أصدرت الشهر الماضي بيانين، أثارا تأويلات كثيرة وفسَّرهما البعض على أنهما كانا تعبيرا عن رغبتك في الترشح للانتخابات المقبلة. إلى أي مدى ذلك صحيح؟

 الوضع المأساوي الذي تعيشه البلاد وتقلص قدرة السلطة على معالجته، كان من بين الأسباب التي دفعتني إلى التدخل رغبة في إثارة المواضيع الجوهرية التي تتعلق بمصير الجزائر والدفع بها إلى صدارة الاهتمام. في 2004 أصدرت بيانا مطولا حول الوضع آنذاك، ولم أتدخل بمناسبة تعديل الدستور في 2008 لسبب مفهوم، هو أن من أشرف على صياغة دستور 1989 وأسهم في إثراء وثيقة دستور 1996 بقوة، حتى أن الصحافة قالت إني اقترحت مشروعا بديلا للمشروع الرئاسي آنذاك، لا يمكن لهذا الشخص أن يساهم في نقاش حول العودة بشكل مؤكد لدستور 1976 منقوصا من الإيديولوجية ومن مشروع وطني للتنمية.

ألم يكن مهمّا أن تعطي رأيك في التعديل الدستوري لـ2008، ولو للتاريخ؟

 ليس مفيدا ولو للتاريخ.. نحن اليوم أمام وضع خطير لا يسمح بالتعاطي معه بلغة أدبية تحمل إيهامات أو محاولة اللف حول جوهر المواضيع المطروحة على البلاد، لاسيما إذا أخذنا بعين الاعتبار ما جرى ويجري في بلدان مجاورة. تلك هي الإشكالية. 

 هل يمكن تفسير هذا التدخل على أنه نية في الترشح للرئاسة؟

الأمر لم يكن كذلك أبدا، وعلى ذكر الترشح هناك خطاب يخصني، متداول في الإعلام ولكن بشكل مبتور. ففي 1995 قلت في تصريح صحفي: لن أترشح إذا كان للجيش مرشح وقلت لن أترشح لانتخابات نتائجها مرتبة مسبقا، وأضفت لن أترشح إذا ترشح الرئيس اليمين زروال لأننا من جيل واحد. واليوم يتم  تداول هذه المقولة مبتورة أوحت بأن حمروش ينتظر أن يكون مرشح الجيش. وهذه تشبه: “ويل للمصلين”.

أعطيت قراءة لحديثكم عن عدم ترشحكم إذا كان للجيش مرشح، مفادها: إني هنا إذا لم يكن لديكم مرشح. إلى أي مدى ذلك صحيح؟

 صحيح أن هذه القراءة أعطيت لتصريحي، أما موقفي من مسألة الترشح فواضح. ففي انتخابات 1999 كان هناك رجال مخلصون أقوياء وصفوا بـ “الفرسان”، حاولوا دخول الانتخابات، رغم أن خيار الجيش حول مرشح معين كان واضحا. هؤلاء الوطنيون قرروا دخول الانتخابات لكسر الغلق الانتخابي وقد نجحوا في جعل الترشح مفتوحا والحملة الانتخابية مفتوحة، ولكن للأسف الاقتراع كان مغلقا. فكان الانسحاب من جانبنا، لقد حاولنا أن ندفع النظام إلى تنظيم انتخابات مفتوحة ولو جزئيا.

 لكنك تعرف النظام وتدرك آليات عمله من الداخل، وكنت تعرف في 1999 بأن الجيش اختار مرشحه وهو بوتفليقة، فلماذا شاركت إذن في انتخابات معروفة النتيجة مسبقا؟

 صحيح كنت أعلم بأن للجيش مرشحه، ولكن قلت ومعي بقية المترشحين، لعلنا نتمكن من أن ندفع النظام إلى القبول بحد أدنى من الشفافية والانفتاح. وكان هدفنا أن تخطو البلاد خطوة نحو التمرن على الانتخابات المفتوحة وقبول فكرة إعطاء فرصة للجزائريين للمشاركة. ذلك لم يتحقق للأسف.

تحاشيت في ندوتك الصحفية الأخيرة تقييم سنوات حكم بوتفليقة، لماذا؟

 في كل أدبياتي أنا أتكلم عن النظام وليس عن الأشخاص. 

 ولكن بوتفليقة الرئيس هو واجهة النظام..

 صحيح هو واجهة النظام، غير أن هناك نظاما قائما بأسلوبه وفكره والرئيس جزء منه، وله مسؤولية في النظام ولكنه ليس مسؤولا وحده. في أحد التصريحات قلت إن رحيل الرئيس لا يشكل حلا ولكن كل حل يبدأ حتما بذهاب الرئيس. وحتى لو عاد من جديد فسيعود بطريقة أخرى تختلف عن الطريقة التي وصل بها إلى سدة الرئاسة. حتى أن الحديث عن وصول الرئيس إلى سدة الحكم ينطوي على مبالغة، والأصح أن نقول إنه أوصل إلى الرئاسة.

قلت في ندوتك الصحفية إن الانتخابات المقبلة تقوم على الإقصاء، ماذا يعني ذلك؟

 آلية الانتخابات في الجزائر طبيعتها الإقصاء، بمعنى لا يوجد خيار سياسي. أي أنك إذا قررت الذهاب إلى انتخابات فأنت مطالب بأن تصادق على شيء مقرر سلفا، وهذا إقصاء لرأيك. بعبارة أوضح يطلب النظام منك المصادقة على خيار مسبق، نحن اليوم في نفس وضعية 2009 ووضعية 2004 وما قبل 2004، أي أن الشعب مطالب بأن يصادق بالانتخاب على رئيس لا أن يختار رئيسه، أي أن حق الاختيار غير متوفر. وهذا ما قصدته بحديثي عن كون الانتخابات آلية  إقصاء.

بهذا المفهوم أنت توافق الرأي الذي يقول بأن النظام يتيح للمواطن اختيار نائبه في البرلمان وممثله في البلدية في حدود معينة، أما أن يختار رئيسه فهذا لن يكون..

 شروط الاختيار الحر غير متوفرة. وحتى لو افترضنا توفر آلية اختيار الرئيس بحرية في ظل النظام القائم، إلا أنه مع غياب المؤسسات الدستورية وآليات ممارسة السلطة في كل المستويات وغياب سلطات مضادة، يصبح من المستحيل تنظيم انتخابات حقيقية لاسيما تحمُّل نتائجها؟ معطيات الوضع في نظري معقدة جدا، إذ هناك إيحاء متعمد بأن الرئيس سيكون هو القاضي الأول والإمام الأول والاقتصادي الأول، هو مسؤول الأمن الأول وهو رجل الدفاع الأول .. وهذه ليست موجودة حتى في منطق الفرعون..

هل كان هذا المنطق سائدا من قبل، أم أنه تكرَس بعد التعديل الدستوري في 2008؟

 هذا الأمر تكرّس وتعمق بسبب الأزمة. هل مازلنا في أزمة؟ عمليا منذ سنة ونصف رفعت حالة الطوارئ إيذانا بانتهاء هذه الأزمة، وما دام الأمر كذلك، كان من المفروض إلغاء القوانين الاستثنائية والعمل بالقوانين العادية والعودة إلى العمل السياسي المفتوح، غير أن هذا لم يتم.

الكثير استغرب دعوتك الجيش إلى أن يؤدي دورا في المشهد السياسي. كيف يجوز إقحام الجيش في الصراع السياسي بينما الأصل أن يبقى في حدود مهامه المحددة دستوريا؟

 لا يوجد في الجزائر إلا شرعية وحيدة، هي شرعية الجيش الذي يضفى نوعا من الشرعية على كل المسؤولين.

تقصد الجيش باعتباره مؤسسة أم قادة ومسؤولين؟

 أقصد الجيش باعتباره مؤسسة يقودها أشخاص، من دون الخوض في تفاصيل سير هذه المؤسسة ومسائلها الداخلية. وقد فوجئت باتهامي من قبل البعض بأني أسعى إلى إقحام الجيش في العمل السياسي. الواقع أن النخبة الحالية قد وصلت إلى الحكم عن طريق الجيش وبمساندته. أليس هذا المنطق محاولة لتحييد الجيش وإبعاده عن التأثير فيما يجري في الحكم، بإيهام الناس بأنه لم يعد يملك حق القرار. صحيح أن عهد الانقلابات انتهى، وأنا لم أدع أبدا إلى الانقلاب بل على العكس دعوت إلى الانضباط ووحدة الصف. الآن هناك مغالطة من البعض، فالمعروف أن من يدعي هذا لا يتمتع بأي شرعية إلا بما أمده الجيش به من شرعية. 

أنت تقصد رئيس الجمهورية، فلماذا لا تذكره بشكل صريح؟

 أقصد رئيس الجمهورية وغيره، ولكن أنا أتحدث عن نظام قائم وأتحدث عن حصيلة نظام وليس عن شخص.

الرئيس أجرى في سبتمبر الماضي تغييرات في المؤسسة العسكرية، فسّرت على أنها “تقليم لأظافر العسكر” حتى لا يكون لهم أي دور في المرحلة المقبلة. هل هذا صحيح برأيك؟

 في الغالب لا أحكم على الأقوال والتصريحات والتفسيرات، رأيي مؤسس على الأفعال. إذا كان صحيحا ما تفضلت به فنحن أمام نوع من الديكتاتورية الجديدة خارج الجيش، وفي هذه الحالة من حق الشعب الجزائري أن يعرف من يمارس السلطة باسمه. وإذا كان هذا الكلام للاستهلاك فقط، أقول إنها حيلة لن تنطلي على أحد. البلاد برأيي تواجه وضعا خطيرا، وتتخبط في أزمة طال أمدها وترتب عليها الكثير من الأمراض مست مؤسسات جوهرية، ومست عمل الإدارات الحكومية إلى درجة أن الحكومات المتعاقبة عجزت عن إدارة شؤون البلاد وعن تنفيذ قراراتها. والأدهى من كل هذا أن أدوات الرقابة ألغيت، والحكومة غير قادرة على إقامة رقابة على أعمال إداراتها، فما بالك بالمؤسسات الدستورية الأخرى، كالمجلس الدستوري ومجلس الأمة والمجلس الشعبي الوطني ومجلس المحاسبة وغيرها من المؤسسات التي توجد في حالة عجز تام عن القيام بأي عمل رقابي.

ألا تعتقد أن كل ما ذكرته جاء نتيجة احتكار السلطة بناء على التعديل الدستوري في 2008؟

 هذا كان موجودا قبل 2008، الوهن بدأ قبل تعديل الدستور. وفي آخر المطاف مثلا كل رؤساء الحكومات الذين تعاقبوا منذ 1999، قبلوا أن يكونوا أجهزة تنفيذية وليس سلطة تنفيذية. بل قبلوا، في مخالفة لأحكام الدستور، أن يكونوا مجرد منسقين لعمل الوزراء.

 هل ترى أن العهدة الثالثة كانت الخطوة التي ما كان على بوتفليقة أن يتخذها، تفاديا لاختزال البلد بكامله في شخصه؟

 أنا لا أريد تشخيص الأشياء، وأفضَل أن أقول إن هذا النظام في حد ذاته ما كان ينبغي أن يستمر أكثر مما استمر، لذلك لابد من التغيير. فالبلاد في حاجة إلى مؤسسات جديدة تعمل بآليات ديمقراطية وقانونية وتكون عاكسة لكل مكونات المجتمع وتطلعاته ومصالحه، وتكون لها صلاحيات تمس كل المجالات. ففي الجزائر اليوم برلمانيون بألوان وأطياف مختلفة، لكنها لا تملك برلمانا. ولديها وزراء ووزير أول ولكنها لا تتوفر على حكومة، وهذه مشكلة خطيرة جدا. 

فلماذا الإصرار على إطالة عمر الأزمة، وما أسباب العجز عن حلها؟ هناك أطراف في المستويات العليا توهم الناس بأن الأزمة انتهت، وفي الوقت نفسه تتذرع بكون استقرار البلاد مهدد إذا تم أي تغيير. هل هذا يعني حتمية العيش باستمرار في الأزمة؟! بهذا المنطق فإن الشاب الجزائري الذي عمره 30 سنة أو أقل، نشأ وترعرع داخل الأزمة يبدو أن عليه ألا ينتظر نهاية لها. أما إذا كانت الأزمة قد انتهت، كما يزعم النظام أحيانا، فلماذا الاستمرار في تكريس أدوات الأزمة والعمل بها؟!

بالمختصر أنت ترى أن استمرار النظام بواجهته الحالية، هو إطالة لعمر الأزمة..

 استمرار النظام بآليات عمله الحالية، بغض النظر عن الواجهة، استمرار للأزمة. هذه هي الإشكالية المركزية. صحيح أن البلاد واجهت أزمة أمنية خطيرة تصدى لها الجيش وحاول المسؤولون المتعاقبون، كل بجهدهم وقدرتهم واجتهادهم، مواجهتها، غير أن الأزمة التي طال أمدها، صارت غطاء وتبريرا لنقائص وعيوب وأمراض ولما وصف بالفساد داخل أجهزة الحكم. 

ومازال هذا النهج مستمرا ويحاول تقييد النقد ومنع التغيير، بحجة أننا في أزمة ولا ينبغي، حسبهم، إضعاف الجبهة الداخلية. نحن الآن على مشارف ربع قرن من عمر الأزمة، ونحن أمام انسداد خانق وأمام مآزق متعددة أفرزتها هذه الأزمة بل ستستمر في إفراز مآزق أخرى. هذا الوضع يجعل أي مقاربة لحل الأزمة مستحيلة.

ما هو الحل إذن، إذا كان غير متاح من داخل النظام؟

 أقول إن المجموعة التي تتولى الآن إدارة شؤون البلاد، ليس بمقدورها إنتاج حل لوحدها. فهي إما توحي بأنها غير قادرة على صياغة حلول وتنفيذها أو أنها غير قادرة على ذلك فعلا أو أنها لا ترغب في ذلك. لذلك قلت بأن تجاوز الأزمة غير ممكن من دون مشاركة المؤسسة العسكرية ومرافقتها، فالبلاد في حاجة إلى الجيش في مرحلة صياغة الحل وتنفيذه وإضفاء شرعية على الذين يشرفون على التنفيذ، سواء أكانوا من داخل النظام أو من خارجه.

ما الذي يدفع النظام إلى التغيير، بمعنى كيف يعقل أن يتخذ قرارا بترحيل نفسه؟! 

 الوضع العام يوحي بأن إرادة التغيير غير متوفرة، لهذا نبهت لمحاولة إبعاد الجيش بذريعة أن لديه مهام أخرى. هذا القول كان يمكن أن يكون صحيحا لو كنا في وضع ديمقراطي. الجيش الوطني الشعبي سليل جيش التحرير مازال هو حامل المشروع الوطني، ولا يوجد في الساحة السياسية اليوم حزب في مستوى حمل هذه المسؤولية، سواء في الموالاة أو في المعارضة. إن الظروف السياسية والأمنية التي مرت بها البلاد مدة 20 سنة، حرمت العمل السياسي والنضالي من الارتقاء إلى هذه المسؤولية. والذين يقولون إني أسعى لإقحام الجيش في السياسة، أسألهم: على من نعتمد لإحداث التغيير؟

هل تعتقد أن الجيش مازالت له كلمة في اتخاذ القرار، في ظل الهيمنة التي فرضها الرئيس وجماعته على الحكم؟

لا ليس بهذا الشكل. جيشنا قوي بانضباطه وبالبرنامج الذي يؤمن به المرتكز على الوحدة وعلى الهوية والمشروع الوطني. الجيش قوي بمساندة الشعب. وعندما يتعلق الأمر بحماية المشروع الوطني وتجسيده ببناء دولة المؤسسات العصرية، أنا متأكد أن أغلبية الجزائريين سيساندونه في هذا المسعى.

تبعا لهذه النظرة، هل تعتقد أن بوتفليقة متوجه إلى عهدة رابعة بمباركة من الجيش أو بالتوافق معه؟

 لا أريد أن أقحم نفسي في هذا الجدل، ما أقوله إن نظامنا السياسي أقامه الجيش بمشاركة الجميع، وكانت هناك محاولات لتغييره أو تطويره في مراحل مختلفة. الآن لا أحد يستطيع إقناع جل الجزائريين بأن من يتولون إدارة شؤون البلاد يملكون شرعية أقوى من الجيش. هذه حقيقة قد تزعج البعض ولكني لا أتقن فن إيهام الناس.

هذا الكلام يقوله مولود حمروش الذي كان سابقا في قلب النظام، أما الآن فهو خارجه، فكيف له أن يجزم بأن الجماعة التي تحكم الآن ليست أقوى من الجيش؟

 النظام لم يتغير إنما آليات عمله تآكلت، فلا هو احتفظ بآليات عمل النظام الأحادي ولا هو ارتقى إلى نظام ديمقراطي.

واليوم كيف هو الوضع في قمة هرم النظام وكيف يتخذ القرار؟

 اليوم تتضاءل فضاءات إعداد القرارات واتخاذها بشكل مستمر.

هل تعتقد أن المال ومن يملكونه هم من يتخذون القرارات في الدولة حاليا؟

 العيب ليس في المال، بل في التصرف السيئ بالمال.

هل الحاشية الضيقة التي تحيط بالرئيس هي التي صنعت سيناريو 17 أفريل بالشكل الذي هو عليه حاليا؟

 يعيدني هذا إلى نقطة أساسية أريد التأكيد عليها. أقول ما زلنا نعيش أزمة شرعية وأزمة مؤسسات وأزمة أداء حكومي وغياب تحديد المهام والمسؤوليات وغياب آليات رقابة وغياب سلطات مضادة، غياب كل هذا منع المواطنين من الانتظام سياسيا ومنع المجتمع من إنتاج مؤسسات اجتماعية. وضع كهذا لا يمكن من الحديث جديا عن مجتمع فاعل وعن أحزاب مؤثرة. لهذا فحزب الأغلبية اليوم ليس له أي تأثير لا على الحكومة ولا على القرارات السياسية ولا على الرقابة، إذا لا معنى سياسيا لوجود أغلبية ولا لتعددية حزبية في مثل هذا الوضع.

لقد سبق أن قلت إن في هذه الأزمة أطرافا خائفة أو تتوجس من أن تجاوز الأزمة قد ينهي نفوذها ويطعن في مكتسباتها، ولهذا أصررت في البيان الأول على حفظ حقوق الجميع، عند الشروع في التحول إلى مؤسسات ديمقراطية لنظام حكم في دولة عصرية.

كيف ذلك؟ 

من خلال إعادة الاعتبار للدولة ولمؤسسات الدولة، والعودة إلى وضع سيادة القانون، وإعادة الاعتبار أيضا للإدارات الدائمة ذات السيادة. هذه الإدارات الوطنية، مثل الجمارك والضرائب وغيرها، وهي إدارات ذات سيادة تمارس صلاحياتها ليس بمرسوم التعيين ولكن بحكم القانون وليس بتعليمات الوزير أو الرئيس، لم تعد هذه المؤسسات قادرة على ممارسة اختصاصاتها وعلى أداء دورها. هذا الوضع لا يمكن أن يستمر.

واضح أن  النظام قد اختار السيناريو الذي يلائمه للرئاسيات المقبلة، هل تتصور سقوطا لمنظومة الحكم إثر هذه الخيارات؟

 النظام بالمنهج الذي سار ويسير به، وبالأشخاص الذين يشكلونه وبالتفكير والثقافة التي هي ثقافته، وصل موضوعيا إلى مراحله النهائية. قد يستطيع أن يرفض التغيير أو يتجبر في محاولة تأجيل تلك النهاية، بكسب أسبوع أو شهر أو حتى عام. توجهت بهذه المعاينة إلى كل مكونات هذا النظام وإلى كل العقول من مختلف الاتجاهات ولكل الأطراف، داخل المؤسسات وخارجها. لقد قلت لا ينبغي أن نظل في حالة لامبالاة إلى غاية حدوث الانهيار، علينا السعي، من الآن، لتفاديه بالشروع العاجل في بناء نظام جديد وفي بناء جزائر حديثة. 

التجارب واضحة أمامنا، وحدها الدول الديمقراطية لها جيش قوي ومنتصر ولها اقتصاد قوي ولها مجتمع قوي ولها مواطنون متمسكون بالهوية وبالدولة، بالاستقرار وبالمؤسسات. وحده النظام الديمقراطي يوفر للمجتمع فرص تجديد نفسه وتجديد الأفكار والمناهج وترقية قدراته وتصحيح الاختلالات. الملاحظ أيضا أن المجتمعات الديمقراطية هي التي تنتج أكبر حجم من الاختراعات وهي التي تتمكن بيسر من حل أعقد مشاكلها ومعضلاتها، بينما تعجز المجتمعات المغلقة عن حل أبسط مشاكلها ويستعصي عليها رفع أبسط التحديات.

في بيانك الأول استعملت مصطلحات غير معهودة في خطابك، تحدثت عن مجموعات وأقليات ومناطق، ما معنى هذا الكلام؟

 سؤالكم يعيدني مرة أخرى لقضية الشرعية وقضية الهوية الوطنية والمشروع الوطني. إن حرب التحرير ساهم فيها سكان كل مناطق البلاد، ومساهمتهم تمت تحت عنوان واحد: أنا جزائري، وأريد استقلال الجزائر وحرية الجزائر، ووراء هذا وذاك مشروع بناء دولة وطنية. عندما أذكر بهذا، فإني أحاول في الواقع أن أنبه لخطر أفرزته طبيعة نظام الحكم الذي اعتاد على اختيار رجل يوليه مسؤوليات سامية ويمنحه شكليا سلطات واسعة ودون حسيب أو رقيب، بغض النظر عن قدرته على ممارستها، وبغض النظر عن قوة شخصيته وإلمامه بإدارة شؤون البلاد، هذا الخطر يبرز اليوم، أكثر من أي وقت مضى، في صعوبة التوافق على ذلك الاختيار. اختيار أصبح يغذي الجهوية والنعرات والتوجس من مواطني المناطق الأخرى. 

إذا لم نفصل اليوم في هذه القضية فستواجه البلاد مخاطر. لا يهم ألا نفصل فيها قبل 17 أفريل، لكن ينبغي أن نعكف على حلها وتجاوزها في أقرب الآجال. وهنا أكرر يجب أن نفصل في هذه القضايا الأساسية بعد الرئاسيات، بمعنى أن عملية اختيار المسؤولين لا يمكن أن تبقى من اختصاص دائرة ضيقة. ولكي يتحقق ذلك يجب تبنى مشروع بناء صرح مؤسساتي جديد، يمنح المواطنين جميعا، ومن كل المناطق، الحق في تولي كل المناصب السامية عبر آليات ديمقراطية تراعي تمثيل كل جهات البلاد.

في المجتمعات الديمقراطية لا يطرح سؤال كهذا، لأن آليات صناعة القيادات والنخب السياسية تتم عبر آليات اجتماعية. هناك إحساس بأن مسقط الرأس بات مشكلا في بلادنا.

 

أشيع عن وجود اتصالات بينك وبين جهة تمثل رئيس الجمهورية، مضمونها أنك ستتولى منصب نائب للرئيس في تعديل دستوري بعد الرئاسيات. هل هذا صحيح؟

 تدخل مثل هذه الإشاعات في منطق النظام القائم. وإذا جادلت فيها فمعنى ذلك أني مقتنع بأن النظام مازالت لديه قدرة الفعل وقدرة القرار ومازالت لديه قدرة على تجسيد البرامج وإدارة البلاد. وعلى ذكر هذه الإشاعات المروجة، بغض النظر عما إذا كان الهدف منها كسب ولاءات أو أنها نابعة من وجود نية حقيقية في إنشاء منصب نائب الرئيس، أقول شيئا أساسيا، منصب نائب الرئيس في منطق مثل هذه الأنظمة، كان موجودا فقط في بعض البلدان العربية، حيث وجد لفترة في العراق وفي سوريا وفي مصر وانتهى كما نعلم لأزمات أنهت وجوده. 

الرئاسة في الجزائر، حتى قبل الرئيس عبد العزيز بوتفليقة، كانت تواجه صعوبة في التعايش مع منصب رئيس حكومة بصلاحيات دستورية، وبالفعل الرئيس بوتفليقة وحتى قبل تعديل الدستور، اتفق مع رؤساء الحكومات الذين عيّنهم على أنه يلغي منصب رئيس الحكومة ويكتفي بدور وزير أول مكلف بتنسيق عمل الوزراء.

حتى  بن بيتور معني بهذا التحليل؟

 بل حتى قبل السيد أحمد بن بيتور، هذا يعني أن الرئيس تجاوز الدستور برضا رؤساء الحكومات الذين تولوا تلك المناصب معه. 

 كيف تفسر هذا الجانب في الذين يمسكون بالحكم، هل هي ذهنية تسلط أم الرغبة في تصفية حسابات موروثة من الماضي؟

 الجواب بسيط، إننا بلد متخلف ثقافيا، ونعاني بالتالي نقصا في الوعي السياسي، وهذا ما تسبب في تقلص الفعل السياسي منذ بداية الأزمة، كما تسبب في فقر الفكر السياسي.

بماذا تفسر حالة القبول العامة على مستوى الأحزاب والمجتمع المدني والمؤسسات بالوضع الحالي بما فيه من عيوب؟

 حالة القبول ناتجة عن إيحاء النظام بأنه مازال في مواجهة الأزمة. والإيحاء بأن أي تحرك وأي فعل معارض سيزيد من عمقها ويؤدي إلى تهديد الاستقرار والأمن الوطني. وهناك من يوحي اليوم أيضا بأن الخروج من الأزمة يعني العودة إلى الوراء أو التوجه نحو المجهول، والبديل الوحيد هو الاستمرار في الوضع القائم بما يعني الاستمرار في الأزمة. لهذا أقول إن الخروج من الأزمة لا يعني العودة إلى الوراء بل الاتجاه نحو بناء جديد و لهذا لا بد من إنهاء الأزمة.

من المستفيد من استمرار الوضع على حاله؟

 قلت إن الأزمة التي مررنا بها أفرزت أوضاعا جديدة تغذت من ثلاثة عوامل: التعسف في استخدام السلطة، تجاوز القانون وتوسع فضاءات اللاقانون. اليوم من مصلحة الجميع أن نتجه إلى أوضاع جديدة ونعود لحالة القانون وشرعية الأعمال دون العودة إلى الوراء وبقواعد واضحة تحمي الجميع، ولكن شرط أن نحمي المجتمع ككل ونتجه لمستقبل واضح يمنح الفرص للجميع وبمشاهد مرتبة، داخل النظام وبمساندة الجيش وخارج النظام بمساهمة كل من لهم رغبة وقدرة التأثير على الرأي العام.

 أبدى الرئيس السابق اليمين زروال معارضة للعهدة الرابعة، كيف قرأت رسالته؟

 بالتأكيد، الرئيس زروال رجل واع بما يجري وواع بمعطيات الظرف الذي تمر به البلاد وله مصادره، وبالتأكيد عليه ضغوط من رفاقه السابقين ومن محيطه. لكن بغض النظر عن الجانب الذي تفضلتم به في السؤال، أقول إننا نتفق على ضرورة أن نتجه نحو بناء سياسي مؤسساتي جديد،  وعلى المضمون الذي حدده  للعهدة الرئاسية المقبلة، أي الانطلاق في بناء وفاق وطني جديد، مبني أساسا على ثلاثة أشياء لا نقاش فيها: الهوية والمشروع الوطني وأمن البلاد الذي يتولاه الجيش والمؤسسات الأمنية. 

هل هذه الثلاثية التي ذكرتها تتجسد في دستور أم  في ماذا؟

 المشكل ليس في صياغة دستور، بل في آليات التوصل إلى توافق حول طبيعة الحكم ونمط إدارة المجتمع الجزائري. أي التوافق على شكل الحكم الملائم ومناقشة تعزيز أركان الدولة وتوزيع السلطات والصلاحيات ووضع أدوات الرقابة الدستورية والقانونية وآليات حماية الدستور بما في ذلك الضمانات الكاملة للحقوق والحريات الفردية والجماعية. وواضح أن هذا المسعى في حاجة لترتيب مشاهد مرحلة التحويل والتحوير، وهذه المرحلة لا تعني تغيير سلطة بسلطة أو شخصا بآخر، بل تعني تغيير أدوات الحكم والمناهج المؤدية إلى الشرعية في كنف الطمأنينة والهدوء.

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